Déclaration de M. Roger-Gérard Schwartzenberg, ministre de la recherche, sur l'histoire du Centre nationale d'études spatiales, ses projets dans les domaines des satellites de télécommunications et d'observation, Paris le 18 décembre 2001. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Déclaration de M. Roger-Gérard Schwartzenberg, ministre de la recherche, sur l'histoire du Centre nationale d'études spatiales, ses projets dans les domaines des satellites de télécommunications et d'observation, Paris le 18 décembre 2001.

Personnalité, fonction : SCHWARTZENBERG Roger-gerard.

FRANCE. Ministre de la recherche

Circonstances : Quarantième anniversiare du Centre national d'études spatiales à Paris le 18 décembre 2001

ti :
1961-2001 : voici donc le CNES tout juste quadragénaire. 40 ans, c'est le temps de la maturité et de l'accomplissement. Et c'est aussi le temps des nouveaux succès et des nouvelles conquêtes.

Pour tout ce qui a déjà été réalisé pendant ces quarante ans, je veux d'abord vous exprimer mes sentiments d'estime et de reconnaissance.

Ma reconnaissance va d'abord à tous ceux qui, durant quarante ans, ont dirigé le CNES, aujourd'hui animé par Alain BENSOUSSAN et Gérard BRACHET.

Dans la longue liste de ceux qui ont dirigé le CNES, je voudrais citer en particulier deux noms. D'abord, celui du Général AUBINIERE, qui en fut le premier directeur général et qui nous a malheureusement quittés il y a quelques jours. Ensuite, celui d'Hubert CURIEN, qui, lui aussi, a dirigé cet établissement, avant d'être ministre de la Recherche et de la Technologie.

Par delà ses dirigeants, ma reconnaissance va aussi à l'ensemble des agents du CNES, qui ont appartenu ou appartiennent aux Centres de Paris, Brétigny puis Toulouse, Evry et Kourou. Je tiens ici à leur rendre un chaleureux hommage.

L'HISTOIRE DU CNES

L'histoire du CNES a connu beaucoup de succès, souvent, et aussi quelques déconvenues, parfois. Car l'espace reste encore une aventure, avec ses aléas et ses incertitudes

Cette histoire, je ne peux ici en retracer toutes les étapes. J'ai donc choisi de m'arrêter sur trois événements, qui illustrent l'esprit du CNES et l'action conduite par celui-ci depuis quatre décennies.

Le lancement d'EOLE (1971)

La première date, c'est celle du lancement du satellite EOLE, le 17 août 1971, par un lanceur américain SCOUT depuis la base de WALLOPS-ISLAND en Virginie.

EOLE, qui est dédié à la météorologie, est le premier satellite d'application réalisé par le CNES. Il est l'ancêtre des satellites de météorologie et d'observation du climat et de l'environnement, dont le dernier JASON, vient d'être lancé le 7 décembre dernier.

Cette expérimentation illustre, d'abord, la capacité du CNES à gérer, dès l'origine, un programme complexe mettant en oeuvre des satellites, des ballons et des nacelles et à coordonner des intervenants divers. Cela suppose une organisation sans faille et une grande rigueur dans la gestion des projets, qui ne s'est jamais démentie.

Elle témoigne ensuite de la capacité du CNES à réaliser des ,programmes en coopération. Sous l'impulsion du Général AUBINIERE et du Professeur BLAMONT, le CNES a, dès le début, engagé une coopération fructueuse avec la NASA.

Celle-ci a accepté d'accueillir les ingénieurs du CNES au sein de ces centres, pour les former à des méthodes et technologies jusqu'alors inconnues en France.

Le premier véritable satellite du CNES, le satellite scientifique FR-1, mis en orbite quelques semaines après le lancement d'ASTERIX, a également été réalisé en coopération avec la NASA.

Ce partenariat s'est poursuivi au fil des années avec TOPEX-POSEIDON en 1992, avec JASON en 2001, avec la Station spatiale internationale bien sûr, et enfin avec l'exploration de Mars qui sera pour nous le grand programme scientifique de la décennie. Je tiens d'ailleurs à saluer Daniel GOLDIN, qui a accepté d'être présent parmi nous et qui a grandement oeuvré au renforcement des relations entre la NASA et le CNES. Je tiens à l'en remercier très vivement.

Enfin, EOLE illustre la volonté qu'a eue le CNES dès l'origine de mettre en avant les applications des technologies spatiales.

La France, avec le soutien de la Belgique et de l'Allemagne, a ainsi agi, dès 1969, pour convaincre ses partenaires de l'ESRO de réorienter la coopération européenne vers les programmes d'application.

Il faudra plus de deux ans et la menace de la France de se retirer de l'organisation pour qu'un accord soit trouvé le 20 décembre 1971 sur l'engagement de trois projets : pour les télécommunications, pour le contrôle du trafic aérien et pour la météorologie.

J'espère que nous mettrons moins de temps pour convaincre nos partenaires de lancer définitivement la phase de développement de Galiléo.

La création d'ARIANESPACE (1980)

La seconde date sur laquelle je propose de nous arrêter, c'est celle de la création d'ARIANESPACE, le 26 mars 1980. En effet, quelques semaines seulement après la réussite du premier lancement d'Ariane, le 24 décembre 1979, le CNES décide avec une dizaine d'industriels européens de créer cette société chargée de commercialiser le lanceur Ariane.

Pour mesurer l'acte de foi que représentait cette décision, il faut se rappeler qu'à cette époque, l'ouverture du marché était incertaine, tout comme la qualification du lanceur Ariane qui succédait au très imparfait lanceur EUROPA.

On dit souvent que la chance favorise les audacieux. Cette formule est ici particulièrement adaptée. Il faut rendre hommage à MM. CURIEN, BILLARD et d'ALLEST ainsi qu'à leur ministre de tutelle, André GIRAUD, qui ont su prendre une telle décision, en pariant sur la croissance du marché des lanceurs.

Cette volonté de développement commercial et de transfert à l'industrie ou aux utilisateurs pour les phases de production et d'exploitation est un axe fort de l'action du CNES. On la retrouve dans d'autres domaines avec, par exemple, la création de SPOT IMAGE pour l'observation de la Terre, ou de CLS pour la localisation. Ces initiatives ont connu des succès divers et certaines ont connu des échecs.

Cette voie est cependant la seule qui permette de faire assurer par d'autres que le CNES le financement des différentes filières d'activités spatiales au-delà de leur phase de développement, et de permettre ainsi d'explorer de nouvelles voies dans le cadre des programmes exploratoires du CNES.

Ariane est avec AIRBUS un des symboles de la réussite de l'Europe et de sa capacité à rivaliser avec les meilleurs quand elle unit ses efforts et ses ressources. La France a choisi rapidement de privilégier une solution européenne plutôt que nationale pour le développement d'un lanceur. Sans ce choix, nous n'en serions pas là aujourd'hui.

Le succès d'Ariane repose également sur l'excellence de deux centres techniques du CNES :

- le Centre d'Evry qui a été le véritable chef d'orchestre de ce programme ;

- et le Centre spatial guyanais, port spatial de l'Europe, qui est une des meilleures bases de lancement au monde, par la qualité de son site et par la compétence et le professionnalisme de ses équipes.

Hélios 1995

La dernière date sur laquelle je, vous propose de revenir est celle du lancement d'HELIOS le 7 juillet 1995. HELIOS est le premier satellite militaire d'observation de la Terre européen. C'est un des satellites les plus complexe réalisés par le CNES et l'industrie française. En. seulement deux générations de satellites d'imagerie optique, la France entrait ainsi avec l'Italie et l'Espagne dans le cercle très fermé des pays ayant accès à l'imagerie satellitaire à haute résolution.

Quand on sait combien de satellites ont été lancés par les Russes et les Américains pour parvenir à de telles performances, on mesure pleinement la performance qu'ont réalisée nos ingénieurs en passant directement de SPOT à HELIOS.

Ce projet illustre les compétences remarquables du Centre de Toulouse du CNES, qui a imaginé les solutions novatrices, permettant d'accéder à de telles performances, et qui a su maîtriser les risques de ce projet en respectant, comme c'est d'ailleurs très souvent le cas, l'enveloppe financière prévue.

Le Centre de Toulouse est un atout incontestable pour la France et pour l'Europe. On a parfois tendance à opposer le Centre spatial toulousain au Centre technique de PESA, situé aux Pays-Bas, l'ESTEC, qui a également à son actif de nombreuses réussites comme le satellite scientifique XMM. Le fait de disposer de deux centres de ce niveau est au contraire, une chance pour l'Europe spatiale. Dans l'intérêt mutuel de PESA et du CNES, nous devons renforcer les coopérations et synergies entre ces établissements.

HELIOS incarne aussi l'intérêt de l'outil spatial au plan stratégique. La multiplication des crises régionales, se situant parfois directement à la périphérie de l'Union européenne, renforce le besoin européen d'une information fiable et indépendante. La France a été la première, avec l'Italie et l'Espagne, à se doter d'une telle capacité. D'autres pays souhaitent aujourd'hui soit rejoindre ces programmes en cours, soit développer leurs propres capacités.

Progressivement, la Politique extérieure et de sécurité commune se met en place. Bien sûr, nous sommes encore loin des Etats-Unis qui ont complètement intégré l'outil spatial à leur système de commandement et de projection des forces. Cependant, ce secteur fera de plus en plus appel aux techniques spatiales : nos agences, et en particulier PESA, doivent donc se préparer à répondre à ces besoins émergents.

LE PRÉSENT ET L'AVENIR

Mais, bien sûr, nous ne sommes pas là pour évoquer seulement le passé. L'espace, c'est le présent, et c'est surtout le futur.

Au cours de la période à venir, le CNES doit contribuer à deux objectifs principaux : assurer l'innovation et le développement technologique, mettre les technologies spatiales au service de la société.

L'innovation et le développement technologique

D'abord, assurer l'innovation et le développement technologique, qui sont essentiels pour la compétitivité de notre industrie.

Le CNES joue un rôle capital pour développer en amont les technologies et permettre leur diffusion dans l'industrie. Ce qui est essentiel face aux Etats-Unis, dont l'effort public spatial représente cinq fois celui de l'Europe.

Cet effort doit évidemment être mené de manière coordonnée avec nos partenaires européens.

A cet égard, je me félicite du plein succès du Conseil ministériel de PESA tenu à Edimbourg, les 14 et 15 novembre derniers.

La France qui, avec le CNES, est le leader de l'Europe spatiale, y a obtenu des résultats extrêmement importants, en particulier pour la filière Ariane.

Comme nous le souhaitions très vivement, les trois programmes relatifs à ARIANE ont été adoptés : ARIANE 5 PLUS, ARTA (accompagnement technologique) et INFRA (infrastructures).

ARIANE 5 PLUS renforcera les performances technologiques du lanceur en portant son emport à 10 tonnes dès la mi-2002, puis à 12 tonnes en 2006, pour conserver l'avance technologique d'ARIANE 5 par rapport à la concurrence des lanceurs américains.

INFRA permettra de corriger la disparité de concurrence existant actuellement entre le lanceur ARIANE qui doit assurer des charges importantes pour l'utilisation du Centre Spatial Guyanais à Kourou (CSG), et les lanceurs américains, qui disposent presque gratuitement des bases militaires américaines.

En particulier, j'ai convaincu ma collègue allemande de consacrer 278 millions d'euros à ces trois programmes relatifs à ARIANE, soit 1 milliard de francs de plus que ce qui était envisagé initialement par l'Allemagne.

De plus, le Conseil de PESA a adopté la résolution sur le renouvellement du financement du Centre Spatial Guyanais pour la période 2002-2006.

Au total, PESA a donc décidé de consacrer 2,1 milliards d'euros à la filière ARIANE (3 programmes + CSG).

Beaucoup des satellites lancés par Ariane servent à améliorer la vie quotidienne de nos concitoyens. Et l'on trouve là le second objectif dont je parlais tout à l'heure : mettre les technologies spatiales au service de la société.

Mettre les technologies spatiales au service de la société

Le développement des applications de l'espace est, en effet, un objectif majeur, qui inspire d'ailleurs le CNES depuis son origine.

Il importe aujourd'hui de donner un nouvel élan à cette préoccupation, en se fondant à la fois sur le développement de la " société de l'information " et sur l'intérêt croissant qui est légitimement porté à la protection de l'environnement.

Quarante ans après, la perception de l'espace a, en effet, beaucoup changé.

Naguère, la conquête spatiale était surtout un enjeu de suprématie pour les deux superpuissances. L'espace était alors le domaine de la projection verticale de leurs souverainetés.

Cette époque est révolue. D'abord, avec la Station spatiale internationale, l'espace est devenu un lieu de coopération entre les grandes nations pour faire progresser ensemble les connaissances scientifiques. Ensuite et surtout, les technologies spatiales sont mises désormais au service de tous et de la vie quotidienne, en rapprochant ciel et terre.

Galileo

Les satellites de télécommunications rendent des services très concrets à nos concitoyens.

Le Conseil de PESA a d'ailleurs décidé, conformément au souhait de la France, de consacrer près d'l milliard d'euros aux programmes ARTES de recherche et développement dans le domaine des télécommunications par satellites. Ceux-ci visent à permettre la préparation de nouvelles générations de satellites de télécommunications, pour lesquelles nos industriels, ASTRIUM et ALCATEL SPACE, ont obtenu en 2000 d'excellents résultats.

De même, il nous faut enfin avancer sur les systèmes de positionnement et de datation par satellites. Comme le GPS américain aujourd'hui. Comme Galileo demain, qui constitue un enjeu stratégique et économique majeur pour l'Europe.

La phase de développement de GALILEO nécessite 1 milliard d'euros, ce coût devant être financé pour moitié par PESA et pour moitié par l'Union européenne.

Le Conseil de PESA, réuni à Édimbourg, a décidé d'y consacrer 547 millions d'euros, donnant ainsi un signal politique très fort. La voie était donc ouverte pour une décision positive du Conseil des Transports de l'Union européenne de décembre 2001 en faveur de ce projet stratégique pour l'Europe, dont l'Union européenne doit financer l'autre moitié.

Pourtant, malgré l'action de Jean-Claude Gayssot, le Conseil Transports de l'Union européenne, tenu le 7 décembre, a différé sa décision, en se fondant sur la nécessité de se donner le temps d'examiner le rapport Price Waterhouse Coopers.

Je regrette très vivement ce retard. En revanche, je me félicite des conclusions adoptées par le Conseil des chefs d'Etat et de gouvernement réuni à Laeken, les 14 et 15 décembre, qui comportent ce point :

" Le Conseil européen réaffirme qu'il attache une importance stratégique au projet Galileo et se félicite de la décision prise à Édimbourg par l'Agence spatiale européenne de le financer à concurrence de 550 millions d'euros. Le Conseil européen invite le Conseil à poursuivre ses travaux afin de pouvoir prendre une décision sur le financement de la phase de développement d'ici mars 2002, et d'arrêter un règlement d'ici juin 2002, en tenant compte du rapport d'audit Price Waterhouse Coppers. "

GMES

Par ailleurs, toujours pour ce même objectif - mettre les technologies spatiales au service de la société - les satellites d'observation jouent un rôle décisif pour la météorologie et la protection de l'environnement : prévision et donc prévention des catastrophes naturelles et des risques industriels, gestion des ressources naturelles comme l'eau, surveillance de l'effet de serre, de la déforestation, de la désertification, etc.

Le Conseil de PESA a décidé de consacrer 83 millions d'euros aux premières applications concrètes de l'initiative GMES (Global Monitoring for Environnent and Security), lancée sous Présidence française de l'Union européenne en novembre 2000.

GMES permettra de renforcer la surveillance par satellites et donc la protection de l'environnement.

JASON

Par ailleurs, le CNES et la NASA ont lancé le 7 décembre dernier le satellite d'observation des océans Jason-1.

Mieux connaître l'océan, c'est pouvoir mieux le protéger.

L'eau recouvre 7 % de la surface de notre planète. Les océans et les mers représentent plus de 700 fois la surface de la France.

Cette eau, sans cesse en mouvement, joue un rôle régulateur primordial : absorption et redistribution d'une grande partie de la chaleur due au rayonnement solaire et à l'effet de serre ; absorption du tiers du gaz carbonique d'origine anthropique. Mais aussi un rôle perturbateur (cyclones, raz-de-marée, etc.), avec, par exemple, les très grands dommages provoqués en 1997-1998 par le phénomène El Nino.

L'observation des océans est donc essentielle pour mieux comprendre et mieux prévoir les changements climatiques en cours.

Mesurer par satellite la hauteur des océans à quelques centimètres près constitue une très grande réussite technologique. Avec naguère TOPER-POSEIDON, avec aujourd'hui JASON, le CNES et l'industrie spatiale française montrent une nouvelle fois l'excellence de notre technologie.

Les applications de l'océanographie concernent aussi plusieurs secteurs d'exploitation de la mer : la pêche, l'exploitation pétrolière, la météorologie marine et, bien sûr, la navigation. JASON, dont la masse et le coût ont été réduits d'un facteur 3 par rapport à son prédécesseur, Topex-Poseïdon, met ainsi l'Espace au service du plus grand nombre.

Les satellites scientifiques

Enfin, les satellites scientifiques, qui explorent le système solaire et les galaxies, éclairent sur les origines de l'univers et de la vie.

Le CNES apporte donc beaucoup aussi à la recherche fondamentale.

A cet égard, les expériences scientifiques réalisées à bord de la Station spatiale internationale peuvent apporter beaucoup d'informations nouvelles.

C'est pourquoi j'ai tenu à ce que des astronautes français obtiennent rapidement des opportunités de vol vers l'ISS. Grâce aux accords passés avec nos partenaires russes et américains, la France a gagné 4 ans sur le calendrier initialement prévu.

En octobre dernier, Claudie Haigneré a volé à bord d'un Soyouz vers l'ISS, pour la mission Andromède. Au printemps prochain, Philippe Perrin, astronaute du CNES, volera vers l'ISS à bord de la navette spatiale américaine.

Dans la conquête spatiale, j'entends que la France soit actrice et non pas simplement spectatrice.

LE CNES ET L'EUROPE

Avant de conclure, je souhaite revenir sur le positionnement du CNES vis-à-vis de l'Europe, vis-à-vis de l'Agence spatiale européenne et de l'Union européenne.

Depuis son origine, politique spatiale française est résolument européenne et ses plus grands succès ont été obtenus dans ce cadre. Des programmes de l'ampleur d'Ariane, de Météosat, de GMES et, demain, de Galiléo ne peuvent être conduits au seul niveau national.

L'Agence spatiale européenne, créée en 1973, est une des plus grandes réussites de la coopération scientifique et technologique européenne. Le succès du Conseil de PESA qui s'est tenu a Edimbourg le mois dernier montre clairement la volonté de ses Etats-membres de poursuivre et de renforcer leur action. Il montre aussi que nous partageons une vision commune des priorités à mettre en oeuvre.

Il faut cependant franchir aujourd'hui une étape supplémentaire dans la voie de la coordination des efforts spatiaux européens, en réalisant, également dans le domaine spatial, " l'espace européen de la recherche" promu par le Commissaire Philippe BUSQUIN.

L'initiative GMES de la Commission européenne pour la surveillance de l'environnement et la prévention des risques ne pourra prendre forme qu'en intégrant et en fédérant les données de projets aussi divers qu'ENVISAT, JASON, SPOT 5, INFOTERRA, TERRASAR et bien sûr ceux de la coopération franco-italienne sur les programmes PLEIADES et COSMO-SKYMED.

L'avenir du CNES et de PESA sont ainsi aujourd'hui intimement liés. D'une part, PESA a besoin du CNES qui est son premier contributeur et qui a toujours eu une forte capacité d'impulsion et d'initiative pour le développement d'une politique spatiale européenne ambitieuse. D'autre part, le CNES et l'industrie française ont besoin de la dimension européenne pour mettre en place des projets et des technologies de niveau mondial.

Ce qui a été réussi sur les programmes scientifiques de l'Agence dont les Etats-membres apportent les charges utiles, nous devons le réussir maintenant pour les programmes d'application, notamment dans le domaine de l'environnement.

L'Union européenne est aujourd'hui impliquée dans les deux grands projets européens spatiaux de la décennie : Galileo et GMES. L'échelon communautaire apparaît aujourd'hui particulièrement adapté pour mobiliser autour de tels programmes des utilisateurs au-delà du cadre habitue des acteurs du spatial. Il est cependant indispensable de permettre à PESA et aux agences nationales comme le CNES, d'agir pour le compte de l'Union européenne sur les programmes que celle-ci souhaite promouvoir, afin d'éviter une duplication par la Commission de capacités existantes.

De plus, PESA, ses Etats-membres et leurs agences nationales doivent rester une source le proposition et d'impulsion de la politique spatiale européenne, notamment en matière de développement de technologies.

Loin d'affaiblir PESA ou les agences nationales, l'implication de la Commission européenne dans le domaine spatial est un élément positif. Elle doit permettre de mieux intégrer l'outil spatial aux politiques communautaires dans les domaines de l'environnement, de l'agriculture, de l'information et de la communication.

Sous réserve bien sûr que nous conservions l'efficacité et la rapidité de décision que nous avons su conserver jusqu'à présent au sein de PESA. C'est un point auquel je veillerai personnellement, je peux vous l'assurer.

Il convient enfin de réfléchir aux moyens de doter la politique spatiale européenne du volet stratégique qui lui manque encore aujourd'hui et de préparer sa prise en compte à l'aide des compétences existantes dans les agences civiles, comme le CNES a pu le faire en France pour le compte du ministère de la défense.

Je souhaiterais pour conclure renouveler mes félicitations aux président et au directeur général du CNES, Alain BENSOUSSAN et Gérard BRACHET, ainsi qu'à tous les agents de votre établissement, pour l'action conduite par le CNES au service de l'Etat et de la collectivité au cours des quarante dernières années.

Je formule des voeux très chaleureux pour son avenir dont je ne doute pas qu'il sera brillant.

L'Europe a acquis, grâce à vous, une forte position scientifique et technologique. La France est le moteur de cette Europe spatiale. Elle l'est grâce au CNES, qui oeuvre avec succès aux objectifs fixés par le gouvernement.

Vous êtes, Mesdames et Messieurs, des acteurs du progrès au service de la collectivité nationale et de nos concitoyens, comme au service de l'Europe et des 350 millions d'Européens.

Avec ses 40 ans, le CNES est aujourd'hui dans la force de l'âme.

Pour la décennie à venir, je lui souhaite, je vous souhaite de nouveaux succès. Ce seront ceux de l'Europe et de la France.


(source : ministère de la recherche, le 22 novembre 2002)

Rechercher