Déclaration de M. Jack lang, ministre de l'éducation nationale, sur la lutte contre la violence dans le sport, la campagne nationale sur l'école du respect et les journées citoyennes dans le cadre de l'enseignement, Choisy le Roi le 11 septembre 2001. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jack lang, ministre de l'éducation nationale, sur la lutte contre la violence dans le sport, la campagne nationale sur l'école du respect et les journées citoyennes dans le cadre de l'enseignement, Choisy le Roi le 11 septembre 2001.

Personnalité, fonction : LANG Jack.

FRANCE. Ministre de l'éducation nationale

Circonstances : Présentation du manifeste contre la violence à Choisy le Roi le 11 septembre 2001

ti : Je suis particulièrement heureux de venir aujourd'hui au collège Matisse de Choisy le Roi, en compagnie du ministre de l'Intérieur et du ministre de la Jeunesse et des sports, et avec Marcel DESAILLY, capitaine de l'équipe de France de football, pour cette remise officielle du "manifeste contre la violence dans le sport" et à l'école.

Ma très grande satisfaction, aujourd'hui, vient du fait que ce sont des élèves d'un collège, des adolescents, aidés de façon exemplaire par leurs professeurs et l'équipe de direction de l'établissement, et avec le soutien de M. Joël Quiniou, qui prennent en main la question de la prévention et de la lutte contre la violence et qui s'adressent, à travers ce manifeste, à leurs camarades dans toute la France. Cette mobilisation des jeunes eux-mêmes, je l'appelle de mes v¿ux depuis toujours, je l'encourage et je la soutiens de toutes mes forces.

La lutte contre la violence dans et aux abords des écoles et établissements scolaires nécessite de la volonté et de la constance dans l'action.

J'ai défini ma politique dans ce domaine à trois occasions : le 24 octobre 2000, lors de l'installation du Comité national de lutte contre la violence à l'école ; le 5 mars 2001, au colloque international qui s'est tenu à l'UNESCO ; le 20 juin 2001, à l'occasion de la journée d'études organisée par le Comité national. Il s'agit d'un axe fort de la politique ministérielle qui inscrit son action dans la continuité du plan gouvernemental de lutte contre la violence mis en place dès 1997. Plusieurs objectifs sont visés : concentrer des moyens importants sur certains sites ; développer des réponses immédiates aux phénomènes de violence et refuser l'impunité ; améliorer les réponses à long terme en renforçant la prévention à l'école ; développer les actions concertées avec les partenaires de l'école.

La lutte contre la violence, et plus généralement l'action contre les comportements agressifs, se construit ainsi à partir d'une volonté politique, grâce à un ensemble de dispositifs parfois peu spectaculaires mais toujours efficaces dès lors qu'ils rencontrent l'adhésion et la mobilisation de tous, mobilisation des adultes -les enseignants, mais aussi les parents et tous les partenaires de l'école - et bien entendu mobilisation des élèves, comme nous le montrent magnifiquement les élèves de ce collège.

Car c'est bien une mobilisation qu'il s'agit d'organiser et d'encourager si nous voulons en finir avec ces incidents et, parfois, ces agressions insupportables qui empêchent les enseignants de faire leur travail sereinement et les élèves d'apprendre et de se former.


Faire confiance aux élèves

Je suis persuadé que nous pourrons faire reculer ce fléau si nous savons redonner confiance aux jeunes, confiance en eux-mêmes, confiance dans leurs formidables potentialités, et si nous savons aussi mieux faire confiance aux jeunes en leur laissant prendre des initiatives. C'est sur ce point que je souhaite insister aujourd'hui au collège Matisse de Choisy-le-Roi.

Je souhaite en effet que les élèves soient davantage acteurs dans les initiatives prises dans les établissements pour prévenir et combattre la violence.

Faire réfléchir et faire agir les élèves, en particulier les plus jeunes, sur la violence dont ils peuvent être victimes et auteurs apparaît, aujourd'hui plus que jamais, comme une exigence.

Nous ne partons pas de rien. Beaucoup d'initiatives excellentes existent, dans tous les niveaux d'enseignement.

De nombreuses écoles, de nombreux collèges et lycées se sont engagés dans des actions collectives qui ont permis de réels progrès. Ces actions sont connues grâce au recensement effectué par le comité national de lutte contre la violence à l'école, et seront diffusées à titre d'exemple de ce qu'il est possible de faire.

Sans les citer toutes, j'attire seulement l'attention sur les nombreux lycées qui sont ainsi engagés dans une action pilotée par la Direction de l'enseignement scolaire, intitulée "élèves acteurs de prévention". Nous savons d'ores et déjà que, grâce à la mobilisation des lycéens volontaires et au concours des adultes, cette action collective a eu un impact sur la diminution des actes de violence, sur le recul de l'absentéisme et sur l'amélioration des résultats scolaires.

Je soutiens également l'initiative du Conseil national de la vie lycéenne qui a décidé en ma présence, lors de sa dernière réunion, le lancement d'une grande campagne de mobilisation des lycéens à la rentrée, qui prendra notamment la forme d'un concours de scénario sur le thème de la lutte contre la violence. Cette campagne sera un moment fort au cours duquel les lycéens exprimeront leur refus de la violence et s'engageront, aux côtés des personnels, dans des actions de sensibilisation et de prévention en direction de l'ensemble des élèves.

C'est parce que leur initiative va dans la même direction que j'ai également soutenu celle des lycéens d'Ile-de-France qui souhaitent mettre en place des comités pour prévenir et combattre la violence dans les lycées de la Région.

Peu importe d'ailleurs la forme que prend cette volonté des jeunes d'agir et de s'exprimer aux côtés des adultes des établissements. Ici, on décidera de créer de toutes pièces une instance nouvelle, là on fera vivre, et peut-être mieux vivre, une instance qui existe déjà et qui est le conseil de la vie lycéenne. Ailleurs, on élargira le cercle des participants et on choisira d'utiliser les possibilités offertes par le comité d'éducation à la santé et à la citoyenneté ou la commission de vie scolaire. Toutes les initiatives seront bonnes qui faciliteront l'engagement des jeunes.

C'est pour encourager cette mobilisation et dynamiser cet élan, que j'ai, en collaboration avec le ministère de l'intérieur et le ministère de la jeunesse et des sports, apporté mon soutien immédiat au "manifeste contre la violence" dans le sport et à l'école dont les auteurs sont les élèves et les personnels du collège Matisse de Choisy-le-Roi.

Je suis particulièrement heureux de pouvoir dire aujourd'hui et publiquement merci à tous les personnels qui ont beaucoup travaillé, je le sais, aux côtés des élèves, pour réaliser ce magnifique et exemplaire travail collectif, que j'ai souhaité adresser à tous les élèves de 6ème dès cette rentrée. Ce manifeste contre la violence dans le sport et à l'école me paraît en effet être un support excellent pour permettre aux enseignants d'engager une réflexion avec leurs élèves, dés le début de leur scolarité dans le second degré.

Parrainé par Marcel Desailly, capitaine de l'équipe de France de football, que je remercie très chaleureusement, ce manifeste est en effet une incitation à conduire en profondeur un travail pédagogique et éducatif autour de quelques idées force :

*ne plus considérer la violence comme banale et fatale,
*redonner du sens aux règles et aux lois,
*réhabiliter aux yeux de la jeunesse les valeurs morales contre l'ignorance et la violence.

Les collégiens de Choisy le Roi nous le disent dans le manifeste dont ils sont les auteurs : "l'agressivité, c'est pas une fatalité ; la responsabilité, c'est la liberté ; violence rime avec décadence". Ils expriment ainsi leurs préoccupations et leur volonté de respecter les règles de la vie en collectivité, au sport comme à l'école, en dénonçant la violence au quotidien. Ecoutons leur beau message dit avec les mots, les codes et les rythmes de la jeunesse d'aujourd'hui, et mobilisons-nous autour d'eux dans tous les collèges de France.

Je l'ai déjà dit dans un autre lieu, en soutenant toutes ces initiatives nous ne voulons pas tant donner la parole aux élèves que donner du pouvoir à la parole des élèves, en tant qu'élèves, sous la responsabilité des professeurs, c'est-à-dire sans démagogie.


Mobiliser toute la société pour une école du respect

Très prochainement, j'aurai l'occasion d'y revenir dans quelques semaines, une campagne nationale sur l'école du respect permettra de soutenir encore davantage les efforts déployés par les personnels de l'éducation nationale et par tous les éducateurs pour donner aux enfants et aux adolescents des repères en matière de comportement, de droits et de devoirs, de respect de la loi. Ce thème va faire l'objet d'une campagne sur les chaînes de radio et de télévision.

Cette campagne doit bien entendu venir en appui des initiatives qui sont ou seront prises dans les écoles et les établissements pour faire comprendre à tous la dimension fondamentale que constitue le respect :

*respect des élèves entre eux,
*respect mutuel des élèves et des enseignants,
*respect de l'école de la part de toute la communauté éducative et de toute les parties de la société.

Je souhaite que cette campagne pour l'école du respect soit l'occasion de débats dans les écoles et dans les établissements entre les professeurs, les élèves et les parents. Les "journées citoyennes" que j'ai demandé aux établissements d'organiser en octobre me paraissent une bonne occasion pour cela, et pourraient par exemple, mais il peut y avoir quantité d'autres initiatives, aboutir à la rédaction d'une "charte du respect" affichée dans toutes les écoles et dans tous les établissements de notre pays.

Vous comprenez qu'en soutenant toutes ces initiatives, l'éducation nationale, qui sait faire preuve de fermeté face à des manquements graves aux règles de la vie collective dont certains élèves sont les auteurs, a le souci d'inscrire résolument son action dans une logique éducative qui prend en compte les missions d'éducation à la citoyenneté et au comportement social assignés par la loi à l'école.

Il ne s'agit pas là d'actions de circonstance : elles s'intègrent dans un plan d'ensemble, dans un plan cohérent qui doit nous aider à construire un socle de mesures préventives et organiser ainsi, solidement et durablement, une vie collective propice aux apprentissages dans nos écoles et établissements.

Ce faisant, et grâce à des initiatives remarquables comme celle des élèves et des personnels du collège Matisse de Choisy-le-Roi, l'école apporte sa contribution à la transmission des principes et des valeurs qui doivent ou qui devraient régir toute vie en société.

(source http://www.education.gouv.fr, le 24 septembre 2001)

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