Message de M. Lionel Jospin, Premier ministre sur la sécurité dans la vie quotidienne et notamment sur les mesures prise pour sécuriser les logements, Paris le 12 février 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

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Message de M. Lionel Jospin, Premier ministre sur la sécurité dans la vie quotidienne et notamment sur les mesures prise pour sécuriser les logements, Paris le 12 février 2002.

Personnalité, fonction : JOSPIN Lionel.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Colloque "Vie quotidienne et sécurité" à Paris le 12 février 2002

ti : Mesdames, Messieurs,

Vous le savez, la sécurité est, avec l'emploi, la première priorité de l'action du gouvernement.

Depuis 5 ans, nous avons traité cette question en agissant de façon globale, à tous les niveaux, parce qu'elle touche tous les aspects de la vie quotidienne de nos concitoyens.

C'est pourquoi, même si les questions de sécurité relèvent au premier chef de la justice, de la police et de la gendarmerie, toute une série d'actions a été engagée depuis 1997 pour que, tant à l'école, dans les transports, que dans les quartiers, elle soit mieux assurée.

Nous avons également agi dans le domaine du logement. Votre colloque "vie quotidienne et sécurité dans l'habitat" aborde une question essentielle pour nos concitoyens : la sécurité dans l'habitat. Celui-ci est en effet un lieu primordial de la sécurité individuelle.

Traiter dans son entier cette question demanderait d'importants développements : c'est tout le rapport entre l'Etat, la force publique et la société urbaine qu'il faudrait explorer. Je voudrais en quelques mots tracer les pistes essentielles.

L'insécurité n'est pas subie ou vécue de la même manière par chaque citoyen. Ce sont les populations les plus fragiles et les plus modestes qui vivent de façon particulièrement aiguë l'insécurité et l'incivisme. Le logement doit rester le lieu de sûreté par excellence, le lieu de l'intimité où l'on doit pouvoir se sentir en sécurité.

Nous connaissons l'inégalité territoriale et ces 27 départements les plus urbanisés où se concentrent plus de 80 % des crimes et délits. Nous connaissons l'inégalité sociale dans ces zones qui cumulent toutes les difficultés. Ajoutons-y l'inégalité liée aux formes urbaines. En effet, l'appropriation de certains "espaces communs" est un enjeu d'importance. La dégradation de ces lieux, leur occupation temporaire ou permanente génèrent de vraies souffrances pour nombre de nos concitoyens.

Leur exigence est donc forte et légitime. Il nous faut amplifier notre action et, là où cela est nécessaire, reconsidérer nos méthodes car il ne peut subsister des zones de non droit. C'est dans cet esprit que le gouvernement a triplé les crédits consacrés à la sécurisation de l'habitat.

Au-delà de ces mesures qui, vous l'aurez compris, ne se limitent pas aux stricts aspects sécuritaires, il faut encore prendre des mesures nouvelles.

La réappropriation de l'espace passe par le développement effectif de la présence humaine sur le terrain. En publiant le décret imposant l'obligation d'un gardien pour 100 logements en Zone Urbaine Sensible dès 2002 et au-delà de ces quartiers au 1er janvier 2003, le secrétariat d'Etat au logement a proposé une mesure concrète qui contribue à améliorer le cadre de vie de nombreux habitants. Les gardiens d'immeubles ont un rôle majeur à jouer et nous veillerons à ce qu'ils soient en nombre suffisant, formés, accompagnés, valorisés.

Le secteur du logement est déjà riche d'une expérience approfondie et de pratiques multiples contre le développement de la violence et des incivilités. Chaque jour sur le terrain, les bailleurs, les professionnels qualifiés, les acteurs mais aussi les habitants font déjà face à la situation. C'est donc d'abord par une généralisation de ce qui se fait déjà de plus efficace sur le terrain que ce fléau sera combattu et vaincu. C'est ce que je nomme la diffusion des bonnes pratiques.

A cette expérience s'ajoute celle, précieuse, des Contrats Locaux de Sécurité : les équipes des forces de police, de gendarmerie et de la justice, les représentants des collectivités territoriales concernées sont des partenaires privilégiés des bailleurs et autres organismes. Il faudra veiller à ce que tous les nouveaux Contrats Locaux de Sécurité développent un volet spécifique "habitat" associant bailleurs, associations de locataires et de quartiers, copropriétaires¿ et que les Contrats Locaux de Sécurité existants soient modifiés par un avenant pour le logement après les concertations qui s'imposent.

En conclusion, Mesdames, Messieurs, la politique gouvernementale en matière de sécurité implique un grand nombre de services de l'Etat. Vous abordez durant cette journée un des aspects de cette politique : la sécurité dans l'habitat. Là peut être plus qu'ailleurs au niveau national comme au niveau local, une politique efficace implique la coordination de l'ensemble des acteurs présents sur le terrain.

Votre colloque d'aujourd'hui s'inscrit dans cet esprit et je serai très attentif à vos débats.


(source http://www.logement.equipement.gouv.fr, le 28 mars 2002)

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