Déclaration de M. Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, sur l'accident de l'usine chimique de Toulouse, Montreuil le 25 septembre 2001. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, sur l'accident de l'usine chimique de Toulouse, Montreuil le 25 septembre 2001.

Personnalité, fonction : THIBAULT Bernard.

FRANCE. CGT, secrétaire général

Circonstances : Accident de l'usine chimique de Toulouse le 24 septembre 2001

ti : Les commentaires et prises de positions, qui se multiplient après la catastrophe qui frappe des milliers de familles dans l'agglomération toulousaine, ont un côté indécent et hypocrite.

Indécent, parce que l'heure est d'abord à l'urgence face à l'ampleur des problèmes à résoudre pour une population meurtrie.

Logements, services publics, écoles, entreprises¿. Beaucoup est à reconstruire. 1 000 salariés ne peuvent plus travailler, près de 20 000 sont touchés d'une manière ou d'une autre. C'est le silence lorsque nous souhaitons être partie prenante des cellules de crise et des commissions d'enquête. C'est incompréhensible !

Cette attitude me fait douter de la volonté des pouvoirs publics à prendre l'exacte mesure du désastre local.

Hypocrite, la polémique qui s'intensifie sur le déménagement des usines dites à risque l'est assurément.

Non pas qu'il ne faille pas réfléchir à un aménagement du territoire conjuguant besoin industriel et cadre de vie, mais force est de constater que ce débat tronqué a d'abord pour conséquence d'éluder complètement la responsabilité des entreprises qui, par leurs choix de gestion, dérogent trop souvent aux principes de précaution voire aux règles élémentaires de sécurité.

Du recours excessif à la sous-traitance, y compris pour des tâches de maintenance ou de sécurité des installations, à des emplois précaires, aux gains de productivité aveugle, en passant par le sous-investissement dans les entreprises, voilà quelques faits que constatent quotidiennement les salariés, leurs représentants syndicaux, leurs élus dans les Comités d'hygiène et de sécurité.

Cette tendance se trouve d'autant plus encouragée que la prise de risque est en fait supportée - si les choses tournent mal - par les salariés, la population et la collectivité nationale qui sont appelés pour réparer les dégâts.

Aujourd'hui, c'est de nouveau Elf-Total qui est sur le devant le scène, ses responsabilités devront être complètement identifiées.

Bien plus que la localisation des usines (le transfert du risque ne résout rien), ce qui doit être profondément revu ce sont les conditions matérielles et humaines permettant aux salariés compétents et en nombre suffisant d'avoir les moyens de maîtriser leur outil de travail en toute sécurité pour eux-mêmes et leur environnement.

La CGT déploie son propre réseau de solidarité pour venir en aide à tous ceux qui en ont tant besoin. Nous avons bien l'intention, dans le même temps, de créer les conditions pour que les véritables responsabilités soient mises en lumière.


(source http://www.cgt.fr, le 01 octobre 2001)

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