Déclaration de M. Lionel Jospin, Premier ministre, en réponse à une question sur les statistiques de la criminalité et la délinquance pour 2001, à l'Assemblée nationale le 29 janvier 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Lionel Jospin, Premier ministre, en réponse à une question sur les statistiques de la criminalité et la délinquance pour 2001, à l'Assemblée nationale le 29 janvier 2002.

Personnalité, fonction : JOSPIN Lionel.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Réponse à une question de Christian Estrosi, député RPR, lors de la session des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale le 29 janvier 2002

ti : Monsieur le président,
Mesdames et Messieurs les députés,
Monsieur le député,


Le nombre des crimes et délits a augmenté fortement en 2001. Il a dépassé 4 millions d'infractions, ce qui est un chiffre légèrement supérieur au pic précédent qui datait de 1994, ce qui prouve que ces problèmes ne sont pas nouveaux.

Certes, monsieur Caresche et le ministre Pandraud ont montré le caractère sommaire et imparfait des statistiques de la délinquance, mais l'accroissement de la violence est forte, cela inquiète légitimement nos concitoyens, et cela est un motif de plus pour le Gouvernement pour agir.

La violence dans la société n'est à l'évidence pas le fait de l'Etat. Elle est dans la société mais elle est pour autant inacceptable. Elle est une priorité du Gouvernement et, en même temps, elle nous concerne tous : l'Etat, les collectivités, l'école, la famille, les parents faut-il le rappeler. Elle a des causes nombreuses, anciennes ou plus récentes : perte des repères de la morale civique, déficit de l'autorité parentale, insuffisance des relations entre les adultes et les jeunes, déstructurations sociales provoquées par des décennies de chômage. Mais ces explications qu'il faut donner, ne sont pas à mes yeux des justifications. Ceux qui commettent des actes délictueux en sont responsables et doivent donc être sanctionnés. Cette lutte contre l'insécurité est un défi pour notre société que nous devons relever tous ensemble.

Le Gouvernement combat résolument la délinquance. Les effectifs de police et de sécurité ont fortement augmenté depuis quatre ans et demi : 6 000 policiers supplémentaires, 20 000 adjoints de sécurité, 1 700 gendarmes. Les moyens de la justice ont été accrus comme cela vient d'être rappelé. Nous avons mis en place la police de proximité. Nous avons associé les maires à la lutte contre l'insécurité par les contrats locaux de sécurité. Nous avons amélioré le traitement judiciaire de la délinquance avec l'objectif que chaque acte de délinquance reçoive une sanction appropriée. Nous avons engagé résolument la lutte contre la délinquance des mineurs.

Je voudrais rappeler que les premiers outils qui ont été mis en place à cet égard - les centres d'éducation renforcée, les centres de placement immédiat - l'ont été par nous et, d'ailleurs, quand vous faites des propositions, vous vous inspirez purement et simplement de ce que nous avons déjà commencé à mettre en place.

La loi sur la sécurité quotidienne met de nouveaux moyens juridiques à la disposition des forces de sécurité. Nous venons de vous proposer d'adapter la loi sur la présomption d'innocence pour rendre plus efficace le travail des enquêteurs et traiter, pour la première fois à partir d'un texte de loi, le problème des multirécidivistes qui irrite tant la population. Je ne doute pas que vous voterez ces propositions parce que sinon, quel serait le sens de votre attitude ? Nous faisons des interventions systématiques - et j'en remercie le ministre de l'Intérieur, D. Vaillant -, dans les quartiers qui voudraient échapper à la loi et nous luttons résolument contre l'économie souterraine, notamment les trafics de drogue.

Alors, autorité, fermeté, rappel des valeurs républicaines, pédagogie de la responsabilité et de la sanction dans une lutte par ailleurs globale contre les causes sociales et économiques de l'insécurité, voilà quelle est notre approche.

Mesdames et messieurs les députés de l'opposition, je trouve tout à fait normal que la question de l'insécurité soit le sujet d'un débat. Je trouve irresponsable qu'elle soit l'objet d'une polémique. Vous voulez constamment nous donner des leçons. Ni votre bilan antérieur, ni vos propositions ne justifient cela en rien. Loin de toute polémique, le Gouvernement continuera à lutter fermement contre l'insécurité.


(Source http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 1er février 2002)

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