Rapport de Mme Marie-George Buffet, secrétaire national du PCF, sur la situation au Proche-Orient, les mouvements sociaux de salariés, la politique sociale, la réduction du temps de travail, le programme électoral de Robert Hue, candidat à l'élection présidentielle, l'apport du PCF au bilan de la gauche plurielle et le débat sur la campagne électorale de Robert Hue, Paris, le 16 décembre 2001. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Rapport de Mme Marie-George Buffet, secrétaire national du PCF, sur la situation au Proche-Orient, les mouvements sociaux de salariés, la politique sociale, la réduction du temps de travail, le programme électoral de Robert Hue, candidat à l'élection présidentielle, l'apport du PCF au bilan de la gauche plurielle et le débat sur la campagne électorale de Robert Hue, Paris, le 16 décembre 2001.

Personnalité, fonction : BUFFET Marie-George.

FRANCE. Ministre de la jeunesse et des sports;FRANCE. PCF, secrétaire nationale

Circonstances : Réunion du Conseil national du PCF, à Paris, le 16 décembre 2001

ti : Chères camarades, Chers Camarades,

Chaque jour qui passe est, au Proche-Orient, un jour plus dramatique. L'engrenage infernal des attentats suicides, des assassinats ciblés, et d'une répression féroce nous inquiète profondément. Jusqu'où cette escalade dangereuse peut-elle conduire si rien n'est fait par tous les pays, par tous les acteurs concernés pour l'enrayer, pour qu'enfin un dialogue puisse l'emporter sur la violence et la terreur?

A contrario d'un discours fataliste sur l'absence de solution justifiant l'inaction, tout appelle à la prise d'initiatives politiques C'est là que les communistes veulent être utiles.

Nous condamnons avec la plus grande énergie les attentats terroristes. Ils sont intolérables parce qu'ils sèment une mort aveugle. Ils sont intolérables aussi parce qu'ils alimentent la logique guerrière d'Ariel Sharon et parce qu'ils contribuent à mettre l'Autorité palestinienne et son Président Yasser Arafat, ainsi que l'ensemble du camp de la paix israélien, dans les plus grandes difficultés.

En visant Yasser Arafat, en frappant l'Autorité palestinienne et ses institutions comme ils le font aujourd'hui, Ariel Sharon et ses alliés, notamment d'extrême droite, prennent le risque d'écarter et d'affaiblir gravement le seul interlocuteur possible pour une paix négociée. Celle-ci est pourtant la seule pouvant apporter la sécurité que souhaite légitimement le peuple d'Israël.

Le peuple palestinien étouffe sous l'occupation et l'humiliation permanente. Il ne supporte plus la colonisation, le blocus économique, la misère, la destruction de ses habitations¿ Il aspire à la réalisation de ses droits. Il est vraiment temps qu'une réponse durable et juste soit apportée à ces exigences si légitimes.

Il y a urgence à arrêter l'engrenage meurtrier, à renouer le dialogue, pour dégager une solution politique. C'est pour cela que notre mobilisation est essentielle.

Je rappelle brièvement les propositions que nous avons avancées dans la déclaration du comité exécutif national du 3 décembre, à partir de l'exigence que la communauté internationale élève son intervention au niveau nécessaire

- constitution d'une force multinationale de paix sous mandat de l'ONU acceptable par toutes les parties, contribuant le plus vite possible au cessez-le-feu, garantissant l'arrêt des activités terroristes et assurant la sécurité des populations palestiniennes,

- convocation d'urgence d'une Conférence internationale à partir des acquis de négociations israélo-palestiniennes antérieures . Et Robert HUE a proposé que cette conférence se tienne à Paris.

- la création d'un Etat palestinien viable, avec une souveraineté partagée sur Jérusalem et une sécurité partagée avec Israël,

- la mise en ¿uvre d'un plan de soutien économique à l'Etat palestinien¿

Ces propositions trouvent un large écho partout où nous les présentons. Beaucoup d'hommes et de femmes souhaitent agir face au drame qui se joue.

L'extrême gravité de la situation nous appelle à démultiplier les initiatives dans un esprit d'efficacité et d'ouverture à la société afin que cette exigence de paix, cette urgence de paix, devienne l'aspiration commune du plus grand nombre de nos concitoyens et concitoyennes.

Dans cet esprit, nous participerons à la manifestation unitaire mercredi prochain à Paris, pour en faire un moment de rassemblement utile à la paix.

Nous allons faire signer très largement l'appel que nous avons lancé il y a plusieurs jours sur nos propositions. D'autres moyens d'expression sont à la disposition des communistes, notamment une affiche. Nous lançons également un appel national de personnalités sur les mêmes objectifs.


Chacun est devant ses responsabilités. Le temps est compté. La France, les pays européens ont un rôle crucial à jouer pour qu'une nouvelle dynamique de négociation puisse être relancée sur la base des résolutions de l'ONU et des acquis du processus d'Oslo. La France a joué un rôle positif en ce sens au sommet de Laeken, et notre groupe au Parlement européen aussi.

C'est la Communauté internationale toute entière qui doit s'impliquer dans une action à la hauteur des périls et des exigences.

C'est vrai dans l'urgence pour le Moyen-Orient, c'est vrai également pour l'Afghanistan. Le régime des talibans balayé, une perspective peut s'ouvrir, mais, le peuple afghan a besoin de solidarité pour reconstruire le pays et le développer dans la démocratie. Notre mobilisation à ses côtés, aux côtés des femmes afghanes ne doit pas se relâcher. Lundi dernier, à l'initiative du "Comité des droits de l'Homme en France et dans le monde", un réseau a été créé et un appel lancé. Cette initiative a eu beaucoup d'échos auprès des associations mobilisées sur cet objectif.


Toutes ces actions qu'appelle l'actualité, témoignent du rôle de notre Parti, de son utilité pour faire prévaloir des choix de paix et de démocratie et construire un autre monde comme le propose notre forum de février.

Cette mobilisation pour répondre aux attentes urgentes là-bas ou ici, c'est peut-être ce qui peut caractériser de façon positive notre attitude aujourd'hui aux yeux de l'opinion.


Dans un contexte où les discours politiques portent soit sur le bilan ou sur les perspectives post-électorales, les communistes, leur candidat Robert Hue ajoutent un volet essentiel : celui des propositions et des actions pour répondre maintenant aux problèmes et aspirations.

Les mouvements sociaux de salariés, des hospitaliers, policiers, gendarmes, enseignants, fonctionnaires¿ loin du corporatisme dont on les a vite affublés, sont porteurs d'exigences : moyens d'exercer correctement leurs métiers, de remplir leurs missions Ils, elles demandent légitimement reconnaissance de leurs qualifications, de leur apport à la société.

A travers ces luttes, ils et elles cherchent à hisser l'exercice de leur profession au niveau des besoins de la société aujourd'hui.

Il est assez étonnant de voir certains reprocher aux manifestants de venir troubler ou d'utiliser une période électorale, comme si nos concitoyens-nes devaient respecter une sorte de trêve électorale, une sorte de "silence, on fait campagne" ! Alors que les questions soulevées par ces hommes et ces femmes sont au coeur du débat sur les choix à faire pour le pays. Cela se voit d'ailleurs dans la façon dont les forces politiques se positionnent.

Face à la droite qui s'effraye de voir le gouvernement céder aux revendications et qui crie à l'augmentation des impôts ou à l'aggravation du déficit public, gouvernement et parti socialiste répondent en assurant que tout se fera à budget constant - c'est-à-dire en supprimant d'autres dépenses utiles -.

Alors que pour le sixième mois consécutif, le nombre de chômeurs augmente, que la croissance ralentit et que se profile une nouvelle récession, les attentes qui s'expriment appellent d'autres réponses. C'est le sens de nos propositions : pour la revalorisation des salaires, des minima sociaux et des retraites, la formation, la réorientation de la construction européenne.

Des propositions dont on ne peut repousser l'examen après les échéances électorales. Si on veut mettre en échec la droite, c'est maintenant qu'il faut agir et agir à gauche.

Bien sûr, la majorité et le gouvernement de gauche plurielle ont un bilan. Il faudra en parler, je vais y revenir.

Bien sûr, il est nécessaire dans cette campagne, de souligner, a contrario, le bilan catastrophique de la droite de 1993 à 1997 et surtout de dénoncer ce qu'elle veut faire en cas de victoire. Pour le savoir, il suffit d'écouter M. Sarkozy ou le Baron Sellières : une protection sociale livrée aux appétits des groupes privés, des services publics démantelés, une précarité accrue, etc.

Mais toutes ces paroles ne seront crédibles, audibles que si la gauche montre maintenant sa capacité à répondre aux attentes des Françaises et des Français.

Il reste 4 mois jusqu'à la présidentielle. Rappelons-nous ce que cette majorité à été capable de mettre en ¿uvre dans un tel délai au début de la législature :

La revalorisation du SMIC de 4 % dès l'été, l'annonce des 35 heures faite dès octobre, le plan emploi-jeunes voté dès l'automne, la loi sur l'inscription automatique des jeunes sur les listes électorales dès novembre 1997, autant de mesures qui avaient alors tout à fois donné du contenu et du sens à l'action du gouvernement.

Qui comprendrait aujourd'hui que la gauche, alors qu'elle a toujours une majorité à l'Assemblée nationale, qu'elle a les moyens politiques de répondre aux attentes urgentes des Françaises et des Français, s'installe dans l'inaction jusqu'au printemps ? Ce serait contredire en actes ce que l'on promettrait en parole pour demain, et gâcher, faute de volonté politique face aux pressions libérales et patronales, ce qui a marqué et donné sens à l'action de ce gouvernement.

Prenons les 35 heures. Cette loi doit contribuer à changer la vie en ouvrant du temps pour l'accès aux connaissances, aux loisirs, à l'engagement bénévole, elle doit contribuer au recul du chômage¿ mais pour cela il faut y mettre les moyens financiers et humains. Quel gâchis de vouloir l'appliquer sans ceux-ci ! Comment faire vivre des services publics rénovés, comment éviter la flexibilité dans le privé, dans ces conditions ? Aujourd'hui, on parle de grève à cause des 35 heures !

Prenons les emplois-jeunes. Les premiers contrats signés arrivent à terme en 2002. Tout reste à achever. Pour les jeunes concernés, ces emplois seront-ils ce tremplin vers la carrière professionnelle dont il été question en 1997, ou bien ne seront-ils qu'une simple parenthèse avant le retour à la précarité ? L'ouverture des concours, filières, statuts, les moyens publics donnés aux mouvements associatifs, aux collectivités vont être décisifs. Va-t-on considérer cela comme une nouvelle dépense insupportable ou y voir un atout formidable pour le développement social et économique de notre pays.

Prenons la sécurité sociale. La couverture maladie universelle a renforcé le droit à la santé pour les 5 millions de personnes les plus modestes. Mais plus largement, la sécurité sociale doit-elle être laissée à ses difficultés et aux appétits du MEDEF ou bien doit-on la rénover en profondeur en mobilisant de nouveaux financements, à commencer par les revenus financiers, pour en assurer la pérennité ? C'est le débat qu'ont porté nos groupes parlementaires.

Prenons la prime de Noël pour les chômeurs qu'il était possible d'augmenter sensiblement.

Prenons enfin la loi de modernisation sociale. Des milliers de salariés l'attendent dans l'urgence des menaces de licenciements. Va-t-on lui donner les moyens de son application rapide ?


D'autres chantiers doivent être ouverts et d'autres mesures prises sans attendre.

C'est ce dynamisme, cette détermination qu'appellent les mouvements actuels.

La majorité de gauche plurielle peut rassembler, mobiliser un électorat ; encore faut-il lui signifier, par des actes forts aujourd'hui, une volonté de mettre en ¿uvre, demain, une politique pleinement à gauche.


Il n'est pas trop tard pour entendre ce qu'attendent beaucoup d'hommes et de femmes. Il n'y a que de cette façon que l'on pourra battre la droite.

C'est tout le sens de la campagne dans laquelle nous sommes entrés avec notre candidat, avec la mise en débats et en actions de propositions concrètes. Une campagne enracinée dans les préoccupations de nos concitoyens et concitoyennes, une campagne au diapason de leurs attentes, une campagne offensive pour y répondre sans attendre.

C'est ainsi que Robert s'est engagé. En rupture avec la conception "de l'homme providentiel", des programmes réalisés par quelques-uns, il a fait le choix d'une campagne utile immédiatement à notre peuple et porteuse d'exigences pour demain.

Dans cet objectif, il a commencé sa campagne en allant à la rencontre des communistes. Cette façon de faire est tout sauf un exercice de style. "La France c'est vous", c'est dans un même temps la volonté de faire entrer pleinement dans la campagne les attentes de nos concitoyens et concitoyennes et la volonté de faire vivre une démarche de co-élaboration d'un projet à porter ensemble.

Mardi, Robert rendra compte de ces rendez-vous et des contenus qu'ils ont permis de dégager. Puis il popularisera début janvier les propositions qu'il soumet à notre peuple dans une série de rencontres, de meeting dont - le premier aura lieu à Nantes le 18 janvier -.

Les propositions issues de tous ces débats constitueront le contrat entre le candidat communiste et celles et ceux qui le portent.

D'ores et déjà, nous pouvons tirer un certain nombre d'enseignements de la rencontre de Robert avec près de 10 000 communistes. Chacune de ces rencontres a témoigné de la qualité de l'apport des communistes, de leur immersion dans la société, de leur envie de construire leur campagne avec leur candidat, de leur volonté de s'engager vite, pleinement et avec beaucoup d'ambitions sur les échéances de 2002. Cela donne envie de démultiplier ces rencontres sous toutes les formes.

En fait, une grande diversité de préoccupations, d'idées se dégagent des débats. L'immense majorité d'entre vous a participé à au moins une de ces réunions et vous avez reçu les comptes-rendus des autres. Il est donc inutile d'en faire ici un compte rendu exhaustif. Je veux juste reprendre quelques thèmes et propositions largement évoquées par les camarades.

Il y a la question du bilan du gouvernement et de la majorité de la gauche plurielle. Des camarades souhaitent que nous nous positionnons. Ils ont raison, c'est là une question importante qu'il nous faudra traiter publiquement en tant que telle dans la campagne. Nous ne pouvons pas laisser traiter du bilan au positif ou au négatif par les autres forces politiques et nous, ne rien dire alors que nous sommes partie prenante de ce bilan. Personne ne le comprendrait, surtout pas nos électeurs et électrices.

Nous devons aller au fond de cette question, dans tous ses aspects. Le bilan de la gauche plurielle, c'est évidemment les réformes menées à bien, les avancées réalisées : il serait insensé de les minimiser ou de les ignorer. C'est ainsi - question très importante si on se rappelle les projets de Chirac en 1997 - tout ce que la gauche a pu empêché en chassant la droite du pouvoir.

Là aussi, il serait bien fou de l'oublier et de n'en pas parler. Mais le bilan, c'est aussi les limites des réformes engagées, ou le refus d'en engager d'autres : les retraites, la santé, le vote des étrangers ¿

Le bilan, c'est aussi d'apport des communistes, des, parlementaires, des ministres communistes bien sûr. Mais plus généralement, la façon dont nous avons utilisé les moyens à notre disposition, dans le pays, au Parlement, au gouvernement, pour aller dans le sens des attentes de notre peuple. Il faudra notamment poser clairement dans la campagne, pour s'expliquer sur notre bilan dans la gauche plurielle, la question du rapport de force politique ? Je pense à l'exemple récent de la loi de financement de la sécurité sociale, qui nous a permis d'arracher des mesures importantes pour l'hôpital public, mais sans pouvoir changer la logique même du financement.

Prise dans cette dynamique - et non pas pour glaner quelques "compliments" - cette question du bilan sera évidemment très importante.


Les questions sociales ont aussi été très présentes dans les rencontres. Cela reflète les difficultés persistantes et les inquiétudes devant la dégradation de la situation économique et sociale.

La question des minima sociaux vient avec force mais également celle des salaires. Le freinage du pouvoir d'achat est fortement ressenti.

L'emploi aussi, avec l'exigence de voir rapidement s'appliquer les lois sur les fonds publics et la modernisation sociale¿ mais aussi de voir se construire une politique de développement industriel.

Le soutien à la proposition sur la retraite à 40 annuités mais aussi la nécessité d'ouvrir sans attendre "le chantier des retraites".

A partir des situations concrètes, d'exclusions, de précarité, notre proposition de sécurité-emploi-formation est présente dans toutes ces rencontres.

Bien entendu, sous bien d'autres facettes, ce défi de l'emploi est présent. Volonté d'agir immédiatement contre les délocalisation avec - la proposition est venue - un rassemblement national de tous les salariés concernés. Volonté d'aller vers une vie professionnelle sécurisée en gagnant de nouveaux droits pour les salariés.

Et puis il y a les jeunes, la manière dont on s'adresse à eux, leurs attentes. Tout d'abord l'autonomie : autonomie, comme allocation mais aussi comme un ensemble de droits au logement, à l'emploi, à la formation, aux loisirs. Puis, le combat contre la stigmatisation dont ils sont victimes, le besoin d'être plus actifs dans la lutte contre les discriminations, contre les conduites à risques, de leur faire confiance et de leur confier de nouveaux droits et responsabilités, la nécessaire bataille, que j'ai déjà abordée, des emplois-jeunes, celle pour le droit de vote de leurs parents et amis.

Je veux aussi mentionner d'autres questions qui sont souvent revenues, les services publics avec l'exigence d'un grand service public de l'eau, la nécessaire démocratisation de nos institutions, la sécurité, le défi de l'environnement, la situation des intermittents, les droits des sans sans-papiers, l'état du monde...

En un mot, pour en finir avec cette question des rencontres, ce que j'y ai vu, ce que j'ai lu, c'est l'envie de transformer toutes les propositions émises en autant d'invitations à l'action et au vote communiste ; et c'est un candidat, Robert HUE, qui peu à peu construit à partir des propositions de ses camarades.

Tout cela porte une envie, une ambition, être ceux, être celles par qui la gauche aura repris les couleurs du changement, être par conséquent celles et ceux par qui la droite sera battue.

Robert Hue est le candidat de ces objectifs.

Sa candidature est celle qui aide les exigences à s'exprimer et à grandir, celle qui contribue à avancer dans le sens des profondes transformations nécessaires, celle qui crée les rapports de force pour y répondre, celle qui rend concret une autre politique de gauche.


Les réponses concrètes que nous allons mettre en débat avec notre candidat et que nous entendons promouvoir sont bien plus qu'une succession de bonnes propositions enracinées dans les attentes de nos concitoyens et concitoyennes, elles donnent à voir d'une gauche ferme face au Médef, face au pouvoir de l'argent, d'une gauche de projet et de convictions. D'une gauche qui rend le pouvoir aux citoyens et aux citoyennes. Elles donnent à voir d'une autre politique à gauche, conforme aux attentes populaires, aux intérêts de la France. Notre campagne vise à son émergence, à son appropriation par celles et celles qui sont déçus ou en attente. C'est ce qui va permettre de mobiliser la gauche, et particulièrement son électorat populaire, particulièrement les électeurs et électrices qui, à force de désespérer du pouvoir de la politique d'influer sur leurs vies, ont fini par déserter les urnes.

En un mot : notre candidature, c'est celle de la gauche qui se bat et qui veut gagner. Et notre score sera une donnée majeure tout à la fois pour l'issue du deuxième tour, pour les législatives, et pour la construction politique future en cas de succès de la gauche. Une candidature utile donc aux Français et aux Françaises.

Dans cette campagne, les communistes seront en capacité, à partir de leur projet, de donner un sens à toutes les grandes aspirations qui s'expriment.

C'est donc avec beaucoup d'ambition que notre parti peut s'engager.


Nous allons organiser les débats et les mobilisations, prendre les initiatives rassembleuses nécessaires au vote communiste.

A ce propos, vous me permettrez de dire un mot sur le "réseau d'initiatives et d'actions pour les quarante annuités" que nous venons de lancer. 850 000 personnes sont concernées aujourd'hui par cette mesure. Nous avons décidé de proposer à tous ceux et celles qui le souhaitent, et quelque soient leurs engagements par ailleurs, de s'engager dans un vaste mouvement pour arracher très rapidement cette mesure. J'en suis persuadée, ce réseau va prendre de l'importance.

Beaucoup d'autres mouvements sont en train de prendre vigueur. Le 14 février, une première initiative sur "le droit de vivre dans une société sans violence" se tiendra à Lyon. A Dijon, s'ouvrira le débat avec les jeunes. Dans le Pas-de-Calais, les femmes vont, le 1er février, se mobiliser contre la précarité après que les femmes communistes se soient réunies avec Robert Hue le 21 janvier.

Des initiatives sur les réformes institutionnelles sont en cours comme de multiples rencontres avec les salariés.

Toutes ces initiatives peuvent se conjuguer dans les départements, les communes, dans une campagne de proximité, lui donnant un caractère offensif sur toutes les questions.

Les communistes, leur candidat peuvent étonner par leur audace pour débattre et agir au quotidien.

Les communistes ont envie d'y aller.

Ils sont lucides sur les enjeux de l'échéance des présidentielles, mais surtout ils veulent l'aborder avec ambition, confiants dans la qualité et la portée de leur démarche et de leurs propositions, confiants dans leur candidat.

Dès début janvier, ils doivent partout pouvoir se réunir dans leur assemblée de section ou dans des assemblées de circonscription pour débattre de la campagne, de leur campagne pour se saisir des propositions qu'ils ont co-élaborées.

Pour de très nombreux camarades, la campagne électorale peut être un moment privilégié de réflexion, d'action individuelle et collective, nous devons donner à chacun et chacune la possibilité de s'y inscrire en faisant vivre nos nouvelles règles de vie. Avec la démarche que nous nous sommes donnée, en ouvrant grand notre parti, nous pouvons permettre à de très nombreux hommes et femmes d'agir et de mener campagne avec nous.

Pour finir, je veux mentionner le rôle singulier que tiendront les élus qui ont apporté leur parrainage à la candidature de Robert. Nous pouvons atteindre le chiffre de 1000, soit plus qu'en 1995, ce qui constitue un événement. En janvier, Robert leur proposera de se mettre en réseau avec l'ensemble des élus communistes et républicains pour contribuer dans leur ville, dans leur village à faire vivre la candidature communiste.

Enfin, il y a aussi à réfléchir dès maintenant à la place que tiendront dans la campagne chacune et chacun de nos candidates et candidats aux élections législatives. Il convient de finir maintenant très vite leur désignation, nous sommes en passe de réussir la parité que nous visions. Ils, elles seront autant d'artisans de la candidature aux présidentielles.

Cette campagne appelle beaucoup d'engagement de la part des dirigeants et dirigeantes. Toutes les réunions de travail que j'ai eues avec les secrétaires fédéraux et de militants-es le confirment, nous avons beaucoup d'attentes des communistes. C'est pour nous toutes et tous une responsabilité essentielle.


Chères, Chers Camarades,

L'année qui vient est lourde d'enjeux pour notre peuple et les peuples du monde.

Nous avons, je crois, les moyens de contribuer à des avancées positives. Avec notre candidat Robert Hue, développons une campagne militante confiante, l'ambition ne doit pas nous faire défaut.


(source http://www.pcf.fr, le 17 décembre 2001)

Rechercher