Interview de Mme Marie-Noëlle Lienemann, secrétaire d'Etat au logement, à "RTL" le 17 décembre 2001, sur la relance des emplois de prestation de services, notamment de gardiennage, et sur la nécessité d'en redéfinir les tâches. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Marie-Noëlle Lienemann, secrétaire d'Etat au logement, à "RTL" le 17 décembre 2001, sur la relance des emplois de prestation de services, notamment de gardiennage, et sur la nécessité d'en redéfinir les tâches.

Personnalité, fonction : LIENEMANN Marie-noelle, HONDELATTE Christophe.

FRANCE. SE au logement

ti : Le principe c'est : un gardien pour 100 logements mais dans quels quartiers ?

- "Dans tous les quartiers, dans le public comme dans le privé, dans les HLM. En tout cas, dans toutes les villes de plus de 30 000 habitants et dans toutes les grandes agglomérations, plus de 50 000 habitants et même pour des villes à moins de 30 000."

Le principe n'est-il pas plutôt pour les quartiers défavorisés ?

- "Cette année, l'exigence est immédiate pour les quartiers en zone urbaine sensible, puisque les HLM bénéficient d'une aide fiscale - l'exonération de la taxe sur le foncier bâti. Donc, ce sera plus facile et plus rapide pour eux. Et en 2003, ça devrait être tout le monde."

Y compris dans les beaux quartiers ?

- "Oui, le principe est le même partout : favoriser à nouveau un entretien très sérieux et de qualité des parties communes des immeubles. Deuxièmement, assurer une sorte de civisme, de respect mutuel des règles. Enfin, redonner de la convivialité de la relation humaine, là où trop souvent s'installent anonymat et indifférence."

Cela s'applique aussi au privé, c'est donc à charge des propriétaires ?

- "A charge des propriétaires et des locataires, selon le décret-charges. C'était prévu dans la loi Pasqua. On sait aussi que l'on fait des économies par cette présence d'agents, car la plupart du temps on a fait appel à des entreprises extérieures qui viennent ponctuellement, avec souvent du retard car elles ne peuvent pas réagir en immédiateté. Donc, ça va alléger certaines charges et évidemment permettre la création d'emplois."

Quand on parle de "gardien" ne parle-t-on pas plus dans votre état d'esprit, de "gardiens éducateurs". Est-ce que ce sont des gardiens qui donnent des coups de balai et qui sont dans l'escalier ?

- "Les deux. Ce ne sont pas simplement "des médiateurs sociaux" parce qu'il ne faut pas exagérer, il n'y a pas besoin de gens à temps plein de médiation sociale dans la plupart des cas. Mais en même temps ce sont des gens qui contribuent à la qualité, l'entretien et du relationnel. Car nous savons que les faits délictueux et le bien-vivre de nos concitoyens sont liés à la qualité ou à la non-qualité de l'entretien au quotidien. Il faut donc que ce soit des tâches mélangées entre ces capacités de relations, cet agent de civisme et un agent d'entretien. C'est un nouveau métier d'une certaine façon, qui va supposer des formations complémentaires, des rémunérations améliorées et des promotions sociales, parce que dans bien des cas, le travail collectif entre gardiens dans une résidence un peu importante, va être la condition du succès et d'une qualité d'intervention du gardien."

Il y aura donc des formations de gardiens ?

- "Oui, et on va relancer avec J.-L. Mélenchon des formations initiales, dans les lycées professionnels, avec des CAP, des BEP sur les tâches - agents de maintenance, agents de médiations, gardiennage."

Comment est-on passé à la situation actuelle avec des cages d'escaliers vides de tout gardiennage ?

- "C'était le même mécanisme que ce qu'on a observé dans beaucoup de services. Prenez l'exemple des poinçonneurs dans le métro, ou des gens qui contrôlaient les tickets de bus : c'est-à-dire la mécanisation et par ailleurs l'externalisation avec des entreprises de prestations de services, a fait qu'on a privilégié la segmentation des services rendus à une présence humaine polyvalente. D'abord pour des raisons économiques, et puis, c'est vrai aussi que ces entreprises de services ont apporté beaucoup de modernisation dans le savoir-faire. Il faut redéfinir maintenant un jeu d'équilibre entre ces prestations ponctuelles qui restent nécessaires dans bien des cas et un suivi plus proche de chacun, plus souple, plus polyvalent. En même temps, on découvre que s'il n'y a pas des gens qui font un peu "le liant", la société a tendance à s'individualiser à l'extrême. Il a donc fallu faire un petit retour."

(Source http://Sig.premier-ministre.gouv.fr, le 17 décembre 2001)


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