Interview de Mme Michelle Demessine, secrétaire d'Etat au tourisme, à LCI le 22 octobre 2001 et dans "La Voix du Nord" le 23 octobre, sur sa nomination au Sénat, et le bilan de son action au secrétariat d'Etat au tourisme. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Michelle Demessine, secrétaire d'Etat au tourisme, à LCI le 22 octobre 2001 et dans "La Voix du Nord" le 23 octobre, sur sa nomination au Sénat, et le bilan de son action au secrétariat d'Etat au tourisme.

Personnalité, fonction : DEMESSINE Michelle, HAUSSER Anita, CARON Christophe.

FRANCE. SE au tourisme

ti : A. Hausser
Vous êtes secrétaire d'Etat au Tourisme pour quelques heures encore, puisque vous quittez votre ministère pour retourner au Sénat, où vous avez été élue le 23 septembre dernier. Vous aviez déjà siégé au Sénat entre 1992 et 1997. Serez-vous remplacée par J. Brunhes, député communiste des Hauts-de-Seine ?

- "C'est un nom qui circule et on verra demain."

Vous pouvez dire "merci" aux socialistes du Nord qui ont voté pour vous, puisqu'au départ, vous ne deviez pas être élue et retourner au Sénat un peu plus tard. Mais il paraît qu'ils n'ont pas digéré le cadeau d'un poste de sénateur à M.-C. Blandin des Verts ?

- "Je considère que ce sont les grands électeurs du Nord qui m'ont élue et qui peut-être, de cette manière, ont voulu marquer leur reconnaissance du travail que j'avais réalisé au Gouvernement. La conception de l'union, telle qu'elle a été développée lors de ces sénatoriales, ne correspond pas tellement à ce qu'attendent les gens de gauche dans le Nord. Ils sont habitués à une alliance très traditionnelle, qui a montré ses preuves dans notre région et qui a permis beaucoup de choses. Ils avaient peut-être l'impression qu'elle était un peu bousculée."

Et les Verts n'ont pas leur place dans cette alliance ?

- "Si, mais pas forcément de manière prédominante."

Vous avez fait vos adieux aux professionnels du tourisme la semaine dernière - des adieux très chaleureux. Au début, vous avez été snobée parce que vous apparteniez à la famille communiste. Et notamment lors du Congrès de Deauville, lorsque vous êtes arrivée au Gouvernement. Quelles réflexions cela vous inspire-t-il ?

- "Je considère que c'est une belle aventure, parce que justement, j'ai peut-être réussi, dans cette profession, à faire tomber un certain nombre de clichés concernant le PC, sur notre capacité à prendre toute notre responsabilité au sein de l'Etat, à démontrer qu'on était capable de travailler avec tout le monde, et qu'on avait avant tout au coeur l'avenir de notre pays."

C'est traditionnel : quel est votre meilleur souvenir ?

- "J'en ai plein. J'ai du mal à en sortir un."

Il faudra faire le tri un jour...

- "Cela viendra peut-être dans quelques mois."

Et votre plus mauvais ?

- "Je n'en ai pas vraiment. Ce qui a été très dur pour moi, c'est au début, car la pression est très forte. C'est difficile, on n'a pas l'habitude. J'avais l'impression - c'est un souvenir très marquant - de vivre avec un revolver sur la tempe, parce qu'on n'a pas le droit à l'erreur. Et c'est cela qu'il faut savoir gérer quand on est ministre."

Avez-vous fait des erreurs ?

- "Je ne crois pas. Bien sûr, comme tout le monde, on fait des petites erreurs, mais je n'ai pas fait d'erreur majeure. D'ailleurs, c'est pour cela que les professionnels du tourisme ont fait un hommage mercredi dernier."

Vous avez géré le tourisme pendant une période faste. Là, les choses vont beaucoup moins bien : les gens annulent leurs voyages, les tour-opérators sont en crise, les compagnies aériennes également. Le symbole : "Club Méditerranée" va fermer quinze villages cet hiver. Cela aura forcément des répercussions sur l'emploi. Que faut-il faire pour redonner confiance aux voyageurs ?

- "D'abord, il faudrait que les événements internationaux cessent. Ce qui empêche les gens aujourd'hui de voyager, c'est l'inquiétude sur l'avenir. Que va devenir la situation internationale ? L'activité touristique est toujours la première touchée par l'instabilité. Je souhaite, pour cette économie, que très vite, les grands problèmes soient réglés et que la paix reprenne sa place. C'est vraiment la première raison. Ensuite, il faut soutenir la profession, comme l'a annoncé le Premier ministre mercredi dernier, c'est-à-dire en lui permettant de passer cette difficulté que tout le monde espère la plus passagère possible. Et notamment pour les agences de voyages : l'activité touristique qui n'est pas liée au trafic aérien n'est pas encore touchée. Il faut donc soutenir la profession pour lui permettre de passer ce moment difficile. En même temps, je fais confiance à la réactivité de la profession : elle sait se mobiliser, réagir et faire face quand il y a des difficultés - on l'a vu avec l'Erika.

Vous allez revenir au Sénat. Et avant d'aller au Sénat, vous allez participer au Congrès du Parti communiste le week-end prochain à La Défense, à Paris. Cette perspective de direction bicéphale avec un président qui serait R. Hue, candidat à l'élection, et une secrétaire nationale en la personne de M.-G. Buffet, cela vous interpelle ou finalement, cela vous satisfait ?

- "J'ai confiance en ces deux personnalités que je connais bien. Mais c'est vrai qu'en même temps, c'est une nouveauté qu'on a un peu du mal à s'imaginer. Je comprends que cela pose beaucoup de questions."

R. Hue est candidat à un vrai challenge, puisque dans les sondages, il est dépassé par A. Laguiller et J.-P. Chevènement maintenant, même s'il n'est pas tout à fait sur le même créneau. Il doit partir en campagne très vite. Serez-vous à ses côtés ?

- "Tout à fait, vraiment à ses côtés, pour qu'on puisse, lors cette élection présidentielle, faire le meilleur score possible, comme nous venons de le faire d'ailleurs aux élections sénatoriales."

Mais ce sont des grands électeurs, comme vous le disiez. La présidentielle, ce n'est pas pareil...

- "Ce n'est pas la même chose, mais c'est quand même un signe d'espoir et cela redonne du courage pour affronter une élection difficile, il faut le reconnaître, il y a beaucoup de candidats. A travers le vote pour R. Hue, beaucoup de nos concitoyens peuvent faire passer un message très fort pour une politique qui soit vraiment à gauche."

Quelle campagne doit-il faire ?

- "Une campagne de mobilisation de tous ceux qui veulent que la gauche reste au pouvoir, mais qu'elle aille beaucoup plus loin dans ses objectifs."

On lui reproche justement d'avoir été un peu absorbé par le Parti socialiste.

- "Ce n'est pas facile de trouver son espace, mais je crois qu'après ces quatre ans et demi, nous avons quand même un peu plus trouvé notre vitesse de croisière dans ce domaine et je crois que la présidentielle nous permettra d'aller plus loin."

Avez-vous souffert de la cohabitation ?

- "Personnellement, je n'en ai pas souffert, mais je trouve que c'est un frein pour aller plus loin, plus vite. Ce n'est pas un attelage dynamique."

Souhaitez-vous la victoire de L. Jospin ?

- "Je souhaite que la gauche continue et qu'on puisse, après le travail qui a été fait mais qui n'est pas achevé, continuer dans cette voie. Si L. Jospin est candidat, ce qui n'est pas encore fait, je souhaite bien entendu qu'il soit élu."

(Source http://sig.premier-ministre.gouv.fr, le 22 octobre 2001)

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