Déclaration de M. Jean-Claude Gayssot, ministre de l'équipement, des transports et du logement, sur la poursuite des efforts du gouvernement pour lutter contre l'insécurité sur les routes, Paris, le 17 octobre 2001. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Claude Gayssot, ministre de l'équipement, des transports et du logement, sur la poursuite des efforts du gouvernement pour lutter contre l'insécurité sur les routes, Paris, le 17 octobre 2001.

Personnalité, fonction : GAYSSOT Jean-claude.

FRANCE. Ministre de l'équipement, des transports et du logement

Circonstances : Présentation de la deuxième édition de la semaine de la sécurité sur la route qui aura lieu du 20 au 28 octobre, à Paris le 17 octobre 2001

ti : Vous vous en souvenez, le gouvernement avait déclaré la Sécurité Routière, Grande Cause Nationale en 2000, afin de favoriser au-delà d'une action publique constamment renouvelée, l'émergence de nouveaux engagements des acteurs de terrain.

Ceux-ci, collectivités territoriales, associations, organisations professionnelles, établissements scolaires, voire simples particuliers, sont en effet les relais indispensables pour produire une véritable mobilisation sociale en faveur de la sécurité routière.

C'est à leur intention qu'avait été organisée l'an dernier à la même époque une semaine nationale de sécurité sur la route, la première du genre. Cette semaine a connu un véritable succès.

Je vous avais précisé, en vous présentant le bilan 2000 en janvier dernier, que loin de représenter un aboutissement, cette année 2000 devait constituer un tremplin pour une mobilisation durable.

Nous allons ainsi vous présenter la deuxième édition de cette semaine de la sécurité sur la route: du 20 au 28 octobre. Elle comporte beaucoup d'initiatives locales.

De nombreux thèmes s'adressent aux jeunes qui représentent une catégorie de victimes particulièrement exposée, avec près de 2000 morts ayant entre 15 et 24 ans. L'Éducation Nationale s'est naturellement impliquée fortement dans cette campagne aux côtés de mon ministère.

Je tiens à saluer spécialement, puisque M. André SINET, Adjoint au Maire, est ici présent, l'opération menée par la Ville d'AUBAGNE qui est exemplaire parmi celles initiées par des collectivités locales, avec un engagement total de ses élus, en particulier le Maire de la commune, Jean TARDITO.

Une place conséquente est également faite dans beaucoup de départements aux deux roues, avec souvent la participation des clubs de motards.

Les associations seront nombreuses à participer à la semaine de sécurité sur la route sous des formes variées, souvent originales. Je salue la présence de M. Vincent JULLE, Président de la Fondation Anne Cellier Juniors, qui organise, entre autres, une marche " pour la Vie " à Evry avec la participation des lycéens du secteur, ainsi que de M. Francis VOILEAU, responsable du sport scolaire associatif dans les Yvelines. L'un et l'autre vous expliqueront brièvement tout-à-l'heure les actions qu'ils entreprennent.

En ce qui concerne les initiatives au niveau des entreprises, le CNPA (Conseil National des Professions de l'Automobile) reconduit cette année, en l'amplifiant, le contrôle gratuit des véhicules par ses adhérents, 15000 participants cette année contre 11000 l'an passé.

Et les médias ne sont pas en reste, puisque plusieurs chaînes, stations ou grands titres ont accepté une collaboration qui va au delà de la seule relation des événements prévus.

Le 26 octobre prochain, à l'initiative de la Sécurité Routière et de la CNAM -TS (Caisse Nationale d'Assurance-Maladie des Travailleurs Salariés) aura également lieu un Forum National sur le risque routier en entreprise. Il faut savoir en effet que pour les salariés, l'accident de la route est la première cause d'accidents mortels au travail. Il importe donc de traiter le risque routier comme un risque professionnel à part entière. M. Gilles EVRARD, co-organisateur de ce forum, nous précisera l'objectif de cette manifestation.

Deuxième axe de la semaine, et de la politique gouvernementale de mobilisation, la communication.

Les campagnes de cet automne seront placées sous le signe de l'engagement.

A la télévision tout d'abord, nous avons pu bénéficier du concours bénévole, je tiens à le souligner, de personnalités connues du sport ou du spectacle, qui ont bien voulu témoigner sur leur attitude au volant ou sur la route, en parvenant à la conclusion qui s'impose inéluctablement : les règles du code de la route sont faites pour nous protéger, respectons-les.

Les spots correspondants, au nombre de sept, seront diffusés sur les principales chaînes généralistes pendant la durée de la semaine.

Je remercie les personnalités du sport et de la culture qui ont accepté de mettre leur talent au service de cette communication : Ari VATANEN, champion du monde des rallyes et député européen finlandais, qui nous fait l'honneur d'être parmi nous, et qui a été associé à Alain PROST, champion du monde de Formule 1 ; le champion olympique de judo Djamel BOURRAS associé au chanteur AKHENATON ; Laura FLESSEL et Florian ROUSSEAU, champions olympiques ; Véronique GENEST et François CLUZET, Claude et Catherine RICH, Yvan LE BOLLOCH et Bruno SOLO tous acteurs ; enfin Hélène SEGARA, chanteuse et Franck DUBOSCQ, humoriste.

Nous avons apprécié, avec Isabelle MASSIN, cet engagement fort et bénévole de personnalités qui peuvent toucher et mobiliser les jeunes.

Deuxième type d'action, des affiches réalisées par la Sécurité Routière seront apposées par les municipalités, sur le thème citoyen du "partage de la route". Vous pouvez les voir autour de vous.

Je remercie à cet égard les maires des grandes villes de France qui s'associent à cette opération. Michel DESTOT, député-maire de Grenoble vous en dira un mot tout-à-l'heure.

Avant de conclure, je souhaiterais revenir rapidement sur le bilan provisoire du 3ème trimestre 2001. Le bilan global des 2 mois d'été (juillet et août) est équivalent à celui de l'été 2000, qui avait marqué un très net recul par rapport aux années précédentes.

L'évolution du nombre d'accidents a par contre été préoccupante en septembre : elle traduit un relâchement des conducteurs, notamment en matière de vitesse, que l'on ne peut tolérer. Des accidents très graves sont également intervenus ces derniers jours.

Sur les 9 premiers mois de l'année, la baisse atteint 2,5 % par rapport à l'année 2000, mais nous devons considérer ce mois de septembre comme une alerte, avec l'avantage de bénéficier de résultats rapides et de les diffuser systématiquement.

Plusieurs explications ont pu être données sur cette situation qui nous montre que les bilans demeurent fragiles. Même s'il faut se garder de tout déterminisme en la matière, elles sont loin d'être dénuées de fondement.

1) Première explication, la sécurité routière serait moins présente dans les médias depuis les attentats du 11 septembre.

C'est exact, car l'ampleur du drame sans précédent qui a touché les Etats-Unis, son caractère terrible et révoltant, les suites qui y sont données ont produit un choc économique et social, qui a modifié bien des paramètres dans notre société.

Même si l'on ne doit pas comparer l'incomparable, certaines associations ont rappelé que le nombre de victimes de ces attentats, qui a suscité l'horreur, à juste titre, était inférieur à celui d'une année de décès sur la route dans notre pays, et qu'à l'échelle mondiale, on dénombrait au moins 500 000 morts sur la route chaque année. Ces chiffres sont terribles. Nous ne pouvons nous y habituer, la tragédie du quotidien doit aussi être combattue.

C'est la raison pour laquelle cette semaine de la sécurité de la route doit être l'occasion de remobiliser l'ensemble de la société, avec des actions locales et une campagne de communication.

J'ai eu l'expérience dans ce domaine de ce que pouvait donner tout relâchement de l'action publique. Ne comptez pas sur moi pour baisser la garde dans cette lutte pour la vie.

2) Deuxième explication, la perspective de l'amnistie encouragerait les comportements irresponsables.

Là encore, il est exact que les élections de 1988 ou 1995 se sont traduites par des hausses ponctuelles les quelques mois précédant l'élection.

Il convient cependant d'informer les conducteurs que les dernières lois d'amnistie excluaient de leur champ les infractions les plus graves. Et je n'ai pas entendu de candidat officiel ou potentiel à l'élection présidentielle revenir en arrière sur cette question.

Dans le cadre de mes fonctions gouvernementales, j'entends favoriser les sanctions immédiates, qui ne sont pas amnistiables. Quand le permis est retiré en cas d'alcoolémie ou d'excès de vitesse important, la procédure se déroule et on ne récupère son permis qu'à l'issue du jugement.

Le volume de contrôles et de sanctions ne diminuera pas à l'approche des échéances électorales, car ils constituent un volet indispensable pour prévenir et dissuader les accidents, et qui a fait ses preuves au cours des 2 dernières années.

Pour ma part, et à titre personnel, je suis favorable à ce que le champ de l'amnistie exclue toutes les infractions au code de la route. En effet, celles-ci mettent en cause la sécurité de tous, en particulier des plus fragiles ; elles ne sont pas négociables.

Le stationnement dangereux ou sur des emplacements réservés aux handicapés devraient également être exclus de toute amnistie, à mon sens.

La démarche des associations qui vise à interpeller les candidats à l'élection présidentielle m'apparaît totalement légitime. La lutte contre l'insécurité routière est une priorité : il est donc logique qu'elle soit au coeur du débat public et que chacun se positionne clairement.

Votre rôle sera comme toujours essentiel : pour dire quelles sont les infractions qui n'ont d'ores et déjà aucune chance d'être amnistiées et qui sont sanctionnées immédiatement ; et pour rappeler l'importance des règles de sécurité, qui sont là pour protéger tout le monde.

Aucun conducteur ne peut aujourd'hui choisir son propre comportement en fonction de la probabilité d'être amnistié. Ce serait un calcul sordide et morbide : on ne joue pas avec sa sécurité, son intégrité physique, sa vie, et celles de ses proches.

Pour conclure, je voudrais préciser comment le gouvernement poursuit son action déterminée :

- le projet de budget 2002 porte à près de 100 millions d'euros le budget directement lié à la sécurité routière, soit une hausse de plus de 40% en 5 ans ;

- depuis le 1er octobre, les drogues sont dépistées en cas d'accident mortel ;

- le projet de loi sur la sécurité des infrastructures et systèmes de transports a été voté à la quasi-unanimité par l'Assemblée Nationale. Il sera discuté au Sénat la semaine prochaine ;

- sans attendre, j'ai visé un décret renforçant le contrôle et les sanctions de non-respect des interdistances, qui sera publié prochainement.

Enfin, j'installerai en fin de semaine prochaine le Conseil National de la Sécurité Routière. Organisme indépendant, doté d'un budget propre de 15 millions de francs pour faire des évaluations de mesures existantes ou l'étude de mesures nouvelles, ce sera aussi un outil de dialogue entre tous les acteurs et de mobilisation de notre société.

Cet événement ponctuera donc une semaine que j'espère bien remplie.

Plus on parle de l'insécurité routière, plus on agit contre elle, plus elle recule.

Je laisse donc la parole à des acteurs importants de cette semaine pour présenter leur action, puis nous verrons quelques spots de la campagne, avant de répondre à vos questions.

(source http://www.equipement.gouv.fr, le 18 octobre 2001)

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