Interview de M. Jean-Luc Mélenchon, ministre délégué à l'enseignement professionnel, dans "Ouest-France" du 20 janvier 2002, sur les débouchés de l'enseignement professionnel et la valorisation des filières professionnelles. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Interview de M. Jean-Luc Mélenchon, ministre délégué à l'enseignement professionnel, dans "Ouest-France" du 20 janvier 2002, sur les débouchés de l'enseignement professionnel et la valorisation des filières professionnelles.

Personnalité, fonction : MELENCHON Jean-Luc, HENRY Caroline.

FRANCE. Ministre délégué à l'enseignement professionnel

ti : Jean-Luc Mélenchon est ministre délégué à l'enseignement professionnel. Au lendemain d'un regain constaté pour les filières professionnelles, il fait le point sur un enseignement en évolution.


Comment expliquez-vous le retour des jeunes vers l'enseignement professionnel ?

Elle correspond à une prise de conscience des perspectives d'emploi futures. La situation est exceptionnelle : dans une dizaine d'années, plus de 5 millions de personnes partiront à la retraite. A cela s'ajoute la création de 2 500 000 postes, générée par l'effet de croissance. Les jeunes de notre temps sont réalistes : ils savent qu'il faut une qualification professionnelle pour trouver un emploi et le garder. L'équation est simple : pas de diplôme, pas de travail¿ Il savent que la sélection se fait à un moment donné et plus on avance, plus elle est dure.

Quel est l'état d'esprit qui règne dans ces établissements ?

C'est la confiance retrouvée chez le personnel encadrant et les élèves. Après des années de dédain, une hausse des inscriptions valorise et motive. Nous essayons de conserver ces sentiments par des réformes concrètes qui dynamisent une filière autour d'un enseignement artistique, civique et juridique, toujours fondé sur le concret et l'utile. N'oublions pas qu'un tel enseignement exige discipline et esprit d'équipe qui soude les classes et l'établissement. C'est ça qui fait l'état d'esprit. Dans l'enseignement général, c'est plus chacun pour soi !

Comment sont considérés ces élèves par leur entourage, leurs futurs employeurs ?

Dans l'institution même, on n'est pas sorti de la dévalorisation et il règne une vision étriquée de la réussite. Un jeune en échec scolaire est un jeune en échec. Point. Les choses sont différentes dans la société. Famille et entourage constatent que le jeune est à l'aise une fois qu'il a trouvé sa voie, qu'il apprend son futur métier au lieu de peiner dans le général. Dans les villes, les jeunes se connaissent et gardent leurs amis. Au sein des lycées polyvalents, le brassage se fait. Tout dépend aussi de l'image d'un établissement, mais parfois les lycées professionnels ont plus la cote que les généraux. Enfin, les employeurs, premiers concernés, courent après cette main-d'¿uvre qualifiée ! L'année dernière, plus de 10 000 jeunes ont même été embauchés avant d'obtenir le diplôme¿

Quels sont les projets actuels pour valoriser les filières ?

Pas besoin de pub, les chiffres parlent : 100 % des bacs pro sont embauchés ! Un grand projet doit se mettre en place d'ici trois ans : il s'agit du "lycée des métiers", label qui sera donné à tous les établissements professionnels. Par la mise en commun des voies professionnelle et technologique, chacun regroupera les formations d'un métier. De l'apprentissage au post-bac en passant par la formation continue, tout sera sous le même toit. C'est simple : si un jeune a sous les yeux un horizon et voit clair, son ambition est stimulée !


Propos recueillis par Caroline Henry.

(source http://www.enseignement-professionnel.gouv.fr, le 23 janvier 2002)

Rechercher