Déclaration de Mme Marylise Lebranchu, ministre de la justice, à Wattrelos (Nord) le 20 décembre 2001, sur la politique de sécurité, les contrats locaux de sécurité et les trois démarches complémentaires qui doivent orienter leur mise en oeuvre : prévention, répression et solidarité. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Déclaration de Mme Marylise Lebranchu, ministre de la justice, à Wattrelos (Nord) le 20 décembre 2001, sur la politique de sécurité, les contrats locaux de sécurité et les trois démarches complémentaires qui doivent orienter leur mise en oeuvre : prévention, répression et solidarité.

Personnalité, fonction : LEBRANCHU Marylise.

FRANCE. Ministre de la justice

Circonstances : Signature du contrat local de sécurité de Wattrelos (Nord) le 20 décembre 2001.

ti : Monsieur le Député Maire,
Mesdames,
Messieurs,


Je suis heureuse d'être parmi vous pour la signature du contrat local de sécurité de Wattrelos.

Depuis 1997, année de lancement des contrats locaux de sécurité, un long chemin a été parcouru. Le partenariat, véritable clé de voute de ces dispositifs s'est développé et a permis la signature de plus de 528 contrats communaux ou intercommunaux.

Le colloque de Villepinte s'était fondé sur la reconnaissance pour chacun d'un droit à la sûreté, nécessaire à l'exercice de toutes les libertés. L'affirmation du triptyque " prévention - répression - solidarité " comme définition d'une politique efficace de sécurité a porté ses fruits. Vous l'avez très bien mise en oeuvre dans le contrat que vous signez aujourd'hui.

I)- Prévention, bien sûr et toujours.

J'apprécie particulièrement la globalité de votre approche de la prévention et le partenariat complet qui se construit pour la mettre en oeuvre.

Vous avez raison d'insister sur la prévention spécialisée et le rôle du Conseil Général en ce domaine. Le " travail de rue " qui est assuré par les clubs de prévention est prépondérant dans la prise en charge des enfants et des adolescents. Trop souvent, la rue, le quartier souffrent d'une absence d'adultes à qui les jeunes puissent se référer.

Leur présence est pourtant rassurante pour eux. Elle est aussi l'expression de l'autorité parfois difficilement perceptible dans notre société

Le partenariat de l'Education Nationale avec la Police et la Justice que vous mettez en oeuvre est également remarquable.

Outre le renfort des équipes enseignantes et de l'encadrement éducatif apportés à chaque école, un travail spécifique est mis en oeuvre sur le traitement de l'absentéisme scolaire lourd.

Cet aspect est fondamental quand on sait que la grande majorité des jeunes délinquants sont en échec scolaire ou en voie de déscolarisation.

L'organisation d'une réelle prévention en amont par la mise en place d'une cellule de veille doit être également soulignée.

Apporter une réponse éducative adaptée aux actes posés par un mineur, en lien avec la famille concernée, et ce, grâce à une mobilisation de l'ensemble des acteurs est un acte de responsabilité collective, et efficace en termes de prévention.

II)- Le deuxième axe est celui de la répression.

Il s'agit en premier lieu de répondre à tout acte de délinquance. Le Parquet de Lille s'est nettement engagé dans le traitement en temps réel des procédures. Cette méthode permet d'apporter des sanctions rapides à tous les délits.

Sur le plan national, le taux de réponse pénale a beaucoup progressé. Pour les mineurs en particulier, il atteint près de 80 %. Il n'a jamais été aussi élevé.

Nous devons en revanche améliorer le taux d'élucidation des affaires. Je compte beaucoup sur le travail conjoint des Procureurs et de la Police, notamment dans le cadre des Contrats Locaux de Sécurité pour progresser en ce domaine.

Mais si tout délit mérite sanction, cette dernière doit être adaptée.

Le développement des alternatives aux poursuites a permis de diversifier les sanctions, notamment pour les mineurs.

La mise en place de délégués du Procureur contribue fortement à la réalisation de cet objectif.

Il est important, comme vous le soulignez, que celle-ci constitue un axe du Contrat Local de Sécurité.

Augmenter les possibilités locales de réparations pénales par un travail conjoint entre la Direction de la Protection Judiciaire de la Jeunesse et la municipalité est également très important

Aujourd'hui ont été exécutées plus de 12.000 mesures de réparation pénale (6.000 seulement l'avaient été en 1998).

L'intérêt de ces mesures est unanimement reconnu. Nous devons donc les multiplier et faciliter leur mise en oeuvre.

III) - Le troisième axe est celui de la solidarité. Sans elle, pas de politique " éclairée " de sécurité ! Elle est un rempart contre l'exclusion, et la stigmatisation qu'une politique de sécurité aveugle engendrerait. Il faut certes prévenir et punir mais il faut aussi aider et écouter.

En ce sens, le travail que vous avez décidé de lancer en direction des parents est fondamental.

C'est dans cet esprit de solidarité, de soutien aux parents dans leur rôle éducatif, que je conçois toute action à destination des parents.

Ils sont parfois démunis, souvent dépassés et ont besoin d'aide et d'écoute. Quelle illusion de penser comme certains qu'on les responsabiliserait en accroissant à leur égard les possibilités de répression ou en leur supprimant les prestations familiales ?

Vous avez opté pour une maison de la parentalité.

Celle-ci s'adressera à un partenariat étroit avec le Conseil Général et la
DDASS.

Je pense qu'il s'agit d'une très bonne initiative.


Vous avez dans le cadre du contrat local de sécurité ouvert un vaste chantier sur la sécurité et le droit à la sûreté pour tous.

Il nécessitera un travail riche et soutenu dans lequel l'institution judiciaire jouera un rôle important.

Agir ensemble est aujourd'hui notre volonté partagée afin de mieux vivre tous Ensemble

(Source http://www.justice.gouv.fr, le 28 décembre 2001)

Rechercher