Déclaration de M. Lionel Jospin, Premier ministre, sur la coopération internationale dans la lutte contre le terrorisme, Paris le 19 septembre 2001. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Lionel Jospin, Premier ministre, sur la coopération internationale dans la lutte contre le terrorisme, Paris le 19 septembre 2001.

Personnalité, fonction : JOSPIN Lionel.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Cérémonie à la mémoire des victimes de l'attentat du 19 septembre 1989 contre le DC 10 d'UTA

ti :
"Il y a près de trois ans, madame, chers amis, nous nous étions réunis pour ériger cette statue qui témoigne de la force de vos convictions, cette fontaine qui exprime le désir que le flux de la vie continue sans être interrompu. Et je me retrouve avec vous, mes chers amis, aujourd'hui, à votre invitation, madame, pour un moment de recueillement et de mémoire.

Nous nous souvenons de celles et ceux qui furent frappés, le 19 septembre 1989, par une violence aveugle et lâche ! Notre pensée va aussi à leurs familles, à leurs proches, dont beaucoup sont aujourd'hui parmi nous. Notre pensée va, au-delà d'eux, à tous ceux qui ont été frappés par le terrorisme.

Cette cérémonie qui nous rassemble aujourd'hui, revêt une dimension particulière en raison des événements terribles qui ont frappé, le mardi 11 septembre, New York, Washington et l'ensemble du peuple américain.

Ici, devant ce monument dédié - de façon symbolique - à toutes les victimes du terrorisme, nous voulons témoigner par notre présence de notre émotion, de notre solidarité et de notre mobilisation.

Le terrorisme viole la conscience de l'humanité toute entière. Il est la plus inacceptable des violences. Il frappe l'innocent. Il fracasse des destins. Il brise des familles. Il le fait souvent de façon aveugle, afin de provoquer l'effroi et de saper les fondements des sociétés démocratiques. Que chacun sache ici, que cette tentative sera vouée à l'échec.

Les dictatures peuvent tomber, le fanatisme devra reculer. Car il n'y a pas ici, dans cette affaire, choc de civilisations, puisque ceux qui commettent ces actes ne se réclament et ne s'inspirent d'aucune civilisation. Oui, que personne n'ait de doute, les dictatures peuvent tomber, le fanatisme reculera. Les démocraties peuvent souffrir mais elles resteront constamment vivantes. Et dans ce geste, qui peut paraître trop poétique, trop fragile, de ces hommes et de ces femmes victimes, citoyennes, citoyens, déposant des roses, on peut croire qu'il y a une opposition effroyable avec la violence et la détermination de ceux qui ont frappé à New-York, après avoir frappé dans d'autres villes ou dans d'autres sites du monde. Mais je crois au contraire, qu'utilisant nous-mêmes les voies de la justice nationale et internationale - que nous avons contribué à créer - , en utilisant tous les ressorts de la coopération - policière et judiciaire -, en faisant en sorte aussi, qu'au plan financier, qu'au plan économique, les forces qui animent ou arment les assassins soient traquées.

Et la France a été à l'initiative des propositions pour qu'un certain nombre de lieux, de paradis fiscaux où se dissimule l'argent sale, l'argent de la drogue, l'argent du crime, mais aussi l'argent du terrorisme, soient frappés. Et nous espérons que des pays, y compris les plus forts et les plus frappés aujourd'hui, nous rejoindront, à nouveau, dans cette détermination.

C'est sous toutes les formes que nous allons continuer à mener cette lutte contre le terrorisme, ce terrorisme auquel nous avons porté des coups ; ce terrorisme sur lequel nous devons mobiliser la volonté nationale mais aussi la coopération internationale. Car sans l'accord des pays-membres, qui ratifient les conventions, qui s'engagent - et vous savez que certains manquent à l'appel -, nous ne pouvons pas avancer aussi vite que vous le souhaiteriez, madame.

Sachez en tout cas, que ce crime dernier qui a été commis ne restera pas impuni. La lutte contre le terrorisme sera conduite collectivement, avec une détermination absolue et dans la durée.

Je peux vous l'affirmer au nom du gouvernement français : la France, au sein de l'Europe, prendra toute sa part dans cette lutte contre le terrorisme."


(Source http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 20 septembre 2001)

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