Déclaration de M. Jack Lang, ministre de l'éducation nationale, sur l'application de la réforme du collège et les nouvelles orientations pour la rentrée 2002, notamment les "itinéraires de découverte" applicables en 5ème, les nouvelles grilles horaires, l'aide aux élèves en difficulté et le développement de l'internat scolaire, Paris le 17 janvier 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jack Lang, ministre de l'éducation nationale, sur l'application de la réforme du collège et les nouvelles orientations pour la rentrée 2002, notamment les "itinéraires de découverte" applicables en 5ème, les nouvelles grilles horaires, l'aide aux élèves en difficulté et le développement de l'internat scolaire, Paris le 17 janvier 2002.

Personnalité, fonction : LANG Jack.

FRANCE. Ministre de l'éducation nationale

ti : Introduction

J'ai présenté les grands axes de la réforme des collèges en avril dernier. Mes décisions se sont appuyées sur les travaux d'une équipe animée par le recteur Philippe Joutard, sur les productions du Conseil national des programmes, sur la consultation d'un très grand nombre de personnes et d'organismes, sur des visites nombreuses que j'ai accomplies moi-même dans des collèges.

Depuis, nous n'avons pas chômé :

* La réforme a été mise en ¿uvre, à titre expérimental, dès la rentrée de septembre 2001. Des instructions très précises ont été publiées en juin 2001.
* L'inspection générale a observé un échantillon de collèges tout au long du premier trimestre et un panel de principaux de collège a été interrogé par la direction de la programmation et du développement.
* Le directeur de l'enseignement scolaire a effectué le tour de France des académies pour expliquer le nouveau collège et entendre les responsables pédagogiques.
* Les professeurs de tous les collèges ont été consultés en décembre et au début de ce mois de janvier sur la mise en place de nouvelles modalités d'enseignement en cinquième et en quatrième. Ils ont durant une journée entière, réfléchi ensemble, à partir de documentations précises, à la mise en ¿uvre des itinéraires de découverte.
* Des textes ont été préparés, soumis à la consultation des organisations syndicales et professionnelles. Ils ont tous obtenu un votre positif au Conseil supérieur de l'éducation, qu'il s'agisse de l'arrêté d'organisation de la sixième ou de la grille horaire des classes de cinquième et de quatrième. L'événement est suffisamment rare pour être mentionné.
* Les moyens nécessaires à cette réforme ont été notifiés aux académies dès la mi-décembre et ont fait l'objet d'une discussion comité technique paritaire ministériel du 11 janvier 2002.
* Les textes de préparation de la rentrée 2002 dans les collèges seront publiés dans les semaines qui viennent. Ainsi sera assurée dans les meilleures conditions la préparation de la future rentrée.

Je veux aujourd'hui rappeler le sens de la réforme en cours, faire le point sur son application, tracer à grands traits, niveau par niveau, les changements de la rentrée 2002 et présenter enfin un document annoncé et attendu : le " Cahier des exigences ".


Le sens de la réforme

La philosophie de la réforme s'ordonne autour de trois volontés :
- réaliser un équilibre entre unité des exigences et diversité des tempéraments ;
- concilier impulsion nationale et liberté d'initiative des professeurs et des élèves ;
- apporter une aide accrue aux élèves en difficulté.

Réaliser un équilibre entre unité des exigences et diversité des tempéraments

Pour que le collège pour tous soit aussi le collège pour chacun, ses finalités doivent être clairement et précisément définies. Véritable creuset social, le collège républicain est ouvert sans discrimination d'aucune sorte à tous les enfants et à tous les jeunes de France. Ce principe s'incarne dans la volonté d'amener chacun à son meilleur niveau d'excellence, d'ouvrir à tous les portes de la connaissance et de préparer à la vie sociale et professionnelle. Cette volonté a mobilisé tous les acteurs du système éducatif dans une vaste ¿uvre collective, et, au premier chef, les enseignants, qui ont fait preuve d'une capacité d'innovation et d'un engagement auxquels tout le monde rend hommage.

Les nouvelles orientations du collège dont j'ai tracé les lignes directrices en avril 2001 sont portées par cet idéal. Elles traduisent la volonté républicaine de concilier l'unité des exigences et la diversité des méthodes et des parcours. Elles font, de la possibilité de choix, un moteur des apprentissages. Elles réaffirment que la pédagogie est au service des élèves : quelles que soient les origines sociales, les handicaps ou les difficultés rencontrées en route, le rôle du collège est d'épauler, de guider, d'instruire, d'aider à grandir, d'apprendre à vivre ensemble.

Le plus important est le regard positif qu'il faut porter sur l'élève, quelle que soit sa distance par rapport au savoir : donner confiance en soi, mettre en situation de s'affirmer, de construire un projet personnel, aider à découvrir ses propres talents, permettre de vérifier et de comprendre sa progression par des évaluations régulières. Cette reconnaissance de la valeur de chacun doit être manifestée aux élèves : trop d'entre eux doutent, parfois douloureusement, et dès le plus jeune âge, de leurs capacités à réussir.

Les enseignants se voient donc encouragés à l'initiative et à l'innovation. La réussite de tous exige des solutions variées. Les bonnes pratiques ne manquent pas : il faut faire connaître ce qui existe, amplifier la volonté de changement et inscrire dans la durée les expériences réussies.

Concilier impulsion nationale et liberté d'initiative des enseignants et des élèves

Le temps où une réforme était décidée de Paris dans ses moindres détails pour être répercutée successivement aux différents échelons administratifs et appliquée telle quelle sur le terrain est terminé depuis longtemps. Seulement, personne n'en avait jamais tiré toutes les conséquences. Nous avons commencé à le faire avec ces nouvelles orientations pour le collège. Depuis le début, confiance a été faite au terrain.

J'ai la responsabilité de définir les grands objectifs et de mettre en place les moyens qui permettront de les atteindre. C'est ce que je me suis attaché à faire quand j'ai présenté le 5 avril 2001 mes propositions pour la transformation du collège, après avoir pris le temps de la réflexion et de la consultation. Ensuite commence un travail fondamental de mise en ¿uvre, d'organisation, d'animation. Rien ne remplacera jamais l'expérience des équipes pédagogiques, le travail des enseignants eux-mêmes. Ce sont eux qui doivent trouver les modalités pédagogiques les plus pertinentes, les plus adaptées au contexte de leur établissement, aux besoins de leurs élèves. Davantage d'initiatives et de responsabilité confiées aux établissements, c'est davantage de chances de réussite pour les élèves.

Il revient aux recteurs, aux inspecteurs d'académie et à leurs équipes de piloter la réforme et d'accompagner les établissements, placés sous la responsabilité des personnels de direction, d'animer le travail pédagogique avec les corps d'inspection.

Les élèves eux-mêmes doivent pouvoir prendre des initiatives. Les nouvelles orientations leur offrent des espaces de choix. Dès l'année prochaine, en plus des options, ils pourront choisir les domaines d'études et les sujets de leurs itinéraires de découverte. Plus tard, en classe de troisième, ils se détermineront sur un certain nombre d'enseignements. Ils pourront ainsi participer concrètement à la construction de leur parcours de réussite.

Apporter une aide accrue aux élèves en difficulté

Aucune politique scolaire ne vaut si elle n'apporte pas une réponse efficace aux difficultés des élèves. Pour le collège républicain, cela passe d'abord par un accueil personnalisé des élèves en 6e, la mise en ¿uvre d'une évaluation régulière et rigoureuse tout au long du parcours du collégien, l'exploitation pédagogique des résultats des évaluations, l'individualisation des solutions, la préparation d'une orientation positive.

Mais cela ne suffit pas.

A chaque degré de difficulté, le collège doit apporter des réponses sans attendre les effets attendus d'une réforme de l'école élémentaire plus attentive à la progression des élèves et plus mobilisée sur l'apprentissage de la langue nationale. Cela signifie qu'il faut mieux traiter la grande difficulté et inciter les collèges à mettre en place les dispositifs de rattrapage les plus souples possible pour aider les collégiens les plus fragiles à effectuer une scolarité utile et valorisante. C'est une pédagogie sur mesure qu'il faut à chaque fois mettre en place.

Les professeurs nous disent leur hantise de ne pas pouvoir conduire tous les élèves vers la réussite, leurs difficultés à maîtriser une hétérogénéité trop grande. J'ai décidé de leur permettre de multiplier les solutions originales que j'évoquerai dans la deuxième partie de cet exposé.


Les mesures d'application de la reforme pour la rentrée 2002

La consolidation de la nouvelle sixième

J'ai voulu réaffirmer avec force la vocation d'accueil et d'intégration de la classe de sixième.
Nous savons en effet que les difficultés qu'éprouvent certains enfants à intégrer les changements entraînés par le passage au collège peuvent être un facteur important du désinvestissement du travail scolaire. La gestion quotidienne du temps, le travail personnel à fournir (apprentissage des leçons, réalisation des exercices, recherches à effectuer, etc.) constituent alors autant d'obstacles potentiels. Le collège doit aider les élèves les plus fragiles à les surmonter.

C'est le sens des évolutions que nous avons apportées à la classe de sixième en invitant les collèges à innover dans le domaine de l'accueil, au-delà des seules journées de rentrée qui lui sont habituellement consacrées. En les invitant aussi à innover dans le suivi et l'accompagnement des élèves tout au long de cette année de sixième.

* Une première expérimentation en 2001-2002

La réforme a concerné d'abord les élèves de sixième. Dès les premières semaines de la rentrée 2001, les équipes pédagogiques ont donné aux élèves les repères indispensables à une bonne intégration. Il s'est agi de leur faire comprendre les attentes du collège en termes de savoirs, de méthode, de comportements, et de donner confiance aux plus fragiles en s'appuyant sur les éléments de continuité qui existent avec l'école.

Cet accueil a engagé non seulement les professeurs (le professeur principal et l'équipe pédagogique de chaque classe de sixième), les conseillers principaux d'éducation et les surveillants, mais aussi l'ensemble de la communauté éducative : personnels administratifs, techniques, ouvriers, personnels de santé et de service.

Ainsi par exemple, dans plusieurs établissements, les élèves ont eu le temps de s'approprier les différents espaces où ils ont à se déplacer et à vivre : le centre de documentation et d'information, les classes spécialisées, la cantine, le bâtiment administratif, etc¿

Dans plusieurs collèges également les équipes ont détaillé les aspects les plus formels de l'activité scolaire (normes et conventions diverses, tenue des cahiers de textes, des cahiers et des classeurs). Elles ont expliqué comment répartir le temps du travail personnel, précisé les objectifs et les méthodes propres à chaque discipline. Elles ont travaillé le plus concrètement possible sur le langage et la communication entre les professeurs et les élèves, de façon à s'assurer que le sens des mots soit bien compris de tous et dans toutes les disciplines.

D'une manière générale, les initiatives qui visent à donner aux élèves des occasions nouvelles de mieux se connaître, de mieux connaître leur établissement et les exigences du travail et de la vie scolaire ont été favorisées.

De même, les élèves ont pu disposer de temps de rencontre et de dialogue avec les professeurs, afin de comprendre et de prendre conscience des règles de la vie commune et des comportements de respect mutuel.

Au-delà de la période d'accueil, la même attention s'est portée, à notre demande explicite, sur le travail personnel des élèves tout au long de l'année. A cette fin, et en utilisant les moyens clairement identifiés à cet effet, chaque collège aura l'obligation d'intégrer dans son projet un dispositif d'accompagnement du travail personnel confié à des professeurs volontaires.

* Une consolidation pour la rentrée 2002 qui prend en compte les difficultés observées

De très nombreuses actions ont été engagées depuis la rentrée et je voudrais souligner le dynamisme dont ont fait preuve la grande majorité des collèges pour traduire dans des initiatives concrètes, souvent originales, cette qualité de l'accueil des nouveaux élèves de sixième. Je ferai diffuser dans les prochaines semaines une brochure qui recense quelques unes de ces démarches illustrant la créativité des équipes pédagogiques.

Les premières remontées qui nous parviennent des académies en matière d'accueil sont positives. On constate un accroissement du temps consacré à une meilleure intégration des nouveaux collégiens, une implication plus grande des différents personnels, ainsi qu'une participation accrue des parents à ce processus. Je veux maintenant que les équipes se préoccupent du c¿ur des apprentissages et de la pédagogie, qu'elles expliquent les objectifs des enseignements et des modalités d'évaluation.

C'est ce à quoi nous nous attacherons cette année. Parallèlement, je demande que l'effort soit particulièrement centré sur le travail personnel de l'élève. Le travail personnel est en effet un des éléments qui renforcent le plus les inégalités. Il est donc de la responsabilité de l'Ecole d'en faire un objectif prioritaire. C'est dans ce but qu'un nouvel arrêté horaire sera mis en ¿uvre en sixième à la prochaine rentrée.

Dans le même esprit, l'accent sera mis sur une exploitation systématique de l'évaluation de sixième qui sera utilisée comme un outil de liaison entre l'école et le collège et comme un instrument de diagnostic. Une multitude d'actions seront entreprises :
- ateliers méthodologiques,
- tests spécifiques de lecture silencieuse,
- fiches d'auto-évaluation,
- mise en place de groupes de besoins,
- dispositif de tutorat,
- programmes personnalisés d'aide et de progrès.

Pour la rentrée 2002, je demande aux principaux et aux équipes pédagogiques d'organiser pour les élèves dont les évaluations nationales avaient signalé les difficultés, des dispositifs particuliers temporaires que j'exposerai à la fin de cette seconde partie.

Ces dispositifs doivent permettre à ces élèves de revenir rapidement dans le cursus ordinaire.

* La globalisation des moyens de la classe de sixième

Pour répondre à une demande ancienne, plusieurs nouveautés seront introduites. Elles ont été approuvées par le Conseil supérieur de l'éducation.
- La dotation horaire minimum attribuée à chaque classe de sixième sera portée de 26 à 28 heures par semaine ;
- l'horaire élève sera porté à 25 heures au lieu de 23-24 heures ;

Les établissements disposeront donc d'une marge de man¿uvre appréciable pour organiser librement et au plus près des besoins des élèves, des actions d'aide individualisée et d'accompagnement de leur travail personnel.

Cette nouvelle organisation illustre parfaitement le principe de globalisation des moyens : définition précise de ce qui est dû aux élèves en matière d'enseignement disciplinaire, et, en même temps, possibilité pour chaque établissement de dégager des moyens pour soutenir les priorités qu'il s'est donné en matière d'aide et de suivi des élèves, avec, le cas échéant, la mise en place des dispositifs dérogatoires déjà évoqués.

Cet arrêté répond également à une demande formulée par les professeurs des disciplines scientifiques puisqu'il introduit la possibilité de groupes allégés pour une partie de l'horaire de ces disciplines. Cette disposition marque aussi notre souci de toujours mieux articuler la classe de sixième avec les classes du cycle 3 de l'école primaire dans lesquelles a été engagé depuis trois ans un plan de rénovation de l'enseignement des sciences. Je souhaite que ces conditions d'enseignement permettent, comme cela est fait à l'école primaire, de faire une large place à l'activité de l'élève, à l'observation, à l'expérimentation, qui, comme le dit l'inspecteur générale de l'éducation nationale, Jean-Pierre Sarmant est le lien entre la curiosité de l'élève à la connaissance scientifique.

Enfin, autre nouveauté, cet arrêté inscrit dans l'emploi du temps des élèves, à raison de 10 heures par an, les heures de vie de classe. Il s'agit par là de poursuivre ce qui a été engagé au moment de l'accueil et de mettre l'élève en situation d'exercer ce que l'on pourrait appeler son " intelligence sociale ", dans le respect d'autrui et des règles de la vie collective.

Les itinéraires de découverte, le cycle central : la cinquième et la quatrième

Après une longue réflexion et des consultations multiples, j'ai décidé d'introduire une modalité d'enseignement nouvelle : les itinéraires de découverte.

Cette nouveauté constitue le c¿ur de la réforme et entraîne une modification des grilles horaire.

La définition des itinéraires de découverte
- Les objectifs de ces itinéraires
- Les contenus
- Les modalités pédagogiques et d'organisation

Les objectifs de ces itinéraires
Les itinéraires de découverte se situent dans le prolongement d'un grand mouvement d'ouverture pédagogique et apporteront trois nouveautés essentielles :
- Ils sont une autre manière de traiter le programme, dans une optique interdisciplinaire.
- Ils permettent un choix des élèves et une valorisation de leurs talents.
- Ils sont évalués.
Les itinéraires de découverte ne constituent ni une option ni une discipline nouvelle mais une démarche originale d'enseignement, référée aux programmes. Ils débouchent tout naturellement sur les enseignements choisis en classe de troisième.

Les contenus
Temps d'enseignement à part entière, les itinéraires de découverte doivent permettre l'acquisition de connaissances et la construction de compétences. Ils associent au moins deux disciplines, articulées entre elles par une problématique commune ou un thème fédérateur appartenant à l'un des quatre domaines thématiques dont je rappelle les intitulés :
- la nature et le corps humain ;
- les arts et les humanités ;
- les langues et les civilisations ;
- les sciences et les techniques.
Les itinéraires de découverte impliquent un travail en amont entre professeurs de disciplines différentes qui devront dans les programmes, repérer les connaissances et les compétences qui touchent le domaine thématique retenu, construire une problématique ou un thème de travail, puis des sujets d'étude.
La démarche de projet, dans laquelle doivent s'inscrire les itinéraires de découverte, conduit les élèves à travailler seuls ou en petits groupes. En raison de l'âge des élèves et du nombre de séances, les professeurs ont un rôle essentiel à jouer pour les préparer à cette situation d'autonomie et pour les guider dans leur cheminement, fait de tâtonnements et d'erreurs, de critiques et de remises en cause.
Les itinéraires de découverte donneront lieu à une production, réalisée individuellement ou collectivement : création d'un objet particulier, d'une maquette, d'un cédérom, d'un journal, d'un film, présentation d'un exposé, d'un spectacle, élaboration d'un texte¿ Ils permettent d'approfondir les méthodes de recherche documentaire.

Les modalités pédagogiques et d'organisation
J'ai tenu à ce que les élèves puissent choisir les domaines dans lesquels ils allaient travailler. Cette possibilité de choix a deux vertus essentielles :
- Elle engage les élèves à une prise de responsabilités dans leur propre formation.
- Elle contribue à stimuler le plaisir d'apprendre et l'intérêt pour le travail scolaire.
Les itinéraires de découverte sont un levier pour la réussite du collégien, qui pourra s'épanouir dans un travail différent, mettre en valeur ses capacités et mieux préparer la suite de sa scolarité.
Une évaluation rigoureuse des connaissances comme des compétences acquises est impérative. Il faut en particulier mesurer les progrès accomplis dans l'appropriation des savoirs, dans l'acquisition de méthodes, dans les aptitudes au travail collectif, dans la prise de responsabilité, dans la relation aux autres.
A la rentrée 2002, les itinéraires de découverte concerneront l'ensemble des classes de cinquième. Ils pourront également être mis en place de façon anticipée en classe de quatrième.
Les itinéraires de découverte sont obligatoires. Ils sont inscrits, à raison de deux heures hebdomadaires, dans l'emploi du temps de tous les élèves du cycle central, à côté des enseignements du " tronc commun ".
Sur l'ensemble du cycle central, les élèves devront réaliser quatre itinéraires choisis dans au moins deux des domaines thématiques en fonction de leurs goûts et de leurs talents.
Les itinéraires de découverte exigent un long travail de préparation et de concertation ainsi qu'une attention particulière au suivi du travail de chaque élève. Les professeurs disposeront pour effectuer cette tâche d'environ 30 heures par an.

* Les nouvelles grilles horaires en classe de cinquième et de quatrième

Une nouvelle organisation des enseignements, applicable en classe de cinquième à la rentrée 2002 et en classe de quatrième à la rentrée 2003, fait l'objet d'un arrêté. Cette nouvelle organisation a recueilli un vote favorable au Conseil supérieur de l'éducation.

La nouvelle grille horaire introduit les itinéraires de découverte en tant que modalités particulières d'enseignement des programmes disciplinaires.

Pour chaque discipline est ainsi défini un horaire-élève minimal et un horaire-élève possible qui fait apparaître la contribution de chaque discipline aux itinéraires de découverte.

Par exemple, un élève de cinquième qui choisirait un itinéraire de découverte dans le domaine " Arts et humanités " intégrant les disciplines français et arts plastiques verrait son horaire de français passer de 4 à 5 heures par semaine et son horaire d'arts plastiques de 1 heure à deux heures.

La dotation globale attribuée aux collèges, qui est fixée à 26 heures en cinquième, est augmentée d'une demi-heure par rapport à l'ancienne dotation . Une dotation globale de 29 heures sera attribuée aux collèges en classe de quatrième. Une dotation complémentaire peut également leur être accordée par les services académiques pour le traitement de la grande difficulté scolaire.

Répondant aux mêmes principes de globalisation, une heure non affectée est désormais mise à la disposition des établissements pour répondre à la diversité des besoins de leurs élèves.

Les élèves conservent la possibilité de choisir des enseignements optionnels facultatifs (latin, langue régionale).

Comme pour la classe de sixième, des heures de vie de classe figurent désormais sur la grille horaire.

La préparation du cycle d'orientation

* La future classe de troisième

La nouvelle organisation des enseignements en classe de troisième sera mise en place à la rentrée 2004.

La classe de troisième va devenir le lieu d'une diversification des expériences, propres à favoriser une orientation raisonnée. Cette diversification sera plus ambitieuse que dans le cycle central puisque quatre heures hebdomadaires seront consacrées à des enseignements choisis.

- Les enseignements choisis
Six domaines d'enseignement seront proposés au choix des élèves, en complément des enseignements de tronc commun :
-langues et cultures de l'Antiquité,
-langues et cultures du monde ( langues étrangères et langues régionales),
-arts,
-sciences expérimentales,
-technologie,
-découverte professionnelle.

L'appel à un choix réfléchi et motivé des élèves rend nécessaire une préparation à la fin de l'année scolaire de quatrième , grâce à un dialogue avec le professeur principal, poursuivi jusqu'au conseil de classe du troisième trimestre.

Affectés d'un fort coefficient au brevet, ces enseignements permettront aux élèves de valoriser leurs points forts et pourront jouer un rôle dans leur orientation. Leur existence permettra de supprimer la distinction entre série générale, série professionnelle, série technologique, qui caractérise l'actuel brevet.

Tout sera fait pour que ces enseignements choisis ne déterminent pas l'orientation et n'installent pas de nouvelles filières.

* Tout ou partie des enseignements en lycée professionnel

Le cadre offert par les enseignements choisis et notamment celui de découverte professionnelle permet d'engager et souvent de poursuivre des collaborations fécondes entre collège et lycée professionnel (LP).

Deux possibilités sont offertes :
- des collaborations entre le collège et le lycée professionnel limitées à la dimension découverte professionnelle ;
- des collaborations étendues à toutes les disciplines et impliquant une scolarisation complètement prise en charge par le lycée professionnel.

Cette seconde possibilité est expérimentée dans plusieurs académies. Elle permet de réconcilier les élèves avec le travail scolaire en leur ouvrant un horizon professionnel.

Même s'ils effectuent leur scolarité en lycée professionnel les élèves resteront collégiens et se présenteront au brevet d'études fondamentales.

J'encourage les équipes d'établissement à multiplier ces modes de collaboration pour la rentrée prochaine.

* Le brevet d'études fondamentales (BEF)

J'ai annoncé, dans ma conférence de presse du 5 avril, mon intention de mieux évaluer les élèves à toutes les étapes de la scolarité de collège et de repenser le rythme, la fonction et les contenus des évaluations.

Le brevet d'études fondamentales constitue la dernière étape du contrôle des acquisitions des élèves en fin de collège. Il remplacera le diplôme national du brevet à compter de la session de juin 2005 et deviendra une sorte de baccalauréat du collège.

Le parcours de tout collégien se conclura donc par un diplôme unique, auquel sera conféré une valeur symbolique forte. Cet examen attestera de l'acquisition des connaissances et des compétences jugées indispensables pour tous les collégiens, qui auront été définies au niveau national.

Obligatoire pour tous les collégiens, le brevet d'études fondamentales sera un élément déterminant pour l'orientation vers des études ou formations ultérieures, seconde générale, technologique ou professionnelle. Il concernera tous les collégiens à l'issue de future classe de troisième d'orientation.

L'évaluation des élèves au brevet portera sur tous les enseignements, y compris sur les itinéraires de découverte et les enseignements choisis en troisième. Assortis d'un fort coefficient, ces enseignements permettront aux élèves de gagner des points.

Les modalités d'attribution du futur brevet d'études fondamentales seront élaborées, en concertation avec les partenaires du système éducatif, au cours du premier semestre 2002. Un groupe de travail est chargé de réfléchir à son organisation. Il a présenté des propositions qui visent à " valoriser les travaux résultant d'un choix des élèves, tout en maintenant les grands équilibres entre les disciplines évaluées comme entre les modalités de l'évaluation " : maintien des épreuves écrites en fin d'année scolaire et du contrôle continu tout au long de l'année avec des exigences renforcées en matière d'harmonisation.

* La mise en place obligatoire du brevet informatique et Internet à la rentrée prochaine

Créé en 2000, le brevet " informatique et internet " (B2I) valide les compétences acquises par les élèves du primaire et du collège. L'inspection générale de l'Education nationale a effectué une première mission d'évaluation de ce dispositif qui a permis de déterminer que 50.000 brevets ont déjà été délivrés au primaire et que près de 20 % des collèges avait également mis en place le B2I dés l'année dernière.

Grâce à l'équipement informatique des collèges et à la connexion internet des établissements, qui est maintenant effective partout, le B2I se généralise. J'ai décidé de le rendre obligatoire à la rentrée prochaine. A terme, tous les jeunes utiliseront couramment l'informatique et l'internet, comme un des acquis fondamentaux qu'ils auront appris à l'école.

Le B2I n'est pas un diplôme obtenu par examen mais un certificat attestant de compétences acquises par les élèves au cours de leur scolarité. C'est à l'équipe pédagogique dans son ensemble de les valider. Les modalités de vérification des compétences définies par le ministère correspondent à l'usage en classe de l'outil informatique. Il est avant tout au service des apprentissages des diverses disciplines. C'est dans cet usage régulier et dans toutes les disciplines que les élèves développeront la maîtrise et la compréhension de ces technologies.

L'aide accrue aux élèves en difficulté : des dispositifs originaux ou dérogatoires

Pour apporter une réponse plus efficace aux difficultés des élèves, les équipes pédagogiques doivent :
- évaluer l'importance de ces difficultés ;
- choisir la voie susceptible d'aider les élèves à réussir et à reprendre confiance ;
- organiser la vie scolaire pour soutenir ces élèves.

* Les trois voies pour remédier aux difficultés en fonction de leur gravité

J'ai décidé qu'à compter de la rentrée 2002 trois voies seraient clairement distinguées.

Quelles sont ces voies ?

- La voie prioritaire consiste à prendre en compte la difficulté scolaire dans le cadre des enseignements communs, par l'adaptation des progressions en fonction des résultats des évaluations, par l'organisation des emplois du temps regroupant autrement les élèves pour les mobiliser de façon différenciée, par le développement du travail en équipe des enseignants, par l'analyse collective des besoins des élèves. C'est difficile mais c'est nécessaire, il faut que les professeurs trouvent aide et formation.

- La seconde voie permet de regrouper les élèves qui ne maîtrisent pas totalement les compétences exigibles pour réussir en classe de sixième et de leur proposer des actions spécifiques. Il s'agit de mettre en place diverses formes d'ateliers de soutien ou de remise à niveau, pour lesquelles les établissements bénéficient d'une largue autonomie. La seule exigence forte est que les activités soient directement liées aux contenus des enseignements. C'est d'ailleurs pour cette raison que, dans le cadre de la globalisation des moyens affectés aux classes de sixième, j'ai demandé que l'aide aux élèves et l'accompagnement de leur travail personnel puissent être inclus dans le service des professeurs.

- La troisième voie est réservée aux élèves dont les difficultés sont beaucoup plus lourdes, sans pour autant justifier d'une orientations vers la SEGPA. Il est démontré que les mesures précédentes sont sans effet réel quand les difficultés sont fortes et nombreuses. Ces élèves, qui ne maîtrisent pas les compétences de base en français et en mathématiques, ont besoin d'une action déterminée et concentrée dans le temps, pour consolider les acquis nécessaires à une scolarité réussie dans le second degré. C'est dans cette perspective que les nouvelles dispositions arrêtées pour l'organisation horaire des enseignants, tant en sixième que dans le cycle central, prévoient la possibilité pour les équipes pédagogiques de construire des dispositifs plus spécifiques, le cas échéant dérogatoires par rapport aux programmes en vigueur, sur la base d'un projet pédagogique, en fixant les échéances puisque de tels dispositifs ne peuvent être que temporaires.

* La vie scolaire au service des élèves en difficulté

La réussite au collège est aussi l'affaire de ce qu'on appelle la vie scolaire. Elle prend en compte tout ce qui conditionne la qualité du travail des élèves et de leurs apprentissages. Les modalités d'organisation des enseignements, la qualité des relations entre professeurs et élèves sont fondamentales.

- Pour les élèves " en rupture ", j'encourage les collèges à mettre en place des dispositifs d'aide et de conseil aux élèves. Une équipe rassemblant des compétences diversifiées (professeurs, conseiller principal d'éducation, conseiller d'orientation-psychologue, assistante sociale, médecin, infirmière) sera mise en place pour suivre le fonctionnement de ces dispositifs. De nombreux collèges savent déjà travailler ainsi.

- L'installation d'un rapport de confiance avec les jeunes qui manifestent des difficultés d'ordre scolaire ou comportemental est une des clés de la réussite. Dans les cas de manquement au règlement intérieur, des solutions alternatives à l'exclusion de l'établissement sont déjà mises en ¿uvre dans de nombreux établissements. Elles tiennent compte du public spécifique, de l'approche éducative des adultes, de la culture propre à chaque collège de leur enracinement dans le tissu local, et, bien sûr, des moyens disponibles.


Les moyens

L'attribution des moyens doit privilégier les collèges

Il s'agit là encore de concilier unité et diversité :
- l'unité, à travers un cadre horaire défini de façon précise pour les enseignements communs obligatoires ;
- la diversité, grâce à la marge de man¿uvre laissée à chaque collège pour élaborer les réponses les mieux adaptées aux besoins de ses élèves en fonction du contexte singulier qui est le sien.

Pour que chaque établissement puisse pleinement exercer son autonomie et donc sa responsabilité pédagogique, j'ai souhaité que les moyens qui lui sont affectés soient globalisés dans une même enveloppe horaire. Ainsi, une fois prélevés les moyens nécessaires pour les enseignements communs obligatoires, chaque conseil d'administration de collège pourra décider des actions spécifiques qu'il entend conduire et qui caractérisent son projet.

J'ai demandé aux recteurs :
- de privilégier les collèges dans l'attribution des moyens horaires,
- de faire en sorte que les professeurs stagiaires effectuent leur stage en responsabilité dans les collèges.

J'attends de chaque établissement qu'il utilise pleinement cette autonomie pour traduire les priorités qui animent l'impulsion nouvelle que je veux donner au collège :

- apporter une réponse plus efficace aux difficultés des élèves

C'est bien en effet au niveau de chaque établissement que l'on est le mieux à même d'élaborer et parfois d'inventer des solutions individualisées, des dispositifs souples, adaptés aux besoins repérés.

- réussir la mise en place des itinéraires de découverte

Dès la prochaine rentrée en classe de cinquième , et pour celles qui le veulent, en quatrième, les équipes pédagogiques disposeront d'un espace d'initiative pour proposer au choix de l'élève des parcours originaux fondés sur une approche interdisciplinaire. Ici encore, c'est à chaque établissement qu'il revient d'expérimenter des formules inédites en matière d'emplois du temps, de regroupements d'élèves, d'utilisation des technologies de l'information et de la communication.

Je suis bien conscient que ces exigences pour la formation du collégien appellent la mobilisation de tous : enseignants au premier chef, mais aussi l'ensemble des personnels de l'établissement.

C'est pour cette raison que j'ai voulu que chacun puisse non seulement être informé de ces priorités, mais qu'il puisse exprimer son avis, ses remarques, ses propositions.

La formation continue au niveau national

Les grandes problématiques portées par ce niveau d'enseignement ont été accompagnées par des séminaires du programme national de pilotage, qui incite les responsables académiques à construire leur plan de formation en prenant en compte les éléments affichés de la politique éducative.

La prise en charge de l'hétérogénéité des élèves au collège et la politique documentaire des établissements ont notamment donné lieu à des séminaires et à des publications au cours de l'année 2000. Dès l'annonce de la réforme du collège, un séminaire a été organisé sur le thème de l'exploitation pédagogique des évaluations de sixième.

Les itinéraires de découverte et plus généralement le thème de l'interdisciplinarité font l'objet d'actions d'initiatives nationales, d'ores et déjà programmées.

J'ai demandé que l'accent soit mis sur deux innovations :
- l'augmentation du nombre de stages sur la pédagogie des élèves en difficulté,
- la multiplication des formations en établissement.

Je rappelle, qu'à ma demande, les académies d'Ile de France ont expérimenté cette année des dispositifs d'accompagnement à l'entrée dans le métier pour les nouveaux professeurs principalement pour ceux qui sont nommés dans les collèges réputés difficiles.

Des ressources pédagogiques variées seront proposées aux enseignants des collèges en quantité de plus en plus importantes, notamment via les serveurs académiques et le site "Eduscol".

Le plan Art et culture au collège

Le plan pour les arts et la culture, lancé en décembre 2000, a mis l'accent sur le développement de l'éducation artistique et culturelle en faveur des collégiens. Au-delà du renforcement des enseignements obligatoires, l'instauration des classes à projet artistique et culturel (" classes à PAC ") a rencontré un succès indéniable. En effet, plus de 3700 classes à PAC se sont ouvertes dans les classes de sixième, niveau prioritaire dans la première étape du plan.

Ce dispositif, dont l'intérêt réside dans l'engagement d'une classe entière autour d'un projet artistique, répond visiblement à une attente, vues la qualité et la quantité de projets proposés par les établissements. C'est pourquoi, je demande qu'à la rentrée 2002 l'effort soit amplifié notamment pour les classes de sixième.

De même, les ateliers artistiques, qui ont vu leur nombre augmenter à la faveur du plan, seront encouragés là où, à l'instar des autres dispositifs artistiques (jumelages, parcours artistiques, chorales, ensembles instrumentaux, etc), ils peuvent offrir aux élèves volontaires un contact avec l'art et les artistes et l'exercice de la création.

Il faut par ailleurs s'attendre à ce que la dimension culturelle des enseignements soit très présente dans les futurs itinéraires de découverte. Le Centre national de documentation, dont la mission culturelle est désormais affirmée, prendra les initiatives nécessaires en termes de ressources documentaires et d'édition de produits pédagogiques, au service de cette grande ambition.

L'internat scolaire public

L'internat est une des réponses possibles aux enjeux de notre système scolaire. Il représente un atout déterminant pour la réussite scolaire et l'intégration sociale des élèves et doit donc être ouvert à tous. Il offre un cadre structurant pour beaucoup d'adolescents qui ne trouvent pas de conditions favorables à leur travail. C'est aussi un cadre stimulant et mobilisateur pour les élèves dans la conduite de leurs études. De même, il permet à la fois de développer leur autonomie et de les rendre plus solidaires.

C'est pourquoi un plan de développement de l'internat scolaire public proposé que dans chaque département , il y ait, dans les cinq ans à venir, au moins un internat dans les trois types d'établissements du second degré : en collège, en lycée professionnel et en lycée d'enseignement général et technologique.

Des correspondants " internats " ont été mis en place dans chaque département et dans chaque académie un responsable coordonne leur action.

Un annuaire recensant tous les internats publics vient de paraître. L'ensemble de ces informations est consultable sur le site web du ministère.

Un complément de bourse, pour les élèves internes, d'un montant de 231 euros (1515 francs) par an, couvrant approximativement les frais d'hébergement, est donnée dès cette rentrée 2001-2002.

Pour accompagner ce plan, une commission nationale pour le développement de l'internat doit être mise en place. Elle sélectionnera les projets en fonction de leur intérêt et pourra accorder une aide financière destinée à la réhabilitation d'internats existants et à la construction de nouveaux établissements.

L'architecture scolaire

Les établissements scolaires sont des lieux de travail et de vie. Leur architecture doit être pensée dans cette perspective. Beaucoup de progrès ont été faits, beaucoup de chantiers restent à ouvrir.

Un colloque se tient à la Sorbonne à la fin du mois sur le thème des rapports entre architecture et pédagogie. Je compte y promouvoir le souci de la qualité architecturale des établissements scolaires et souligner que l'évolution des pratiques pédagogiques et le développement des nouvelles technologies a des conséquences sur les constructions et sur l'aménagement des locaux.

La réflexion est à mener bien entendu en partenariat avec les collectivités territoriales. Depuis l'application des lois de décentralisation, elles ont réalisé des opérations souvent remarquables et développé une forte compétence dans la conception des espaces. La mise en place d'un lieu d'échanges et l'élaboration d'outils communs permettraient de mieux répondre encore aux besoins des utilisateurs et aux exigences pédagogiques.

La nécessité d'une meilleure connaissance de l'imaginaire de l'enfance et de l'adolescence. La création d'un observatoire

Toutes les études le confirment : la qualité des relations de l'enfant avec sa famille, l'école, ses amis, a une influence très importante sur sa future vie d'adulte.

La période de croissance entre l'enfance et le début de l'âge adulte se présente comme un processus continu à multiples facettes, qui concerne autant les aspects physiques que les aspects psychologiques et sociaux, et qui est différent pour les filles et les garçons.

Le bien être psycho-affectif de l'enfant et de l'adolescent dépend essentiellement de la qualité des interactions avec l'entourage. Si la famille occupe une place prépondérante durant la petite enfance, progressivement d'autres personnes, adultes comme pairs, jouent un rôle important sans jamais se substituer aux parents.

La santé somatique, psychologique et sociale est actuellement une préoccupation prioritaire. Celle des enfants et des adolescents fait l'objet de multiples analyses souvent très alarmistes. Il en est ainsi de la consommation de substances psycho-actives, des conduites violentes et à risque, cibles privilégiées des discours et des actions de prévention

De ce constat, résulte une mosaïque d'écrits, d'actions et de messages qui ne permettent pas toujours de comprendre ce qui se passe et d'y remédier. C'est pourquoi j'ai mis en place le Comité de l'enfance et de l'adolescence en mars 2001, piloté par Marie CHOQUET, directeur de recherche à l'INSERM. J'ai décidé la création d'un Observatoire de l'enfance et de l'adolescence qui comprendra des personnalités reconnues : Patrick Baudry, sociologue, professeur à l'université de Bordeaux 3 ; Marie Choquet, épidémiologiste, directeur de recherche INSERM ; Catherine Dolto, médecin, haptopsychothérapeute ; Philippe Jeamment, pédopsychiatre, professeur à l'université de Paris 6 ; Xavier Pommereau, responsable du Centre Abadie (CHU de Bordeaux).

Le " Cahier des exigences ": un livre de poche au service des enseignants, des parents et des élèves

Annoncé lors de la conférence de presse sur le collège en avril dernier, un livre au format de poche sur le collège sort lundi prochain. L'intitulé de cet ouvrage est " Qu'apprend-on au collège ? ", avec un sous titre qui en souligne un objectif essentiel : " Pour que les parents comprennent ce que leurs enfants apprennent ". Il s'agit d'une publication attendue des enseignants comme des parents.

Qu'apporte cet ouvrage de nouveau et d'utile par rapport à l'existant et aux programmes qui sont à disposition de tout un chacun, publiés au bulletin officiel pour chaque matière et chaque niveau ?

- Il présente en quelques pages le programme de chaque discipline, avec un exposé sur le sens général, un résumé de l'essentiel de ce qu'il faut en retenir et une présentation de ce qui est attendu des élèves. Chacun peut désormais avoir connaissance, dans un ouvrage accessible, de la totalité des programmes du collège, dans leur état actuel.
- Il marque les liens entre les disciplines, qu'il regroupe autour de " pôles " - la " maîtrise des langages ", la " culture des humanités ", la " culture scientifique et technique ", pour mieux en souligner les convergences culturelles et intellectuelles et les faire dialoguer entre elles.
- En reliant les différents apprentissages, il propose une vision dynamique de la culture et dessine un cadre organisé, dans lequel les itinéraires de découverte de cinquième et de quatrième et les enseignements choisis de troisième vont pouvoir se développer.
- Il précise pour chaque discipline les compétences attendues en fin du collège. Il libère ainsi l'initiative pédagogique des enseignants. Les élèves et leurs parents y trouvent aussi leur profit parce qu'en mettant ainsi " cartes sur table ", il se présente en quelque sorte comme un " permis de réussir ".
- Il est l'occasion d'afficher des repères de formation. Elle indique, pour chaque programme, l'essentiel de ce qui doit être acquis à la fin de la troisième. Elle permet de cadrer l'évaluation et de centrer l'effort sur ce qui ne va pas.
- Il constitue enfin une base qui servira de point d'appui aux évolutions futures des programmes.

Cet ouvrage, qui a été rédigé par le Conseil national des programmes, est édité par le Centre national de documentation pédagogique et les éditions XO.

Il sera gratuitement mis à disposition de tous les professeurs - et disponible en librairie pour le grand public à partir du 21 janvier 2002.

(source http://www.education.gouv.fr, le 21 janvier 2002)

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