Déclaration de M. Robert Hue, président du PCF, lors de sa conférence de presse, sur l'élection présidentielle de 2002, le programme électoral du parti, ses objectifs, la politique sociale, l'"audace sociale à gauche", la modernité, le "contrat progressiste" et la politique de gauche, Paris, le 8 janvier 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Robert Hue, président du PCF, lors de sa conférence de presse, sur l'élection présidentielle de 2002, le programme électoral du parti, ses objectifs, la politique sociale, l'"audace sociale à gauche", la modernité, le "contrat progressiste" et la politique de gauche, Paris, le 8 janvier 2002.

Personnalité, fonction : HUE Robert.

FRANCE. PCF, président

Circonstances : Conférence de presse de M. Robert Hue, président du PCF, destinée à présenter les actes de sa campagne pour l'élection présidentielle de 2002, Paris, le 8 janvier 2002

ti : PREMIERE PARTIE DE LA DECLARATION DE M. ROBERT HUE


Mesdames, Messieurs,

Permettez-moi d'abord de vous présenter, à toutes et à tous, mes meilleurs v¿ux pour l'année 2002.

Dans cent jours, la France votera pour le premier tour de l'élection présidentielle. J'ai abordé ma campagne en disant à toutes celles et ceux qui vivent dans notre pays : " la France c'est vous ". Pour une part importante, le résultat de l'élection présidentielle va engager l'avenir du pays, donc de chacune et chacun d'entre eux. Comment faire pour que leur vote leur soit personnellement utile ? Comment faire pour qu'il soit utile à résoudre les grandes questions auxquelles ils et elles sont confrontés : questions sociales ; questions de société ; questions sur le monde, son avenir, et la place que la France doit y tenir.

Ces interrogations, nous sommes des millions à les partager. Elles sont d'autant plus fortes que nous venons de vivre, en un tiers de siècle, des expériences diverses. Je ne dirai pas " on a tout essayé "¿ Mais le fait est qu'on a beaucoup essayé, à droite, à gauche, avec les deux dans la cohabitation¿..

Il serait faux - et injuste, notamment vis-à-vis de la majorité et du gouvernement actuels - d'affirmer que rien de bon n'a été fait. Mais, pour l'essentiel, les questions demeurent. On a vu le chômage reculer puis reprendre, mais dans les deux cas la précarité de l'emploi, donc la précarité de la vie, n'a cessé de croître. On a vu de réelles avancées sociales ou sociétales s'accompagner - souvent faute de vouloir leur consacrer les moyens nécessaires - de l'extension et de l'aggravation des inégalités, des injustices, des discriminations ; à tel point que des droits sociaux essentiels (droit à l'emploi, à la formation, au logement, à la santé, à la sécurité, etc¿) sont inaccessibles à un nombre grandissant d'hommes et de femmes.

Comment empêcher cela ? En quoi un vote le 21 avril prochain pourra-t-il y contribuer ? En quoi pourra-t-il aider pour que des progrès de civilisation par ailleurs indéniables ne s'accompagnent de menaces, voire de reculs concernant les droits fondamentaux de la personne (droit de chacun à son identité, au respect, à la reconnaissance dans le travail et dans la société¿ droit au savoir, à la santé, à l'information, à la culture,¿ droit à la protection de son environnement, droit à un monde de liberté et de paix, etc¿) ?

Ce constat ne me conduit pas à renvoyer droite et gauche dos à dos. Je ne serais pas crédible si je le faisais. Et je ne serais pas sincère. Car les communistes ont décidé depuis 1997 d'agir au gouvernement, dans la majorité parlementaire et sur le terrain pour saisir toute possibilité qui s'offre d'améliorer le quotidien de nos concitoyens, d'apporter des réponses positives aux problèmes posés conformes à l'intérêt général et non à celui des puissances financières. Nous avons toutes les raisons de considérer que ce choix était, est le bon. Nous n'avons aucunement à rougir de ce qui a été notre apport, même si le bilan de la gauche est loin de nous satisfaire, et même si parfois, dans le rapport de forces tel qu'il est au sein de la gauche, nous avons manifesté nos désaccords avec telle ou telle décision. Et nous sommes résolus à faire tout ce qui peut dépendre de nous pour empêcher la revanche de la droite.

Je laisse à leur démagogie politicienne ceux qui tentent de se refaire une virginité politique en exploitant ce fonds de commerce électoral ! Les hommes et les femmes de gauche, en tout cas, le savent bien : la gauche et la droite ce n'est pas la même chose ! Le projet de revanche sociale du Medef, relayé par les responsables politiques de droite en témoigne.

Ce qui est en cause c'est la pensée unique et ses dogmes qui gouvernent la France depuis trop longtemps. Depuis trop longtemps les hommes et les femmes qui cherchent des réponses se voient toujours opposer le même refus de mettre en cause les " contraintes ", les dominations, les aliénations liées à la mondialisation capitaliste, au règne de l'argent transformant tout en marchandise. Et les tentatives pour " réguler " ou " humaniser " le système, faute de s'attaquer à l'essentiel, montrent leurs limites !

Ce n'est pas d'un ou plusieurs " hommes providentiels " qu'il y a besoin, mais d'une volonté politique de répondre aux attentes populaires plutôt que de plier devant les diktats des marchés financiers. D'une volonté politique de mettre au service de l'épanouissement personnel de chacune et de chacun les moyens considérables actuellement accaparés par la finance sans aucune utilité sociale. Et cela implique le courage, et l'audace de choix politiques nouveaux. Des choix politiques de gauche, car c'est une volonté de changement qu'il faut opposer à la volonté de revanche sociale de la droite.

Comment faire en sorte que cette exigence s'exprime dans l'élection présidentielle ? Comment faire en sorte qu'elle s'exprime assez fort pour ouvrir la perspective d'une solution réelle et durable à gauche pour laquelle puisse se rassembler la force nécessaire pour empêcher la revanche de la droite, et permettre à la gauche de répondre aux attentes et aux espoirs placés en elle ?

De la réponse à ces questions découle l'objectif que je me fixe pour cette élection.

Je veux contribuer à ce que voter le 21 avril serve réellement à quelque chose pour celles et ceux qui ne veulent pas se laisser enfermer dans de fausses alternatives, où jamais l'essentiel de ce qui provoque leurs difficultés ne serait remis en cause.

Je veux contribuer à ouvrir une perspective concrète de mettre un terme à la vague "ultralibérale" qui a submergé la France et l'Europe, et fait tant de dégâts sociaux et humains. Et ce serait pour beaucoup une bonne raison de ne pas désespérer de la politique.

Je veux contribuer à donner ainsi, à gauche, une nouvelle chance à notre peuple, à notre pays.

Cet objectif correspond tout simplement à ce que l'on peut et doit pouvoir attendre du candidat présenté par le Parti communiste. Il correspond à ce qu'attendent celles et ceux qui, dans le monde ouvrier, le monde des salariés, les milieux populaires, souffrent des conséquences des politiques imposées par la véritable dictature de l'argent et des marchés financiers. Et au-delà de ces millions d'hommes et de femmes dont les communistes veulent, en toute occasion, porter les intérêts ; il correspond à l'intérêt de la société tout entière dans sa diversité sociale et culturelle : une France moderne, forte et confiante dans son avenir ne peut pas être une France de bas salaires et de précarité, une France d'inégalités, d'insécurité, une France dominée par l'argent, au mépris du respect des individus, de leur créativité, de leur promotion.

Cet objectif correspond à ce qu'attendent du candidat communiste les femmes et les hommes qui se sentent les plus proches du Parti communiste.

Ils peuvent compter sur moi : c'est bien leurs exigences de justice sociale, de solidarité, de citoyenneté, de paix et de justice dans le monde, que je vais porter et faire entendre. Ils ne veulent pas que la droite revienne, mais ce n'est pas pour que la gauche, tout simplement continue : ils veulent beaucoup mieux à gauche ; ils veulent une autre politique à gauche !. Cette double volonté, je la porterai de toute la force de ma conviction.

Au-delà de ces électrices et électeurs proches du Parti communiste, de nombreux hommes et femmes de gauche, qui sans partager nos convictions, s'inquiètent du poids grandissant des idées et des politiques social-libérales. Ils sont sensibles aux efforts des communistes pour pousser plus et mieux à gauche la majorité et le gouvernement. Mais ils voient bien que des choix politiques nouveaux sont nécessaire, auxquels se refusent les tenants du social libéralisme. Je ne leur propose pas de " soutenir " le Parti communiste et son projet de transformation sociale. Je leur dis - et je sais que beaucoup y pensent aussi - que davantage de communisme dans la gauche serait un puissant atout pour gagner celle-ci à faire ces choix politiques nouveaux, et pour empêcher la dérive sociale-libérale qui les inquiète si justement. Dans le respect de leurs convictions, c'est aussi leurs attentes et leurs exigences dans ce domaine dont je peux être porteur.

Mon ambition est que le vote pour ma candidature pèse le plus lourd possible pour faire entendre ces exigences. Pour qu'on soit obligé de les prendre en compte, quel que soit le résultat des élections de 2002. Quel que soit le président élu en mai, quelle que soit la majorité portée à l'Assemblée nationale en juin, il faut que ces exigences soient devenues incontournables. Si elles ne s'exprimaient pas avec force au premier tour, cela se ferait cruellement sentir par la suite. Si la droite gagne, les dogmes du capitalisme n'ayant pas été suffisamment contestés et d'autres solutions pas suffisamment mises en valeur, c'est le Medef et la mondialisation capitaliste qui auraient les mains libres. Si la gauche gagne, le poids relatif dans la gauche des voix pour une autre politique à gauche par rapport aux voix pour la politique sociale-libérale ou la simple poursuite de ce qui se fait, décidera de beaucoup de choses.

Dans cette campagne j'entends me situer en toute clarté comme le candidat de l'audace sociale à gauche.

C'est pour répondre à cette ambition que je propose un contrat progressiste.

Contrat progressiste d'abord dans son contenu. C'est d'un progrès sensible pour des millions d'hommes et de femmes qu'il s'agit. C'est le sens de mes propositions. Je les ai évoquées devant vous le 18 décembre à l'issue de mes rencontres avec les communistes. Elles sont présentées dans un document dont les militantes et militants communistes vont aller débattre dans tout le pays, resserrées autour de quatre principes utiles pour une autre politique à gauche :

- Premier principe : " Dire ambition pour la France, c'est dire audace sociale ".

Car le social n'est pas l'ennemi de l'efficacité économique. Dans une situation marquée par de sérieux risques de récession c'est bien, au contraire, pour la satisfaction des besoins humains que l'on peut agir utilement pour garantir la croissance.

- Deuxième principe : " Dire justice sociale, efficacité, c'est dire défense, modernisation, extension des services publics ".

Je ne plaide pas pour le statu-quo, mais pour la transformation et la démocratisation du secteur et des services publics. Parce qu'ils sont un atout indispensable à la lutte contre les inégalités sociales aussi bien qu'au développement du pays.

- Troisième principe : " Dire citoyens en France, c'est dire citoyens en Europe, citoyens du monde ".

A l'opposé de la mondialisation capitaliste, des régressions sociales et démocratiques dont elle est la cause, c'est à une mondialisation de coopération qu'il faut travailler. Et cela passe par un autre cours qu'il faut donner à la construction européenne.

- Quatrième principe, enfin : " Dire modernité, c'est dire égalité dans la différence, République et citoyenneté d'aujourd'hui "

Il est désormais une exigence incontournable : la valorisation de l'activité et de la créativité de chaque individu. La société ne doit donc souffrir aucune discrimination, aucune domination au prétexte du métier que l'on exerce, ou selon que l'on est femmes ou jeune ; ou selon que l'on habite tel ou tel quartier, que l'on fait tel choix de vie, que l'on est de telle origine.

Contrat progressiste, également, parce que mobilisateur pour celles et ceux qui veulent une gauche audacieuse, ne reculant pas devant les forces de l'argent et les structures qui accaparent le pouvoir réel en France, en Europe et dans les institutions de la mondialisation capitaliste. Une gauche capable de faire appel à ces hommes et ces femmes pour inventer, agir, et réussir le changement.

Et aussi contrat original. Dans ce contrat, je m'engage à porter les exigences populaires dans l'élection et au-delà. Les électrices et les électeurs qui le voudront pourront donner par leur vote tout leur poids à ces exigences pour mieux les faire entendre et prendre en compte. S'ils le souhaitent, ils peuvent avec moi, appeler à voter celles et ceux qui partageront ces exigences et leur volonté de les faire aboutir. Et si la gauche gagne, la force de ces votes permettra de faire des exigences qu'ils auront affirmées un élément indispensable pour constituer le socle sur lequel construire avec les forces concernées - en premier lieu le Parti socialiste - non pas la reconduction ou la continuation de ce qui s'est fait depuis 1997 mais une autre politique à gauche, de nouveaux choix à gauche, correspondant aux attentes populaires.

Parce que fondée sur ce contrat individuel avec chacune et chacun de celles et ceux à qui nous allons nous adresser - dans le respect de leurs convictions, de leurs préoccupations, de leurs attentes - c'est une campagne d'un nouveau type que nous engageons.

Vous le constatez, je souhaite être un candidat qui propose des choix nouveaux en réponse aux exigences exprimées par ses interlocuteurs, et pour mieux les porter et les faire entendre, jusqu'au gouvernement le cas échéant. C'est une autre conception de la politique. A mes yeux bien plus moderne !

Et cela se verra, y compris dans les grands rendez-vous populaires dans les principales villes de France dont le programme vous sera communiqué.

Du même coup ce sera une campagne dans laquelle il n'y aura pas d'un côté la tête, le candidat, et de l'autre les bras des militants. C'est tous ensemble que nous allons engager un dialogue à des centaines de milliers de voix avec notre peuple. Tous ensemble que nous allons construire ce contrat progressiste porteur de l'exigence forte d'une autre politique à gauche.

(source http://www.pcf.fr, le 9 janvier 2002)


DEUXIEME PARTIE DE LA DECLARATION DE M. ROBERT HUE


Le premier tour de l'élection présidentielle aura lieu le dimanche 21 avril.

Et revoilà, une fois de plus, le temps des "hommes providentiels".

Nous sommes de plus en plus nombreux à ne plus supporter cette vieille façon de faire de la politique, qui considère les citoyennes et les citoyens comme des spectateurs muets qui n'ont qu'à applaudir et à voter.

J'ai envie, pour ma part, de faire tout autrement. C'est mon expérience. C'est aussi mon goût, ma ligne de conduite.

Comme maire, d'une ville de banlieue, je mesure tous les jours ce que l'apport des intéressés, dès lors qu'on le sollicite, peut apporter de neuf à la vie de la cité.

Comme militant, je me révolte de voir la politique si souvent fermée aux préoccupations des citoyennes et des citoyens, dont l'avis enrichirait tellement les décisions prises.

Comme responsable du Parti communiste, j'ai contribué toutes ces dernières années, avec ses adhérentes et ses adhérents, à ce qu'il change beaucoup. Il fallait qu'il se débarrasse de ses archaïsmes pour demeurer une force vivante dans la société : une force qui écoute davantage pour agir plus efficacement, qui fait de la démocratie, de l'intervention citoyenne le moteur de sa conception de la transformation sociale.

C'est pourquoi j'ai choisi de dire :"La France, c'est vous". Vous toutes et vous tous qui vivez dans notre pays.

Le résultat de l'élection présidentielle, au premier puis au second tour, va engager l'avenir. C'est vous qui en vivrez les conséquences. Et c'est vous qui ferez la décision, par votre vote. Il faut que cette décision puisse se prendre en tenant compte de vos exigences, qu'elle vous soit personnellement utile.

C'est à cela que je veux contribuer. Le document que vous avez en main comprend donc non pas des promesses qui n'engagent que ceux qui y croient¿ mais des propositions que je soumets à votre jugement, en vue d'un contrat à définir ensemble.

Je sollicite votre opinion. Je vais le faire lors de chacune des initiatives auxquelles je vais participer, en janvier et février. Mes amis communistes, et toutes celles et tous ceux qui souhaitent s'inscrire dans cette démarche, vont multiplier les rencontres de proximité dans tout le pays pour recueillir votre avis. Et vous pouvez aussi me faire connaître vos réactions par courrier, papier ou électronique.

Début mars, à Paris, je tirerai les conséquences de ce débat national. Je rendrai publics les engagements - enrichis, modifiés par ce débat - qu'ensemble, dans la confrontation électorale puis par le vote du 21 avril, nous transformerons en exigences dont tout le monde devra tenir compte.

[Dans le document publié par nos soins, chacun des points ci-après (I et II 1, 2, 3, 4) sera suivi d'un espace libre permettant de donner son avis.]


I. Battre la droite à la Présidentielle pour mener ensuite une autre politique a gauche

La gauche est au gouvernement depuis cinq ans. Je pense qu'elle aurait pu bien mieux faire. Mais je refuse d'en conclure, comme certains candidats le répètent, que "la droite et la gauche, c'est pareil" !

Non : Sarkozy ou Juppé premier ministre, Madelin à l'Economie et Sellières ayant les mains libres, ce ne serait pas "pareil" que ce qui se passe depuis 1997 ! Il est irresponsable de ne pas tout faire pour éviter cette perspective.

Je propose, par le vote du 21 avril, de construire une force qui se mobilise pour empêcher la victoire de la droite et pour repousser l'extrême droite. Une force qu'on trouvera pour faire barrage à l'ultra libéralisme, au capitalisme sauvage prôné par le Medef et par la droite, quoi qu'il arrive.

Or, si la droite est si menaçante lors de cette élection, ce n'est pas d'abord parce qu'elle convainc, mais parce que la gauche n'a pas suffisamment répondu à ce qu'on attendait d'elle. Il n'y a pas d'issue dans le "social-libéralisme" qui la fait perdre partout en Europe.

Pas de caricature : chez nous, certaines décisions ont constitué des progrès réels. Tout le monde reconnaît que les communistes y ont contribué. Mais, au total, dans l'économie, dans les entreprises, et donc dans trop de choix politiques, ce qui est resté déterminant, c'est la volonté des puissances financières de licencier et de délocaliser à leur guise, d'attaquer les services publics et les acquis sociaux, de refuser leurs droits aux salariés et aux citoyens. Leur intérêt a trop souvent primé sur l'intérêt général. L'argent est trop souvent resté l'argent roi.

D'ailleurs, c'est lorsque leur volonté a pu être contrebalancée par les mouvements sociaux combinés à l'action des communistes sur le terrain et dans les institutions, c'est lorsque le "rapport des forces" a pu être modifié dans ce bon sens que des avancées ont été enregistrées. Le mouvement social a toujours été le moteur des progrès. Ma candidature a pour objectif de lui donner plus de force. Je le constate tous les jours : bien au-delà de celles et ceux qui se reconnaissent dans le Parti communiste, nous sommes des millions à vouloir une politique mieux à gauche, plus à gauche. Je propose à celles et ceux qui partagent cette aspiration de construire une force, par leur vote du 21 avril, qui, si nous parvenons à ce que la gauche l'emporte ensuite, imprime cette direction aux choix qui seront faits.

Car le 21 avril au soir, chacun fera les comptes. A gauche, des votes auront soutenu une inflexion "sociale-libérale". D'autres auront réclamé la continuation de ce qui se fait depuis 1997. Mon objectif est d'être porteur, avec le contrat que je propose d'établir, de propositions qui, grâce au poids que leur aura donné le vote, deviennent le socle sur lequel construire avec les forces concernées, en premier lieu le Parti socialiste, une autre politique à gauche correspondant aux nécessités pour la France et aux attentes populaires.

La France est, en effet, un pays moderne, où d'immenses possibilités s'offrent pour vivre mieux. Elle est un pays riche, où certains, d'ailleurs, sont très riches. Mais elle est aussi un pays de petits salaires, de précarité, de chômage, d'injustices et de discriminations. C'est inacceptable pour qui a le souci de la dignité humaine. Et c'est ravageur pour l'économie et le développement du pays. Je propose de mener une politique de développement durable, bénéficiant des potentiels d'aujourd'hui, basée sur la priorité accordée au social et à l'environnement, à des services publics forts et efficaces et à un élargissement de la démocratie dans l'entreprise, les territoires et l'Etat.


II. Quatre principes pour une autre politique à gauche

1. Dire "ambition pour la France", c'est dire "audace sociale"

A droite, mais aussi, malheureusement, parfois à gauche, on entend la même rengaine : "Cachez ce social que je ne saurais voir¿" Il n'y aurait de ce côté qu'"assistanat" coûteux. La "modernité" serait ailleurs : du côté de la Bourse et de la "compétitivité", des profits financiers.

Mais c'est ce discours conformiste qui est ringard ! Ce sont les diktats du Medef et des marchés financiers qui sont ruineux pour le pays !

Cette élection présidentielle a lieu sur fond de récession économique annoncée. La montée du chômage a repris. Et les inégalités se creusent dramatiquement. Pourquoi ? Parce que, toutes ces dernières années, le gonflement énorme des profits financiers s'est fait au détriment des investissements utiles à l'activité, à l'emploi, à la recherche ; que la reprise de la croissance a été fragilisée faute d'une consommation populaire suffisante. C'est cela qu'il faut corriger.

Cessons de parler de "coup de pouce" pour les salaires, les retraites et les minima sociaux quand il est question d'"explosion" pour les revenus financiers ! L'engagement avait été pris d'une conférence nationale des revenus. Il est bien dommage qu'on ne l'ait pas tenue. Il faut la réunir, avec l'objectif d'inciter à une augmentation de la part des salaires dans la valeur ajoutée globale, c'est-à-dire y incluant les revenus financiers, et à une élévation des dépenses de formation.

Augmentation des salaires, donc, (notamment du SMIC et des petits salaires, pour l'essentiel féminins), des retraites, des minima sociaux, en lien avec le progrès des qualifications ; loi contraignante pour l'égalité salariale, l'accès à la formation et aux responsabilités entre hommes et femmes ; droit à la retraite à taux plein à 60 ans, au terme de 37,5 annuités de cotisations avec une pension d'un montant au moins égal à 75 % des rémunérations des meilleures années.

Le principe de la réduction du temps de travail à 35 heures est un progrès incontestable : c'est d'ailleurs pourquoi il est en ligne de mire de la droite et du grand patronat. Il reste qu'au lieu d'être une réelle avancée de civilisation et de permettre des créations d'emplois, la loi est trop souvent "interprétée" au détriment des salariés. Je propose donc une réforme des 35 heures pour que toutes et tous les salariés en bénéficient réellement, sans réduction de salaire et sans intensification du travail. Et j'avance l'idée d'un nouveau droit, qui nécessitera une création institutionnelle : celui d'avoir la garantie de bénéficier d'un emploi stable ou d'une formation qualifiante sans baisse de revenu, permettant de changer de métier, d'emploi ou de lieu d'activité, sans, à aucun moment, tomber dans le chômage.

Bien sûr, financer ces mesures et répondre aux besoins qu'elles créeront supposent des moyens. Les responsabilités du secteur public et du secteur privé sont directement engagées. Il s'agit de mobiliser l'argent, non plus pour la recherche exclusive du profit, mais pour des investissements développant les activités et l'emploi, les technologies nouvelles, la recherche et, inséparablement, la formation et la qualification, les salaires, l'organisation du travail, l'aménagement du territoire, la préservation de l'environnement. Tout cela exige une véritable justice fiscale (avec une taxe Tobin à la française, l'augmentation de l'impôt sur la fortune¿) ; une autre utilisation du crédit en faveur des PME-PMI, qui donnent souplesse et efficacité à notre économie ; une application pleine et entière de la loi de modernisation sociale ; une réorientation de la politique agricole européenne et, plus généralement, de la construction européenne elle-même.

Je propose que des mesures spécifiques soient prises en matière de protection sociale et de retraites pour conforter le système de retraite solidaire et pour en finir avec la maîtrise comptable des dépenses : refonte du financement instituant une modulation de la cotisation patronale en fonction du rapport, dans chaque entreprise, entre les salaires versés et les richesses créées, revenus financiers inclus. Je propose que, dans l'immédiat, soit prélevée une cotisation additionnelle sur les revenus financiers des entreprises et des institutions financières, de même taux que celle sur les salaires.

2. Dire "justice sociale, efficacité", c'est dire :"défense, modernisation, extension des services publics"

Que chacune, chacun ait la possibilité de choisir l'école ou la clinique privées, c'est une liberté qui ne saurait être remise en question. Mais, franchement, le danger ne vient pas de ce côté-là ! Ceux qui disent :"Il faut moins d'Etat", pensent en réalité :"Moins d'Etat pour les services utiles à la société" et :"Plus d'Etat pour gonfler les profits financiers".

Depuis des années, on privatise les entreprises nationales, on attaque, voire on casse les services publics les plus essentiels au nom de la "rentabilité". Or, le secteur, les services publics sont un atout indispensable aussi bien à la lutte contre les inégalités sociales - sans eux, pas d'accès égal aux services essentiels - qu'au développement du pays. Qu'on songe, en comparant avec certains de nos voisins européens, à ce qu'ils apportent en matière d'assurance maladie, d'éducation et de recherche, de santé, de sécurité, de communications, de transports¿ Qu'on voie leur rôle lors de telle ou telle catastrophe.

Non seulement il faut cesser de les mettre en péril - je me prononce pour le gel des directives européennes les ouvrant à la concurrence -, mais il y a besoin de les étendre à des domaines collectifs nouveaux. Je propose qu'on élargisse leurs missions au respect de l'environnement et de la nature ; à la diversification des sources d'énergie ; à l'accès aux moyens de communication et aux technologies modernes. Cela va de pair, à mes yeux, avec un renforcement du public dans des domaines comme la santé, l'éducation, le logement, les transports ou l'aménagement du territoire, la lutte contre la précarité et les exclusions. Et je me prononce pour un service public de l'environnement, un service national de l'eau et pour un pôle public du crédit.

Cela implique modernisation, démocratisation, transformation pour qu'ils soient mieux à même de garantir la qualité du service rendu à tous et sur tout le territoire, l'égalité d'accès et de tarification, les péréquations tarifaires et financières entre activités ou zones géographiques. Il n'y a pas de contradiction entre la nécessité de garantir les statuts, d'élever les recrutements, la formation initiale et continue, les rémunérations de leurs agents de toutes catégories et le besoin que les services publics soient davantage et mieux au service du public. Des expériences intéressantes ont lieu à cet égard, qu'il faut encourager : je pense au "guichet unique" de proximité Sécurité sociale-impôts-services publics ouvert le soir, au "bureau des temps" mis en place par certaines communes.

En matière d'éducation, quel insupportable gâchis de voir des jeunes marqués par l'échec ! Et, du même coup, quel handicap pour la société ! La transformation du service public d'éducation, comme y aspirent tant de maîtres, de parents et bien sûr d'enfants et de jeunes, est à l'ordre du jour : pour y réduire les inégalités sociales et pour permettre l'accès de toutes et de tous à une vraie formation qualifiante, tout au long de sa vie.

Chacun le sait, je suis infirmier de formation. Et je suis indigné par le sort fait à l'hôpital public. Ce que les députés communistes avec les personnels ont arraché pour l'hôpital public au prix de plusieurs semaines d'action acharnée, les patrons des cliniques privées l'ont obtenu pratiquement en claquant des doigts. D'un côté, "maîtrise comptable" des dépenses, de l'autre, champ libre pour les compagnies d'assurance et les laboratoires pharmaceutiques. C'est injuste et c'est aberrant. L'Etat doit faire face à toutes ses responsabilités dans la définition de la politique de santé publique, en termes de moyens financiers comme de formation de personnels qualifiés.

La recherche est trop souvent soumise aux exigences du mercantilisme. Elle doit au contraire constituer, avec la formation et le progrès scientifique, un levier en faveur du développement durable et de l'épanouissement humain. Le secteur privé doit y concourir bien davantage.

Je pense qu'il faut décider une véritable politique de lutte contre l'insécurité et la violence, qu'il faut concevoir dans sa globalité. Il faut tout à la fois garantir effectivement les droits fondamentaux de la personne humaine pour combattre l'insécurité de la vie et lutter contre les trafics, les mafias, ce qu'on appelle "l'économie parallèle" et sa loi de corruption et de violence. Cela appelle, là aussi, des services publics décloisonnés, de proximité, coordonnant leurs interventions avec celles des élus et des possibilités nouvelles d'intervention des citoyens. Je propose d'accorder une attention particulière à la formation des personnels et à l'éthique de leurs missions et de décider de moyens supplémentaires pour la politique de la Ville, la police, la justice afin d'assumer la prévention, la dissuasion, la répression et la réparation pour les victimes. Toutes les sécurités appellent davantage de "public", de la sécurité de l'emploi à la sécurité de la vie, en passant par les sécurités industrielle, sanitaire, alimentaire, environnementale, routière et maritime.

3. Dire "citoyens en France", c'est dire "citoyens en Europe", "citoyens du monde"

"Un peu d'internationalisme éloigne de la patrie, beaucoup d'internationalisme y ramène", disait Jean Jaurès. Il avait raison ! Aujourd'hui, la France est monde : c'est celle de Thomas et de Leila, de David et d'Aminata, celle des DOM-TOM, des Antilles, de l'Amérique et de l'océan Indien. Et la France est dans l'Europe, avec nos voisins, et ouverte au monde : à la Méditerranée, au Maghreb et à l'Afrique, avec qui nous devons avoir des rapports privilégiés, à l'Europe de l'est et à l'Asie. On ne peut plus concevoir l'avenir de la nation indépendamment de celui de l'Europe et de la planète, ignorer que le sort de notre peuple est lié à celui de tous les autres. Plus on croit aux valeurs de la République française, plus on se sent citoyenne ou citoyen du monde. La mondialisation capitaliste fait l'inverse : elle tend à nier les personnalités et les souverainetés des peuples, et elle est le terreau des racismes et des fanatismes.

Aggravation des inégalités entre pays riches et pays pauvres, désastres écologiques, domination des puissances financières et des Etats-Unis, guerres sanglantes et leur cortège de personnes déplacées, montée des nationalismes et des intégrismes, terrorisme : j'ai la conviction que la France, avec l'autorité dont elle continue de disposer, peut jouer un grand rôle contre ces fléaux :

Un grand rôle pour faire reculer la pauvreté, pour combattre la toute-puissance des institutions internationales - FMI, OMC¿ - et européennes qui imposent l'ultralibéralisme. C'est possible, comme en témoigne l'action positive de notre pays en matière de sécurité alimentaire ou maritime, d'exception culturelle, de brevets médicaux dans les négociations pour l'AMI.

Un grand rôle pour faire reculer les inégalités dans les échanges internationaux en faisant prévaloir les coopérations et le développement durable contre la surexploitation des hommes et des richesses naturelles. Ces exigences impliquent de démocratiser les institutions internationales afin qu'elles soient mises au service du développement humain.

Et un grand rôle pour construire une alternative écologique planétaire. Car les causes ne sont pas "naturelles" de l'inégalité d'accès à l'eau potable, de l'effet de serre et des menaces de bouleversements climatiques, de pollution des sols, de l'air et de l'eau, de la disparition de la biodiversité : le pillage des espèces vivantes aggravé par la pratique des manipulations génétiques sur les semences par les géants de l'agroalimentaire, le refus égoïste des Etats-Unis et des pays les plus riches de remettre en cause leur mode de vie productiviste, la privatisation des services publics de l'eau et de l'énergie sont la source de ces dégradations. Les temps courts des profits financiers sont incompatibles avec le respect de la vie et des êtres humains.

A l'opposé de la mondialisation capitaliste, c'est une mondialisation de la coopération qu'il est possible de construire, en l'associant à une réorientation en profondeur de la construction européenne.

La puissance de la manifestation du 13 décembre 2001 à Bruxelles confirme que l'Europe a un grand besoin d'irruption du "social" et de démocratisation de ses institutions. Il faut faire droit à cette aspiration des citoyens à décider du destin de leur continent, de cette exigence d'une Europe sociale et des services publics. Je propose que la France prenne l'initiative de demander la renégociation du traité de Maastricht et qu'elle contribue à ce que l'Union européenne décide de grands projets favorisant le développement des activités, des emplois, la promotion d'équipements nouveaux et de richesses nouvelles. Cela implique de ne plus se plier aux contraintes du pacte de stabilité et de réorienter les priorités de la Banque centrale européenne vers le financement de dépenses ayant ces objectifs.

Oui, nous pouvons nous fixer l'objectif d'un modèle social et démocratique européen, qui pourrait contribuer à améliorer le sort non seulement des peuples de notre continent, mais ce ceux de notre monde. L'euro pourrait être utilisé en ce sens, comme instrument d'un "nouveau plan Marshall", celui-là sans domination, pour les peuples de l'Est et du Sud.

4. Dire "modernité", c'est dire "égalité dans la différence, République et citoyenneté d'aujourd'hui".

Oui, le monde, la société ont beaucoup changé. Nous aussi, femmes et hommes qui vivons cette époque de potentiels, mais aussi de dangers, nouveaux. Nous n'acceptons plus les "Je ne veux voir qu'une tête" ni le collectivisme niveleur du stalinisme d'avant-hier ou du capitalisme mondialisé d'aujourd'hui. Nous ne voulons pas non plus de l'individualisme égoïste fasciné par le mirage de l'argent roi. "Nous sommes faits pour être libres, nous sommes faits pour être heureux", écrivait Aragon : le poète a toujours raison¿

J'ai la conviction que la politique se perdra d'elle-même si elle ne fait pas droit à cette exigence grandissante, "absolument moderne", à l'autonomie, à l'épanouissement de chaque personnalité. L'atout essentiel du développement de notre pays, ce n'est pas l'écrasement des uns par les autres au nom de la "concurrence", c'est la valorisation des atouts, de l'activité, de la créativité de chaque individu.

C'est pourquoi je considère comme essentiels les combats pour le droit à l'éducation et à la formation, à la culture, à la création, au sport, pour le refus de la marchandisation de la science et de l'uniformisation de la culture, pour l'accès aux logiciels, à Internet et aux systèmes mondialisés d'information. Et je me prononce pour que les choix scientifiques ayant de fortes implications éthiques fassent l'objet d'un grand débat national.

En bref, je propose de mener une politique donnant en tout domaine la priorité aux hommes et aux femmes de notre pays. En affirmant d'abord le principe que la société ne doit souffrir aucune discrimination, aucune domination, que ce soit parce qu'on exerce tel métier, qu'on est une femme, qu'on est jeune, qu'on habite tel quartier, est de telle origine ou fait tel choix de vie.

L'abolition de la peine de mort, la loi antiraciste qui porte le nom de Jean-Claude Gayssot, le PACS, les premières régularisations de sans-papiers sont liés à l'action de la gauche. Il faut aller plus loin : la France doit garantir à toutes celles et tous ceux qui y vivent, y sont nés ou l'ont choisie le droit à la dignité : pour que chacune et chacun dispose d'un toit, puisse se nourrir, se vêtir, se soigner, se chauffer, s'éclairer, s'occuper de ses enfants, se déplacer, se cultiver, puisse dire son mot, compter pour une ou pour un.

J'entends faire de l'exigence féministe une dimension essentielle de ma candidature. Outre les lois pour l'égalité des salaires et des évolutions de carrière, des mesures sont nécessaires pour garantir aux familles monoparentales les moyens réels d'une vie heureuse. Il faut aussi protéger les femmes des violences. Elles doivent pouvoir s'appuyer sur la loi pour faire respecter leur image, leur place et leur rôle dans la société. La parité doit être respectée dans le partage des responsabilités et des pouvoirs.

La société doit investir dans sa jeunesse. Je veux affirmer le droit à l'autonomie des jeunes, en matière de ressources comme de libertés, le droit de celles et ceux qui occupent un emploi-jeune d'accéder à un emploi stable et bien rémunéré.

Je me prononce pour la régularisation des sans-papiers et le droit de vote des étrangers résidants non communautaires.

De façon générale, j'ai la conviction que la République, son unité a besoin du souffle de l'intervention citoyenne.

D'abord, à l'entreprise. Celle-ci ne peut pas avoir pour seule finalité le profit financier : elle a pour responsabilité de créer des produits, des richesses, de répondre à des besoins sociaux et industriels, d'être utile à la croissance économique de la ville, de la région, du pays, de respecter l'environnement. Les actionnaires doivent certes avoir droit au chapitre, mais il faut en finir avec leur dictature. Je propose que l'avis des salariés et des représentants des populations compte pour de bon : droit d'intervention des salariés sur toutes les décisions touchant aux choix de gestion ; création d'un observatoire des libertés et dispositions permettant de faire respecter et d'étendre ces droits. Les députés communistes ont obtenu le vote de deux lois importantes : sur le contrôle de l'utilisation des fonds publics et sur la modernisation sociale, avec un volet important contre les licenciements. Il faut les appliquer au plus vite.

Dans le même temps, il faut revivifier la démocratie représentative en l'appuyant sur une plus grande démocratie directe. Le Parti communiste a rendu public son projet pour une République moderne : proportionnelle dans tous les scrutins ; revalorisation du rôle du Parlement ; réduction à quatre ans des mandats de sénateurs et de députés ; non-cumul ; mise en place de conseils de quartiers ; référendum local et obligation de débattre de toute proposition émanant de 10 % des électeurs ; véritable statut de l'élu qui doit aller de pair avec un statut des militants associatifs ; réforme de la justice.

(source http://www.pcf.fr, le 9 janvier 2002)

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