Déclaration de M. Christian Pierret, secrétaire d'Etat à l'industrie, sur la nécessité d'aider au développement de la métrologie pour répondre aux nouveaux défis économiques, Saint-Louis (Haut-Rhin), le 1er octobre 2001. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Déclaration de M. Christian Pierret, secrétaire d'Etat à l'industrie, sur la nécessité d'aider au développement de la métrologie pour répondre aux nouveaux défis économiques, Saint-Louis (Haut-Rhin), le 1er octobre 2001.

Personnalité, fonction : PIERRET Christian.

FRANCE. SE à l'industrie

Circonstances : Ouverture du Congrès international de métrologie à Saint-Louis (Haut-Rhin), le 1er octobre 2001

ti : Monsieur le Président du Mouvement Français pour la Qualité,
Monsieur le Président du Bureau National de Métrologie et Président du Comité International des Poids et Mesures,
Monsieur le Directeur du National Physical Laboratory,
Monsieur le Député-Maire de Saint-Louis
Mesdames et Messieurs les Professeurs
Mesdames et Messieurs les Présidents et Directeurs
Mesdames, Messieurs,


J'ai déjà eu l'occasion de souligner, devant votre Congrès en 1997 puis en 1999, toute l'importance que j'accorde à la métrologie, qui est une clé essentielle pour les entreprises et l'industrie, et un enjeu majeur pour le développement économique et social. La métrologie est un outil indispensable à la connaissance des phénomènes et du monde et à la maîtrise technique et technologique des industries. Elle est aussi une des conditions primordiales de la compétitivité des entreprises et des échanges internationaux.

J'attache donc la plus haute importance à ce que la France dispose d'un environnement permettant un développement harmonieux de toutes les branches de la métrologie : scientifique, industrielle et légale.

La finalité de la métrologie est que les mesures soient fiables au niveau des utilisateurs finaux, qui sont le plus souvent l'industrie et le public. Il serait vain de faire de la métrologie scientifique de haut niveau sans retombées pour l'industrie ou de concevoir des instruments de mesure permettant de hautes performances si les utilisateurs ne savent pas les maintenir en bon état de fonctionnement ou que faire des résultats qu'ils délivrent.

Ceci m'a amené à définir un plan d'action gouvernemental pour la métrologie, adopté en conseil des ministres en 1998, et dont l'objectif était double :
1. coordonner les différentes branches de la métrologie, notamment en réformant le Bureau National de la Métrologie qui rassemble les laboratoires de métrologie fondamentale ;
2. Développer la recherche et une culture de la métrologie, notamment dans de nouveaux domaines clés comme l'environnement et la santé.

Ce plan d'action gouvernemental s'est traduit par de nombreuses dispositions concrètes, dont les plus marquantes concernent le Bureau National de Métrologie (BNM), chargé de définir et de mettre en ¿uvre les programmes de recherche, et le Laboratoire National d'Essai (LNE), dont je souhaite qu'il devienne un établissement de référence en métrologie en France et en Europe.

Parvenu au terme de son mandat, le Bureau National de Métrologie (BNM), vient d'être renouvelé sous forme de Groupement d'Intérêt Public, avec des évolutions majeures.

Ses moyens ont été renforcés, et ses crédits ont progressé de plus de 20% en 3 ans. Cette progression a permis d'investir dans des domaines nouveaux comme la métrologie chimique où les besoins pour l'environnement et la santé sont considérables. Un Comité d'orientation stratégique a été institué, permettant de donner à l'industrie et aux acteurs économiques et sociaux un rôle d'orientation des travaux beaucoup plus fort que précédemment.

Quant au LNE, qui fête cette année son centenaire, la métrologie représente désormais plus du tiers de son activité. Ainsi, le LNE est en capacité de jouer les premiers rôles sur la scène européenne et internationale en matière de métrologie scientifique et légale.

En particulier, le LNE est appelé à conforter ses moyens de métrologie scientifique, en développant un nouveau laboratoire scientifique de tout premier plan consacré à la métrologie électrique fondamentale et à la nano-métrologie. Ces deux sujets représentent des enjeux industriels majeurs, en particulier dans les domaines de l'électronique et des biotechnologies, qui sont, dois-je le rappeler, des priorités en termes de recherche scientifique.

Par ailleurs, la mise en application, dans les prochaines années, d'une Directive "nouvelle approche" sur les instruments de mesure m'a amené à revoir l'organisation de la métrologie légale, de façon à disposer, le moment venu, d'un dispositif concurrentiel reposant sur l'exécution des activités de certification par des organismes privés, évalués et contrôlés par les services de l'Etat.

Le programme gouvernemental d'action pour la métrologie a également fait l'objet de quelques actions spécifiques comme l'encouragement à la création de METRODIFF, mais je considère toutefois que des efforts restent à faire dans ce domaine. Je sais que le but de votre congrès est notamment de faire le point sur des techniques de pointes en matière de métrologie, mais je serais très heureux si vos travaux vous amenaient à identifier des axes de promotion de la métrologie dans l'industrie, dans la formation et dans le public.

Cette promotion est une priorité pour diffuser dans l'ensemble du tissu économique et social la culture que requièrent les défis du nouveau siècle.

Je voudrais enfin souligner le caractère désormais européen et international des champs et des développements de la métrologie. La France tient historiquement une place importante dans la communauté internationale de la métrologie. Conserver et renforcer cette place est un enjeu essentiel pour l'image internationale des technologies françaises.

La structuration des activités de métrologie au niveau international n'est pas seulement la meilleure assurance que les décisions prises à ce niveau soient acceptables pour l'ensemble des pays, c'est aussi et surtout la seule voie pour mener efficacement des travaux de plus en plus complexes et pluridisciplinaires. Pour ma part, j'attache la plus grande importance à ce que mes services chargés de la métrologie légale participent à ces travaux internationaux et à la coopération internationale bilatérale ou multilatérale.

La France est à notamment à l'origine de la création du Forum Euro-méditerranéen de métrologie légale dont le but est de favoriser la coopération entre les pays européens et les pays du pourtour de la méditerranée.

A l'heure de la globalisation des échanges et de diffusion des technologies, le rôle de la métrologie dans notre société et l'importance des relations internationales en métrologie ne pourront que croître, qu'il s'agisse de reconnaître des étalonnages, des questions de raccordements pour l'industrie, ou plus généralement d'échanges de produits industriels ou de marchandises.

Vous connaissez l'importance de ces aspects internationaux, puisque chaque congrès international de métrologie est organisé avec la participation d'un grand organisme de métrologie étranger, cette année, le National Physical Laboratory (NPL) du Royaume uni, et que plusieurs intervenants sont d'illustres métrologues étrangers.

Conscients de ces enjeux stratégiques pour la métrologie, les organisateurs du Congrès international de métrologie proposent, cette année encore, des sujets de haute qualité en métrologie et disciplines connexes, qu'il s'agisse de sujets généraux (incertitudes de mesure, qualité et accréditation, environnement, chimie...) ou de sujets plus pointus. J'ai noté également une session sur la métrologie et internet, ce qui montre leur attachement à rester à la pointe du progrès technologique.

Je souhaite aux organisateurs de ce Congrès le plus grand succès possible, et aux participants un profond enrichissement, à titre personnel et pour l'entité au profit de laquelle ils travaillent.

(Source http://www.industrie.gouv.fr, le 8 novembre 2001)


Rechercher