Déclaration de Mme Catherine Tasca, ministre de la culture et de la communication, sur la fusion entre les opéras de Nantes et d'Angers et la vie lyrique en région, Nantes le 5 décembre 2001. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Catherine Tasca, ministre de la culture et de la communication, sur la fusion entre les opéras de Nantes et d'Angers et la vie lyrique en région, Nantes le 5 décembre 2001.

Personnalité, fonction : TASCA Catherine.

FRANCE. Ministre de la culture et de la communication

Circonstances : Signature du protocole entre Angers et Nantes pour l'Opéra des pays de la Loire le 5 décembre 2001

ti : Messieurs les Maires,
Monsieur le Préfet de région,
Chers amis,


Je suis d'autant plus heureuse de vous accueillir en ces circonstances que nous allons formaliser une opération, à mes yeux, exemplaire qui permet en effet, par la réunion de deux maisons d'opéra, celles de Nantes et celle d'Angers, de faire émerger un nouveau type d'établissement au service de la vie lyrique en région. C'est une idée réaliste et profondément novatrice.

Elle fait suite à une analyse mûrement concertée entre deux municipalités responsables, et l'une et l'autre très engagées dans les actions de développement culturel et de vie artistique. Cette idée tire les conséquences de ce long cheminement, de cette réflexion très sérieuse, avec pragmatisme pour le présent, mais aussi optimisme pour l'avenir. C'est en ce sens, qu'elle est exemplaire, et je ne peux que souhaiter qu'elle donne l'exemple à d'autres villes et à d'autres maisons d'opéra. Longtemps, en effet, la vie lyrique française a vécu sur le mode d'un certain isolement : chaque théâtre chez lui, avec ses équipes artistiques et techniques, sa programmation, le tout sans un fort souci de concertation ou de coordination.

Résultat : des saisons pas forcément cohérentes d'une maison d'opéra à l'autre, des publics captifs, des coûts inutilement lourds. Progressivement, toutefois, les professionnels comme les pouvoirs publics, sont convenus de la nécessité d'adapter les conditions de travail des opéras aux exigences économiques mais aussi artistiques modernes. Ce souci artistique est tout aussi présent que le souci de gestion, dans l'union des efforts, car la production artistique aujourd'hui a un niveau d'exigence qui n'était pas toujours aussi présent dans les programmations par le passé.

Un niveau d'exigence qui vous conduit à faire appel à des talents dans tous les domaines, ceux de l'orchestre, ceux de la danse, des chanteurs, des metteurs en scène. Un niveau d'exigence qui a son prix et je dois dire que rien ne me rend plus triste que de voir des productions de qualité avoir une durée de vie très courte qui frustre nos artistes, qui frustre bien sûr les organisateurs de ces programmes et qui frustre plus encore les publics qui ont à peine le temps de s'apercevoir que telle belle production est à l'affiche, et déjà malheureusement disparue. Pour moi, la préoccupation économique, pour une fois, rejoint totalement la préoccupation artistique.

S'est ainsi imposée, au cours des dernières années, la nécessité d'échanges et de coproductions entre les scènes lyriques, ce qui a permis de vraies collaborations, un élargissement et un croisement des publics. Par ailleurs, nombre de ces maisons lyriques ont intégré le souci de la formation et de l'insertion professionnelle, que je souhaite voir se développer plus encore. C'est un nouveau pas que franchit aujourd'hui l'organisation du spectacle lyrique avec la signature de ce protocole et les décisions juridiques et financières qui s'ensuivront.

Dans cette fusion, qui va renforcer l'action des deux opéras de Nantes et Angers, chacun conservera sa personnalité mais l'enrichira en apportant, au sein du dispositif d'ensemble, son expérience propre, que ce soit dans le domaine de la production, de la diffusion ou dans celui de l'insertion professionnelle des jeunes chanteurs. Ce second élément me paraît fondamental dans la vie artistique d'aujourd'hui et pour mieux préparer demain, si l'on considère la multiplication des académies qui s'adossent aux lieux de diffusion.

L'ensemble constituera une entité à part entière, dotée d'un statut juridique unique, un syndicat mixte, et confiée à un seul responsable artistique. Je crois savoir que certains projets similaires couvent çà et là. Je ne peux que les encourager à éclore, car je suis persuadée que ces collaborations entre L'Etat et les collectivités territoriales sont une force motrice pour le développement artistique et culturel de notre pays. Pour l'heure, mes félicitations vont aux élus qui ont mis toute leur conviction pour réussir l'alliance de leurs deux maisons d'opéra, Jean-Marc Ayrault et Jean-Claude Antonini Je salue aussi la présence du président de l'Orchestre des pays de la Loire, Patrice Chéreau, tant il est vrai qu'un théâtre lyrique est intimement dépendant de son orchestre.

Mais je dirais plutôt, le terme dépendance ayant son revers, que la vie d'un théâtre lyrique est intimement liée à celle de son orchestre. Et je suis heureuse de voir l'orchestre des Pays de la Loire aussi profondément engagé dans le projet qui, maintenant, va être bien davantage qu'un projet. En signant ce protocole, nous allons en quelque sorte parapher l'acte de naissance d'un Opéra des Pays de la Loire.

Je lui souhaite une vie fructueuse, pleine de talent et surtout une rencontre toujours plus pleine et chaleureuse avec les publics, qui déjà sont acquis à l'action que vous avez menée chacun de votre côté, et qui seront encore plus portés par l'aventure nouvelle de cet opéra entre vos deux villes, pour le plus grand bien de la région.
Merci.

(Source http://www.culture.gouv.fr, le 7 décembre 2001)

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