Déclaration de M. Christian Pierret, secrétaire d'Etat à l'industrie, sur la sensibilisation des dirigeants d'entreprises à la démarche qualité, Paris le 6 novembre 2001. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Christian Pierret, secrétaire d'Etat à l'industrie, sur la sensibilisation des dirigeants d'entreprises à la démarche qualité, Paris le 6 novembre 2001.

Personnalité, fonction : PIERRET Christian.

FRANCE. SE à l'industrie

Circonstances : Entretiens 2001 de la Qualité et de la Performance, à Paris le 6 novembre 2001

ti :
Monsieur le Président du MFQ, cher Pierre DAURES
Monsieur le Président d'honneur du MFQ, cher Jean-René FOURTOU
Monsieur le Président de l'AFNOR (Henri Martre)
Monsieur le Président de l'AFAQ (Mr Texier)
Monsieur le délégué général de l'AFAQ et Vice-Président du MFQ (Olivier Peyrat)
Messieurs les présidents et directeurs généraux
Mesdames et Messieurs,

C'est avec le plus grand plaisir que je vous rejoins à l'occasion de ces entretiens de la Qualité et de la Performance qui poursuivent un triple objectif.

Ils offrent tout d'abord l'occasion d'un échange indispensable entre les entreprises et leurs clients afin de préciser quelles sont les attentes respectives dans un domaine particulièrement renouvelé ces dernières années, et toujours aussi stratégique en termes de compétitivité et de conquête de marchés.

Cette journée est aussi et surtout l'occasion d'affirmer le renouveau du Mouvement Français pour la Qualité et de confirmer son rôle essentiel et reconnu après dix ans d'engagement national et régional.

La manifestation est enfin dédiée aux lauréats du Prix Français de la Qualité, indéniable vecteur d'encouragement, de promotion et de diffusion des meilleures pratiques des entreprises françaises.

Je tiens à vous témoigner une nouvelle fois, en vous accueillant à Bercy, toute ma confiance pour les actions que vous avez initiées et à vous apporter tous mes encouragements pour l'avenir.

1. Votre table ronde était consacrée ce matin aux enjeux de la qualité aujourd'hui et aux attentes des acteurs. J'aurais pour ma part, en tant que responsable au sein du gouvernement du secteur industriel, quelques attentes à exprimer.

Quelques mots tout d'abord sur les nouvelles normes ISO 9000 adoptées en décembre dernier. Il est indispensable qu'elles fassent l'objet d'une appropriation rapide par les entreprises, parce qu'elles ont été conçues pour répondre à de nouvelles attentes, prenant en compte à la fois la satisfaction des clients, des actionnaires et du personnel de l'entreprise.

Je voudrais également souligner combien il est essentiel que les dirigeants d'entreprise s'impliquent personnellement dans une démarche qualité. Un dirigeant ne peut déléguer cette fonction et se contenter d'assurer l'affectation des ressources nécessaires. L'impulsion doit venir d'en haut et la direction doit faire valoir son engagement.

D'autant que " faire de la Qualité " aujourd'hui, ce n'est plus seulement concevoir à un prix compétitif un produit ou un service " conforme " : les entreprises vont devoir intégrer des composantes de plus en plus nombreuses du management comme la prévention des risques, la sécurité, le respect de l'environnement, la prise en compte de l'éthique¿

Il y a là un très vaste chantier à défricher et le MFQ devrait avoir ici un rôle important à jouer dans le cadre de sa refondation.

2. La " refondation " du MFQ : je ne reviendrai pas sur les difficultés et les menaces qui ont pesé sur le MFQ mais souhaite simplement témoigner ma reconnaissance à tous ceux qui se sont mobilisés pour que le Mouvement puisse poursuivre son chemin, et notamment à ceux qui ont contribué, par leur engagement parfois personnel, à sa refondation.

Le ministère de l'industrie était un des membres fondateurs du mouvement et le partenaire privilégié d'un grand nombre de ses actions, notamment par le biais du " Squalpi " (la sous-direction de la qualité pour l'industrie, à la Digitip). Face aux difficultés rencontrées l'an passé, et une fois assurée la mobilisation des entreprises et des acteurs de la qualité, j'ai fait le choix de soutenir le MFQ dans le projet ambitieux de renouveler ses objectifs, sa stratégie, ses structures.

Le travail de " refondation " du MFQ est presque achevé aujourd'hui. Je voudrais souligner le rôle décisif de tous les administrateurs du MFQ et porter une mention particulière à l'AFAQ et à l'AFNOR. Votre contribution a été essentielle et vous avez posé les bases d'une coopération durable et prospère.

Je me réjouis de la vitalité retrouvée du MFQ, comme en témoignent l'organisation du congrès international de métrologie à Saint Louis, ou la préparation du colloque " lambda mu" sur la sûreté de fonctionnement en mars prochain à Lyon.

Le renouveau du MFQ doit aussi s'inscrire dans un nouvel état d'esprit, plus coopératif, dans un nouveau mode de relations avec tous les partenaires. Les moyens dont dispose le MFQ sont limités. Sa force, votre force, doit être puisée dans votre capacité à ¿uvrer dans un réseau, dense et ouvert à la fois.

J'ai souligné, il y a un instant, le rôle de l'AFAQ et de l'AFNOR. Je sais que vous travaillez à la mise au point d'une " alliance pour la qualité et la performance " afin d'optimiser vos collaborations et les services que vous allez offrir à vos clients.

D'autres partenaires partagent vos valeurs, sont confrontés aux mêmes enjeux et servent les mêmes intérêts. J'espère que cette alliance leur sera ouverte et qu'ils seront nombreux à venir vous rejoindre pour constituer le maillage dont la France a besoin.

La qualité des produits français n'est pas un vain mot : elle est reconnue au niveau mondial. Mais elle n'atteint pas encore le niveau du Japon, de l'Allemagne ou des Etats-Unis.

Seule une entreprise sur trois suit régulièrement sa clientèle sous forme d'enquêtes sur ses besoins et ses attentes. Les produits français souffrent particulièrement d'une insuffisance du service après-vente et d'une qualité souvent médiocre de la documentation technique. Les démarches qualité sont trop tournées vers l'intérieur de l'entreprise.

Il ne suffit donc plus de sensibiliser ou de mobiliser sur le thème de la qualité : il faut développer les outils et les savoir-faire, faire intégrer la qualité à la stratégie même des entreprises, de toutes les entreprises, à l'image des meilleures que nous allons récompenser aujourd'hui.

3. Place aux succès maintenant avec le Prix Français de la Qualité 2001. Il y a 10 ans, le principe d'un prix français de la qualité était arrêté en conseil des ministres. Avec le soutien du ministère de l'industrie, le MFQ a mis au point la méthode d'évaluation qui constitue le fondement du Prix.

Depuis la première remise de prix en 1993, le Prix Français de la Qualité a rencontré un indéniable succès : 2.500 entreprises se sont présentées aux prix régionaux, 400 ont concouru au niveau national.

Pour la première fois cette année, les candidats ont été évalués sur la base d'un nouveau référentiel, que le " Squalpi " vous a aidé à intégrer à un contexte européen de plus en plus prégnant.

D'autres adaptations sont aujourd'hui nécessaires. D'abord afin de diffuser largement le Prix dans tous les secteurs, publics ou privés : l'industrie, les filières agro-alimentaires, l'ensemble des activités tertiaires, les services publics, les hôpitaux, etc.

A cet égard, le ministère de l'industrie et les DRIRE ne pourront plus être vos principaux soutiens dans cette conquête qui dépasse amplement le secteur industriel. Il vous appartient de valoriser l'expérience que nous avons contribuée à développer et de nouer de nouveaux partenariats qui se complèteront.
Pour conclure, je souhaite saluer à nouveau l'action qui est la vôtre. Je remercie tous ceux qui se sont engagés pour que vive ce grand mouvement pour la qualité. Je tiens à encourager ceux qui ont su par leur action et leur dévouement lui donner un nouvel élan. Je souhaite bonne chance à tous ceux qui vous rejoindront, car il reste beaucoup à accomplir. Pour être maîtrisée, la qualité suppose un processus permanent d'apprentissage et de perfectionnement. Vous en avez la volonté et les moyens.

Tous les exemples concrets de réussite, par leur diversité et leur complémentarité, constituent autant de vecteurs de savoir-faire et de culture " qualité ". Ces entreprises récoltent aujourd'hui le fruit de leurs efforts. Leur performance ne doit rien au hasard mais doit tout à l'engagement de leurs dirigeants, à une gestion rigoureuse de leurs processus, au respect de leurs clients, de leur personnel et de leur environnement. Ce sont ces entreprises " citoyennes " que nous saluons maintenant.


(Source http://www.industrie.gouv.fr, le 17 décembre 2001)

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