Déclaration de M. Lionel Jospin, Premier ministre et candidat à l'élection présidentielle, sur les enjeux de l'élection présidentielle pour l'outre-mer, le rappel des principes fixés par la loi d'orientation pour les DOM en matière de statut, le programme pour un développement durable, économique et social, Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) le 30 mars 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Lionel Jospin, Premier ministre et candidat à l'élection présidentielle, sur les enjeux de l'élection présidentielle pour l'outre-mer, le rappel des principes fixés par la loi d'orientation pour les DOM en matière de statut, le programme pour un développement durable, économique et social, Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) le 30 mars 2002.

Personnalité, fonction : JOSPIN Lionel.

FRANCE. Premier ministre;FRANCE. Candidat à l'élection présidentielle de 2002

Circonstances : Déplacement électoral aux Antilles les 30 et 31 mars 2002 ; meeting à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) le 30

ti : Je suis très heureux de revenir ici, en Guadeloupe, un an et demi après ma précédente visite (novembre 2000).

J'étais venu en temps que Premier ministre. Cette fois, je suis parmi vous en tant que candidat à la Présidence de la République. Ma femme, Sylviane, m'accompagne, en ce week-end de Pâques, qui est une fête religieuse mais aussi une fête familiale : c'est une façon de rendre hommage aux familles et aux femmes guadeloupéennes.

Je remercie de leur accueil
- le maire de Pointe-à-Pitre, le Docteur Henri BANGOU, qui incarne dans cette ville une longue tradition de combat pour les valeurs de progrès et de solidarité, pour la reconnaissance de la culture et de toute l'histoire de la Guadeloupe ;
- Victorin LUREL, le maire de Vieux-Habitants, qui montre avec talent qu'il n'y a pas, dans ce département, de chasse gardée pour la droite et qu'on peut, dans l'union, en alliant les convictions et la compétence, engranger de nouvelles conquêtes ; je lui demande de transmettre aux habitants de la Basse-Terre, dont il est le représentant, toutes mes amitiés.
- Jacques GILLOT, président du Conseil Général, qui a su rassembler autour de lui une majorité de progrès au sein de l'assemblée départementale, qui représente une gauche moderne, efficace, à la fois calme et déterminée, pour l'avenir de la Guadeloupe. Je le remercie d'avoir accepté de présider mon comité de soutien.

Dès le début de la campagne, j'ai voulu aller outre-mer, à La Réunion, pour marquer combien les départements et territoires d'outre-mer avaient toute leur place dans le grand débat de l'élection présidentielle.

Aujourd'hui, je suis ici, avec vous, en Guadeloupe, pour vous dire comment nous pouvons, ensemble, faire vivre la République aux couleurs de l'outre-mer.
Les grands enjeux de l'élection présidentielle concernent directement les départements d'outre-mer comme les autres départements de France et les citoyens d'outre-mer comme les autres citoyens :
- l'emploi et le développement économique, pour continuer à faire reculer le chômage
- la justice sociale et la solidarité, pour garantir l'avenir des retraites
- l'égalité des chances, dans le domaine de l'éducation et de la qualité des services publics
- la lutte contre l'insécurité et pour une justice égale pour tous
- la préservation de l'environnement, en utilisant mieux les énergies renouvelables
- la place de la France et de l'Europe dans le monde, face aux défis de la mondialisation.

Je n'aurai donc pas deux discours, un à Paris et un à Pointe-à-Pitre. Les engagements que je prends pour la France sont nécessairement des engagements pour la Guadeloupe.

Mais je connais aussi les réalités particulières qui sont les vôtres, façonnées par la géographie et par l'histoire :
- la géographie : l'insularité de l'archipel guadeloupéen, l'insularité dans l'insularité avec la situation spécifique des îles du Nord, mais aussi les Saintes, Marie-Galante, La Désirade, la proximité des Etats de la Caraïbe et l'éloignement de la métropole et de l'Europe ;
- l'histoire : elle a eu ses pages de lumière et sa part d'ombres. Mon gouvernement a eu à c¿ur que notre pays sache désormais porter un regard lucide sur son histoire outre-mer :
- l'accord de Nouméa reconnaît les droits particuliers du peuple kanak
- en 1998, le 150ème anniversaire de l'abolition a marqué la place de l'esclavage dans notre histoire et dans notre mémoire ; par la loi du 21 mai 2001la France a été le premier Etat à reconnaître l'esclavage et la traite comme crimes contre l'humanité ; nous n'en resterons pas à un geste symbolique : un comité, présidé par une grande Guadeloupéenne, Maryse Condé, est chargé d'organiser une journée du souvenir, de désigner des lieux de mémoire, symboliques du combat pour l'abolition, et de renforcer la place de cette histoire dans l'enseignement scolaire ;
- je veux aussi saluer l'engagement de la ville de Nantes et de son maire, Jean-Marc Ayrault, dans un projet de musée de l'esclavage, qui aura une portée nationale,
- comment ne pas rapprocher le vote de cette loi et le 200ème anniversaire du sacrifice de DELGRES, auquel j'avais rendu hommage, ici même, il y a deux ans ? Le devenir du peuple guadeloupéen s'est forgé dans la lutte, mais aussi dans l'action émancipatrice de la République qui a rompu les chaînes de l'esclavage et qui, aujourd'hui, assume cette part de notre histoire nationale.

Façonnés par l'histoire, les liens entre l'outre-mer et la France ont été renouvelés par la libre adhésion. L'outre-mer enrichit la République, en montrant que l'on peut être à la fois pluriels et singuliers, égaux et différents, uniques et solidaires.

A son tour, la République doit se montrer capable de concevoir une politique ambitieuse, adaptée à des réalités différentes de celles de l'hexagone. La République outre-mer ne peut pas être, pour moi, la République de l'uniformité.
L'unité, oui, l'uniformité, non !

Au nom de ces réalités différentes, et parce qu'existe aussi une demande de responsabilités locales, certains ont fait de la question statutaire leur priorité. Pour ma part, je n'ai jamais perdu de vue l'enjeu majeur du temps présent : la lutte contre le chômage et pour l'égalité sociale.
Le Président sortant a nourrit la confusion dans ce débat, en tenant des discours différents, selon les lieux, selon les moments, selon les interlocuteurs. Entre Cayenne en novembre 1997, où il déclarait intangible le statut départemental, et Madiana, en Martinique où il se rallie à l'idée du statut à géométrie variable, quel grand écart ! Par ses contradictions, Jacques Chirac a désorienté beaucoup de nos concitoyens.

Je n'accepte pas, pour ce qui me concerne, d'aventure institutionnelle. Pour l'ensemble de nos compatriotes, de métropole et d'outre-mer, je veux conduire une politique fondée sur le respect et la confiance, c'est-à-dire sur la parole donnée et le refus du double langage.

En matière d'évolution statutaire, je veux rappeler les principes qui me guident :
- d'abord, l'unité de la République, à laquelle les Guadeloupéens, comme toutes les populations d'outre-mer, sont - je le sais - profondément attachés ;
- ensuite, le lien avec l'Europe, qui dans de nombreux domaines est un facteur de développement économique ;
- le troisième principe est celui de l'égalité des droits, qui est au c¿ur du pacte républicain entre l'outre-mer et la Nation. Je veux le dire avec force à tous les Guadeloupéens : je n'accepterai jamais une évolution institutionnelle qui se traduirait par une régression des droits sociaux ;
- enfin, la consultation des populations est un préalable à toute évolution institutionnelle, à plus forte raison si elle devait entraîner une révision de la Constitution.

La loi d'orientation pour l'outre-mer a fixé une démarche et une méthode. Cette démarche et cette méthode sont transparentes et démocratiques :
- transparente, puisque ce sont les élus, dans le cadre du Congrès, qui formulent des propositions ;
- démocratiques, puisque ce sont les populations concernées qui se prononcent avant que le Parlement ne traduise, dans la loi, les évolutions négociées.

Là encore, les différences avec la droite sont claires, puisqu'à plusieurs reprises, J. Chirac a indiqué qu'une modification de la Constitution devait intervenir préalablement aux choix d'éventuelles modifications statutaires, ce qui signifie que les grandes lignes de cette évolution seraient arrêtées avant toute consultation des populations. Décider d'abord, consulter ensuite, ce n'est pas ma conception de la démocratie !

Dans le cadre que j'ai rappelé, rien ne s'opposerait à des évolutions différentes pour chacun des départements. Les Congrès de Guadeloupe, Guyane et Martinique ont beaucoup travaillé. Des propositions ont été formulées. C'est sur cette base que le prochain Gouvernement, après une nouvelle concertation avec les élus, pourra engager la consultation des populations. Si au terme de cette démarche, il apparaît qu'une révision constitutionnelle est nécessaire pour faire aboutir les changements proposés, j'y suis disposé dès lors qu'elle ne remettrait en cause ni l'unité de la République, ni l'égalité des droits.

Mais je n'ai pas la religion des changements institutionnels : il faut les faire s'ils sont nécessaires, c'est-à-dire s'ils répondent à une demande de responsabilités nouvelles et une exigence d'amélioration des conditions du développement économique. Si les Guadeloupéens préfèrent conserver ou simplement adapter leur statut actuel, ils le pourront naturellement.

Je voudrais maintenant vous dire quel est mon projet en matière de développement économique et social.

J'ai présenté à tous les Français le projet sur lequel je m'engage. C'est celui d'une France active, qui s'avance résolument vers le plein emploi. D'une France sûre, qui traitera fermement toutes les causes de la violence et où chaque délit trouvera sa sanction. D'une France juste, qui garantira les chances de chacun et les droits de tous. D'une France moderne, qui passera un contrat nouveau avec sa jeunesse pour réussir son entrée dans le XXIè siècle. D'une France forte, qui sera un acteur actif de la construction politique de l'Europe et respecté dans le monde.

Bien sûr, ce projet s'adresse aussi à la Guadeloupe. Les propositions qu'il comporte y seront appliquées, avec s'il le faut les adaptations nécessaires. Mais je veux aussi passer un contrat particulier avec l'outre-mer, et notamment avec la Guadeloupe.

Outre-mer, comme dans l'hexagone, la bataille pour l'emploi et le développement économique restent la toute première des priorités : l'emploi ! l'emploi ! l'emploi !

Ici, comme là-bas, nous avons commencé à faire reculer le chômage : en deux ans, le chômage a reculé de 16 % en Guadeloupe, et même de 35 % chez les jeunes de moins de 25 ans. C'est un résultat considérable : nous avons inversé la tendance, brisé la spirale du chômage. Ma volonté, avec vous, est d'aller plus loin et plus fort dans la même direction.

Nous avons commencé avec la loi d'orientation, qui est le socle solide sur lequel continuera demain à s'appuyer notre action :
- tous les secteurs économiques, et d'abord l'agriculture, l'artisanat, le tourisme, bénéficient de l'allègement des charges sociales pour pouvoir embaucher ; pour aller plus loin, je propose l'instauration d'un chèque emploi-salarié qui supprimera les démarches administratives des très petites entreprises ;
- nous aidons les jeunes à créer leurs entreprises, avec les projets " Initiatives jeunes " : plus de 1.100 jeunes en ont déjà bénéficié en Guadeloupe ;
- nous avons amélioré les aides fiscales à l'investissement ; à la place de la loi Pons, injuste et opaque, qui ne profitait qu'à quelques centaines de très gros contribuables, nous avons créé un mécanisme plus équitable, plus transparent et surtout plus efficace : la défiscalisation au bénéfice de l'outre-mer a été multipliée par 1,5 entre 1998 et 2001. Pour aller plus loin, je propose, en partenariat avec les collectivités locales, la création de fonds régionaux de garantie et de capital-risque afin de favoriser la création et le développement des entreprises ;
- nous aidons les entreprises exportatrices, en allégeant leurs charges sociales ; pour aller plus loin, je propose un fonds d'aide à l'exportation, qui contribuera au financement des études de marché ;
- nous aidons les jeunes à trouver un emploi et à s'insérer dans la vie professionnelle, avec le congé de solidarité, qui permet de financer des préretraites en contrepartie de l'embauche de jeunes en contrat à durée indéterminée.

Par ignorance ou par calcul, certains prétendent que la loi d'orientation ne ferait que poursuivre la politique précédente et qu'au fond, il n'y aurait pas de différence fondamentale entre la droite et la gauche.

D'abord, je rappellerai que la gauche, au cours des cinq années écoulées, a donné une dimension forte et concrète à la solidarité avec l'outre-mer : alors que la croissance globale du budget de l'Etat, entre 1997 et 2002, a été de 9 %, l'effort financier de l'Etat en direction de l'outre-mer a été, lui, augmenté de 50 %. C'est aussi et d'abord cela, la solidarité avec l'outre-mer !

Les aides au développement économique et à l'emploi outre-mer ont été multipliées par trois, grâce à la loi d'orientation, par rapport aux mesures des gouvernements Balladur et Juppé.

Et puis surtout pour financer l'ensemble de ces mesures, nous n'avons pas, comme l'avaient fait nos prédécesseurs, augmenté de deux points la TVA dans les seuls départements d'outre-mer. Nous, nous avons choisi de faire appel à la solidarité nationale - et ce n'était que justice !

Vous savez bien, vous, en Guadeloupe, que la politique de la gauche et de la droite, ce n'est pas la même chose :
- où en serait l'industrie cannière et sucrière, s'il n'y avait pas eu en 1981 la réforme foncière engagée par le gouvernement de Pierre MAUROY ?
- où en serait la filière banane, s'il n'y avait pas eu, en 1992, l'organisation commune de marché négociée au niveau européen par Louis LE PENSEC ?
- où en serait la justice sociale, s'il n'y avait pas eu, à partir de 1988, la réalisation de l'égalité sociale, voulue et soutenue par François MITTERRAND, et si on en était resté à la " parité sociale globale ", défendue à l'époque par la droite ?. A la veille des dernières élections présidentielles, en avril 1995, M. Chirac promettait que l'alignement du RMI serait réalisé " sans autre délai que celui nécessaire à la préparation des textes "¿ Mais cet engagement n'a jamais été tenu. C'est mon gouvernement qui, le 1er janvier 2002, a fait aboutir cette démarche d'égalité sociale engagée dix ans plus tôt.

La différence entre la gauche et la droite, voyez-vous, elle n'est pas seulement dans le contenu des politiques, elle est aussi dans la fidélité aux engagements, dans le respect de la parole donnée, sans lesquels il n'y a pas de confiance et de crédibilité de l'action publique.

Pour être crédible, il ne faut pas prétendre un jour que les élus d'outre-mer sont les meilleurs représentants de la France dans leur environnement régional, et puis, le mois suivant, s'opposer à l'adhésion de la Guadeloupe, de la Guyane et de la Martinique à l'association des Etats de la Caraïbe !

La différence entre la gauche et la droite ne se limite pas aux mesures spécifiques à l'outre-mer. L'égalité sociale a concerné principalement les actifs d'aujourd'hui. Mais chacun sait bien que nos anciens, ici comme en métropole, n'ont pas bénéficié des mêmes droits et qu'ils ont connu des temps bien rudes. L'allocation personnalisée d'autonomie, la couverture maladie universelle, la revalorisation des retraites agricoles, qui sont des mesures nationales, viennent apporter à nos aînés, et je sais que c'est une réalité outre-mer plus encore que dans l'hexagone, des conditions de vie, des droits sociaux, la juste reconnaissance de la collectivité et d'un pays moderne et solidaire.

Pour l'emploi et le développement économique, aux Guadeloupéens comme à l'ensemble des collectivités d'outre-mer, je proposerai d'ouvrir, dès le début de la prochaine législature, des Etats généraux pour le développement durable.

A partir des outils de la loi d'orientation, il faut offrir un cadre de réflexion plus large, à horizon de quinze ans, pour fixer des perspectives en matière de développement économique et social.

J'inviterai les élus, mais aussi les partenaires sociaux, employeurs et salariés, les associations et toutes les forces vives, à réfléchir, ensemble et avec le Gouvernement, sur quelques objectifs cruciaux pour l'avenir et sur les meilleurs moyens de les atteindre :
- nous voulons protéger les productions traditionnelles, la banane et la canne, mais aussi les faire évoluer dans un contexte économique qui se modifie fortement,
- nous voulons encourager les autres productions agricoles dans une démarche de qualité et de sécurité alimentaire ;
- nous voulons favoriser un développement touristique renouvelé, plus harmonieusement inséré dans l'environnement et la société,
- nous voulons accélérer le rattrapage et la mise à niveau des équipements collectifs,
- nous voulons mieux utiliser les énergies renouvelables et les intégrer dans les programmes de logement et d'équipements publics ,
- nous voulons, avec la couverture logement universelle, garantir le droit de chacun à un logement décent et de qualité : il faudra, outre-mer, donner à cet objectif une dimension adaptée, qui passera nécessairement par une accentuation de l'effort de résorption de l'habitat insalubre ;
- nous voulons favoriser la continuité territoriale entre l'outre-mer et la métropole, mais aussi entre les îles de la Guadeloupe ;
- nous voulons développer les nouvelles technologies de l'information et la communication, qui peuvent être un outil formidable pour le désenclavement et l'égalité des chances , j'ai proposé, pour l'outre-mer comme pour l'ensemble du pays, que chaque jeune, dans les cinq ans qui viennent, puisse de l'école à l'Université, avoir accès à un ordinateur ;
- nous voulons aussi mieux assurer l'épanouissement des cultures dans leur diversité ; le Gouvernement a beaucoup agi pour favoriser la reconnaissance et l'enseignement du créole, je devrais dire : des créoles ; nous poursuivrons la mise en ¿uvre des mesures de la Charte des langues et cultures régionales du Conseil de l'Europe.

La sécurité est naturellement l'une des priorités de mon programme, pour l'outre-mer comme pour la métropole. Je propose en premier lieu de poursuivre le renforcement des effectifs de la police et de la gendarmerie, de déployer partout la police de proximité et d'améliorer le fonctionnement de la justice, ses moyens matériels et ses effectifs. Parce que les départements antillais sont plus vulnérables, du fait de leur situation insulaire, je propose également une nouvelle forme d'organisation coordonnée des services de police, de la douane, de la gendarmerie, pour améliorer le contrôle des côtes et lutter contre les trafics de main d'¿uvre et de stupéfiants. Il faudra, bien sûr, mener cette action à un niveau régional, en associant les Etats de la Caraïbe.

En même temps, chacun sait que la police et la justice ne peuvent pas tout faire : c'est toute la société qui doit se mobiliser contre l'insécurité. Nous devrons, par exemple, sensibiliser les familles, multiplier les classes-relais, créer des centres d'accueil de nuit dans les villes, lutter contre toutes les exclusions.

La jeunesse attend aussi de nous des réponses. Je sais que tous ceux qui bénéficient actuellement d'emplois aidés, contrats d'emploi consolidés ou emplois-jeunes, voient avec inquiétude arriver l'échéance des cinq années. Avec la droite, cette inquiétude serait tout à fait justifiée.

Avec moi, ce risque n'existe pas. Il est nécessaire à la fois de maintenir le principe d'emplois aidés, de les compléter et de les faire évoluer :
- maintenir ce dispositif dans son principe, pour ne pas faire retomber des milliers de personnes dans la précarité ;
- le compléter pour que les jeunes les moins formés, ou en situation d'échec scolaire, ne soient pas laissés pour compte du système : la création d'un service civil d'intérêt général sera proposée, pour leur assurer une véritable formation professionnelle qualifiante, sur le modèle du service militaire adapté ;
- le faire évoluer, pour ne pas enfermer indéfiniment chaque jeune, pris individuellement, dans un système d'emplois aidés.

Au-delà, je veux aussi offrir des perspectives aux jeunes Guadeloupéens, de mieux en mieux formés, nombreux et disponibles, qui aspirent à prendre des responsabilités professionnelles dans le secteur privé comme dans les emplois publics : un programme spécial " Cadres pour l'outre-mer " leur sera proposé, avec des formations offertes sur place comme dans l'hexagone, et aussi un aménagement des concours de recrutement afin qu'ils ne soient pas pénalisés par le décalage horaire. Pour donner une dimension concrète à la coopération régionale, j'ai proposé un dispositif " Jeunes partenaires pour le co-développement " permettant à de jeunes diplômés d'Outre-mer de participer à des projets de développement dans les Etats voisins de leur environnement géographique.


Ensemble, nous pouvons écrire demain une page nouvelle de notre histoire commune.

Elle sera fondée sur la confiance prolongée, le respect partagé, la solidarité renouvelée.

Je vous ai dit quelques-uns des engagements que je prends aujourd'hui pour l'outre-mer et pour la France. C'est un contrat que j'entends passer avec les Guadeloupéens, comme avec l'ensemble de nos compatriotes d'outre-mer.

Je sais qu'ici, comme dans l'hexagone, beaucoup sont désabusés à l'égard de la politique. Vous pouvez mesurer la crédibilité de ma démarche à la lumière de l'action du gouvernement depuis cinq ans.

J'aime l'outre-mer pour l'authenticité et la diversité des cultures qu'il exprime..

Avec vous, je veux construire un outre-mer fort et responsable dans une France solidaire.

Avec vous, je veux une République aux couleurs de l'outre-mer et faire vivre l'outre-mer au c¿ur de la France.

(Source http://www.lioneljospin.net, le 4 avril 2002)

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