Interviews de M. Jean-Claude Gayssot, ministre de l'équipement, des transports et du logement, à "Europe 1" les 4 et 21 janvier 2002, sur le bilan de la sécurité routière pour 2001 et notamment la baisse de l'insécurité de 23 % en un an. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interviews de M. Jean-Claude Gayssot, ministre de l'équipement, des transports et du logement, à "Europe 1" les 4 et 21 janvier 2002, sur le bilan de la sécurité routière pour 2001 et notamment la baisse de l'insécurité de 23 % en un an.

Personnalité, fonction : GAYSSOT Jean-claude, DUMAS Andre.

FRANCE. Ministre de l'équipement, des transports et du logement

ti : Monsieur le ministre des Transports, bonjour. Vous venez d'annoncer le bilan sur les routes pour les cinq jours du week-end prolongé du Jour de l'An : 78 morts. Par rapport à l'an dernier ?

- "Par rapport à l'an dernier, il y a un recul de l'insécurité puisque que cela fait une baisse de presque 23 % et par rapport à l'année précédente, c'est même encore plus important puisque on peut dire qu'en deux ou trois ans, on a pratiquement diminué de moitié le nombre de tués en trois ans sur le week-end du 28 décembre au 1er janvier. Mais ceci étant, cela reste qu'une période ; je ne veux surtout pas donner à penser que la bataille est gagnée parce que nous avons encore devant nous un week-end très important de retours. Je continue à dire qu'il faut maintenir à la fois la vigilance, l'appel à la prudence et annoncer que les moyens pour le contrôle seront là, présents et renforcés."

Quand va-t-on connaître le bilan des accidents de la route pour l'année 2001 ?

- "Pour l'année 2001, je pense que vers la mi-janvier, je serai en mesure de communiquer l'ensemble. En prenant de décembre à décembre, nous avons un léger recul du nombre de tués sur un an ; je n'ai pas encore le mois de décembre complet. Je pense que ce sera mieux que l'an dernier, qui était une année où la Sécurité routière avait été classée "grande cause nationale." [ ] Honnêtement, on ne peut pas se satisfaire de cela. Je crois qu'il y a eu une bonne mobilisation et je vais d'ailleurs en profiter pour saluer Europe 1, et au-delà les médias radio, la presse, les télévisions, qui m'ont aidé parce que je crois que l'information a vraiment été donnée, l'appel à la prudence a été vraiment communiqué par les médias et je veux les remercier parce que ça participe du résultat.

(Source http://Sig.premier-ministre.gouv.fr, le 7 janvier 2002)


Le nombre de tués sur les routes en France l'an dernier est pratiquement le même que l'année précédente.

- "Il y a une toute légère baisse : 7616 décès. Si on compare avec les 8437 tués en 98, plus de 8000 en 99 et 7643 en 2000, on voit que la baisse se poursuit, mais c'est une baisse qui, à mes yeux, est encore nettement insuffisante."

Pour le nombre des blessés, la baisse est de 2,5 % par rapport à l'année précédente et de 1,3% pour les accidents. L'amélioration, là encore, est à peine sensible.

- "En trois ans, un peu plus de 2000 vies ont été sauvées. Si nous avions continué sur ce qui se passait en 1998, j'aurais eu 2000 tués de plus en trois ans. Et, du côté des blessés graves, ceux qui malheureusement ont souvent des séquelles à vie, c'est plus de 16 000 blessés graves en moins. Je ne dis pas cela pour dire que tout va bien ; au contraire, je pense qu'il faut encore vraiment intensifier à la fois la communication, les moyens pour intervenir. Mais on est sur cette lancée : c'est le chiffre le plus bas jamais enregistré du point de vue du nombre de tués et de blessés sur les routes de France."

Vous n'avez pas ménagé votre peine, cette année, pour la bonne cause. Il y a eu des campagnes télé-radio, beaucoup d'argent investi pour des résultats qui ne sont quand même pas, il faut bien le dire, à la hauteur de vos espérances ?

- "Ce n'est pas à la hauteur de mes espérances. Je pense qu'il faut continuer sur les changements de comportements. Mais on a aussi fait des lois, on a modifié les règles du jeu avec plus de sanctions pour ceux qui ne respectent pas les règles. C'est une nouveauté d'ailleurs. Mais pour qu'il y ait davantage de moyens de contrôle, outre la gendarmerie et la police, outre les adjoints de sécurité dans la police ou dans la gendarmerie, maintenant les gardes champêtres, c'est-à-dire 3500 personnes en France, pourront eux aussi participer au contrôle de la circulation sur le terrain."

En regardant les statistiques, on va encore s'apercevoir quand même que la France est parmi les mauvais élèves de l'Europe en matière d'accidents de la route. La question est toujours la même : pourquoi ?

- "Il y a à la fois, je pense, essentiellement des problèmes de comportements..."

C'est le cocktail vitesse-alcool aussi qui est évidemment la principale cause ?

- "Absolument. C'est la vitesse-alcool, les inter-distances aussi, le respect des règles élémentaires. Il y a aujourd'hui ce procès [à Poitiers]. La justice décidera. Mais cela pose vraiment le problème de la vitesse et des inter-distances. Vous savez, si vous roulez à 150 kilomètres ou si vous roulez à 110 kilomètres à l'heure, on pense qu'il n'y a que 40 kilomètres de différence. Eh bien, il faut deux fois plus de distance pour s'arrêter entre ces deux vitesses, et quand il y a du brouillard ou quand la route est mouillée, on comprend bien que cela aggrave encore les choses. L'alcool, la vitesse, mais maintenant nous faisons le contrôle, lorsqu'il y a des accidents mortels, des prises ou non des stupéfiants. Les excès de plus de 40 km/heure sont passibles du retrait immédiat du permis de conduire et même le non-respect des inter-distances est passible de sanctions."

On est frappé par le fait qu'une bonne partie des accidents qui touchent les jeunes - et c'est cela qui est particulièrement dramatique - se passent le week-end. Ne faudrait-il pas multiplier les contrôles d'alcoolémie ou interdire carrément à quelqu'un qui a bu de prendre le volant ?

- "Il est certain que quelqu'un qui a bu ne doit pas conduire. C'est terrible. Les efforts sont faits, y compris par rapport aux discothèques. Les associations sont mobilisées. Maintenant, les préfets disposent de moyens qui ont été renforcés. On voit bien que les week-ends, même sur des lignes droites, il y a des accidents frontaux. C'est vraiment des comportements qui ne sont pas en respect avec le code de la route."

(Source http://Sig.premier-ministre.gouv.fr, le 22 janvier 2002)

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