Déclaration de M. Roger-Gérard Schwartzenberg, ministre de la recherche, sur le concours national d'aide à la création d'entreprises innovantes, Paris le 17 septembre 2001. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Roger-Gérard Schwartzenberg, ministre de la recherche, sur le concours national d'aide à la création d'entreprises innovantes, Paris le 17 septembre 2001.

Personnalité, fonction : SCHWARTZENBERG Roger-gerard.

FRANCE. Ministre de la recherche

Circonstances : Remise des prix du concours national d'aide à la création d'entreprises innovantes à Paris le 17 septembre 2001

ti : Je suis particulièrement heureux de féliciter aujourd'hui de jeunes acteurs de l'innovation et de leur remettre ces prix.

Vous connaissez ma conviction profonde : dans les pays avancés, la recherche est aujourd'hui le principal moteur de la compétitivité et de la croissance, le premier "booster" de l'économie et de l'emploi. Dans cette perspective, la création de jeunes entreprises technologies innovantes est un facteur essentiel de modernisation.

Le soutien à l'innovation

Il faut rapprocher la recherche et le monde économique, rapprocher recherche et entreprise pour favoriser la valorisation de la recherche et le transfert de technologie, pour irriguer l'économie des résultats de la recherche.

Le ministère de la Recherche met donc en oeuvre une politique de soutien à l'innovation, fondée sur tout un ensemble de mesures.

*D'abord, la loi sur l'innovation et la recherche du 12 juillet 1999, qui permet aux chercheurs de créer des entreprises pour valoriser eux-mêmes les résultats de leurs travaux, de prendre des participations au capital de sociétés, de siéger dans des conseils d'administration et d'exercer des activités de conseil.

Dès 2000, le nombre d'entreprises créées par des chercheurs a été multiplié par cinq par rapport à la moyenne des années précédentes.

*De même, pour accompagner et soutenir les porteurs de projets de création d'entreprises innovantes, j'ai amplifié la politique des incubateurs et des fonds d'amorçage.

Nous avons aujourd'hui 31 incubateurs publics. Ces incubateurs, créés par des organismes de recherche ou des universités, sont des lieux d'accueil et d'accompagnement, qui fournissent conseil, appui et hébergement initial aux porteurs de projets de création d'entreprises innovantes.

Ces 31 incubateurs accueilleront sur trois ans 865 projets de création d'entreprises, susceptibles de générer plusieurs milliers d'emplois.

*Parallèlement, nous avons créé des fonds d'amorçage qui sont spécialisés dans l'apport en capital à des entreprises innovantes.

Créer une entreprise nécessite évidemment des capitaux. D'où l'idée de faire participer les organismes publics de recherche et les universités au premier tour de table financier, pour mettre le pied à l'étrier à ces jeunes entrepreneurs : 150 millions de F ont été ainsi mobilisés. Ainsi, l'Etat se fait "business angel" pour ces "start up".

Au plan du financement, l'action conjointe du ministère de la Recherche, du MEFI et de la CDC a permis la création de 3 fonds d'amorçage nationaux thématiques, dont le Fonds Bio-Am (Bio-Amorçage) que j'ai installé le 11 juillet 2000 et que est spécialisé dans le financement des entreprises de biotechnologies : il doit atteindre une taille de 38 millions d'euros.

Par ailleurs, il existe 7 fonds d'amorçage régionaux. A signaler la création en Ile-de-France du fonds d'amorçage Cap-Décisif, d'une taille de 15,2 millions d'euros (environ 100 MF). Au total, le capital levé par ces 10 fonds atteint 134 millions d'euros (880 MF), dont les deux tiers pour les fonds nationaux.

*Par ailleurs, nous avons aujourd'hui 16 réseaux de recherche et d'innovation technologique pour développer la recherche technologique dans plusieurs domaines prioritaires, en favorisant le partenariat public-privé, en assurant le couplage recherche-industrie.

Ces réseaux associent en effet, d'une part, les laboratoires des organismes publics et des universités et, d'autre part, les centres de recherche de grandes entreprises et, dans certains cas, de PME-PMI innovantes.

La plupart de ces réseaux ont été créés par le ministère de la Recherche en association avec d'autres ministères : Economie, Finances et Industrie, Equipement, Aménagement du territoire et Environnement, Santé, Culture et Agriculture.

Il y a quatre ans, il n'existait qu'un seul réseau : le PREDIT (transport terrestre). Mon prédécesseur en a créé 8. Et, depuis avril 2000, j'en ai créé 7 :

"Technologies pour la santé", réseau que j'ai créé en avril 2000 ;
"Eau et Technologie de l'environnement" (septembre 2000) ;
Terre et Espace" (observation de la terre et applications des techniques spatiales) (octobre 2000) ;
"Recherche aéronautique sur le supersonique", créé le 11 décembre 2000 avec Jean-Claude Gayssot, ministre des Transport. Son but : préparer, sur les cinq ans à venir, l'éventualité du développement du transport supersonique commercial et d'affaires ;
"Recherche et innovation en audiovisuel et multimédia" (RIAM), réseau que j'ai installé le 20 février 2001 avec C. Tasca et Ch. Pierret. Ce réseau fédère les recherches menées par les organismes publics et les industries multimédia.
"Pollution marines accidentelles" (avril 2001) ;
"Réseau Alimentation Référence Europe (RARE)" dans le secteur alimentaire, en cours de création.

Pour sa seule part, le FRT (Fonds de la recherche et de la technologie) du Ministère de la Recherche consacrera 675 MF à ces réseaux de recherche et d'innovation technologiques au budget 2002.

*J'ai également créé 15 Centres nationaux de recherche technologique (CNRT).

Ces CNRT associent localement, sur un site bien défini et dans un domaine de compétence clairement ciblé, des laboratoires publics de recherche et des centres privés de recherche dépendant des groupes industriels et, dans certains cas, de PME-PMI.

Chacun de ces CNRT a vocation à devenir un pôle d'excellence de réputation nationale dans le secteur particulier qui est le sien. Les 12 premiers CNRT, que j'ai créés le 5 juillet 2000, sont les suivants :

Belfort-Montbelliard-Nancy ;pile à combustible
Caen : matériaux pour électronique
Evry : génome
Grenoble : micro-électronique
Lyon : biologie moléculaire
Marcoussis : optoélectronique
Marseille : énergies
Metz : métallurgie
Rennes-Lannion : multimédia
Rouen : combustion, moteurs propres
Sofia-Antipolis : technologies de l'information et de la communication
Tours : microéléctronique de puissance

Depuis j'ai créé 3 autres CNRT :

Toulouse : Espace et aéronautique, lancé le 19 octobre 2000
Orléans-Bourges : Propulsion aérospatiale : sa création a été décidée le 20 décembre 2000
Saint-Cyr-l'Ecole : Soufflerie aéroacoustique, regroupant le CNAM, des laboratoires de recherche d'autres organismes Renault et PSA, qui sera installé en octobre 2001.

Enfin, afin d'aider au développement de la recherche technologique au sein de l'enseignement supérieur, 33 Equipes de Recherche Technologique ont été instituées dans les universités, dans le cadre de la contractualisation des établissements d'enseignement supérieur.

Le 3ème concours national d'aide à la création d'entreprises de technologies innovantes

Le concours national d'aide à la création d'entreprises de technologies innovantes est une pièce importante de ce dispositif de soutien à l'innovation.

Il permet en effet à des porteurs d'idées neuves de se lancer dans un projet de création d'entreprise grâce à l'attribution de moyens financiers nouveaux.

C'est cette année la 3ème édition de ce concours. Son jury national, après avoir été présidé par Jean Louis Beffa, est aujourd'hui présidé par Anne Lauvergeon.

Le Concours a vu sa dotation portée à 200 MF en 2000 et 2001 (30 millions d'euros).Celle-ci est financée pour l'essentiel par le Ministère de la Recherche, avec une participation du Fonds social européen et de l'ANVAR (5 millions d'euros).

Pour ce 3ème concours, près de 1500 candidatures ont été déposées. Les jurys régionaux ont pré-sélectionné 350 projets et le jury national a finalement retenu 238 lauréats. Deux types de projets ont été retenus.

-D'une part, 139 projets classés "en émergence", qui sont au stade de l'idée ou de la préfiguration, nécessitant d'être approfondis aux plans technologique, organisationnel, juridique, commercial ou financier.

Ils reçoivent chacun une subvention d'une valeur moyenne de 258 000 F.

-D'autre part, 99 projets classés " création-développement " pour lesquels la création d'une société est possible à court terme.

Ici, la dotation moyenne est de 1 450 000 F par projet.

11 de ces 99 projets reçoivent la subvention maximum de 3 millions de F.

Parmi les lauréats "création-développement" de 2001, 13,8 % sont des lauréats "en émergence" du concours 2000 dont le projet a suffisamment mûri pour leur permettre d'envisager la création de leur entreprise à très court terme.

Enfin, parmi ces 238 projets, les 8 meilleurs obtiennent des prix spéciaux.

La répartition des projets lauréats

Nombre de lauréats (en %)
Services informatiques et autres 28 %
Biotechnologies, santé, pharmacie 24 %
Electronique, télécommunications 20 %
Chimie des matériaux 12 %
Génie des procédés 11 %
Mécanique des matériaux 5 %


Bilan des 3 éditions du concours

Au total, le concours national d'aide à la création d'entreprises de technologies innovantes a conduit à la sélection sur les trois années de 778 lauréats, dont 316 en "création-développement" et 462 "en émergence".

Le concours a démontré sa capacité à générer des projets et à favoriser les initiatives, avec de premiers résultats économiques encourageants. Ces projets, auraient donné lieu à la création d'environ 280 entreprises.

Les entreprises issues du concours 1999 sont porteuses en moyenne de sept emplois. Parfois les développements dépassent les espérances : deux entreprises ont créé plus de 100 emplois. Le lien avec la recherche est démontré : 35 % des lauréats 2001 sont issus de la recherche publique. Le niveau de formation des lauréats de cette édition est d'ailleurs particulièrement élevé puisque 48,7 % sont docteurs et 21,5 % sont ingénieurs.

La synergie entre le concours et les autres mesures de soutien à l'innovation est notable :

-nombreux sont les lauréats qui résidaient à l'étranger, pour des séjours de "post-docs" en particulier, et qui sont revenus en France pour créer une entreprise dans le cadre du concours. Le concours participe à la mobilité des chercheurs ;
-de nombreux lauréats sont hébergés dans les incubateurs qui fournissent un environnement favorable au développement des projets.
-enfin, le concours constitue un label pour les créateurs d'entreprises et leur ouvre de nombreuses portes. Les liens avec les fonds d'amorçage se développent progressivement.

Les évolutions récentes du concours

A l'avenir, il faut créer une véritable communauté, un réseau de lauréats et en tisser les liens. Cette communauté sera informée des moyens de la création, échangera sur les meilleures pratiques et sera insérée dans les réseaux de la création et de l'innovation.

Répondre aux besoins en accompagnement du créateur d'entreprise est aujourd'hui une priorité. Il s'agit en effet de la demande la plus souvent exprimée. J'ai ainsi souhaité encore améliorer le dispositif mis en place et ai pris un certain nombre d'initiatives à l'occasion de ce troisième concours.

En premier lieu, le Forum des lauréats, qui se tiendra cette année à ma demande dès cet après-midi, marque l'importance que j'attache à l'accompagnement de nos lauréats. Ce forum favorise une mise en relation plus rapide, comme je l'avais souhaité, des porteurs de projets avec tous les acteurs du processus de création et du financement de la création d'entreprises.

Au-delà, j'ai souhaité que soit organisé un réseau de tous les lauréats, avec la mise en place d'un véritable espace d'échanges entre ces derniers et les partenaires et accompagnateurs de la création d'entreprises. Les modalités en seront mises en oeuvre dès maintenant :

-d'abord un site web dédié au concours et à ses lauréats, accessible depuis le site du ministère qui permettra de faire vivre la communauté des lauréats, de mettre ces derniers en relations, d'échanger les expériences.
-en second lieu, un véritable accompagnement du créateur. Développer le potentiel humain est essentiel pour la création d'entreprises. Avec l'appui de grandes écoles et d'autres organismes publics, un accompagnement continu pourra être offert aux lauréats qui le souhaitent. Il pourra inclure un soutien personnel au créateur, une mise en réseau. La Direction de la Technologie mettra en place, avec le concours de l'Anvar, un tel accompagnement en 2002, qui pourra faire l'objet d'un soutien spécifique du ministère. .
-enfin, un ensemble de rencontres avec des réunions thématiques régulières, qui pourront être organisées par régions ou par secteurs d'activités.

Le concours de 2002

Par son succès, ainsi que par les premiers résultats économiques tangibles, le concours s'impose comme une mesure - clé de la politique d'incitation à la création d'entreprises innovantes. Je vous fais donc naturellement part de mon intention de renouveler le concours en 2002, pour une quatrième édition.

A l'avenir, le concours à vocation à s'ouvrir davantage à la participation aux citoyens européens, comme le prévoit son règlement. La mesure est en quelque sorte européenne puisqu'elle bénéficie d'un cofinancement pluriannuelle du Fonds Social Européen. De même le rapport d'étape de l'initiative BEST 2000 souligne l'intérêt du concours national pour promouvoir l'esprit d'entreprise.

Je voudrais remercier toutes les personnes présentes et en particulier les "anciens" lauréats venus faire part de leur expérience.

Je félicite de nouveau les lauréats d'aujourd'hui qui représentent l'espoir de demain et la confiance dans la création d'une "société de l'innovation".

J'adresse enfin mes très vifs remerciements à Anne Lauvergeon, qui a bien voulu présider le jury national cette année, en y apportant son dynamisme et sa détermination. Je remercie également pour leur disponibilité et pour leur important travail de sélection les membres du jury national, les membres des jurys régionaux, ainsi que notre partenaire "privilégié" dans cette opération, l'ANVAR.

Nous allons maintenant passer à la remise des prix spéciaux de cette troisième édition du concours national d'aide à la création d'entreprises innovantes et je cède la parole à Anne LAUVERGEON.

(source http://www.recherche.gouv.fr, le 18 septembre 2001)

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