Déclaration de M. Christian Pierret, secrétaire d'Etat à l'industrie, sur le soutien financier du gouvernement à l'innovation technologique et sur le nécessaire rapprochement entre la recherche scientifique et l'industrie, Paris, le 2 février 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Christian Pierret, secrétaire d'Etat à l'industrie, sur le soutien financier du gouvernement à l'innovation technologique et sur le nécessaire rapprochement entre la recherche scientifique et l'industrie, Paris, le 2 février 2002.

Personnalité, fonction : PIERRET Christian.

FRANCE. SE à l'industrie

Circonstances : Premières rencontres parlementaires sur l'innovation, Paris le 2 février 2002

ti : Monsieur le député, cher Michel Destot,
Mesdames et messieurs les sénateurs et députés,
Mesdames et messieurs,


Pour clôturer ces premières rencontres parlementaires sur l'innovation, je voudrais commencer par remercier très chaleureusement Michel Destot de l'initiative qu'il a prise en organisant la journée d'aujourd'hui. Depuis 5 ans maintenant que je suis Ministre de l'Industrie, je mesure pleinement ce que nous apporte la mobilisation de Michel Destot pour une France innovante et créative, à Grenoble et à l'Assemblée nationale.

Le colloque d'aujourd'hui est organisé à un moment crucial, à une sorte de croisée des chemins : une réelle dynamique de l'innovation s'est mise en place en France mais il nous faut faire encore plus si nous voulons - et nous le voulons j'en suis sûr - que la France et l'Europe remportent la bataille de la croissance et de l'emploi, la bataille de l'économie de la connaissance.

Je viens de prendre connaissance avec beaucoup d'intérêt des conclusions de vos travaux : décloisonner les compétences, en faisant se côtoyer responsables politiques, entrepreneurs, chercheurs et responsables administratifs autour des questions clés que sont l'accès aux compétences, aux financements et aux marchés, tels sont les sujets que vous avez abordés. Je vais examiner avec la plus grande attention les initiatives que vous avez proposées.

Pour clôturer ces rencontres, je vais essayer à la fois de prendre un peu de recul, et modestement, tenter de prendre un peu d'avance sur cette question centrale : comment faire mieux fructifier nos atouts pour que la France et l'Europe s'affirment comme les économies les plus innovantes ?

1 - Prendre du recul tout d'abord

Je voudrais à ce titre insister sur les 4 objectifs clés sur lesquels nous avons marqué des avancées décisives, qui constituent autant d'atouts pour l'avenir :

a) Mobiliser l'ensemble des secteurs.

Il n'y a pas de secteur industriel qui ne soit pas innovant. C'est cette conviction pour notre compétitivité qui est au c¿ur de mon action depuis 5 ans. Nous avons ainsi profondément renouvelé les cibles de notre action stratégique : en mettant l'accent sur les technologies de l'information et de la communication, qui sont des technologies diffusantes pour toutes les entreprises ; en mettant l'accent sur deux axes stratégiques nouveaux : les sciences du vivant et le développement durable ; en incluant des secteurs qui n'étaient pas nécessairement habituels : textile, sidérurgie,¿

a) Fédérer l'ensemble des acteurs.
L'innovation est une affaire d'équipe, de réseaux, de synapses. C'est cette méthode que l'Etat a mis en ¿uvre de façon déterminée depuis 1998 autour des 14 réseaux de recherche et d'innovation installés avec Roger-Gérard Schwartzenberg, Ministre de la recherche : ils associent acteurs publics et privés, chercheurs et entrepreneurs aux côtés des administrations pour définir collectivement nos priorités sectorielles, faire émerger des projets innovants et soutenir les innovations. Le secteur public, tous dispositifs confondus, apporte ainsi la deuxième source de financement de l'innovation en France, selon une enquête que je viens de rendre publique : avec plus de 11% du financement de l'innovation, les financements publics se situent derrière l'autofinancement, mais devant le financement bancaire.

b) Localiser l'innovation sur tout le territoire.
Chaque région dispose d'un potentiel innovant qu'il convient de détecter, de consolider et de promouvoir. C'est la démarche entreprise avec les technologies clés 2005. Sur la base d'analyses d'experts et d'études de cas, nous avons construit une cartographie évolutive des technologies et des compétences régionales pour les acteurs du développement local. Un programme expérimental fonctionne dans 5 régions pilotes.

c) Diffuser les outils de la société de l'information dans toutes les entreprises.
L'innovation n'est pas l'apanage des grands groupes. Les jeunes pousses le montrent à l'évidence. Autour de l'Anvar, d'Atout et d'UCIP, nous nous sommes donnés les moyens d'inscrire les PME-PMI dans une dynamique innovante : en 2000, l'Anvar a accompagné et financé plus de 3200 initiatives de PME ; en 2001, le programme Atout piloté par le Ministère de l'Industrie a permis à plus de 1000 PMI d'intégrer de nouvelles technologies et de développer leur savoir-faire. Depuis 1998, le programme UCIP (utilisation collective d'internet par les PME) que j'ai mis en place a soutenu 300 projets collectifs.

Fédérer tous les secteurs, toutes les entreprises, tous les acteurs, toutes les régions autour de l'innovation, voici je crois un acquis des dernières années : nous avons profondément modernisé le système français d'innovation, renforcé les liens entre recherche et industrie. Les évolutions positives du tableau de bord de l'innovation le montrent : la prise de conscience de l'importance de l'innovation pour la croissance et pour l'emploi est une réalité.

2 - Se projeter en avant, ensuite.

L'innovation est un défi permanent. Il nous faut demain faire encore plus, concrètement, pour cette ambition. Ceci m'amène à mon deuxième point : comment prendre de l'avance ? Je voudrais faire trois annonces et propositions à ce propos.

a) Il nous faut sans attendre consacrer plus de moyens à soutenir la recherche industrielle.

Pour 2002, je vous annonce que je consacrerai, au travers du chapitre 66.01, 300 millions d'¿ à soutenir l'innovation industrielle. C'est 90 millions d'¿ de plus qu'en 1999, où 210 millions d'¿ avaient été mobilisés. Non seulement, j'ai mis un terme à la baisse des crédits de soutien à la recherche industrielle mais j'ai lancé une dynamique de forte croissance. Entre 1999 et 2002, les crédits pour l'innovation industrielle auront effectivement augmenté de 42,5 %.

Cette forte mobilisation bénéficiera à des priorités profondément renouvelées :
- 74 % des crédits iront aux TIC, technologies diffusantes pour tous les secteurs, comme en témoigne l'étude sur le commerce électronique inter-entreprises que je rends publique aujourd'hui et qui montre l'importance de ce secteur ;
- 10 % aux sciences de la vie, soit un doublement en un an de l'effort dans ce domaine encore émergeant mais amené à prendre une ampleur considérable. ;
- 16 % au développement durable, notamment pour l'automobile, les nouveaux matériaux, le textile et les biens de consommation.

Enfin, les cibles de ces aides ont été volontairement et fortement élargies en 5 ans. Les crédits d'innovation industrielle vont prioritairement à des projets partenariaux : plus de 160 projets ont été accompagnés en 2001 avec en moyenne 4,5 partenaires par projet. C'est presque deux fois plus de partenaires par projet qu'il y a 5 ans. En témoigne notamment l'ouverture de ces aides vers les PME qui a été pour moi un objectif central : désormais, deux projets sur trois associent une PME.

b) Il nous faut nous donner des objectifs européens à la hauteur des enjeux.

Je viens de participer au conseil informel des Ministres européens de l'industrie et de la recherche. L'objectif qui en a émergé est clair : constituer un espace européen de la recherche et de l'innovation. Le 6ème PCRD y contribuera. La France, qui va présider Eureka, y prendra toute sa place. Pour concrétiser cette ambition pour l'Europe, nous nous sommes mis d'accord pour proposer aux chefs d'Etat et de Gouvernement à Barcelone un objectif chiffré et ambitieux pour augmenter la part de la R D dans le PIB européen. Avec 1,92 % du PIB européen consacré à la R D, nous sommes en effet largement en-dessous des Etats-Unis (2,56 %) et du Japon (3 %), même si la France (2,2 %) se situe au-dessus de la moyenne européenne. C'est pourquoi nous avons mis en avant le chiffre de 3 % du PIB européen consacré à la R D d'ici à 2010.

c) Il nous faut mieux reconnaître ceux qui prennent des risques.

Pour y parvenir, et ce sera ma dernière remarque, il nous faudra mettre en ¿uvre un environnement économique et fiscal qui reconnaisse les risques pris par les entrepreneurs et les encourage dans leur démarche. Laurent Fabius, Ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, vient encore de prendre des mesures importantes pour le financement des jeunes pousses. Un ensemble de mesures ont été proposées, aujourd'hui, ou dans le rapport Charzat. A titre personnel, il me paraît nécessaire que dans un délai rapide et si possible dans un cadre européen nous en mettions en ¿uvre les préconisations.

Conclusion

Nous disposons d'atouts considérables : excellence de notre recherche et de notre industrie. Nous venons de modifier profondément la perception des secteurs industriels : l'innovation leur est maintenant consubstantielle. Dans les années à venir, il nous faudra nous appuyer sur ces acquis pour changer d'échelle au niveau national et européen et remporter la compétition internationale. C'est notre ambition, autour du Premier ministre.



(source http://www.industrie.gouv.fr, le 13 février 2002)

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