Conférence de presse conjointe de M. Hubert Védrine, ministre des affaires étrangères, et du ministre macédonien des affaires étrangères, Mme Ilinka Mitreva, et interview à la télévision macédonienne le 3 septembre 2001 à Skopje, sur l'application de l'accord consacré aux changements constitutionnels en Macédoine, l'engagement de la France et de l'Union européenne et la mission de l'Otan dans ce pays. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Conférence de presse conjointe de M. Hubert Védrine, ministre des affaires étrangères, et du ministre macédonien des affaires étrangères, Mme Ilinka Mitreva, et interview à la télévision macédonienne le 3 septembre 2001 à Skopje, sur l'application de l'accord consacré aux changements constitutionnels en Macédoine, l'engagement de la France et de l'Union européenne et la mission de l'Otan dans ce pays.

Personnalité, fonction : , , VEDRINE Hubert.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères

Circonstances : Voyage en Macédoine de M. Hubert Védrine, le 3 septembre 2001 à Skopje

ti : Conférence de presse, Skopje, le 3 septembre 2001 :

Mesdames et Messieurs,

Je suis aujourd'hui en Macédoine pour la quatrième fois afin de redire l'amitié et l'engagement de la France auprès de ce pays comme c'est le cas depuis son indépendance. Les responsables politiques macédoniens ont eu le courage politique de signer un accord très important qui fait l'objet aujourd'hui d'un débat au Parlement. Je n'ai pas à intervenir dans ce débat mais je voudrais rappeler que les Européens souhaitent vivement que cet accord puisse être approuvé. Nous savons que cela a été un accord difficile, qui suppose des concessions et un esprit de compromis. Les responsables macédoniens que j'ai rencontrés cet après-midi, le président de la République, le Premier ministre, le président du Parlement, Mme la ministre, ont insisté sur l'esprit dans lequel cet accord devrait être mis en oeuvre.

Il est clair pour la communauté internationale que cet accord vise à renforcer la Macédoine et non pas à l'affaiblir ou à la diviser. Nous serons donc attentifs à la façon et à l'esprit dans lequel il sera ensuite mis en oeuvre. Nous pensons que d'une façon ou d'une autre, la communauté internationale, et l'Europe en particulier qui a joué un rôle de premier plan dans la recherche d'une solution à cette crise, devra rester aux côtés de la Macédoine. Après l'adoption de l'accord s'il est adopté comme nous le souhaitons, après la mission de l'OTAN que je souhaite la plus efficace possible, sous quelle forme devons-nous rester aux côtés de la Macédoine et développer ce partenariat avec la Macédoine, c'est d'abord aux Macédoniens d'en parler entre eux et de dire ce qu'ils souhaitent.

Les responsables macédoniens m'ont déjà fait part de v¿ux et de suggestions dont nous aurons à débattre au sein de l'Europe des Quinze, au sein de l'OSCE, au sein de l'OTAN ou au sein du Conseil de sécurité. Nous souhaitons la réussite de cet accord, de cette solution politique. C'est un engagement de longue durée et nous aurons à demander à un certain nombre de pays voisins de la Macédoine de ne rien faire qui puisse compliquer la mise en oeuvre loyale de cet accord et même d'en faciliter la mise en oeuvre. Voilà quel est le sens de la politique que nous allons continuer à mener.

Q - Vous avez annoncé que la suite du soutien de la France à la Macédoine dépendra des souhaits de vos interlocuteurs macédoniens, M. Pardew a déjà annoncé une possibilité de prorogation de la mission de l'OTAN en Macédoine. Quel est le point de vue de la France à ce sujet et que pensez-vous de la possibilité d'une nouvelle mission de type "FORPRONU" en Macédoine ?

R - Rien n'est décidé. Et c'est un peu tôt pour répondre. L'accord n'est même pas encore approuvé et les trente jours ne sont pas passés. Mais ce n'est pas trop tôt pour y réfléchir et je ne peux que répéter que chacune des demandes macédoniennes sera examinée et étudiée dans l'une ou l'autre des instances concernées que j'ai énumérées tout à l'heure.

Donc, nous souhaitons rester aux côtés de la Macédoine. Sous quelle forme ? Cela reste à déterminer.

Q - Quels sont les intérêts prioritaires de la France dans les Balkans en comparaison avec les intérêts britanniques et allemands ?

R - Je crois que l'on peut dire que maintenant il y a une approche qui est la même. Il y a une dizaine d'années au moment du début de la désintégration de la Yougoslavie, on a vu l'ensemble des pays du monde réagir en fonction de schémas traditionnels. Des années ont passé, tout le monde a réfléchi sur ce qui s'est passé, et vous avez pu constater que ces dernières années, notamment depuis quatre ou cinq ans, il y a une convergence de plus en plus forte entre les pays d'Europe. Je crois que l'on peut dire maintenant que tous les pays de l'Union européenne ont la même vision de ce qu'il faut faire dans cette région de l'Europe, dans ce sud-est de l'Europe.

D'ailleurs on l'a bien vu lors du Sommet de Zagreb, par exemple. Ensuite, il faut adapter cette politique générale à chaque situation, à chaque pays, puisque chaque pays a sa propre personnalité dans cette région, mais l'orientation générale de la politique des pays d'Europe est la même maintenant. Vous pouvez le constater facilement puisque tous les ministres européens viennent les uns et les autres et ils doivent tous vous répondre la même chose.

Q - La France est prête à soutenir la Macédoine. Est-ce que vous pensez à un soutien par une présence de personnels civils ou de personnels militaires en Macédoine ?

R - Je vous ai déjà dit que c'était trop tôt pour répondre. Je vous ai exprimé une intention politique et amicale. Les modalités exactes ? Est-ce que cela relève du Conseil de sécurité, de l'Europe, de l'OTAN, on verra cela. On va en discuter. De toutes façons, cela dépend de ce que les autorités macédoniennes veulent ou souhaitent, c'est un dialogue dans un esprit de partenariat, donc je ne peux pas vous répondre dans l'abstrait et à l'avance.

(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 7 septembre 2001)
____________________________________________________________________________________
Interview à la télévision macédonienne le 3 septembre 2001 :

Q - Tout d'abord, M. Védrine, pourriez-nous vous dire quel a été le thème de vos entretiens au cours de votre visite ?

R - J'ai parlé de la situation actuelle c'est-à-dire du débat à propos de l'accord d'Horid et j'ai dit à tous mes interlocuteurs, à Skopje, que la France comme les autres pays européens, souhaite que cet accord soit appliqué, adopté, mis en oeuvre.

Q - Quel est votre point de vue sur l'issue du débat parlementaire consacré aux changements constitutionnels ?

R - Je ne peux pas m'immiscer à l'intérieur du débat. Ce que je peux vous dire c'est que tous les Européens souhaitent que cet accord soit adopté. Et ils souhaitent après qu'il soit mis en oeuvre loyalement par tout le monde

Pour nous, cet accord ne doit pas affaiblir la Macédoine ou en préparer la division, au contraire. C'est un accord qui doit renforcer la Macédoine.

Q - Et votre point de vue sur la récolte des armes par l'OTAN en Macédoine ?

R - Je crois que c'était une mission utile que seule l'OTAN pouvait accomplir et je souhaite qu'elle soit la plus efficace et la plus complète possible. C'est un élément de la crédibilité de l'accord.

(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 7 septembre 2001)

Rechercher