Déclaration de M. Jack Lang, ministre de l'éducation nationale, sur la promotion de l'enseignement des langues anciennes, latin et grec, et des cultures de l'Antiquité, Paris le 16 janvier 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jack Lang, ministre de l'éducation nationale, sur la promotion de l'enseignement des langues anciennes, latin et grec, et des cultures de l'Antiquité, Paris le 16 janvier 2002.

Personnalité, fonction : LANG Jack.

FRANCE. Ministre de l'éducation nationale

Circonstances : Séminaire national sur les langues anciennes, à Paris le 16 janvier 2002

ti : Madame la doyenne,
Mesdames, Messieurs,


Si j'ai tenu à venir saluer les travaux de ce séminaire national sur les langues anciennes, c'est pour vous témoigner à la fois mon intérêt et mes encouragements. Je ne ferai pas de grands discours : vous êtes là pour travailler, pour échanger, pour discuter. Je suis venu vous dire que j'attendais beaucoup de ce travail et de ces échanges :

- d'abord, un état de la situation de l'enseignement secondaire du grec et du latin en France ;
- ensuite, un diagnostic des difficultés que vous pouvez rencontrer dans l'exercice de votre métier, qui est aussi votre passion ;
- enfin, un repérage des initiatives et des innovations qu'il conviendrait de généraliser ; et les thèmes de vos ateliers de cet après-midi en témoignent : c'est là, et j'en suis heureux, une des priorité de ce séminaire (itinéraires de découverte, enseignement conjoint du grec et du latin, rôle des nouvelles technologies, ¿).

Les 24 et 25 octobre, le professeur Jacques JOUANNA a bien voulu organiser, à ma demande, un colloque en Sorbonne qui avait pour but de montrer la vitalité et le dynamisme de l'enseignement des langues et cultures de l'Antiquité. Le titre de ce colloque, "Le grec et le latin aujourd'hui : rencontre autour d'une passion", et son incontestable succès public, prouvaient qu'une telle entreprise pouvait trouver un vaste écho dans la société. Cela a fini de me convaincre que la promotion des langues et des cultures de l'antiquité se jouait davantage dans l'exercice de l'illustration que dans la rhétorique de la défense.

"Mettre les langues et cultures anciennes à la mode" : la formule était un brin provocatrice, mais elle nous indique une stratégie à deux axes qui doit toucher à la fois l'offre et la demande d'enseignement, ou, pour être moins trivial, la situation d'enseignement et le désir de l'apprentissage.

Concernant l'offre et la situation d'enseignement,

o Au niveau du Collège, il fallait clarifier et renforcer les conditions de cet enseignement dans le contexte renouvelé du Collège réformé. Face aux inquiétudes qui s'étaient exprimées et qui étaient légitimes, je m'étais engagé, lors du Colloque d'octobre, à adresser une circulaire aux Recteurs leur demandant de veiller à ce que les règles soient respectées et que les conditions d'exercice de votre enseignement soient privilégiées. C'est désormais chose faite : ce document de référence est disponible et chacun pourra s'y référer et s'en arguer.

o Au niveau du Lycée, j'ai demandé à la DESCO et à l'Inspection de Lettres de rédiger une brochure à destination des élèves de 3°, afin de favoriser leur choix de l'option langues anciennes en seconde. Cette brochure est réalisée et elle sera prochainement diffusée.

o Au niveau des classes préparatoires littéraires, l'accord semble désormais général sur la proposition d'introduire une initiation aux langues anciennes (grec ou latin) dans le tronc commun de première année. Cette mesure permettra un renforcement et une meilleure identification de la voie littéraire. Je prendrai très prochainement une décision sur ce point.

o Au niveau des Universités, l'idée d'une création de cours d'été intensifs de grec et de latin pour grands débutants semble faire son chemin ; et j'ai bon espoir que tels cours soient proposés dès l'été 2002. De tels stages intensifs, comme il en existe en Allemagne, sont à l'évidence indispensables pour un certain nombre d'étudiants de lettres et sciences humaines qui n'auraient pas pu bénéficier d'un tel enseignement.

Avec ces quelques mesures - il y en aura d'autres - nous pourrons affirmer qu'il n'est jamais ni trop tôt ni trop tard pour commencer les langues anciennes.

Concernant la demande et le désir d'apprentissage

J'attends beaucoup des propositions que voudra bien me faire le professeur Heinz WISMANN sur l'enseignement supérieur des langues et des cultures de l'antiquité. Les comparaisons internationales qu'il a entreprises nous seront très précieuses pour faire le point et promouvoir les initiatives les plus innovantes. Cet apport de l'expérience des autres pays a été trop souvent négligé par le passé.

D'ores et déjà, je dois dire mon adhésion à la première proposition qu'il m'a faite : la création d'une Agence pour les langues et les cultures de l'Antiquité, qui aurait la double fonction d'observatoire international, s'il est vrai que cet enseignement, comme les autres, mais peut-être plus que d'autres, ne se peut plus concevoir isolément ; et d'une véritable agence de lobbying, chargé de promouvoir cet enseignement et cette culture dans tous les champs de la vie publique.

Je tiens à remercier l'ensemble des participants à ce séminaire pour leur présence et pour la qualité de leur travail. Je sais qu'ils vont à leur tour diffuser dans chaque académie les réflexions et les idées qui se dégageront.

C'est grâce à votre enthousiasme et votre dévouement que ce trésor inestimable de notre culture continue de vivre dans chacun des élèves qui sont placés sous notre responsabilité.

(source http://www.education.gouv.fr, le 18 janvier 2002)

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