Entretien de M. Charles Josselin, ministre délégué à la coopération et à la francophonie, avec "RFI", le 16 novembre 2001, sur la situation en Angola, les sanctions contre l'UNITA, le processus de paix sous l'égide du Conseil de sécurité, l'aide humanitaire des ONG et le référendum constitutionnel en Guinée. | vie-publique.fr | Discours publics

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Entretien de M. Charles Josselin, ministre délégué à la coopération et à la francophonie, avec "RFI", le 16 novembre 2001, sur la situation en Angola, les sanctions contre l'UNITA, le processus de paix sous l'égide du Conseil de sécurité, l'aide humanitaire des ONG et le référendum constitutionnel en Guinée.

Personnalité, fonction : JOSSELIN Charles.

FRANCE. Ministre délégué à la coopération et à la francophonie

Circonstances : Réunion du Conseil de sécurité de l'ONU sur la situation en Angola, à New York, le 15 novembre 2001

ti : Q - Sur l'Angola, est-ce que l'on peut résumer l'essentiel de ce qui s'est dit autour de la table concernant ce pays ?

R - Oui, nous avons entendu l'envoyé spécial M. Gambari, puis le ministre angolais, M. Miranda, que j'avais déjà eu l'occasion de rencontrer le matin.

Qu'est ce qui s'est dit ? Je crois que cela a été l'occasion d'exprimer la préoccupation du Conseil de sécurité devant la poursuite d'un conflit qui, évidemment, entraîne beaucoup de souffrances pour le peuple angolais mais qui créait en particulier des situations très graves du point de vue humanitaire. Il y a été rappelé la responsabilité de l'UNITA et en particulier de son leader, M. Savimbi et la volonté d'appliquer les sanctions déjà adoptées par le passé, mais avec un souci peut-être d'une plus grande rigueur afin que l'UNITA se voit privée des moyens commerciaux, financiers peut-être, qui lui permettent de continuer à entretenir cette guerre.

Nous avons évoqué le besoin de faciliter l'action des ONG et l'accès aux populations qui sont en difficulté. Nous avons donné acte au gouvernement angolais d'essayer malgré tout de créer les conditions d'un dialogue entre les différentes fractions qui s'opposent actuellement dans ce pays.

J'ai le sentiment que ceux qui suivent de près la réalité angolaise conviennent, en dépit des souffrances que j'évoquais à l'instant, qu'il y a tout de même de meilleures chances aujourd'hui de voir la paix s'installer durablement en Angola. En tout cas, c'est ce qui prévalait aussi dans les couloirs. Il est incontestable que le gouvernement angolais a marqué des points, en quelque sorte, sur le terrain dans les actions qu'il conduit contre l'UNITA. Il reste à espérer que les appels lancés par le gouvernement angolais en direction justement des membres de l'UNITA, y compris de l'encadrement de l'UNITA, à saisir les occasions qui sont offertes en matière d'amnistie promise aux uns et aux autres, mais plus que cela, d'intégration, de réintégration dans l'administration angolaise, il reste à espérer que ces appels vont être entendus et que cette guerre, je le répète, qui n'a pour d'autre résultat que de créer des souffrances, sans aucune perspective de conquête politique, que cette guerre s'arrête.

En tous cas, je crois que cette réunion du Conseil de sécurité aura, je le répète, permis d'exprimer un meilleur espoir de paix.

Q - Est-ce que l'on a des contacts avec l'UNITA ? Est-ce que Jonas Savimbi a idée d'une éventuelle volonté de négocier, de réintégrer, de cesser de faire des actions comme cet été, en faisant sauter un train, quelque chose comme cela ?

R - Je n'ai pas encore eu l'occasion de le rencontrer et je ne suis pas sûr que cela soit si facile. J'ai cru comprendre qu'il changeait fréquemment de lieu de résidence, pour des raisons de sécurité. Je crois en tout cas que s'il voulait négocier, il aurait pu déjà l'exprimer autrement qu'en attaquant comme il l'a fait un train et provoqué plusieurs centaines de victimes.

Q - Sur la Guinée, le président Lansana Conté a organisé un référendum la semaine dernière qui a pour but de changer la Constitution de ce pays et de lui permettre, alors qu'il vient d'effectuer deux mandats, de rester au pouvoir. Quelle est la position de la France à ce sujet ?

R - Nous avons eu l'occasion d'exprimer nos réserves par rapport à ce choix fait par le président Conté. J'observe que nous ne sommes pas seuls à pouvoir exprimer ces réserves puisqu'aussi bien dans le cadre européen nous avons collectivement fait le choix d'envisager la mise en oeuvre de ce que nous appelons l'article 96 de la Convention de Cotonou, qui oblige en quelque sorte un dialogue, une explication en tous cas de la part des autorités guinéennes. Car nous sommes préoccupés par la tension qui se manifeste actuellement au sein de la Guinée-Conakry. C'est une région déjà très volatile, nous le savons bien en voyant les difficultés qu'ont pu connaître certains pays proches et nous sommes soucieux, je le répète, d'éviter que cette tension politique ne puisse conduire à de nouveaux débordements.

Q - Vous n'avez pas eu de réactions de M. Conté aux réserves exprimées par la France et par l'Union européenne ?

R - Non, pas encore, mais je pense que nous en aurons

(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 21 novembre 2001)

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