Déclaration de MM. Jean-Marie Le Pen, président du Front national pour l'unité française et Carl Lang, secrétaire général, sur les résultats du premier tour des élections municipales et cantonales, Paris le 13 mars 2001. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de MM. Jean-Marie Le Pen, président du Front national pour l'unité française et Carl Lang, secrétaire général, sur les résultats du premier tour des élections municipales et cantonales, Paris le 13 mars 2001.

Personnalité, fonction : LE PEN Jean-Marie, LANG Carl.

FRANCE. Front national pour l'unité française, président; FRANCE. Front national, secrétaire général

ti : Mesdames et Messieurs, bonjour.

Je vous remercie d'être venus à notre conférence de presse malgré les fatigues que vous ont certainement imposé ces deux campagnes électorales et leurs avatars divers.

Je dois excuser l'absence du Délégué Général, Monsieur Gollnisch, retenu à Lyon par les dispositions nécessaires pour le deuxième tour de ses candidats et je le regrette d'autant plus que je l'avais chargé de traiter, devant vous, les problèmes de la campagne municipale et à notre ami Carl Lang ceux de la campagne cantonale dont ils étaient, d'ailleurs, respectivement responsables l'un et l'autre.

Carl le fera, si lui plait un petit peu le remplacement de Monsieur Gollnisch, et vous parlera de la campagne des élections municipales.

Cette campagne, j'y reviens rapidement, je ne vais pas vous infliger mon pamphlet habituel et pourtant justifié, a été une campagne électorale sans démocratie.

Et c'est ce qui explique, sans doute, le record d'abstention. L'occultation du Front National, seule force de contestation de l'établissement politique et de ses turpitudes, il faut bien le dire, a forcement un caractère dissuasif de l'attention des citoyens et donc de leur participation.

En effet, le Front National, victime d'une diabolisation dont les raisons demeures inavouées, probablement parce qu'inavouables, a subi un boycott médiatique presque total. J'en ai cité rapidement trois exemples. Le premier à Paris le meeting du Front National qui avait réuni 2000 personnes, c'est-à-dire le même nombre d'assistants que celui de Monsieur Seguin, pourtant beaucoup plus médiatisé que moi, ne m'a pas valut une seule ligne dans aucun des journaux de la presse parisienne, à l'exception, il faut le dire, de quelques lignes du Monde à l'intérieur d'un article qui n'était pas consacré à mon meeting. Dans ces conditions, il est évidemment difficile de juger de l'impact que peuvent avoir des idées et des hommes dont on ne parle pas. Il faut que les citoyens devinent que nous sommes candidats, en regardant des panneaux, que généralement ils ne regardent pas, et fassent confiance à la référence du titre ou à celle du Président pour exprimer leur vote.

Il y a là un phénomène de fond sur lequel tout le monde aurait intérêt à se pencher y compris ceux dont c'est la fonction de servir précisément d'intermédiaire entre les candidats et les citoyens et réciproquement. Je rappelle simplement les chiffres du CSA officiels, en l'an 2000 :

. sur 170 grandes émissions politique Front National 0,
. sur les émissions politiques des six chaînes de télévision, il y a eu 205 heures d'émissions politiques, le Front National 0 heure 25, soit 0,20% du temps d'antenne.

Un autre boycott a été plus grave pour nous encore, peut-être, c'est le boycott bancaire parce que quand on n'a pas accès à la télévision, ni à la radio, ni à la presse et que l'on n'a que de très petits moyens de presse qu'est ce qu'il vous reste ?

Bien, il vous reste le tract. Il vous reste l'affiche. Il vous reste une campagne que vous devez financer. Or, nous nous sommes heurté à un boycott bancaire total. C'est à dire que les candidats du Front National qui ont demandé à emprunter de l'argent, et bien, ce sont vu refusé, sous le prétexte, là aussi inavoué, que l'on ne prêtait pas d'argent aux partis politiques. Or, je rappelle que la loi prévoie expressément que pour établir l'égalité des chances on puisse être remboursé des dépenses que l'on aura faites pour sa campagne.

Mais on ne peut en être remboursé que si elles ont été réglées. Pour les payer il faut des crédits. Or, si les banques vous refusent des crédits, vous n'avez même pas la possibilité de faire la campagne que l'on faisait autrefois n'est ce pas, c'est-à-dire d'une façon un petit peu désuète aujourd'hui mais avec des tracts, des affiches, etc¿

Ajoutons que nous avons subi une concurrence. La concurrence des deux leaders des formations politiques, des groupes, des blocs politiques de droite et de gauche. A longueur d'année d'abord, nous assistons à une campagne permanente, campagne électorale permanente qui s'inscrit sans doute dans la perspective des présidentielles de l'an prochain, mais qui évidemment à forcément des conséquences sur ce que je dirais le rayonnement politique des idées qui sont défendues. Il est à noter que le Président de la République, lui, pendant cette campagne, s'est abstenu. Il a délégué Madame Chirac dans un certain nombre de circonstances, mais d'une façon qu'on pourrait qualifier de modérée.

En revanche, le Premier Ministre, Monsieur Jospin, s'est dépensé beaucoup pendant la campagne électorale pour apporter son soutien personnel, mais bien évidemment télévisuel et radiophonique à ses candidats ministres et à ses amis politiques. Sans, d'ailleurs, un succès évident il faut le dire.

Je dois citer aussi ici un cas qui doit justifier, de la part de nos candidats, des recours contre les résultats des élections c'est l'incroyable présentation d'une émission de télévision politique la veille et le jour du scrutin, c'est-à-dire pendant les 2 jours où évidemment c'est strictement interdit.

En effet, sur LCI qui est une chaîne qui a plus d'1 million de téléspectateurs et, peut-être même, plus que cela encore, a été diffusé, à plusieurs reprises, je crois que c'est 3 fois dont une le dimanche matin où j'étais stupéfait l'émission " 100 % politique " de Monsieur Buisson où l'invité était un ministre socialiste ou plutôt une ministre puisque c'était Madame Ségolène Royal, qui d'ailleurs avec beaucoup de talent s'est fait l'avocate de son parti politique et de son gouvernement.

Alors il s'agit-là d'une violation que je trouve extrêmement grave qui a pu avoir des conséquences peut-être sur la validité du scrutin, mais qui en a une très directe pour beaucoup de nos candidats. D'abord ceux qui ont été près de faire 10 % et qui n'ont pas pu se maintenir, mais aussi et surtout pour ceux qui n'ont pas fait 5 %, très souvent 4,95/4,96 4,50 etc¿ et qui ne seront pas remboursés de leurs de frais de campagne.

Il y a là préjudice matériel d'autant plus lourd qu'il s'agit en l'occurrence souvent de petits candidats.

Je considère qu'il y a là une sanction qui, ne je ne sais pas si en l'état actuel de la législation, qu'elle est l'autorité qui peut décider qu'il y a lieu de procéder ou d'exempter ces candidats de leur remboursement et à partir de quel niveau on peut juger qu'ils ont subi une diminution de leurs chances. Nous allons poser la question d'une façon tout à fait officielle.

Notons, aussi, pour conclure sur ce sujet, l'hyper médiatisation des élections de Paris, de Lyon et de Toulouse, non pas P.L.M., mais parce qu'à Marseille le gâteau est partagé depuis longtemps et la répartition est faite entre la gauche et la droite de façon en quelque sorte admirable. A la gauche qui pouvait y prétendre : le Conseil Général. A la gauche qui ne pouvait pas y prétendre : le Conseil Régional et en échange de ces concessions, une tranquillité assurée à Monsieur Gaudin à la Mairie de Marseille.

Sur l'analyse générale de ce scrutin.

D'abord il n'y a pas eu de vague rose, à peine peut-être quelques vaguelettes dans des élections locales et en particulier aux municipales comme c'est normal.

Les questions de personne ont joué un très grand rôle soit positivement, soit négativement. Dans les grandes villes, où le scrutin est plus politique, la gauche sauf Paris/Lyon/Toulouse est plutôt en recul. Le PC, lui, connaît une décadence régulière et continue qui va probablement le priver de l'espoir, qui l'a déjà privé de l'espoir de certaines municipalités, comme celle de Béziers, et qui va sans doute le priver d'un certain nombre de municipalités qu'il détient. A noter que rien sans doute ne sera fait car je crois qu'il s'agit là d'un des éléments du pacte républicain pour priver le parti communiste de ses fiefs départementaux en particulier de ceux de la Région Parisienne.

La droite, quant à elle, on peut utiliser à son égard le terme de décomposée. Puisqu'elle est morcelée ce qui n'a pas une importance considérable aux élections municipales sauf dans les villes que j'ai cité mais qui en aura beaucoup, bien sûr, l'an prochain aux élections présidentielles si chacune de ces tendances présentent un candidat plus encore aux législatives.

On peut noter une marginalisation des concurrents du Front National, des concurrents potentiels, le RPF de Monsieur Pasqua, le MPF de Monsieur Villiers dont on a vu que quelques apparitions de périscopes dans la campagne et le MNR.

Et au contraire un retour en force du Front National après la crise qu'il a connu et en particulier aux cantonales dont va vous parler le responsable de cette campagne les chiffres sont très clairs. Se sont les chiffres du Ministère de l'Intérieur. Les cantonales, vous le savez, en général, sont plus politisées que ne le sont les municipales.

Le Front National obtient 7,12 % en moyenne nationale, le MNR 3,03 %. Si vous souhaitez des explications, cela veut dire que le Front National par rapport aux Européenne a progressé de 24 %, tandis que par rapport aux Européennes, le MNR a reculé de 8%.

Monsieur Varanne me prie de vous transmettre qu'il a été indiqué dans le Figaro, je crois, comme MNR à Mantes-la-Ville alors qu'il est Front National. D'ailleurs il y a un candidat MNR aussi, cela aurait fait 2 candidats MNR dans la même ville. Ils ont déjà eu tellement mal à présenter des candidats, c'est peu probable qu'ils présentent 2 listes. Je pense que le journal fera la rectification qui convient parce que nous avons reçu beaucoup de coups de téléphone s'indignant du fait que Monsieur Varanne puisse se présenter comme candidat MNR. Sous réserve de vos questions tout à l'heure, Mesdames et Messieurs, je demande donc à notre ami, Monsieur Carl Lang, de bien vouloir vous faire un point, peut-être plus précis, sur les campagnes en questions.

Carl LANG

Merci Président.

Quelques éléments d'information tout d'abord relativement aux élections cantonales.

Pour nous, les résultats des élections cantonales est un succès indiscutable. Je vais donc vous en faire la démonstration. Le meilleur moyen étant de donner des éléments comparatifs.

Cette série des cantons renouvelables est la série renouvelée en 1994 et en 1988. En 1988, dans cette série de cantons, le Front National avait présenté 1465 candidats. Sa moyenne nationale, à l'époque, avait été de 5,73 %. Nous avions été présents au deuxième tour dans 13 cantons. Les élections cantonales de 1988, qui avaient eu lieu quelques mois après les 15% obtenus par Jean-Marie LE PEN à l'élection présidentielle.

Deuxième élection de référence même si elle est renouvelable en 1994, nous avons présenté en 1994 : 1844 candidats. La moyenne nationale du Front National, à l'époque, était de 9,84%.

Cette fois-ci, nous avons présenté 1703 candidats et la moyenne nationale du Front Jean-Marie LE PEN vient de vous le dire : 7,12%, c'est-à-dire que nous nous trouvons entre le résultat de 88 et le résultat de 95.

Nous serons présents dans 22 cantons au 2ème tour. Ces cantons vous seront donnés dans le dossier de presse qui est en préparation. Il y aura des candidats du Front National dans :

. 4 cantons du Nord,
. 4 cantons du Gard,
. 3 cantons de l'Oise,
. 2 cantons du Rhône,
. 2 cantons de l'Aisne,
. 1 canton du Loir-et-Cher,
. 1 canton du Bas Rhin,
. 1 canton de Seine-Saint-Denis,
. 1 canton de la Marne,
. 1 canton de l'Eure,
. 1 canton de Moselle,
. 1 canton de Haute-Saône.

Voilà donc quels sont les résultats du Front National à ces élections cantonales.

Je vous rappelle, aussi, que nous avons obtenu lors de ces élections un peu plus de 800 000 voix. C'étaient les chiffres qui étaient donnés par Jean-Marie LE PEN, dans la moitié des cantons de France.

Jean-Marie LE PEN

Très exactement : 862 810, dans lesquels ne sont pas intégrés les résultats des Municipales de Nouvelle-Calédonie.

Carl LANG

La moitié des cantons renouvelables avec un peu plus de 800 000 voix, le Front National, aux élections européennes, nous avons obtenu un peu plus d'un million de voix. Si l'on transposait ces résultats des cantonales au niveau national, cela voudrait dire que nous sommes d'ores et déjà en situation d'obtenir 1,600 000 voix à des élections nationales.

Nous prévoyons 1,900 000 voix à des élections nationales.

Cela voudrait dire une progression marquée, évidente, démontrée du Front National

Nous étions partis du principe que nous voulions réaliser l'équation suivante : 1 candidat du Front National égal des électeurs Front National, c'est démontré. Nous avons retrouver grosso modo notre électorat Front National.

Voilà pour les élections cantonales.

Pour les élections municipales.

Nous serons présents au 2e tour dans 39 villes. Ces villes vous seront données dans le dossier de presse tout à l'heure.

39 villes où le Front National a obtenu plus de 10 % des suffrages exprimés. Dès le 1er tour, nous avons obtenu des élus municipaux dans 35 villes de France. Vous aurez le détail dans le dossier et sachez aussi que nous avons obtenu plus de 5 % des suffrages exprimés dans 133 villes où nous étions présents.

La règle générale du Front vous la connaissez. Elle n'a pas changé. Sa tactique électorale est toujours la même. Nous nous maintenons au 2ème tour partout où nous le pouvons. C'est-à-dire aux cantonales là où nous avons obtenu plus de 10 % des inscrits ou bien lorsque nous sommes en 2ème position.

Pour les municipales, nous avons obtenu plus de 10 % des suffrages exprimés. Il a y donc 39 villes où nous serons en situation de nous maintenir au second tour.

Partout ailleurs, là où nous ne sommes pas en mesure de nous maintenir, la règle générale est que le Front National ne donne pas de consigne de vote sauf exception.

On peut d'ores et déjà vous indiquer qu'à Strasbourg le Bureau Politique a décidé de demander à nos responsables locaux d'appeler à faire barrage à Madame Trautmann. Peut-être d'ici la fin de cette semaine il y aura d'autres consignes de ce genre. Aujourd'hui, nous pouvons vous donner l'exemple de Strasbourg.
Lorsque le Front National est en situation de se maintenir au 2ème tour, et lorsqu'il y a à gauche une personnalité, c'est le cas de Madame Aubry à Lille et bien nous proposons aux candidats de droite une fusion de liste. 2 exemples le cas de Martine Aubry à Lille et la candidature de Bernard Touchages dans la ville de Verdon dans l'Eure qui est tête de liste propose la fusion face à la gauche. Si, bien sûr, notre proposition de fusion pour assurer la défaite de la gauche est rejetée évidemment il va de soi que la liste Front National sera présente au 2ème tour.

Voilà qu'elle est la situation globale, voilà qu'elle l'attitude du Front, qu'elle sera sa présence d'ici à dimanche, voilà Président ce que je pouvais dire dans l'état actuel des choses.

Jean-Marie LE PEN

S'agissant des municipales, parce qu'il ne faut pas oublier tout de même l'Outre-Mer, je voulais vous signaler qu'en Nouvelle-Calédonie à Farino où nous avions fait en 95, 33%, nous avons fait 37,38 %. A Nouméa où nous faisions 8,89%, nous avons fait 11,14%. Et à Mongore : 10,04 nous avons fait 14,21. Là aussi le Front National est en progression depuis les dernières élections.

Carl LANG

Concernant les 30 villes où le Front National est présent au 2ème tour. Vous trouverez les résultats complets dans le dossier. Il faut bien tenir compte aussi dans certaines des ces villes nous avons été victimes de la concurrence MNR. Dans toutes les villes où il n'y a pas de listes MNR on peut considérer grosso modo on retrouve l'électorat du Front National de 95. A Lille, en particulier, nous avons obtenu 11,54 %, la dernière fois nous faisions 11,64 % c'est dire que lorsqu'il n'y a pas de concurrence MNR dans l'ensemble grosso modo nous trouvons les résultats de 95. Vous avez dans le dossier d'ailleurs un certain nombre d'exemples. Je prends l'exemple de Cluses, Dominique Martin à Cluses qui obtient cette fois-ci 35,81% des voix, il avait en 1995 obtenu 32% des voix ça fait partie des exemples qui démontre bien que le Front a retrouvé son électorat et souvent malgré la concurrence du MNR. Mais vous avez dans le dossier presser l'ensemble de ces résultats détaillés.

Jean-Marie LE PEN

A Avignon je pense que notre candidat ne peut pas de représenter donc il ne dira rien, je pense qu'il n'a pas besoin de dire quoi que soit pour assurer une défaite que nous souhaitons parce que qu'elle est emblématique du fait de Mme Guigou.

Jean-Marie LE PEN

Nous avons donner la doctrine générale à savoir que là où nous avons dépassé les 10 % des voix nous nous maintenons, qu'en revanche dans certaines circonstances mais avec d'ailleurs visa de l'échelon national nos candidats peuvent envisager soit des fusions, mais probablement pas de retrait.


Carl LANG

C'est le cas de Blois.

(source http://www.front-national.com, le 22 mars 2001)


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