Déclaration de M. Alain Madelin, président de Démocratie libérale et candidat à l'élection présidentielle, sur son programme électoral, Paris le 22 janvier 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Alain Madelin, président de Démocratie libérale et candidat à l'élection présidentielle, sur son programme électoral, Paris le 22 janvier 2002.

Personnalité, fonction : MADELIN Alain.

FRANCE. Démocratie libérale, président;FRANCE. Candidat à l'élection présidentielle de 2002

Circonstances : Meeting de campagne pour l'élection présidentielle, au Grand Rex, Paris le 22 janvier 2002

ti : Un programme pour une vraie rupture
" Mon contrat avec les Français "


Mes chers amis,

En ce début d'année vous me voyez heureux, heureux d'être avec vous ce soir au grand Rex,

Heureux pour vous souhaiter, il en est encore temps, une bonne année,
et pour souhaiter aussi une bonne année à la nouvelle France, celle dont je vais porter le projet à l'élection présidentielle.

Si je suis résolument candidat c'est parce que je souhaite pour la France et les Français un autre avenir que celui que leur préparent les socialistes.
Je suis donc résolument le candidat anti-Jospin.

Je veux aussi offrir à l'opposition, et même au-delà, au premier tour, dès le premier tour, un choix clair, un choix fort, un choix alternatif au choix du président sortant.

Je ne suis pas candidat contre Chirac, mais candidat à la place de Chirac.

Mais pour convaincre, pour entraîner, j'ai besoin de faire campagne. Encore faudrait-il qu'il y ait une campagne, que le match commence, que tous les joueurs soient sur le terrain et que le coup d'envoi soit donné. Ce qui n'est pas hélas aujourd'hui le cas !

Nous avons deux candidats "officiels", qui ne se privent pas d'occuper les médias mais ils ne sont pas officiellement candidats .

Je me souviens d'ailleurs d'un candidat, autrefois Premier ministre, qui disait assez justement, je le cite : "il est honnête pour un candidat de faire connaître sa candidature 100 jours avant l'échéance. Réduire ce délai n'est pas très convenable !"

C'était en janvier 1988, c'était Jacques Chirac, c'était aussi ce que je pensais et je n'ai d'ailleurs pas changé d'avis.

100 jours, 100 jours pour faire campagne, projet contre projet, 100 jours pour débattre de tous ces défis qu'en ce début de nouveau siècle la France va devoir affronter ; 100 jours pour proposer, pour convaincre ; oui il me semble que 100 jours de débat constitue la marque d'une vraie démocratie.

Car dans une démocratie l'élection présidentielle c'est le temps fort, l'occasion privilégiée de la formation de l'esprit public¿

Et d'ailleurs, trois Français sur quatre aujourd'hui nous disent vouloir se déterminer sur les projets des candidats.

Je pense pour ma part depuis longtemps que le rendez-vous présidentiel de 2002 sera pour les Français une échéance sérieuse. L'occasion de réfléchir, de comparer et de choisir les réformes modernes dont notre pays a besoin dans ce qui sera pour les Français le premier rendez-vous électoral du nouveau siècle.

Ceux qui souhaitent aujourd'hui une campagne étriquée, rabougrie, rétrécie, une campagne courte pour idées courtes, ceux-là se trompent lourdement.

Les Français veulent une vraie campagne, et ils ont raison. Ils ne veulent pas d'une campagne médiocre faite de postures avantageuses, de coups bas, de petites phrases, de bons mots qui, à défaut d'être bien pensés, sont sûrement bien sondés.

Et une élection présidentielle, je tiens à le rappeler à tous ceux qui pourraient l'oublier en ce moment, est une élection à deux tours.

Le premier tour est toujours celui du vrai choix, le choix de la raison, celui du c¿ur, celui qui ouvre des voies nouvelles et bouscule souvent tous les pronostics.

Aussi, au premier tour, dès le premier tour, VOTEZ UTILE.

Et les voix utiles, celles qui vont faire bouger la France, celles qui vont donner une chance à l'avenir, celles qui vont gagner et faire gagner, ce sont les voix qui se porteront sur mon nom, au premier tour, dès le premier tour.

Car ces voix-là, les 3, 4, 5 ou 6 millions de voix que je pourrais recueillir au premier tour seront en tout état de cause les voix gagnantes.

Ce sont des voix qui exprimeront quelque chose de fort, une volonté de vrai changement, de rupture avec tant d'années de socialisme, de social-démocratie ou de social-technocratie, des voix qui, si je n'avais pas été candidat, manqueraient sûrement pour une large part à l'appel.

Mes chers amis, je viens de parler de 3, 4, 5 ou 6 millions de voix.

6 millions de voix ce serait bien d'ailleurs car cela me qualifierait pour le deuxième tour.

Et ce n'est pas hors de portée. Si chaque Français qui a déjà la ferme intention de voter pour moi réussissait à en convaincre deux autres, alors nous y serions facilement. Il en irait de même, si chez tous les Français qui se disent prêts le cas échéant à voter pour moi, un sur deux se décidait.

Quoiqu'il en soit, toutes les voix qui se porteront sur mon nom seront, je le répète, des voix utiles.

Et la force que nous aurons constituée ensemble sera en tout état de cause une force d'entraînement nécessaire pour gagner le deuxième tour.

Et parce que ce sont là les voix qui feront gagner, en tout état de cause, elles ne se donneront pas, elles ne se marchanderont pas, elles se mériteront.

Elles constitueront une force de persuasion, une force de dissuasion, une force de rappel, porteuse d'une exigence de réforme. Elles ne seront pas trompées ou déçues une fois de plus.

Devant vous je m'y engage.
Devant vous je m'en porte garant.

J'ajoute que si trois Français sur quatre entendent se déterminer sur les projets des candidats, j'y vois là pour moi plutôt un avantage, un avantage comparatif.

Car, vous le savez, j'ai toujours cherché à trouver, à représenter, les idées neuves, les idées modernes de mon époque, celles dont le pays a besoin.

D'ailleurs avant de confier à quelqu'un la barre du bateau France pour une longue traversée de cinq ans, je crois qu'il est sage de comparer la capacité des uns et des autres à choisir le bon cap et à s'y tenir.

J'aimerais d'ailleurs qu'il y ait au c¿ur de cette campagne électorale comme une sorte de machine à remonter le temps qui viendrait rappeler utilement aux Français les positions, les propositions des uns et des autres à différentes époques.

Une telle machine constituerait un excellent détecteur de mensonges et un excellent indicateur de fiabilité.

Si vous aviez dit à Jean-Pierre Chevènement, à Lionel Jospin ou à Jacques Chirac lorsqu'ils sont sortis de l'ENA ou même lorsqu'ils sont devenus pour la première fois ministres, si vous leur aviez dit, comme moi j'en étais persuadé, que le contrôle des prix serait supprimé, que l'on mettrait fin au monopole de la télévision d'Etat, qu'il faudrait privatiser les banques nationalisées, privatiser Renault, que l'Etat devrait renoncer à la planche à billets, que la banque de France deviendrait indépendante, et même européenne ¿et je pourrais longtemps continuer ainsi¿ils vous auraient alors rit au nez en vous disant, "ça ne se fera jamais", "ça ne marchera jamais".

Tenez, Chevènement, il est très tendance en ce moment chez certains intellectuels français. Il reste tout de même l'auteur de ce jugement définitif, je le cite, "la preuve que le socialisme est inéluctable, c'est qu'aucun pays communiste n'est jamais revenu en arrière".

Pour ma part, vous me permettrez de faire moi-même ma publicité ici, ce soir.

Comme responsable politique et comme membre du gouvernement à trois reprises, ayant eu la charge de nombreux ministères, j'ai toujours mis en ¿uvre mes convictions dans les fonctions qui ont été les miennes.

Ministre de l'Industrie, j'ai donné l'exemple de la réduction des dépenses publiques, en diminuant les dépenses de mon ministère, en supprimant cinq directions, et une demi-douzaine d'organismes budgétivores et inutiles. J'ai contribué à libéraliser le secteur des télécommunications et à réussir les premières privatisations industrielles.

Ministre des entreprises, des PME, du commerce et de l'artisanat, j'ai créé des fonds de pension pour les professions indépendantes, favorisé la création d'entreprises et simplifié nombre de lois et de règlements.

Ministre de l'Economie et des Finances, j'ai eu à assumer un rôle ingrat qui a consisté dans une situation de dépenses budgétaires non financées et de recettes fiscales en baisse à donner un coup d'arrêt à la fuite en avant dans les déficits publics. Et même à tracer le chemin de leur réduction : 5% en 1995, 4% en 1996, 3% en 1997. Avec pour objectif la réduction des taux d'intérêt et l'équilibre budgétaire.
C'est d'ailleurs, permettez-moi de le dire, cette politique qui nous a permis de réussir l'Euro et de retrouver la croissance et l'emploi.

Mais je voulais aussi dans le même temps, vous le savez, engager une vaste réforme fiscale avec comme première étape un allégement de 20 à 25% des impôts sur le revenu de 1996, c'est-à-dire un impôt marginal abaissé à 45%. Le Premier ministre de l'époque à refusé cette réforme. J'ai quitté le gouvernement.

J'ai refusé de cautionner un complet retournement de politique par rapport à notre engagement initial, celui qui m'avait fait soutenir Jacques Chirac.

Car je crois à la force des propositions et à la force des convictions.

Oh, sans doute, trouvera-t-on dans cette campagne électorale chez d'autres et sous d'autres formes, certaines des idées que je défends depuis longtemps, car le temps des printemps électoraux c'est aussi le temps des girouettes !


Ne voyez aucune méchanceté dans mon propos, car je ne veux en aucun cas me moquer de ces girouettes. Elles sont utiles car elles indiquent le sens du vent. Et si aujourd'hui elles indiquent que le vent souffle dans notre sens, tant mieux ! Car elles montrent dans le même temps dans quelle direction il faut voter.

En revanche il ne faut jamais voter pour une girouette car le propre d'une girouette c'est de s'agiter tout en restant immobile. Votez utile.

Et pour voter utile je veux vous présenter ce soir le contrat que je propose aux Français.

Un contrat, parce que beaucoup de Français ont perdu confiance dans la politique.

Parce que pour regagner leur confiance il faut prendre devant eux des engagements clairs, et tenir ses engagements une fois élu.

Il est temps de changer de cap, d'avoir le courage de faire enfin les grands choix dont notre pays a besoin.

Il existe une majorité de Français, une majorité silencieuse qui attend depuis longtemps que s'exprime un courant réformateur et populaire¿

Une majorité de Français exclus qui attend que fonctionne à nouveau à plein régime le moteur de la création d'emplois, une majorité de Français aux fins de mois difficiles qui attend de la croissance et du recul de l'Etat une meilleure récompense de leurs efforts.

A ces Français je propose le contrat d'une nouvelle France, une société dans laquelle nous nous sentirons plus libres, plus responsables, plus respectés.

Une société où l'Etat assurera sans complexe ses vraies missions pour une justice indépendante et impartiale, où la loi sera la même pour tous et la sécurité assurée,

Une société fondée sur la récompense du mérite, du travail, de l'initiative et de l'effort,

Une société qui donne à chacun toute sa place et toute sa chance, qui favorise la promotion sociale des plus modestes,

Une société qui redonnera à chacun de bonnes raisons d'être fier d'être Français.


Cette nouvelle France c'est d'abord celle de la croissance, du plein emploi et de la mobilité sociale.

Parce que le chômage repart à la hausse, parce qu'en terme de richesse par habitant nous sommes passés au 12ème rang en Europe, au 18ème rang des pays de l'OCDE, parce que notre population active est trop faible, parce que nous avons trop peu d'entrepreneurs, de producteurs et de créateurs de richesses et trop d'obstacles sur leur chemin,

Parce que je veux que la France retrouve son rang,

Parce que je veux que nous aussi nous retrouvions le plein emploi,

Parce que le plein emploi, c'est la meilleure des politiques sociales,

parce que c'est avec le plein emploi que l'on réintègre les exclus du marché du travail, qu'on réduit la précarité, qu'on améliore la feuille de paie et le pouvoir d'achat des salariés.

Aussi pour mieux utiliser tous les talents et les énergies qui existent en France, pour faire tourner à plein régime le moteur de la croissance, je m'engage à baisser les impôts et à libérer le travail.


La nouvelle France a besoin d'entrepreneurs motivés et d'entreprises prospères.

Nos 2 400 000 entreprises constituent 2 400 000 chances de créer richesses et emplois.

Parce que dans le nouveau monde et la nouvelle économie je crois plus que jamais à l'entreprise, aux petites entreprises, aux entreprises familiales, au travail indépendant, aux professions libérales, aux commerçants, aux artisans, aux agriculteurs, aux très petites entreprises, aux entrepreneurs individuels,

parce que 14 millions de Français ont aujourd'hui envie de créer leur entreprise, de se mettre à leur compte ! Ils étaient dix fois moins nombreux il y a dix ans. Quelle révolution !

Et cet appétit d'entreprendre, de créer, d'innover, de se mettre à son compte, de réussir par d'autres chemins que le seul salariat, touche la France entière - aussi bien les femmes, les jeunes que les retraités - et bouscule tous les clivages partisans.


C'est là le nouveau rêve français, celui de gens modestes, qui n'aspirent pas à devenir des François Pinault ou des Bernard Arnault, mais à se réaliser eux-mêmes, en travaillant dur, en prenant des risques.

Un rêve de réussite et de mobilité sociale dans une société souvent bloquée.

Ce rêve français je le fais mien depuis longtemps.

Et pour moi, la nouvelle France doit être le pays des nouveaux entrepreneurs.

C'est pourquoi je m'engage à alléger le droit du travail pour les entreprises à taille humaine, et à faciliter l'embauche des premiers salariés au travers d'un chèque-emploi dans les très petites entreprises.

Je m'engage à ce que les professions indépendantes - les artisans, les commerçants, les agriculteurs - paient leurs impôts et leurs charges sur leur revenu réel, et seulement sur leur revenu réel.

Je m'engage à distinguer leur patrimoine professionnel pour assurer un patrimoine familial insaisissable.

Je m'engage à l'exonération totale des droits de succession sur l'outil de travail.

En matière de création d'entreprise je fixe un objectif : 2 millions de nouvelles entreprises dans les cinq ans qui viennent. C'est possible.

Avec, pour cela, un programme choc, pour aller au-delà des mesures que j'avais moi-même prises en 1994 :

Je m'engage à favoriser fiscalement l'investissement dans la création et le développement des entreprises, à permettre d'ajouter une activité d'entrepreneur à une autre activité (salarié, fonctionnaire¿) et à permettre de passer facilement d'une activité à une autre.

Parce que les secteurs des services à forte main-d'oeuvre représentent un formidable gisement d'emplois, parce que trop souvent ces emplois coûtent plus cher qu'ils ne rapportent, je m'engage à tout mettre en oeuvre pour qu'au niveau européen, nous décidions de développer ensemble ces services - comme l'hôtellerie ou la restauration - en leur appliquant une TVA à taux réduit.


Parce que nous avons besoin d'une croissance forte, plus forte que celle de nos partenaires pour surmonter sans drame les défis qui sont devant nous,

parce que dans la nouvelle économie, la croissance et la compétitivité se font par la créativité et l'innovation et non par la baisse des salaires,

parce que les bonnes feuilles de paie fabriquent le plein emploi,

je m'engage à développer des mécanismes d'intéressement et de participation, à introduire une part plus flexible dans le salaire, pour permettre à l'entreprise quand elle le peut d'augmenter les rémunérations sans pour autant être piégée pour l'avenir.

Je m'engage à favoriser aussi de nouveaux types de contrats permettant d'impliquer davantage les salariés dans la réussite de l'entreprise.


Parce que je crois à la liberté du travail, au temps de travail choisi, au droit de travailler plus, travailler moins, travailler à temps partiel, travailler le dimanche,

parce que je crois que si quelqu'un fait le choix de travailler plus pour gagner plus, pour réussir sa vie ou élever sa famille, aucun homme politique n'a le droit de le lui interdire,

parce qu'avec les 35 heures, nos 35 heures, obligatoires, uniques au monde, nous ajoutons encore du plomb dans des semelles déjà bien lourdes, et nous désorganisons, on le voit bien, l'administration et les services publics,

parce que les 35 heures représentent une incroyable facture de plus de 100 milliards de francs déjà,

et parce qu'elles ont créé une fracture entre les Français, entre ceux qui en bénéficient et ceux qui, commerçants, agriculteurs, professions libérales¿les paient par leurs 50 ou 60 heures de travail hebdomadaires.

Voilà pourquoi je m'engage à libérer le travail, à favoriser le temps choisi par la voie contractuelle et à supprimer le carcan des 35 heures obligatoires.


Le contrat d'une nouvelle France c'est aussi le contrat d'une nouvelle fiscalité.

Parce que la nouvelle croissance a besoin d'une fiscalité de progrès, parce que la réforme fiscale est depuis longtemps à l'ordre du jour de tous les pays autour de nous, parce que nous avons le record de la confiscation fiscale, nous devons baisser nos impôts, tous nos impôts dans une réforme fiscale d'ensemble. C'est un choix d'efficacité. C'est un choix de progrès. C'est aussi un choix de société.

Lorsque combinés, prélèvements sociaux et fiscaux atteignent plus de 70% pour les emplois les plus qualifiés on décourage l'effort et l'initiative.

De même, lorsque l'écart entre les revenus de l'assistance et les revenus du travail est trop faible, on décourage la reprise d'un emploi.

Je m'engage à mieux récompenser le travail, le mérite et l'effort.
Je m'engage à alléger, simplifier l'impôt sur le revenu, en y intégrant la CSG qui deviendra ainsi une première tranche proportionnelle de l'impôt sur le revenu payée par tous les Français ; en pratiquant enfin la retenue de l'impôt à la source (directement sur la feuille de paie), en ramenant les tranches au nombre de trois, et le taux maximum à 33 %
parce que je crois aussi qu'il est juste de permettre d'épargner et de transmettre à ses enfants le fruit du travail de toute une vie,
je m'engage à supprimer l'impôt sur les successions pour les petits et moyens patrimoines qui sont ceux de l'immense majorité des Français.
Je m'engage à favoriser l'épargne, à remettre à plat cette cascade d'impôts et de charges qui, avec notre impôt sur la fortune plus symbolique qu'efficace, pénalise l'épargne des Français au risque de la voir fuir ailleurs.
Oui, dans tous les domaines la nouvelle France doit avoir une fiscalité compétitive avec ses partenaires pour stimuler l'initiative, le travail, l'esprit d'entreprise, l'épargne, l'investissement et l'emploi.
La nouvelle France c'est celle qui refuse l'assistanat généralisé et qui encourage l'activité
parce que nos compatriotes en difficulté ont besoin que s'exerce la solidarité nationale,

parce que notre système d'Etat providence, avec son maquis d'aides sociales et d'exonérations, est devenu au fil des ans illisible, injuste et imprévisible.

Parce que trop souvent ce système conduit à enfermer des familles entières dans l'assistance et dans la dépendance, au risque de déstructurer ces familles.

Voilà pourquoi je m'engage à simplifier, clarifier notre système d'aides sociales et à instituer un revenu de solidarité de base en fonction de la composition du foyer familial qui a vocation à se substituer de façon plus simple, plus claire, plus équitable à nos minima sociaux.

Parce je veux donner de vraies chances à celles et ceux qui sont enfermés dans l'assistance de retrouver le lien social par le travail.

Je m'engage, aussi, chaque fois qu'on le peut, à transformer ce revenu de base en revenu d'activité autour de tâches d'utilité sociale mises en oeuvre par les collectivités locales.


Je m'engage à rendre plus attractif le retour à l'emploi en instituant un revenu familial garanti permettant par une allocation dégressive de compléter la feuille de paie jusqu'à un certain seuil en cas de reprise d'activité.

Ce contrat c'est aussi un contrat pour favoriser l'accession à la propriété de tous les Français.

Parce que je souhaite que la prospérité de la France soit une prospérité partagée par tous, je souhaite que les Français soient toujours plus nombreux à avoir accès à la propriété de leur logement et à la propriété des entreprises.

Parce que la propriété d'une maison reste le rêve de chaque Français,

parce qu'elle facilite l'enracinement, l'intégration, et constitue un capital de sécurité dans la vie,

parce qu'en Europe nous sommes à la fois le peuple qui aspire le plus à la propriété de son logement, à la maison individuelle et celui qui a poussé le plus loin cet urbanisme collectif, inhumain et ségrégatif, et celui qui reste bon dernier quant à l'accession à la propriété.

Je me fixe un objectif : que deux Français sur trois deviennent propriétaires de leur logement.

Pour cela, je m'engage à réformer profondément ce qu'on appelle "le logement social", pour en offrir très largement la propriété à ceux qui occupent ces logements sociaux et qui souvent les ont payés depuis longtemps par leurs loyers.


Je m'engage à favoriser la mobilité du marché immobilier. A abolir toutes ces barrières et ces cloisonnements pour qu'on puisse, acheter, vendre, revendre et transmettre sans être taxé, surtaxé et découragé, sa résidence principale ou sa résidence secondaire.

Je m'engage à faire bénéficier les Français d'un marché moderne des prêts immobiliers, qui comme dans d'autres pays permettra d'allonger les prêts, réduire les remboursements, faciliter la mobilité, et à permettre de déduire les intérêts de ces prêts du revenu imposable.

Je m'engage à libérer la construction, l'aménagement de logements bon marché par les propriétaires privés pour prendre le relais d'un logement social à bout de souffle et trop souvent ségrégatif.

La nouvelle France c'est pour moi une France de Français propriétaires, propriétaires de leur logement, propriétaire des entreprises aussi.

C'est pourquoi je m'engage à développer l'actionnariat populaire et à créer, enfin, des fonds de pension, comme l'ont fait d'autres pays autour de nous, et comme nous aurions dû le faire depuis longtemps pour tous les Français.

Je m'engage aussi, parce que le défi des retraites est maintenant là, devant nous, et que rien n'a été fait, à instituer un système de retraites par point, à la carte, à faciliter l'allongement progressif de la durée des cotisations comme l'ont fait tous nos partenaires européens, et rapprocher enfin dans un souci d'équité les pensions du public des retraites du privé.

Je demanderai aux partenaires sociaux de mieux intégrer le travail des seniors dans l'entreprise et d'organiser un marché du travail spécifique en échange d'un redéploiement des services de l'emploi.

Parce que le couperet de la retraite, la multiplication des préretraites qui ont entraîné une dévalorisation injustifiée de nombreux salariés et de cadres âgés constituent à mes yeux une grave perte de savoir et de savoir-faire pour notre pays.


S'il faut sécuriser nos retraites il faut aussi sécuriser notre système de santé.

Parce qu'en matière de santé, la réforme de 1995 a conduit à une étatisation rampante aggravée par les gouvernements socialistes,

parce que les systèmes étatisés ont partout échoué, et que si l'on a pu jusqu'à présent épargner aux Français le rationnement des soins, cela s'est fait grâce à l'esprit de responsabilité de tous les professionnels de santé, mais cela s'est fait aussi au détriment de leurs revenus, des infirmières aux médecins¿.

je m'engage à rompre avec un système où l'Etat a mis la main sur tous les leviers de gestion de l'assurance maladie et prend toutes les décisions clés,

je m'engage à réformer notre système d'assurance maladie en permettant l'autonomie des caisses, le retour à un vrai paritarisme débarrassé de l'hyper tutelle de l'Etat.

Ainsi, les caisses, devenues autonomes et responsables, auront la liberté de négocier les prestations dans les meilleures conditions, avec les professionnels de santé, les médecins, les hôpitaux et les cliniques qui tous seront ainsi intéressés à une meilleure gestion de notre assurance maladie.

Les mutuelles et les assurances complémentaires auront la possibilité d'offrir les mêmes services ou de les améliorer au travers de délégations de gestion, dans le respect des règles nationales de solidarité.

Et, dans ce cadre, les Français pourront choisir librement leur caisse d'assurance.


Et tout ceci ne serait rien mes amis si la première des libertés, la première des sécurités, celle de vivre en paix n'est pas assurée.

Parce qu'aujourd'hui l'Etat et la Justice sont incapables de faire respecter la loi,

parce que la première fonction du Président de la République et le premier des devoirs de l'Etat c'est d'assurer la sécurité des personnes et des biens.

Parce que "les voyous auront peur de la police quand ils auront peur de la Justice".

et parce que la Justice aujourd'hui est embouteillée,

parce qu'un tiers des peines d'emprisonnement ne sont pas exécutées,

parce que les magistrats n'ont pas les moyens de placer les mineurs délinquants dans des centres spécialisés qui n'existent pas,

parce que trop de plaintes sont classées sans suite et les victimes sont découragées de porter plainte,

parce que le vocabulaire socialiste lui-même porte la trace de cette dévaluation de la justice : les délits sont appelés aujourd'hui "incivilités" et les quartiers de non droit pudiquement baptisés "quartiers de moindre droit", et les vrais voyous sont gentiment qualifiés de "sauvageons".

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : en dix ans, les indicateurs de la délinquance ont été multipliés par deux. Dans le même temps le nombre de places dans les prisons est resté stable. Ce qui signifie qu'en 10 ans, le risque d'être condamné a été divisé par deux, ce qui contribue à nourrir l'augmentation de la délinquance.

Parce que la police est trop souvent démoralisée, découragée ; pourquoi arrêter aujourd'hui le petit délinquant qui a été arrêté hier et relâché ce matin ?

parce que s'il est vrai que le gouvernement socialiste a quelque peu augmenté le nombre de magistrats et créé de fragiles adjoints de sécurité, il a dans le même temps fait voter une loi sur la présomption d'innocence qui est venue compliquer considérablement le travail de la police et de la Justice, à un moment où au surplus on tente d'y appliquer les 35 heures.

Parce que oui, je le répète, l'Etat ne fait pas son métier quand le total du budget de la police et de la justice est inférieur aux sommes que le budget de l'Etat consacre au seul trou de la SNCF,

parce qu'il n'y aura pas de retour à la sécurité sans un immense effort en faveur de la Justice,

je m'engage devant vous une fois encore à mettre en oeuvre un véritable plan ORSEC pour la sécurité et la justice de 2 milliards d'Euros (10% de la facture des 35 heures !),

Pour créer d'urgence de nombreux établissements spécialisés adaptés pour accueillir les mineurs délinquants en définissant une nouvelle politique pénale en direction des mineurs,

Pour construire de nouvelles prisons, augmenter le nombre de places à la mesure de la délinquance et de la criminalité, et bien sûr humaniser les conditions de détention,

Pour donner à la police les moyens de s'attaquer en priorité au noyau dur de la délinquance dans les quartiers et les cités et démanteler les réseaux de trafiquants,

Pour alléger le droit pénal chaque fois qu'on le peut, et réformer les procédures pénales afin de faciliter le travail de la justice et de la police, au lieu de la compliquer, comme l'ont fait les socialistes,

je m'engage aussi à réorganiser, redéployer police, gendarmerie et forces mobiles pour faire en sorte que les policiers soient en face de la délinquance, dans les zones de délinquance, aux heures de la délinquance.

Je m'engage aussi à tout faire pour que les forces de l'ordre soient respectées dans leurs missions et que les auteurs d'outrages, de menaces, d'agressions contre les policiers ou leurs familles soient immédiatement déférés et sanctionnés fortement.

De même que doivent être fortement sanctionnés tous les actes de corruption politique et de trafic d'influence. Car un ordre social n'est respecté que s'il est respectable et que si l'on a le sentiment d'une vraie égalité devant la loi.

Mes chers amis,

Si j'entends ainsi être très ferme face à la violence et à la délinquance, j'entends aussi être très énergique pour réintégrer dans notre France cette part de la jeunesse de nos quartiers, de nos cités, qui fait aujourd'hui France à part.

Car c'est cette part de la France qui est le miroir grossissant de nos échecs : un urbanisme inhumain conçu par des architectes collectivistes, des politiques dirigistes qui ont fabriqué le chômage, des politiques sociales qui ont enfermé tant de famille dans l'assistance, l'aveuglement d'une immigration mal contrôlée, la faillite de notre éducation standardisée et de notre collège unique, la remise en cause de toutes les formes d'autorité sans que l'on ait su y substituer la responsabilité.

Ainsi, on a fabriqué des ghettos, des cités dortoirs, des cités de pauvres, réservées aux plus pauvres, où l'on a parqué les travailleurs immigrés, où leurs enfants ont grandi dans l'indifférence.

Je porte l'exigence d'une France qui donne à chacun sa chance et l'on ne peut accepter une situation où une part trop grande de notre jeunesse nourrit une haine contre notre société car elle pense que celle-ci ne lui a jamais donné sa chance.

Ceci n'excuse rien, bien sûr, mais ceci nous donne un devoir, réparer cette déchirure de la société française, j'en fais un engagement et ma priorité.

Et quand je combats l'assistanat, quand je m'engage pour la sécurité, pour l'école, pour l'emploi, pour la famille, pour la société civile et les associations, le logement, je pense à celles et ceux qui souffrent dans ces quartiers, à cette partie de la jeunesse que je ne veux pas laisser sans chances, sans avenir, sans espoir, assignée à résidence et livrée en otage aux bandes des cités.

Cette France à part, je veux qu'elle devienne une part de l'avenir de la France.
La nouvelle France a besoin d'un nouvel Etat.

Parce que l'Etat est en crise, parce que les institutions de la Vème république sont moribondes, étouffées par la centralisation jacobine, l'affairisme, la cohabitation, la dissolution, et la colonisation de la vie politique par la haute administration,

La nouvelle France a besoin que l'on repense le rôle du Président, du gouvernement, du parlement et des lois, dans le souci d'une meilleure séparation et d'un meilleur équilibre des pouvoirs.

C'est pourquoi je m'engage en faveur d'un régime présidentiel équilibré à la française.

C'est à dire :

Un président qui préside, avec, à ses côtés un premier ministre, le premier des ministres, respectueux des orientations du président, assurant la nécessaire unité du pouvoir exécutif,

Un gouvernement qui gouverne et qui collabore avec le parlement pour l'élaboration de la loi. Un parlement qui légifère moins et mieux et qui contrôle davantage,

Un pouvoir judiciaire indépendant et impartial, des régions et des collectivités locales responsables, un droit plus clair et plus léger qui laisse une plus large part au contrat.


Parce que je crois qu'il est temps de donner enfin de vrais pouvoirs aux régions, à toutes les régions,

je m'engage à mettre en oeuvre, dès le mois de juin prochain, une réforme constitutionnelle et institutionnelle permettant de donner vie à de vrais gouvernements régionaux, au profit de toutes nos régions et au bénéfice aussi de nos départements et territoires d'outre-mer.

Comment ?

En inscrivant le principe de subsidiarité dans la constitution,

En assurant l'autonomie fiscale par une redistribution de la Taxe Intérieure sur les Produits Pétroliers et d'une part de la TVA,

En donnant aux régions des compétences nouvelles dans le domaine de l'urbanisme, du logement, de l'aménagement du territoire, de l'environnement, de la culture, de l'éducation, de la sécurité, du transport, de la santé, de l'action sociale, de l'infrastructure, de l'agriculture, du développement économique...

En leur délégant, dans le cadre des lois nationales, un vrai pouvoir normatif,

en permettant aussi aux collectivités locales - Pays, communautés de communes, départements - de s'organiser librement entre elles, dans le cadre régional.

N'en déplaise aux craintifs et aux frileux, faire des régions fortes ce n'est pas défaire la France, car une France forte a besoin de régions fortes.


Je m'engage aussi à alléger le droit et la réglementation au profit d'un droit plus simple et plus clair.

Il y a dans cet engagement le choix fort d'un Etat moins envahissant et d'un citoyen plus responsable.

Je veux redonner toute sa force à l'article 34 de la Constitution.

C'est celui qui nous dit que le rôle de la loi c'est et c'est seulement de "fixer des règles" ou "des principes fondamentaux". Nous nous en sommes bien éloignés.

Oui je veux rendre aux lois le caractère de règles générales qu'elles n'auraient pas dû quitter et ainsi ouvrir de larges espaces au contrat, pour les citoyens, pour les partenaires sociaux ou au profit d'une adaptation réglementaire déléguée aux collectivités locales. Ceci fera partie de la première réforme institutionnelle que je propose aux Français.

Oui, chaque fois qu'on le peut, le contrat plutôt que la loi.

C'est pourquoi je m'engage à mettre en place une commission de recodification pour dégager dans le maquis de nos lois et de nos règlements un droit plus simple et plus clair.

Je m'engage à faire voter chaque année une loi de simplification administrative ouverte à l'initiative des parlementaires et aux suggestions des contribuables et des citoyens pour alléger les contraintes qui pèsent sur les Français.

Je m'engage aussi à renforcer le rôle du Conseil constitutionnel en permettant aux citoyens de saisir directement le Conseil constitutionnel.

Moins de lois, moins de règlements, plus de contrat, voilà qui nous permettra aussi d'alléger le travail de l'Etat.

Et parce que la réforme de l'Etat est nécessaire, je m'engage à évaluer l'action publique, à réorganiser les administrations, en leur donnant plus d'autonomie et de responsabilité, en intéressant les services aux économies réalisées, en développant l'intéressement et la participation des fonctionnaires à la réforme de l'Etat.

Beaucoup d'activités, traditionnellement exercées par l'Etat, devront l'être sous forme d'agences autonomes ou sous forme de concessions de services publics.

Nous devons recruter chaque année moins de fonctionnaires qu'il n'en part à la retraite et ainsi diminuer à la mesure de la modernisation de l'Etat, le nombre de fonctionnaires, comme l'ont fait bien d'autres pays pourtant moins étatisés que nous.

Au sein de la fonction publique, nous devons assurer une plus grande mobilité et favoriser le redéploiement des effectifs en fonction des vrais besoins.


Je m'engage aussi à une meilleure gestion du patrimoine de l'Etat et à favoriser sa privatisation au profit de tous les Français.

Je m'engage à réglementer le droit de grève dans les services publics pour assurer la continuité des services essentiels.

Pour réaliser l'Euro nous avons su réduire chaque année nos déficits de 1%, il nous faut maintenant réduire nos prélèvements publics au même rythme. C'est pourquoi je m'engage, par la réforme de l'Etat, à réduire la part des prélèvements publics dans la richesse produite de 5% en 5 ans. C'est le gage d'une vraie diminution des impôts.


La nouvelle France a besoin d'une nouvelle Ecole.

Parce qu'il n'y a pas de plus grande priorité que l'Education aujourd'hui et pas de meilleur investissement,

parce que la révolution scolaire est en marche partout autour de nous et que partout on libère l'école, on utilise toutes les ressources des nouvelles technologies pour de nouvelles pédagogies.

Partout on refuse la standardisation pour mieux adapter l'école aux enfants.

Parce que, pas plus que vous, je n'accepte l'école de l'échec ou l'école de la violence.

Parce que je veux que l'on réforme avec audace, que l'on sache fermer un mauvais établissement, se séparer des mauvais enseignants, et mieux récompenser les meilleurs.

Voilà pourquoi je m'engage à développer l'évaluation des établissements, des professeurs et des élèves.

Je m'engage à donner aux enseignants, aux chefs d'établissements et aux parents les moyens de faire une nouvelle école en leur offrant un vrai statut d'autonomie.

Autonomie pour pouvoir innover, réaménager l'organisation scolaire, dans la journée la semaine ou l'année, recruter plus librement les enseignants, s'ouvrir sur l'extérieur, adapter l'école aux réalités locales.

Tous les établissements qui le souhaitent, publics ou privés, pourront opter pour ce statut d'autonomie, garanti par un financement proportionnel au nombre d'élèves accueillis.

Et je m'engage bien sûr à donner aux parents la liberté de choisir l'école de leurs enfants.

Je m'engage à développer l'enseignement artistique et le sport dans l'école mais aussi en dehors de l'école grâce à un chèque éducation artistique ou un chèque éducation multisports comme mon ami Charles Millon en a donné l'exemple.

Je m'engage à donner à nos universités un véritable statut d'autonomie et d'indépendance à l'instar de ce qui se fait partout dans le monde.

Je m'engage à favoriser une plus forte participation des entreprises dans la formation professionnelle,

je m'engage à mettre en place avec les entreprises, pour assurer l'égalité des chances, notamment pour ceux qui quittent plus tôt le système éducatif, un capital formation dont ils pourront disposer tout au long de leur vie.


La nouvelle France a besoin d'une société civile vivante.

La nouvelle France, la France que j'imagine aux couleurs de la vie, est une France qui donne à chacun la possibilité de s'épanouir au sein de multiples communautés, à commencer par les familles, les associations volontaires, une France qui permet l'expression des solidarités naturelles, locales, culturelles ou professionnelles.

Voilà pourquoi je crois au rôle des familles, au rôle des communautés, au rôle des associations, au rôle des Eglises.

Car c'est bien la société civile qui porte les règles de civilité sans lesquelles il ne saurait y avoir de société.

La famille, d'abord, car quelles qu'en soient les formes aujourd'hui, elle reste le cadre naturel d'un bonheur auquel tous aspirent, la première école d'apprentissage de la liberté et de la responsabilité.

Aussi, je m'engage à remettre à plat la politique familiale par une grande loi d'orientation pour simplifier, clarifier le régime des prestations familiales et éliminer les obstacles qui, dans diverses législations, tendent à pénaliser, déresponsabiliser ou émietter les familles.

Cette nouvelle France, plus civile, elle est faite aussi d'associations et de fondations dynamiques, capables de prendre le relais de l'Etat et de prendre en charge avec plus de coeur, plus de chaleur et d'efficacité les actions d'intérêt général pour aider les plus pauvres, pour développer l'action humanitaire, pour défendre l'environnement, favoriser l'insertion des handicapés, pour encourager l'éducation et la culture, pour exprimer une passion sportive ou artistique, soutenir des musées, des orchestres, des hôpitaux, des écoles, des universités.

C'est pourquoi je m'engage à laisser aux Français une part de leur impôt sur le revenu ou sur leur succession pour qu'ils l'affectent librement aux associations ou aux fondations de leur choix.

Et pour cela, je propose d'élargir considérablement la reconnaissance d'utilité publique, de donner à nos associations et à nos fondations la clause de la fiscalité la plus favorisée en Europe et de permettre en plus à chaque citoyen de déduire de son impôt la somme de 100 Euros. 100 Euros citoyens librement affectés par les Français à l'association de leur coeur

Car au recul de l'Etat doit correspondre une avancée de la société civile.

Face à tous les pouvoirs, ceux de l'Etat, de l'administration, ceux des grandes entreprises, face à ces nouveaux pouvoirs du nouveau monde qui inquiète souvent, la société civile oppose des contre-pouvoirs, le contre-pouvoir des citoyens, le contre-pouvoir des consommateurs, le contre-pouvoir des contribuables, le contre-pouvoir des usagers, le contre-pouvoir des défenseurs de l'environnement.

Je m'engage à ce que ces contre-pouvoirs puissent s'exercer plus facilement, plus librement dans notre démocratie, et à donner plus souvent la parole aux citoyens, en favorisant les référendums nationaux ou locaux d'initiative populaire.

Enfin, permettez-moi d'ajouter que je souhaite que la société civile participe davantage à la vie publique.

Et pour aérer et oxygéner la vie politique française je m'engage à mettre fin aux privilèges de l'engagement politique des fonctionnaires.

* *


Enfin, mes amis, cette nouvelle France, elle ne doit pas avoir peur du nouveau monde.

Il y a peu de pays qui peuvent prétendre modeler le nouveau monde. La France peut et doit être de ceux-là.

Ce n'est pas le cas lorsque la France est si longtemps aveugle et sourde au drame de l'Afghanistan, lorsqu'elle est si loin des peuples et si proche des dictatures en Afrique, lorsqu'elle est si brouillonne à Nice pour construire l'Europe.

La nouvelle France pour moi c'est celle qui est à l'avant-garde du combat pour la liberté et les droits de l'homme, comme le sont souvent nos organisations humanitaires.

Voilà pourquoi je m'engage à mettre fin aux complaisances que nous entretenons trop facilement avec un certain nombre de dictatures de par le monde pour construire l'alliance forte de toutes les démocraties, fonder un nouvel ordre international et revoir notre concept de sécurité et de défense.


Voilà pourquoi je m'engage avec ardeur dans la construction européenne.

Ce qui est à l'ordre du jour aujourd'hui ce n'est pas l'élargissement de l'Europe, mais la réunification de l'Europe.

A la dimension économique s'ajoute aujourd'hui plus que jamais une dimension historique, culturelle, politique.

L'Europe de tous les Européens, voilà notre priorité.

Et comme nous savons que nous ne pourrons pas faire rentrer la grande Europe dans les institutions de la petite Europe, il nous faut réinventer ces institutions non pas dans le sens d'un super Etat européen mais dans un sens plus fédéral, c'est-à-dire plus protecteur de la diversité des nations et des peuples qui composent l'Europe ; et permettant une meilleure expression de l'Europe, plus démocratique et plus claire, dans les missions qui sont les siennes.

Voilà l'enjeu de la Convention sur l'avenir de l'Europe que va présider Valéry Giscard d'Estaing.


Mes amis, dans le nouveau monde qui se construit, la nouvelle France c'est aussi la France solidaire et partenaire du développement des pays les plus pauvres.

Parce que je sais qu'aider le développement c'est aider les hommes et les femmes à se libérer, je m'engage à soutenir l'initiative africaine de développement portée par les démocrates africains, mes amis, pour sortir de la pauvreté.

Comme le disait un de ces amis africains "ce n'est pas la grandeur de la France d'entretenir la corruption, d'organiser la fraude électorale et de soutenir la dictature, ce qui en fait sa grandeur c'est la vérité, la justice et l'humanité".

Conclusion :

Voilà mes amis le contrat que je propose aux Françaises et aux Français.

Il constitue à l'évidence une franche alternative à la politique socialiste. Il s'inscrit aussi clairement en rupture avec toutes les politiques social-démocrates ou social-technocratiques menées jadis par une certaine droite.

Au rendez-vous de 2002, ce contrat représente le choix réformateur.

C'est le contrat d'une nouvelle France qui vit avec son temps.

C'est un contrat de confiance, celui du respect des engagements pris devant les Français.

C'est un contrat d'espoir pour tous les Français,

L'espoir de la France entreprenante, l'espoir de ceux qui portent le nouveau rêve français, qui aspirent à plus de liberté et plus de responsabilité pour se réaliser eux-mêmes,

L'espoir populaire des Français modestes qui travaillent durs, de ces parents courageux qui veulent élever leurs enfants et leur offrir une vie meilleure,

L'espoir aussi de celles et ceux qui se sentent abandonnés par la France et à qui nous devons donner une chance, une chance de trouver la place qui doit être la leur en France.

Ce contrat c'est aussi le contrat d'avenir d'une jeunesse impatiente, une jeunesse que l'on ne flatte pas mais qui attend qu'on lui tienne un langage responsable pour faire appel au meilleur d'elle-même.

Oui, à l'heure du nouveau monde, à l'heure de la nouvelle Europe, à l'heure des nouvelles régions, cette jeunesse attend aussi une nouvelle France, une France de la diversité, une France plus vivante que jamais, une France plurielle aux couleurs de la vie, une France qui donne à chacun sa chance.

La France que j'aime, la France que vous aimez, la France que nous allons faire aimer ensemble.


(Source http://www.alainmadelin.com, le 28 janvier 2001)

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