Interview de M. Jean-Claude Gayssot, ministre de l'équipement, des transports et du logement, à l'Agence France Presse le 25 mars 2002, sur la réouverture du Tunnel du Mont-Blanc aux voitures puis aux camions de moins de 19 tonnes et sur la mise en oeuvre du ferroutage. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Jean-Claude Gayssot, ministre de l'équipement, des transports et du logement, à l'Agence France Presse le 25 mars 2002, sur la réouverture du Tunnel du Mont-Blanc aux voitures puis aux camions de moins de 19 tonnes et sur la mise en oeuvre du ferroutage.

Personnalité, fonction : GAYSSOT Jean-claude.

FRANCE. Ministre de l'équipement, des transports et du logement

ti :
Q - Pourquoi ne pas rouvrir le tunnel du Mont-Blanc immédiatement à tous les camions, alors que vous le qualifiez vous-même de "l'un des plus sûrs au monde" ?

R - Nous avons, avec mon collègue italien, dit dans une déclaration commune que 15 jours après l'ouverture aux véhicules légers, nous commencerions à ouvrir aux poids lourds de plus de 3,5 tonnes. Le terme "commencer" a un sens.

Nous avons pensé à une ouverture progressive pour une raison simple, la sécurité. Cela fait trois ans que ce tunnel est fermé, il y a une adaptation à faire. Déjà pour les véhicules légers nous avons relevé plus de 600 infractions, non-respect des distances, vitesse excessive ou arrêts inconsidérés. Pour les poids lourds, non seulement la régulation, la gestion de la vitesse doivent être bien faits, mais en plus nous n'avons jamais pratiqué la circulation alternée dans le tunnel du Mont-Blanc.

Q - La France cherche-t-elle à repousser le retour des semi-remorques dans la vallée de Chamonix jusqu'après les élections ?

R - On peut rouvrir dans un délai très rapide, demain ou après-demain si on veut, aux véhicules de moins de 19 tonnes et aux cars. Dans les semaines qui suivent, y compris avant les élections, on peut intégrer le trafic local au-delà de 19 tonnes, et puis à l'été, faire en sorte de réussir l'objectif commun de la France et de l'Italie, qui est de transférer au tunnel du Mont-Blanc 35 % du trafic qui passe actuellement sous le tunnel du Fréjus.

Plus on tarde à démarrer sur la première phase, plus il est évident que cela renvoie après les élections.

Q - Pourquoi ne pas accélérer la mise en oeuvre du ferroutage pour soulager les vallées alpines du transport routier de marchandises ?

R - A la fin de l'année, 50.000 camions pourront passer sur les navettes ferroviaires, et à l'horizon 2005-2006, 300.000 à 400.000.

Une politique a été menée pendant des décennies qui a consisté à sacrifier le trafic ferroviaire de marchandises. J'ai fait accélérer les choses, alors que nous n'avions même pas de wagon adapté. Maintenant c'est engagé, et nous avons aussi raccourci les délais de la liaison Lyon-Turin, qui sera terminée dans dix ans. C'est alors 1 million de camions qui passeront de la route sur le rail./.


(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 3 avril 2002)

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