Déclaration de M. Christian Pierret, secrétaire d'Etat à l'industrie, sur l'évolution des recherches en matière de technologies nouvelles de l'énergie, spécialement le couple hydrogène-pile à combustible, Paris le 13 décembre 2001. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Déclaration de M. Christian Pierret, secrétaire d'Etat à l'industrie, sur l'évolution des recherches en matière de technologies nouvelles de l'énergie, spécialement le couple hydrogène-pile à combustible, Paris le 13 décembre 2001.

Personnalité, fonction : PIERRET Christian.

FRANCE. SE à l'industrie

Circonstances : Clôture du colloque "Recherches et perspectives industrielles sur la pile à combustible et l'hydrogène" à Paris, le 13 décembre 2001

ti : Mesdames et Messieurs,


Je souhaite tout d'abord remercier le CEA qui a eu l'heureuse idée d'organiser cette journée. Cette initiative participe pleinement de l'exercice de la mission qui lui a été confiée par le Gouvernement en matière de technologies nouvelles de l'énergie, à l'issue du Comité Interministériel pour la Recherche Scientifique et Technique de Juin 1999. Mission dont il s'acquitte avec détermination, puisqu'il apparaît qu'à ce jour, plus de cent chercheurs y consacrent leurs travaux. Je salue également l'implication dans ce colloque des membres du réseau "Pile à combustible".
Votre nombreuse présence aujourd'hui témoigne de l'intérêt croissant pour cette nouvelle technologie très prometteuse au regard du développement industriel durable.
Les estimations du futur marché mondial des piles à combustibles, à horizon 2010/2020, sont à la hauteur des avantages qu'elle procure (grande autonomie et utilisation non polluante) :
- 46 milliards d'Euros pour le transport,
- 43 milliards d'Euros pour l'électronique portable ou nomade,
- 30 milliards d'Euros pour le stationnaire.
Ces enjeux sont tels qu'il nous faut absolument conjuguer nos efforts pour que nos industries soient bien présentes sur ces marchés convoités par l'ensemble des grands pays industriels.
Le couple hydrogène-pile à combustible revêt également une importance toute particulière dans la prospective énergétique.
L'hydrogène est en effet un vecteur énergétique au même titre que l'électricité ou les hydrocarbures, dont il cumule les avantages : il est stockable et son utilisation dans une pile à combustible ne libère aucun polluant - ni pollution atmosphérique, ni gaz à effet de serre.
Dès lors qu'il est possible de produire l'hydrogène sans émissions de gaz à effet de serre, il présente donc un immense intérêt, tant en termes de diversification énergétique que de préservation de l'environnement.


Aujourd'hui toutefois, plusieurs facteurs limitent son développement :
- une plus faible capacité énergétique par unité de volume (3 fois moins que le gaz naturel, par exemple) qui rend plus difficile son stockage et plus coûteuse son utilisation ;
- l'absence de filière de production significative et non émettrice de gaz à effet de serre : la production d'hydrogène à partir des énergies renouvelables, à partir de l'énergie nucléaire, ou même dans un premier temps à partir d'hydrocarbures associé à des mécanismes de captation du carbone en est encore au stade expérimental.
Malgré ces obstacles, j'ai la conviction qu'en termes de politique énergétique, l'hydrogène a un avenir quasi certain à l'horizon de quelques années dans les transports. Ce domaine à 95% dépendant du pétrole, dont les consommations et les émissions de gaz à effet de serre croissent quasi inexorablement est en effet le mieux à même de tirer parti dès aujourd'hui des qualités du couple hydrogène - pile à combustible.
Je suis sûr, et je m' en félicite, que les présentations et les débats d'aujourd'hui, auront permis de mettre utilement en perspectives ce qui a déjà été entrepris avec les travaux qu'il convient de poursuivre ou d'entreprendre. Trois grands thèmes méritent toute notre attention, tous nos efforts:
- la recherche et développement;
- la réglementation relative à la sécurité d'utilisation de l'hydrogène;
- la formation de nos futurs chercheurs et ingénieurs.
Pour ce qui concerne la recherche et développement , la création du réseau de recherche et d'innovation technologique, à l'initiative des ministères de la recherche et de l'industrie, en partenariat avec l'ADEME et l'Anvar, consacré à la pile à combustible constitue indéniablement une des étapes les plus importantes. Ce réseau, permet en effet de rapprocher acteurs industriels et recherche publique, de fédérer les initiatives et de mettre en cohérence nos forces. Il a ainsi conduit à l'émergence de projets associant entreprises et laboratoires, qui permettent de préparer l'avenir. Depuis son lancement, en 1999, 31 projets ont été labellisés. L'effort doit se poursuivre, s'amplifier et les nombreux projets "candidats" qui sont en cours d'examen doivent pouvoir être rapidement labellisés et mis en oeuvre.
Dans cette perspective, j'ai décidé qu'en 2002, la dotation budgétaire que mon département consacrerait à ces nouveaux projets sera de 6 millions d'euros (40 MF), qui viendront s'ajouter aux moyens accordés par le ministère de la recherche, l'Anvar et l'ADEME.
Enfin, je souhaite qu'une part des crédits que mon département apportera au nouveau PREDIT, sur la période 2002-2006, soit affectée à des applications transports de la pile à combustible.
Il convient également de dépasser nos frontières et de construire d'ores et déjà des partenariats, européens notamment.
Les moyens communautaires du PCRD peuvent y contribuer tout comme l'initiative Eurêka.
Ainsi, les projets avancent, des dépôts de brevets sont en cours, de nouvelles sociétés se créent et de nouveaux partenariats dédiés à la Pile à combustible se constituent.
Autant de bonnes nouvelles, signes de l'émergence d'une filière industrielle de la pile à combustible, qui sont, pour partie au moins, à mettre à l'actif du réseau, des efforts de tous ses membres, et du remarquable travail d'animation effectué par les deux personnes de l'ADEME et du CEA, à qui je veux rendre ici hommage.
En matière de réglementation relative à la production, au stockage et à l'utilisation de l'hydrogène, plusieurs départements ministériels sont impliqués et suivent les travaux aux plans national, européen et international.
La réglementation doit naturellement permettre de garantir la sécurité des individus, des biens et de l'environnement. Mais, tout en veillant à ce que ces objectifs primordiaux soient atteints, nous devons aussi veiller à ce qu'elle permette l'innovation et le développement des entreprises et de leurs marchés.

J'ai donc demandé à mes services d'identifier, en coordination avec les autres administrations concernées, les questions réglementaires qui doivent être résolues, et d'établir un "tableau de bord" des actions à entreprendre dans les meilleurs délais. Démarche au cours de laquelle vous serez consultés et qui permettra de fixer rapidement un cadre dans lequel vous pourrez exercer vos initiatives.
Parallèlement, je vous encourage à vous investir toujours plus dans les travaux de normalisation, que ce soit à l'ISO, plus particulièrement dans le cadre du TC 197, ou au CEN ( dont je vous rappelle l'importance des normes comme mode de preuve de la conformité des équipements et machines soumis aux Directives "Nouvelle Approche").
J'en viens maintenant à la formation de nos futurs chercheurs et ingénieurs. Certaines Ecoles, et notamment les Ecoles des Mines, sont déjà présentes depuis une dizaine d'années sur les sujets qui nous rassemblent aujourd'hui. Les partenariats qu'elles ont noué avec des industriels sont un gage de l'excellence de leurs travaux.
Dans ce domaine des piles à combustibles comme dans bien d'autres, préparer l'avenir passe par les jeunes, qu'il faut savoir attirer et former. Les industriels comme les Ecoles et les laboratoires ont un rôle majeur à jouer. Pour les Ecoles des Mines, je veillerai à ce que les moyens donnés aux équipes qui se consacrent à ces technologies soient renforcés.
Plus globalement, pour favoriser l'augmentation du nombre de "thésards" et de post-doctorants, j'ai décidé d'inciter fortement à leur participation dans les projets de R D que mon département sera amené à soutenir.
Enfin, je crois qu'il conviendrait, comme cela a déjà été fait, de financer pour nos jeunes chercheurs, des séjours auprès d'universités étrangères en pointe sur ces sujets. Les outils communautaires mis en oeuvre à cet égard ont montré leur efficacité et ils peuvent être sollicités avec grand profit.

Mesdames et Messieurs, il nous reste, il vous reste beaucoup à faire. Cela ne doit pas conduire à négliger ce qui a déjà été fait, ce qui est lancé. Les enjeux sont connus, un socle existe, les acteurs sont identifiés et ont commencé à collaborer. Les premiers résultats concrets seront bientôt disponibles et doivent vous encourager à poursuivre et accentuer vos efforts.

(Source http://www.industrie.gouv.fr, le 14 décembre 2001)

Rechercher