Déclaration de M. Roger-Gérard Schwartzenberg, ministre de la recherche, sur le développement de l'espace au service de la société, sur l'utilisation des données d'origine spatiale et sur les enjeux de la stratégie spatiale européenne, notamment pour la compétitivité de la filière Ariane, le développement du programme Galiléo et la mise en oeuvre de l'initiative GMES (Global monitoring for environment and security), Toulouse le 1er octobre 2001. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Roger-Gérard Schwartzenberg, ministre de la recherche, sur le développement de l'espace au service de la société, sur l'utilisation des données d'origine spatiale et sur les enjeux de la stratégie spatiale européenne, notamment pour la compétitivité de la filière Ariane, le développement du programme Galiléo et la mise en oeuvre de l'initiative GMES (Global monitoring for environment and security), Toulouse le 1er octobre 2001.

Personnalité, fonction : SCHWARTZENBERG Roger-gerard.

FRANCE. Ministre de la recherche

Circonstances : 52ème congrès international de l'astronautique et de l'espace à Toulouse (Haute-Garonne) le 1er octobre 2001

ti : Monsieur le Président du Conseil régional,
Monsieur le Président du Conseil général,
Monsieur le Maire de Toulouse,
Messieurs les députés et les sénateurs,
Monsieur le Préfet de Région,
Mesdames et Messieurs les Présidents et directeurs généraux,
Mesdames, Messieurs,

C'est avec un très grand plaisir que j'interviens ici devant vous à l'occasion de cette cérémonie d'ouverture du 52ème Congrès international de l'Astronautique et de l'Espace.

Il y a maintenant un peu plus de dix jours, la ville de Toulouse a été touchée par l'explosion de l'usine chimique AZF. Tous ceux qui sont ici peuvent constater les conséquences dramatiques de cette explosion et mes pensées vont d'abord aujourd'hui vers les victimes et leurs familles auxquelles je tiens à témoigner toute ma sympathie.

Le Premier ministre était présent vendredi pour annoncer les mesures d'urgence prises par le Gouvernement pour venir en aide aux victimes de cette catastrophe et nous avons déjà commencé au niveau du ministère de la recherche à étudier les conditions de remise en fonctionnement de nos laboratoires. Je serai d'ailleurs cet après-midi sur les lieux sinistrés pour en discuter avec Madame la Rectrice, les Présidents d'Université concernés et avec la directrice générale du CNRS.

Je tiens également à saluer les représentants de la communauté américaine de l'espace présents aujourd'hui et je tiens une nouvelle fois à leur exprimer toute la solidarité des français pour le drame qui a touché leur pays le 11 septembre dernier.

La vie doit cependant reprendre ses droits progressivement même si nous ne devons jamais oublier ce qui s'est passé tant à Toulouse qu'aux Etats-Unis et je tiens à remercier tout ceux qui sont venus ici cette semaine pour cette manifestation.

A l'occasion des cinquante ans de la Fédération Astronautique Internationale - l'IAF -, un tel congrès se devait de se tenir à Toulouse, haut lieu de l'aéronautique et du spatial en France et en Europe. Je tiens à adresser mes félicitations les plus chaleureuses à tous ses promoteurs et organisateurs, en particulier l'Association Aéronautique et Astronautique de France et le Comité d'Organisation local.

La présence d'exposants et d'intervenants prestigieux de tous pays montre, s'il en est besoin, le dynamisme, le rayonnement et les ambitions de Toulouse et de la Région Midi-Pyrénées, dans les domaines stratégiques que constituent l'aéronautique et l'espace. C'est d'ailleurs à Toulouse que j'ai installé l'année dernière, le Centre national de la recherche et de la technologie consacré à l'aéronautique et au spatial qui est destiné à fédérer les acteurs de la recherche publique et privée autour de projets à haute plus-value technologique.

Cette manifestation de premier plan mondial, est placée cette année sous le signe de "l'espace au service du nouveau millénaire", ce que vous me permettrez d'interpréter comme "le développement des applications de l'espace au service de la société" auquel j'attache une grand importance.

Pendant longtemps, l'Espace a en effet d'abord été un enjeu de suprématie et une vitrine technologique pour les grandes superpuissances mondiales, les Etats-Unis, la Russie et dans une moindre mesure l'Europe. Toute la fin du XXème siècle a été marqué par les exploits réguliers de la conquête spatiale, qui n'a cessé de repousser les limites de la technologie pour explorer le système solaire et l'Univers lointain. Cette conquête constitue également une extraordinaire aventure humaine avec sa part de rêve et d'émotion.
Le secteur spatial connaît cependant depuis une dizaine d'année une profonde mutation et les services publics et privés reposant sur l'utilisation de données d'origine spatiale constituent désormais le principal moteur de cette activité. Je pense ici à la météorologie et de façon plus large à la surveillance de l'environnement, à l'imagerie avec ses multiples applications sur le plan scientifique, commercial et stratégique, à la navigation par satellite dont les utilisations se développent aujourd'hui de façon spectaculaire et enfin aux télécommunications spatiales.

Comme vous le savez, un Conseil de l'ESA se tiendra au niveau ministériel au mois de novembre prochain à Edimbourg. Ce Conseil sera l'occasion de concrétiser les intentions et les ambitions affichées dans le cadre de la Stratégie spatiale européenne adoptée en novembre 2000 pendant la présidence française de l'Union européenne. Il comporte pour moi trois enjeux prioritaires.

Le maintien de la compétitivité de la filière Arianne

Nous aurons d'abord à prendre les décisions nécessaires pour garantir la compétitivité de la filière Ariane et du Centre spatial guyanais face à des concurrents de plus en plus nombreux et performants.

Cet engagement des Etats en faveur de la filière Ariane, ne peut cependant se concevoir que si l'industrie prend en parallèle des engagements clairs de réduction des coûts de production du lanceur Ariane 5 et commence à revoir son organisation industrielle au premier niveau pour être en mesure de faire face aux évolutions de cette compétition.

Le succès de la filière Ariane a été le fruit de la combinaison d'un appui sans faille des Etats européens, des performances de nos industriels et de nos agences spatiales. La stratégie spatiale européenne a réaffirmé clairement le caractère stratégique que revêt pour l'Europe l'autonomie de son accès à l'Espace. Il est aujourd'hui essentiel que tous continuent à se mobiliser pour garantir cette autonomie.

Le lancement de la phase de développement de Galiléo

La seconde priorité est le lancement effectif de la phase de développement du programme Galiléo. Le Conseil de l'Union a affirmé à plusieurs reprises, au plus haut niveau c'est à dire celui des Chefs d'Etat et de Gouvernement, que ce programme revêt un enjeu stratégique et économique majeur pour l'Union européenne.

Ce programme est également exemplaire par rapport au renforcement des liens entre la Commission européenne et l'ESA et du rôle que chacune de ces institutions devra jouer dans les années à venir pour le développement des systèmes spatiaux et de leurs applications. L'objectif ambitieux que doit se fixer l'Europe est de faire que demain, le système européen Galiléo soit considéré comme une référence au niveau mondial et soit utilisé parallèlement au GPS américain.

Des premières initiatives dans le cadre de GMES

Je souhaite enfin que nous puissions décider les premières actions de mise en ¿uvre de l'initiative GMES (Global Monitoring for Environment and Security).

La surveillance de l'environnement, la gestion des ressources naturelles, le suivi et la gestion des crises et catastrophes naturelles et industrielles constituent en effet des enjeux majeurs du siècle qui commence. L'Europe se doit de disposer d'une capacité propre d'analyse et de suivi de ces questions pour préparer les décisions publiques au niveau national et communautaire. C'est un enjeu politique qui correspond à une attente forte de nos concitoyens.

C'est également un enjeu stratégique et économique en raison des conséquences potentielles des traités internationaux sur l'environnement comme le protocole de Kyoto, de l'importance que prendra progressivement la question de la gestion des ressources naturelles comme l'eau, enfin de l'apport potentiel d'un tel outil pour le rayonnement de l'Europe et pour l'aide au développement.

* * *

Je souhaiterai pour conclure rendre un hommage tout particulier aux différents acteurs de l'Europe spatiale, notamment au CNES qui reste le moteur de l'Europe spatiale, à l'ESA qui est un exemple remarquable de la coopération européenne mais également à tous les acteurs industriels ici représentés.

Les succès de l'industrie spatiale européenne qu'ils s'agissent de ceux d'Ariane, d'Astrium ou d'Alcatel illustrent l'excellence de la technologie européenne et sa capacité à se hisser au meilleur niveau dans la compétition mondiale.

Nous devons aujourd'hui redonner une ambition politique à l'Europe spatiale en nous mobilisant sur de grands projets fédérateurs, mettant en place de nouveaux services au profit de nos concitoyens. Le programme Galiléo, l'initiative GMES pour le suivi de l'environnement, l'exploration de Mars peuvent jouer ce rôle d'entraînement auprès de notre industrie, de nos agences et du grand public. Je tiens pour finir à vous adresser tous mes v¿ux de succès pour ce 52ème Congrès International de l'Astronautique.

http://www.recherche.gouv.fr, le 08 octobre 2001)

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