Déclaration de M. Lionel Jospin, Premier ministre, sur la condamnation par le gouvernement des violences antisémites commises en référence à la situation au Proche-Orient, Paris le 18 avril 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Lionel Jospin, Premier ministre, sur la condamnation par le gouvernement des violences antisémites commises en référence à la situation au Proche-Orient, Paris le 18 avril 2002.

Personnalité, fonction : JOSPIN Lionel.

FRANCE. Premier ministre

ti : Je ne peux admettre que des violences soient commises sur des Français parce qu'ils sont juifs. Tout acte de violence contre des Juifs est une violence faite à toute notre communauté nationale. Elle est une atteinte aux principes les plus fondamentaux de notre République.

Tout acte de racisme est inacceptable ; les actes d'antisémitisme, après la tragédie de la Shoah, sont particulièrement intolérables.

Que ces actes soient commis en référence au drame du Moyen-Orient, qu'ils veuillent parfois exprimer une forme de solidarité avec la population palestinienne, que certains de leurs auteurs n'ait pas pleinement conscience de ce que ces actes peuvent représenter pour la communauté juive n'enlève rien à leur gravité. Tous ceux qui ont autorité et influence doivent parler et agir pour que ces violences cessent. A cet égard, je fais mienne la belle formule de Marek Halter : " la violence commence là où finit la parole ". Il faut dialoguer.

Le Gouvernement a pris ses responsabilités. Le ministre de l'intérieur, M. Daniel Vaillant a mis en place, en liaison constante avec les représentants de la communauté juive un dispositif très important de protection des lieux de cultes, des écoles et d'autres bâtiments juifs. Les préfets, et notamment le préfet de police à Paris, ont pris des mesures adaptées en concertation avec les communautés. Policiers et gendarmes, avec des effectifs renforcés à plusieurs reprises, font preuve de la plus grande vigilance.

La ministre de la justice, Mme Marylise Lebranchu, a adressé aux Parquets, début avril, des directives précises de politique pénale pour poursuivre ces infractions. De nombreuses interpellations et mises en détention ont été effectuées. Des comparutions immédiates ont conduit à des peines de prison fermes. Cette vigilance et cette fermeté ne se relâcheront pas.

Ces violences antisémites ne se limitant pas à la France, notre pays a pris l'initiative d'une déclaration commune des ministres de l'intérieur des pays qui ont été plus particulièrement frappés ces dernières semaines : France, Allemagne, Grande-Bretagne, Belgique et Espagne, déclaration qui sera rendue publique dès ce soir. Nous souhaitons que ces préoccupations soient examinées au prochain conseil des ministres de la justice et de l'intérieur de l'Union européenne, prévu le 25 avril.

Enfin, j'ai reçu les dirigeants de l'Islam en France. Ils m'ont assuré qu'ils continueraient d'appeler à l'apaisement.

Vous le voyez, tout est mis en ¿uvre pour faire reculer cette violence antisémite grave pour notre cohésion nationale.

(Source http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 19 avril 2002)

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