Déclaration de M. Christian Pierret, secrétaire d'Etat à l'industrie, sur le Réseau National de Recherche en Télécommunications (RNRT) véritable "communauté" de la recherche publique et privée en télécommunications, Grenoble le 8 février 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Christian Pierret, secrétaire d'Etat à l'industrie, sur le Réseau National de Recherche en Télécommunications (RNRT) véritable "communauté" de la recherche publique et privée en télécommunications, Grenoble le 8 février 2002.

Personnalité, fonction : PIERRET Christian.

FRANCE. SE à l'industrie

Circonstances : Clôture du colloque RNRT (Réseau national de recherche en télécommunications) à Grenoble le 8 février 2002

ti :
Monsieur le Président, Monsieur l'adjoint au Maire,
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

Avant de commencer, je souhaite remercier l'INPG, et la Chambre de Commerce et d'Industrie de Grenoble qui vous accueillent ainsi que Jean JERPHAGNON et le RNRT pour l'organisation de cette manifestation.

N'ayant pas eu la possibilité de me rendre parmi vous aujourd'hui, c'est à distance que j'ai l'honneur de clore ce quatrième colloque du Réseau National de Recherche en Télécommunications. Je le fais avec un plaisir d'autant plus grand que je sais combien les échanges et les réflexions qui ont lieu au cours de cette manifestation annuelle sont riches et constructifs.

Lorsqu'il y a aura bientôt 5 ans, j'ai créé le RNRT, le contexte que connaissait le secteur était différent. Je reviendrai également sur la mise en place de l'évaluation du RNRT.

Après quatre années de forte croissance, le marché européen des télécommunications a connu en 2001 un fort ralentissement. Les facteurs en sont bien connus :
- une baisse des investissements des opérateurs sur les infrastructures, notamment optiques ;
- l'arrivée à maturité du marché des terminaux GSM et décalage dans le temps de l'arrivée de leurs successeurs GPRS et UMTS ;
- la consolidation parmi les opérateurs de télécommunications, après quatre années de concurrence intense.

L'émergence particulièrement rapide de ce nouveau paradigme a provoqué, et continue de provoquer, des secousses très importantes chez l'ensemble des acteurs du secteur.

Toutefois, il me paraît essentiel de rappeler que, d'une part le trafic voix et donnée, élément fondamental du marché des télécommunications, reste en croissance et que, d'autre part, l'industrie des télécommunications en France reste globalement une activité exportatrice (1,1 milliards d'euros au premier semestre 2001). Je reste donc convaincu que le secteur des télécommunications, continuera de contribuer fortement à la croissance du pays comme il l'a fait ces dernières années.

La France possède d'ailleurs en ce domaine de nombreux atouts dans la compétition internationale, notamment sur les segments les plus innovants et créateurs de valeur que sont les composants électroniques et le logiciel. Il convient de les renforcer pour mettre nos entreprises en position de pointe lorsque la reprise s'amorcera.

Loin de remettre en cause les efforts que nous menons collectivement, ces évolutions viennent donc renforcer les objectifs du RNRT et les inscrire dans la durée : coopération public-privé dans la recherche, amélioration de la position française sur l'Internet du Futur et les mobiles de troisième génération et valorisation industrielle des efforts de recherche sont d'autant plus d'actualité que la pression de la concurrence est forte.

Devant l'importance de l'enjeu, le gouvernement a mis en place un ensemble de mesures destinées à accompagner la profonde mutation du secteur.

Comme vous le savez, le Gouvernement a annoncé le 16 octobre dernier un changement des conditions financières liées aux autorisations UMTS avec un allongement de la licence de 15 à 20 ans et une redevance indexée sur le chiffre d'affaires réalisé par l'opérateur. Un nouvel appel à candidatures pour les autorisations restantes a été publié le 31 décembre 2001. Cet appel complémentaire devrait aboutir à la mise en place d'une concurrence accrue dans la téléphonie mobile de troisième génération.

Les services offerts, constituent le véritable enjeu de ce nouveau système. En effet, les services de l'UMTS peuvent, et doivent, aller au-delà de la fusion de l'Internet et du mobile que l'on connaît actuellement, en s'appuyant sur la localisation et la personnalisation du terminal, la sécurisation des échanges et de nouveaux modèles économiques.

Le Gouvernement s'est également fixé pour objectif, lors du comité interministériel pour l'aménagement et le développement du territoire (CIADT) du 9 juillet 2001, l'achèvement au cours des deux prochaines années de la couverture en téléphonie mobile (GSM) de l'ensemble des lieux de vie permanents et occasionnels. Dans ce dispositif, dont le financement sera majoritairement assuré par les opérateurs, les fonds publics nécessaires (Etat et collectivités locales) sont évalués à 86 millions d'euros alors que les engagements de Orange France et SFR devraient se traduire par un investissement de l'ordre de 200 millions d'euros. Ce dispositif aura notamment pour but de s'assurer que les 1.480 centres de village qui ne sont aujourd'hui couverts par aucun réseau de télécommunications mobiles bénéficient de cette technologie.

Le Gouvernement souhaite également faciliter l'investissement des collectivités locales dans les réseaux hauts débits. Pour cela, il a mis en place un dispositif de financement avec la participation de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) à hauteur de 1 milliard de Francs. Plus d'une centaine de projets ont déjà été soumis à la Caisse des dépôts, ce qui démontre la dynamique que cette mesure a su créer.

Enfin, alors qu'aujourd'hui certains acteurs sont tentés, pour satisfaire aux exigences de court terme, de réduire leurs dépenses de R D, le soutien public à la recherche-développement prend une importante encore plus forte. Nous en avons pleinement conscience. C'est pourquoi cette année encore, les crédits consacrés au développement de la société de l'information par la Direction Générale de l'Industrie, des technologies de l'Information et des Postes représenteront une part très importante (plus des trois quarts) du montant des actions de soutien à la recherche industrielle, qui s'élève cette année à plus de 280 millions d'euros.


Notre dispositif de soutien dans les NTIC repose principalement sur les réseaux de recherche et d'innovation technologique et les grands programmes EUREKA MEDEA et ITEA. La qualité du travail du RNRT qui fut pionnier dans son domaine, a fortement contribué à cette redéfinition de nos moyens d'action. Les synergies entre les réseaux doivent être développées, comme c'est le cas autour des plates-formes d'expérimentation, pour que ce dispositif atteigne une efficacité optimale.

La recherche de la taille critique pour les efforts de recherche-développement passe nécessairement par la constitution de ces partenariats européens. Je sais que des projets RNRT ont déjà constitué des bases pour la mise en place de projets à l'échelle européenne. Je souhaite que les regroupements de compétences créés au niveau national par le RNRT mettent les acteurs français en position de contribuer et de mener des initiatives d'envergure à l'échelle européenne.

Je tiens à ce sujet à saluer l'initiative du RNRT sur la cartographie des thématiques de recherche, dont les premiers résultats ont été présentés lors de ce colloque, et qui nous donne une première idée des points forts et des points faibles de la recherche en télécommunications en France. Une telle action s'inscrit parfaitement dans la réflexion stratégique sur la compétitivité de notre territoire.

Vous l'avez compris, le RNRT est une pièce essentielle du paysage français des télécommunications. La qualité des travaux qui ont été menés jusqu'ici par le RNRT m'a d'ailleurs été signalée lors de la table ronde que j'ai organisée avec les opérateurs et équipementiers le 27 novembre dernier. Votre présence aujourd'hui atteste également de la constitution autour du RNRT d'une véritable " communauté " de la recherche publique et privée en télécommunications.

Le contexte économique actuel est radicalement différent de celui ayant entouré le lancement du réseau. Ce changement de contexte, associé à la proximité de l'échéance du mandat du RNRT, après bientôt cinq années de fonctionnement, renforce la nécessité d'une évaluation indépendante de ses résultats, pour vérifier l'adéquation des moyens mis en place par le réseau avec les nouvelles conditions économiques du secteur des télécommunications.

Cette évaluation, que le ministre de la Recherche et moi-même avons souhaitée, démarre actuellement et se déroulera dans le courant du premier semestre de l'année 2002.

Conduite par un consultant indépendant et pilotée par mon ministère et celui de Roger-Gérard SCHWARTZENBERG, cette évaluation aura pour but de mesurer les résultats qualitatifs et quantitatifs obtenus par le RNRT et de proposer, à partir d'une large consultation des acteurs, des améliorations du dispositif. Notre ambition est de consolider nos éléments d'analyse et de réfléchir aux moyens nécessaires pour que le RNRT puisse développer sur le territoire les compétences nécessaires à l'affirmation de la compétitivité mondiale de nos entreprises.

Je sais pouvoir compter sur l'ensemble des acteurs du RNRT pour contribuer à cette réflexion, avec imagination et pragmatisme.

C'est donc avec une grande confiance dans l'avenir que je clos ce colloque : confiance pour notre avenir économique, pour l'avenir du RNRT et pour que l'effort entrepris ensemble ces dernières années pour donner à la France une position de pointe dans le domaine des télécommunications soit prolongé de manière tout aussi efficace pour affronter les défis des mois et des années à venir.


(source http://www.industrie.gouv.fr, le 11 février 2002)

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