Conférence de presse de M. Christian Paul, secrétaire d'Etat à l'outre-mer, sur les nouveaux chantiers de son action dans l'outre-mer pour les mois à venir : création d'emploi, sécurité, modernisation et politique de fierté, Paris le 4 septembre 2001. | vie-publique.fr | Discours publics

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Conférence de presse de M. Christian Paul, secrétaire d'Etat à l'outre-mer, sur les nouveaux chantiers de son action dans l'outre-mer pour les mois à venir : création d'emploi, sécurité, modernisation et politique de fierté, Paris le 4 septembre 2001.

Personnalité, fonction : PAUL Christian.

FRANCE. SE à l'outre mer

Circonstances : Conférence de presse sur le thème "Rentrée 2000-rentée 2001 : un an de travail", à Paris le 4 septembre 2001

ti : Mesdames, Messieurs,

Il y a un an, je prenais mes fonctions de Secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer, décidé à poursuivre l'action engagée par le gouvernement depuis 1997. J'ai, chemin faisant, fortifié cette conviction : la politique conduite dans nos départements et territoires d'outre-mer est aujourd'hui portée par une vision profondément renouvelée des outre-mers français, et par une autre manière d'agir.

Ce nouveau pacte républicain pour l'outre-mer, c'est une inspiration différente, une autre méthode, des moyens sans précédent et, déjà, des résultats tangibles.

Réunir ce qu'on s'obstinait auparavant à opposer, rassembler ce qu'on avait trop longtemps dissocié : telle est l'ambition d'une démarche qui, depuis 1997, refuse de séparer développement économique et évolution institutionnelle, reconnaissance des identités et principes constitutifs de notre République, débat démocratique et efficacité de l'Etat. C'est bien une nouvelle synthèse, respectueuse de nos institutions mais ne craignant pas de les faire évoluer, qui détermine une politique globale et cohérente. Cette politique s'inscrit avec les trois mots-clés d'égalité, de pluralité et de solidarité.

Cette inspiration n'est pas séparable d'une méthode nouvelle qui privilégie l'écoute, le dialogue, la concertation, conditions d'une prise en compte attentive des difficultés et des atouts de chaque région. Les grands textes votés par le Parlement au cours de cette législature ont été élaborés dans cet esprit, qu'il s'agisse de ceux renouant le dialogue en Nouvelle Calédonie et consacrant des points de convergence durables ou de la loi d'orientation pour l'outre-mer qui s'est appuyée sur un très grand nombre de consultations (plus de 2000 personnes ont été entendues pour sa préparation).

Ces engagements décidés et pris ensemble, j'ai voulu qu'ils se traduisent rapidement sur le terrain, en accélérant la sortie des textes d'application et en organisant des comités de pilotage qui suivent la mise en ¿uvre des nouveaux dispositifs. Je l'ai vérifié à l'occasion de mes voyages, notamment en matière de création d'entreprises, et je veillerai, dans les mois qui viennent, à la poursuite de cet effort.

Cette inspiration et cette méthode ont été soutenues par un engagement financier considérable de l'Etat, de l'Europe mais aussi des régions, des départements, des communes. Le Fonds pour l'Emploi dans les DOM (FEDOM) a augmenté de 25%, les fonds européens, pour la période 2000-2006, ont été doublés. Effort indéniable qui témoigne de la solidarité nationale et européenne, et des espoirs placés par tous dans nos départements d'outre-mer.

Les résultats ne se font pas attendre : l'évolution institutionnelle est en marche (trois congrès réunis, dans la sérénité en juin dernier), les infrastructures économiques sont plus solides, le chômage en général et celui des jeunes en particulier sont en baisse, l'égalité sociale est enfin réalisée, l'école est mieux équipée et s'efforce de s'adapter à ses différents publics.

Cette politique qui porte ses fruits, j'ai voulu qu'elle perçue et comprise dans sa cohérence et sa globalité. C'est l'objet de cette brochure dont vous avez la primeur et qui est actuellement en cours d'impression. Domaine par domaine, elle dresse le bilan d'une action, indique les résultats obtenus et leurs prolongements à venir. Elle met aussi l'accent sur les actions que je considère comme prioritaires.

Quatre chantiers essentiels nous attendent dans les mois qui viennent : pour l'emploi, pour la sécurité, pour l'insertion des outre-mers dans une mondialité où ils tiennent toute leur place et pour la reconnaissance, ici et là-bas, de leur apports à notre communauté.

I.- PRIORITE NATIONALE DONC PRIORITE OUTRE-MER : L'EMPLOI

Comme dans toutes nos régions de France, la baisse du chômage outre-mer est clairement engagée. Depuis 3 ans, le nombre de demandeurs d'emploi a diminué de 10,3% ; le chômage des jeunes a baissé de 20%. Cette inversion des tendances, je veux le souligner, est exceptionnelle. Cela reste pourtant insuffisant. Amplifier cette baisse, obtenir des résultats durables, tel est mon objectif et les moyens (contrats de plan, fonds européens), je l'ai rappelé, sont là. Ils vont financer des mesures spécifiques qui s'ajoutent aux dispositions nationales (emplois jeunes, contrats emploi-solidarité, contrats d'insertion par l'activité, contrats emploi consolidé, contrats d'accès à l'emploi).

Je souhaite stimuler énergiquement la création d'entreprises outre-mer :

- par le nouveau mécanisme de soutien fiscal à l'investissement, plus juste et plus efficace ;

- par l'exonération totale des cotisations sociales pendant 24 mois pour les créateurs d'entreprises ;

- par la prime à la création d'emplois pour les entreprises qui se créent dans les secteurs de pointe ;

- par le Projet Initiative Jeune qui doit permettre à 10.000 jeunes de créer une entreprises (avec une aide pouvant atteindre 48.000 F).

Je souhaite également soutenir les activités créatrices d'emplois :

- par des exonérations permanentes et totales de cotisations sociales patronales pour certaines petites entreprises, notamment dans les secteurs exposés à la concurrence ;

- par un allégement des cotisations sociales pour les travailleurs indépendants.

Je veux enfin favoriser l'embauche des jeunes (par le congé solidarité qui permet l'embauche d'un jeune pour tout départ en retraite d'un salarié âgé de 55 ans) et celle des bénéficiaires des minima sociaux par une Allocation de Retour à l'Emploi.

Ce dispositif est complet et homogène. Je vais mobiliser les services de l'Etat afin qu'il puisse rapidement être appliqué. Avec Elisabeth Guigou, Ministre de l'emploi et de la solidarité, nous réunirons prochainement préfets et responsables sociaux pour que chacun joue efficacement son rôle. Dans chaque DOM, une commission de suivi va très vite se mettre en place : elle appréciera chaque mois les effets de ces mesures désormais opérationnelles et proposera, si besoin est, des actions locales complémentaires. Je veux enfin que les entreprises, les jeunes, les chômeurs et les RMIstes soient pleinement informés des possibilités qui s'offrent ainsi à eux. Une vaste campagne de communication et d'information de chacun sur ses droits va être lancée dans les prochains jours, condition essentielle pour la réussite de cette politique.

II.- LA SECURITE : UN DROIT DEMOCRATIQUE INDISSOCIABLE DE TOUS LES AUTRES

C'est la lutte pour l'emploi et contre les inégalités qui constitue le premier maillon de cette chaîne que le gouvernement établit au quotidien, sur le terrain, pour davantage de sécurité dans notre pays. La demande de protection de nos concitoyens est légitime : vivre libre, c'est d'abord vivre en sécurité. La sécurité n'est pas qu'une question de police : il ne suffit pas de renforcer les effectifs de police pour faire disparaître toutes les formes de délinquance. En cette matière, la démarche du gouvernement est globale : elle lie politique de développement économique, lutte contre l'exclusion et pour l'égalité des droits, aménagement urbain qui évite les ghettos et les quartiers repliés sur eux-mêmes, mesure de prévention, d'éducation et, le cas échéant, de sanction à l'école.

Outre-mer, l'augmentation de la délinquance a, ces dernières années, été moins forte que dans l'ensemble de l'hexagone. Les délits de voie publique, en revanche, sont plus nombreux et les populations d'outre-mer s'en inquiètent légitimement, surtout quand ils prennent des formes violentes.

Je suis persuadé que la sécurité dans les départements et territoires d'outre-mer passe, comme partout ailleurs, par une nette distinction entre la petite délinquance quotidienne, qui pourrit la vie de tous les jours et appelle une réponse de proximité, et une délinquance à la fois plus exceptionnelle et plus violente, qui exige des moyens appropriés.

C'est le cas en Guyane où, notamment autour de Maripasoula, l'orpaillage sauvage attire des travailleurs en situation irrégulière et attise, dans le secret des champs aurifères, des règlements de compte expéditifs et violents. J'y suis allé lorsque la situation était particulièrement tendue à la suite d'une agression. Les effectifs de sécurité ont été nettement renforcés : 25% de policiers et près de 15% de gendarmes en plus depuis 1997, sans compter les unités mobiles. J'ai obtenu au début de l'année l'envoi sur place et le maintien d'un escadron de gendarmes mobiles. Depuis, la sécurité a été restaurée dans la commune de Maripasoula. Je sais qu'il reste encore à faire mais le changement est manifeste et je m'en félicite. Cette réponse était nécessaire.

La lutte contre la petite et moyenne délinquance passe, elle, par d'autres moyens. Elle exige une démarche de proximité qui associe les pouvoirs publics, les élus, les associations. C'est l'objet des Contrats Locaux de Sécurité : 15 ont été signés dans les DOM, 14 sont en cours de préparation. C'est aussi l'esprit des circulaires incitant préfets et sous-préfets à associer les maires à l'action de la police. C'est surtout celui de la police de proximité qui doit être généralisée, dans les DOM comme dans toute la France, en 2002. La présence du policier dans les quartiers, sur le terrain, au contact des habitants, capable de dissuader, de prévenir, de dialoguer, voilà une réponse que je crois adaptée aux problèmes vécus par nos concitoyens.

III.- MODERNITE ET MONDIALITE :

SOCIETE DE L'INFORMATION ET PASSAGE A L'EURO

L'emploi et la sécurité sont des priorités nationales qui valent pour l'hexagone comme pour l'outre-mer et sont, j'y insiste, nécessairement liées. Ma troisième priorité l'est tout autant : j'ai voulu qu'un effort particulier soit fait pour que la modernisation de l'économie et de la société outre-mer favorise l'insertion de ces régions dans un monde multipolaire pour lequel elles ont d'incontestables atouts. Les départements et territoires d'outre-mer sont taillés - l'histoire et la géographie y poussent - pour un monde où l'on échange, où l'on se déplace, où les cultures, comme c'est le cas de longue date, se croisent et se mêlent. Ils sont taillés, en d'autres termes, pour la mondialité choisie (qui est autre chose que la mondialisation subie) et c'est là, pour les uns et pour les autres, une chance à saisir.

J'ai lancé, à Hourtin, le 23 août dernier, le premier programme pour la société de l'information outre-mer. L'outre-mer doit devenir un acteur majeur dans la toile mondiale. Il commence à l'être si l'on considère le nombre de connexions qui dépasse la moyenne nationale ; mais certaines zones restent sous-équipées et d'importantes disparités persistent entre régions. Ce programme, qui est le premier plan d'ensemble en la matière, permettra de moderniser les infrastructures (téléphonie mobile, haut débit), de mobiliser mieux l'enveloppe d'un milliard de francs (contrats de plan et fonds européens), de développer l'Internet dans les services publics et l'Internet pour Tous (avec la multiplication des espaces numériques de proximité et la création d'un Fonds d'aide aux projets non marchands doté de 10MF cette année), de soutenir l'équipement des entreprises et de mettre en réseau tous les acteurs avec un nouvel outil en ligne. C'est un vaste chantier qui s'ouvre pour les outre-mers qui peuvent y témoigner de leur exemplarité, comme ils le font déjà dans d'autres domaines. Je pense notamment à la recherche qui est outre-mer un véritable pôle d'excellence.

L'outre-mer est une dimension de l'Europe qui se construit avec eux. Les mois qui viennent seront particulièrement importants : il faut réussir le passage à l'euro. Il faut, outre-mer, des dispositions spécifiques qui tiennent compte de l'éloignement, de l'insularité, de la fragmentation territoriale. Il faut veiller aux problèmes de sécurité et préparer sur place tous les acteurs (collectivités, administrations, entreprises, commerces, particuliers, etc.). Trois axes sont privilégiés : soutenir les PME, informer le grand public (notamment par des campagnes en créoles, en langues amérindiennes, en shimaoré), accompagner les populations les plus fragiles. Toutes les initiatives qui ont été prises et sont prévues sont conduites par un souci de proximité : l'euro ne doit pas être perçu comme une fatalité imposée depuis Bruxelles mais, au-delà des désagréments inévitablement liés à sa maîtrise progressive, comme une chance économique et politique. Laurent Fabius, dans le cadre de son " tour de France de l'euro ", se propose de se rendre outre-mer ; je l'accompagnerai évidemment, convaincu que nos régions outre-mer sont les frontières actives de l'Europe, celles qui lui donnent une dimension planétaire.

IV.- UNE POLITIQUE DE LA FIERTE
Egalité et pluralité (n'en déplaise aux archéo-républicains¿)

Modernité et solidarité (n'en déplaise aux ultra-libéraux¿)

Ce sont, en quelque sorte, les 4 points cardinaux de l'action que je conduis

Mais je revendique aussi pour l'outre-mer une politique de la fierté.

Fierté d'avoir, dans l'histoire, plus souvent résisté que subi.

Fierté d'être aujourd'hui moteur et acteur de son destin.

Fierté d'inspirer largement la réflexion scientifique, la création artistique, l'évolution de la République.

Car il faut choisir. Ou bien faire à l'outre-mer le mauvais procès de l'assistanat et l'assigner au statut de victime,Ou bien affirmer clairement que, d'hier à aujourd'hui, chacun à sa manière et chacun dans son contexte, les outre-mers n'ont cessé de chercher plus d'égalité vraie et de reconnaissance des différentes dimensions de leurs identités.

Il faut redonner de l'outre-mer une vision juste et mieux prendre la mesure de ce que l'outre-mer apporte à la France, en l'irriguant de sa mémoire, en la nourrissant d'¿uvres de premier plan, en la poussant à se voir non seulement telle qu'elle est mais telle qu'elle devrait être.

1°) Cela vaut pour la mémoire de l'esclavage et la place qui doit être faite dans notre histoire commune à ceux qui l'ont vécu comme à ceux qui l'ont combattu et finalement vaincu ensemble.

La France est le premier pays à avoir, par la loi du 10 mai dernier, reconnu le crime contre l'humanité. Il nous revient aujourd'hui de convier l'Europe à faire de même et les Nations Unies également à qualifier la traite mondialisée pour ce qu'elle fut (et reste encore de nos jours en certains points du globe). J'installerai dans quelques semaines le Comité prévu par cette loi, due à la lutte opiniâtre de Christiane Taubira-Delannon et à laquelle j'ai apporté mon soutien sans réserve. J'en ai confié la présidence à Maryse Condé qui a brossé dans " Ségou " une fresque inoubliable. J'attends des personnalités et des associations qui lui apporteront leur concours des propositions opérationnelles concernant en particulier le choix d'une date annuelle de commémoration dans l'hexagone, le traitement de cette question dans les manuels scolaires et par des travaux de recherche dont le Secrétariat d'Etat à l'Outre-Mer soutient dès cette année le développement.

Je crois également nécessaire que la France crée sur son territoire un mémorial de la traite et de l'esclavage qui présente, en direction d'un large public et notamment des jeunes générations, l'histoire au long cours du commerce négrier, du travail dans les habitations, de l'idéologie qui les justifia, des résistances et des combats qui menèrent, ici et là-bas, à leur abolition. Instruire, transmettre, donner aux générations qui viennent les repères de valeurs et d'histoire dont elles ont besoin pour se situer et poursuivre la tâche de " renouveler le monde commun " (comme le disait Hannah Arendt), c'est aussi cela faire vivre la République. La France me semble pouvoir donner l'exemple.

Quand la ville de Cergy installe une statue rappelant le souvenir des nègres marrons, quand la ville de Paris tient la promesse de donner à la rue Richepance un autre nom que celui du général qui rétablit l'esclavage en 1802, ce n'est pas une France honteuse qui fait pénitence, qui bat sa coulpe mais la France républicaine et démocratique qui honore les siens et leur donne, dans l'espace public et la mémoire collective, la place qui leur revient.

2°) Une politique de la fierté, c'est aussi une politique qui donne à voir et à comprendre la richesse des apports d'outre-mer aux débats et aux sensibilités de la France et du monde d'aujourd'hui. Tel est, pour moi, le fil qui relie ces 10 actions complémentaires qui me tiennent à coeur :

- les Entretiens d'Oudinot, débats publics mensuels auxquels je convie, depuis le printemps dernier, des chercheurs de toutes disciplines, des praticiens prêts à interroger le sens de leur action et des auteurs dont les ¿uvres éclairent les enjeux actuels de l'outre-mer (économiques, sociaux, culturels¿) ;

- le projet de Cité des Outre-Mers à Paris qui vise à donner à toutes les cultures d'outre-mer la visibilité, l'accessibilité, la mise en valeur et l'impact que justifie leur prodigieuse créativité au carrefour d'influences très diverses ; une initiative de cette nature est attendue depuis des années, de nombreux projets ont vu le jour sans déboucher ; une mission de préfiguration, co-pilotée par Daniel Maximin et un membre de mon cabinet, s'est mise au travail ;

- le Salon du livre de l'outre-mer auquel j'ai voulu donner une vigueur et une ampleur nouvelles. Coup de projecteur particulier, cette année, sur la Guyane. Pour la première fois, cette manifestation qui inscrit la littérature ultra-marine au c¿ur de la rentrée littéraire et se tient, traditionnellement, dans les jardins et les locaux du Secrétariat d'Etat, se glissera aussi hors les murs, dans Paris, à la rencontre de nouveaux publics ;

- le soutien qu'avec Jack Lang nous apportons à l'enseignement des langues régionales et à la création du CAPES de créole participe d'une démarche similaire : reconnaître leur appartenance à notre patrimoine linguistique commun et leur contribution à notre savoureuse " francopolyphonie " ;

- durant le Festival d'Avignon de l'été dernier, j'ai mis en place les premières rencontres sur le théâtre d'outre-mer qui réuniront désormais, chaque année, comédiens, metteurs en scène, producteurs et professionnels du spectacle pour des échanges dont j'espère qu'il permettront de mutualiser les expériences et de faire mieux connaître, dans l'hexagone et à l'échelle internationale, le riche travail des gens de théâtre outre-mer ;

- le colloque organisé fin novembre avec l'Institut d'Etudes Politiques de Paris mettra, lui, en lumière la contribution des différents outre-mers aux mutations de la République ; avec des juristes, des sociologues, des politologues et la participation d'Edouard Glissant, il abordera la question des évolutions statutaires rendues possibles par la loi d'orientation pour l'outre-mer, des relations avec l'Europe et, vues depuis les territoires et les départements d'outre-mer, des alternatives à une mondialisation unilatérale et impériale ;

- La réunion annuelle de la recherche outre-mer (en et sur l'outre-mer) dont nous venons, avec Roger Gérard Schwartzenberg, de décider la création, mettront, elles aussi, l'accent sur la qualité de la réflexion et des travaux de toutes disciplines ayant à voir avec l'outre-mer ; la première se tiendra à la fin de cette année, elle traitera de la place de la recherche ultra-marine dans l'espace européen ;

- parce que l'outre-mer, c'est aussi l'hexagone, j'installerai au cours de ce mois une mission dont j'attends une évaluation précise des conditions de vie de nos concitoyens originaires d'outre-mer établis dans l'hexagone et de leurs enfants nés ici, de leurs difficultés et de leurs aspirations. On les appelle parfois " le 5ème DOM ". Ils doivent avoir toute leur place dans la réflexion et dans l'action pour et avec l'outre-mer ;

- de même que les nombreuses (plus de 600) et fort actives associations qui oeuvrent ici dans les domaines les plus variés, auxquelles j'ai voulu que le Ministère soit largement ouvert et apporte, par le biais notamment de conventions pluriannuelles, un soutien renforcé et pérenne ;

- connaître, se connaître et faire connaître ses talents, c'est pouvoir bouger partout dans le monde, participer à des compétitions sportives ou des manifestations artistiques: le fonds d'échange spécialement créé à cet effet par la loi d'orientation le permet désormais en prenant notamment en charge jusqu'à 80% du coût des billets d'avion.
Dans bien des domaines, l'outre-mer donne le ton.
Mon ambition est que cela se sache et qu'on en prenne la pleine mesure.
Question de simple justice.
Question d'image que renvoie le regard de l'autre et qui aide à croire davantage en soi.

(Source http//www.outre-mer.gouv.fr, le 7 septembre 2001)

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