Déclarations de M. Georges Sarre, président du Mouvement des citoyens, sur le bilan de la cohabitation et de la politique gouvernementale conduite par Lionel Jospin, sur les propositions de Jean-Pierre Chevènement et sur le déroulement de la campagne, à Foix le 4 avril, à Massy le 5 avril, à Paris le 13 avril, et à Margny les Compiègne, le 16 avril 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclarations de M. Georges Sarre, président du Mouvement des citoyens, sur le bilan de la cohabitation et de la politique gouvernementale conduite par Lionel Jospin, sur les propositions de Jean-Pierre Chevènement et sur le déroulement de la campagne, à Foix le 4 avril, à Massy le 5 avril, à Paris le 13 avril, et à Margny les Compiègne, le 16 avril 2002.

Personnalité, fonction : SARRE Georges.

FRANCE. Mouvement des citoyens, président

Circonstances : Discours électoraux à Foix le 4 avril, à Massy le 5 avril, à Paris, le 13 avril, et à Margny les Compiègne, le 16 avril 2002

ti : Foix, le 4 avril 2002
Chers Amis,

Une fois de plus, le Proche Orient traverse une crise très grave. On ne peut que déplorer l'assourdissant silence de la France. Le Président de la République et le Premier ministre commentent, mais ils ne proposent rien. Ils s'en sont d'abord remis à un obscur émissaire européen, dont j'ai oublié le nom, si je ne l'ai jamais su. Maintenant, ils mettent leur espoir dans une improbable troïka, dont les membres ne sont pas d'accord entre eux. Pour le reste, ils ressortent une vieille proposition de force d'interposition, qui a déjà été récusée. Tout cela est la démonstration de l'Europe-impuissance à laquelle ils ont souscrit. La France a des intérêts propres. Elle doit parler. Elle doit agir. Elle ne peut s'engluer dans des procédures paralysantes.

Avec le Général Roquejeoffre, nous avons parmi nous un spécialiste. Il a commandé les troupes françaises en Arabie Saoudite pendant la guerre du Golfe. Il connaît bien la région. Il connaît évidemment aussi très bien l'armée. Il pourra vous le confirmer. Jacques Chirac et Lionel Jospin ont désarmé la France. Bientôt, notre dissuasion nucléaire ne sera plus opérationnelle. Les super ordinateurs, qui doivent se substituer aux essais, ne sont toujours pas prêts. De plus, ils sont américains. Et puis, de temps à autre, il faut vérifier le matériel en grandeur réel. On sait depuis longtemps que, pour un même service de défense, l'armée de métier coûte beaucoup plus chère que l'armée de conscription. Néanmoins, Lionel Jospin a réduit les crédits militaires. Nous y consacrons actuellement moins de 2 % de notre PIB, contre 2,5 % en Grande Bretagne et prés de 3 % aux Etats-Unis. Jacques Chirac dénonce cette situation. Mais, il semble oublier que, pendant sept ans, il a été chef des armés, cohabitation ou pas. Il n'a jamais protesté publiquement. Il en est donc aussi le responsable.

Au Proche Orient, Israël a le droit à des frontières sûres et reconnues. Les Palestiniens ont le droit à un Etat. Israël doit donc appliquer toutes les résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Elles ont reçu l'approbation de la France et des Etats-Unis. L'Autorité palestinienne doit tout mettre en ¿uvre pour éradiquer le terrorisme.

Cette fois-ci, la situation dans cette région du monde a des répercussions directes et inquiétantes sur le territoire de notre pays. Les attentats judéophobes, qui viennent d'y être perpétrés, doivent être condamnés avec la plus extrême vigueur. Rien ne peut les justifier. Rien ne peut les excuser. La moindre complaisance est coupable.

Des moyens importants doivent être accordés à la police pour qu'elle puisse, sans délai, découvrir et arrêter les coupables. La justice devra ensuite montrer la plus vigoureuse fermeté.

Ces attentats odieux doivent nous amener à nous interroger sérieusement sur l'état de la société française. Cette importation sur le territoire de la République d'un conflit extérieur est un pas dramatique de plus vers la fragmentation du peuple en communautés ethniques, religieuses ou autres. Nous nous dirigeons ainsi vers un système communautarisme, dominé par le multiculturalisme. Il n'y aura plus de citoyens, mais des individus se référant à telle ou telle appartenance, qu'ils le veuillent ou qu'ils y soient contraints. Le principe de laïcité y sera ignoré au profit des origines de chacun. L'espace du débat public et la sphère de la vie privée seront confondus, au point de créer entre les groupes des fossés infranchissables. La violence sera bien vite le seul support de leur communication.

Je crois nécessaire d'insister sur la laïcité. La Laïcité ne se confond pas avec la tolérance. La tolérance n'est que l'inverse de l'intolérance. La tolérance devient facilement indifférence. Au contraire, la laïcité est une valeur positive. Elle traduit le vouloir-vivre ensemble dans le respect de la personnalité de chacun. La laïcité intègre la diversité, sans nier l'individualité. La laïcité est bafouée par ceux qui veulent imposer leurs croyances dans l'espace publics, sans que ces croyances participent au bien commun. Notre laïcité est donc fragile, nous devons la défendre.

Oui, si nous laissons aller, la République disparaîtra. La France a besoin d'un sursaut républicain. Et, le seul aujourd'hui qui puisse opérer ce redressement nécessaire se nomme Jean-Pierre Chevènement. Nous ne voulons plus de cette République affaiblie. Nous voulons, avec Jean-Pierre Chevènement, d'une République forte et digne.

Avec la République qui s'affaiblit, c'est le respect de la loi qui s'effrite. Et, si la loi républicaine devient évanescente, alors revient au galop la loi de la jungle. La société n'offre plus de repères. Les citoyens se transforment en individus repliés sur eux-mêmes pour tenter de profiter d'un bonheur restreint, fugitif et menacé pour certains même, l'horizon se limite de plus en plus à la seule survie. Alors, dans ce climat, tout semble permis. La force, la violence, la débrouille sont des moyens parmi d'autres. L'essentiel est de ne pas se faire prendre par le peu d'autorité qui subsiste. Et, si l'on se fait prendre, l'important est de délégitimer encore plus cette autorité résiduelle. Ainsi, par sa seule présence, la police provoquerait, son comportement serait toujours condamnable. Attaquer un commissariat devient donc banal, sinon normal. Dans ce climat, surgissent aussi des justiciers autoproclamés. Les actes d'autodéfense se banalisent. On ne peut vivre dans l'harmonie avec un Etat déliquescent.

Face à cette crise de l'autorité, qui est en fait une crise profonde de la République, que proposent donc les deux candidats sortants ? Rien, sinon aggraver l'évolution trentenaire avec encore plus de marché mondialisé, avec encore plus de bureaucratie européiste, avec encore plus de libéralisme.

Pour répondre à cette crise de la République, il faut, comme le propose Jean-Pierre Chevènement, relever le citoyen. Et, pour relever le citoyen, il faut commencer par le commencement. Dans la République, au commencement est l'Ecole. L'Ecole est à la base de tout. Au centre de l'Ecole, il doit y avoir la transmission des savoirs, des connaissances et des repères. Le maître et l'élève ne sont pas égaux. Ils ne sont même pas équivalents. Le maître sait. L'élève apprend.

Quand il était ministre de l'Education nationale, Lionel Jospin fit voter en 1989 une loi d'orientation qui plaçait et qui place l'élève au centre de l'Ecole. C'est une grave erreur de conception, qui accentue toutes les dérives. Elle transforme l'Ecole en simple lieu de vie, qui devient un but pour lui-même, qui oublie ses objectifs. Or, l'enfant est un adulte en devenir. Or, l'élève est un futur citoyen. La vocation de l'Ecole est de former des citoyens, capables de subvenir à leurs besoins et à ceux des leurs. L'élève ne peut donc pas être considéré que dans le seul instantané du moment présent. La formation permanente, que nous vantent tant Jacques Chirac que Lionel Jospin, ne peut être efficace que si elle est précédée d'une excellente formation initiale.

Jack Lang, actuel ministre de l'Education nationale, a découvert, il y a quelques semaines, dix huit ans après Jean-Pierre Chevènement, qu'à l'Ecole primaire les enfants doivent apprendre à lire, à écrire et à compter. Nous n'aurions pas été, lors de cette découverte, à deux mois de l'élection présidentielle, je m'en serais réjoui sans y voir malice. Mais, je ne peux oublier que le même Jack Lang a diffusé, il y a quelques temps, dans nos écoles des Marseillaises frelatées. Notre hymne national mérite le respect. Il est scandaleux qu'il soit sifflé au Stade de France par des adolescents auxquels on n'a transmis aucun repère. Il est donc irresponsable de le livrer, comme un jouet, aux humeurs d'un ministre de passage. Il est vrai qu'il fut un temps où Jack Lang, déjà ministre, se répandait pour nous dire combien étaient " formidables " les tags, qui seraient une forme spontanée d'expression artistique.

Cette fragmentation est déjà sensible en matière d'aménagement du territoire. Dans la vision libérale, les territoires ne sont pas solidaires, mais rivaux. Ils entrent en concurrence, ce qui signifie l'abandon du dessein commun, l'absence de vision nationale. Cela ne peut donner des résultats qu'à très court terme. Du jour au lendemain, la délocalisation d'un site de production fait tout basculer.

Pour se soustraire à la dictature des marchés, nos villes, nos départements, nos régions, aussi développé que soit leur esprit d'initiative, ont besoin d'un Etat régulateur. Cessons d'opposer les deux niveaux, Paris et la province. C'est une opposition datée, une opposition archaïque. Aujourd'hui, la véritable opposition est d'un côté Paris et la province et de l'autre Wall Street.

En matière de décentralisation, ne nous laissons pas enfermer dans le faux débat entre "jacobins" fantasmés et "girondins" supposés. Ce sont les actes qui comptent. Jean-Pierre Chevènement a soutenu les lois Defferre et il a mis en oeuvre la décentralisation des collèges et des lycées. Sur ce terrain, il ne craint donc personne. Et surtout pas ces partisans d'une décentralisation théorique qui, en cinq ans, ont en fait asséché les ressources des collectivités locales, à force de faire les réformes fiscales sur leur dos. Que signifie l'autonomie de gestion, si l'essentiel du budget communal provient des dotations de l'Etat ? Il faut au contraire responsabiliser les élus locaux en leur laissant la liberté de déterminer le niveau de la fiscalité locale. Au lieu de supprimer des recettes, il faut moderniser les impositions, en modifiant leur assiette par exemple.

Mais la solidarité nationale exige qu'on maintienne et même qu'on renforce nos mécanismes de péréquation. La réforme d'EDF met en péril la péréquation tarifaire. A terme, l'électricité coûtera plus chère dans les zones de montagne que dans les centres urbains. Notre pays n'a eu que trop tendance à se cloisonner ces dernières années. Il faut à tout prix empêcher que le fossé se creuse entre collectivités riches et collectivités pauvres.

Non, le chapitre de la décentralisation n'est pas clos. De nouvelles compétences pourraient être transférées, comme le logement social, aujourd'hui en panne. Les communes ont déjà les terrains : donnons-leur donc les moyens de bâtir !

On le voit, la décentralisation peut être approfondie, renforcée, démocratisée, sans qu'il soit pour autant nécessaire de porter atteinte à l'unité de la République !

Si la dévolution du pouvoir législatif en Corse a été censurée par le Conseil constitutionnel, c'est tout simplement que cette idée était le contraire de la décentralisation, telle qu'elle est définie dans la Constitution. Décentraliser, ce n'est pas abandonner un territoire à son triste sort ! Nos régions ne sont pas des centres de profit que la maison-mère parisienne pourrait liquider s'ils ne sont pas rentables !

Nos collectivités territoriales, avec tous leurs particularismes, s'arriment à une collectivité plus vaste dont elles sont indissociables et cette collectivité-là est la France. Loin de s'opposer aux territoires, la nation en est la plus haute expression, l'aboutissement, le dépassement. C'est par la nation que les territoires s'ouvrent à l'universel ; et c'est grâce à la nation qu'ils peuvent se développer en harmonie. La décentralisation n'a de sens en effet que reliée à un dessein national qui se concrétise par une véritable politique d'aménagement du territoire.

Le meilleur de nos atouts sera toujours la cohésion nationale. Si les investisseurs étrangers apprécient la France, c'est parce que le niveau de formation et les infrastructures y sont plus satisfaisants qu'ailleurs. Ne perdons pas ces avantages comparatifs au jeu du "moins-disant" fiscal.

Aménager le territoire, c'est optimiser nos ressources, mais aussi rétablir l'égalité entre les régions. L'Etat est le seul acteur qui puisse y parvenir. Les marchés sont volatils et versatiles. Livrée à elle-même, la direction d'un grand groupe international n'aura aucun état d'âme à plonger tout un territoire dans le marasme en fermant un site de production. A l'inverse, l'activité ne viendra créer des emplois dans une zone retirée que si l'investissement public la rend plus accessible et mieux dotée.

Vous vous souvenez de la célèbre réplique de Lionel Jospin à propos des licenciements chez Michelin pour convenance boursière : " L'Etat ne peut pas tout ". Traduisez : "Il ne veut rien faire ". Mais, alors qui peut faire ? C'est le renoncement, c'est la démission, c'est la capitulation. Pourquoi les élire, Jacques Chirac, Lionel Jospin, s'ils ne veulent rien faire. Les rois fainéants ont disparu depuis longtemps. Mais, la République veut vivre. L'Etat républicain doit faire parce seul l'Etat a la vision du long terme. S'il n'a pas vocation à intervenir, au quotidien, dans les décisions des entreprises, il a la responsabilité des grandes orientations en matière de transport, d'énergie, d'infrastructures, de fiscalité.

On voit que l'aménagement du territoire a partie liée avec le service public. La SNCF, EDF, GDF ou La Poste ne doivent être ni démantelés ni privatisés : ou bien c'en serait fini de toute politique territoriale. Déjà, l'équivalent de vingt départements français n'est pas desservi par le téléphone mobile. Il s'agit de régions isolées, où il serait le plus utile pour le médecin, le pompier, le vétérinaire ou le gendarme. Et, pendant ce temps-là, France Télécom est allée s'endetter de quelques soixante cinq milliards d'euros dans des investissements à l'étranger, trop souvent hasardeux.

La fourniture d'électricité, la desserte ferroviaire, l'acheminement du courrier ne sont pas des activités économiques comme les autres. Les exemples étrangers l'ont montré, l'ouverture à la concurrence ne profiterait pas au consommateur. Et elle ne profiterait pas plus à la France, dont toutes les zones rurales seraient lâchées par les opérateurs. A substituer la règle du profit maximum à la logique du service public, tout le monde y perdra, sauf des actionnaires lointains dont les capitaux peuvent s'envoler au premier retournement. Ne nous bradons pas !

Pourtant depuis 1997, le total des recettes des privatisations atteint ainsi près de 40 milliards d'euros soit plus de 260 milliards de francs. Parmi les entreprises concernées : France Télécom, Air France, la Caisse nationale de Prévoyance, Thomson CSF, Aérospatiale, GAN, CIC, Thomson Multimédia, etc..

Tous les records sont battus, " le candidat socialiste est bien le plus grand privatiseur de l'histoire, devant tous les gouvernements de droite ".

Qu'a-t-il été fait de ses recettes ? Que reste-t-il des promesses d'abondement du fonds de réserve pour les retraites ?

Après la privatisation d'Autoroutes du Sud de la France, l'Etat cède maintenant le quart des titres de Renault qu'il détenait encore ainsi que le réseau de transport de gaz, qui sera pour partie cédé à TotalFinaElf.

L'explication de cette reprise des privatisations est simple : les cours de bourse se sont relativement rétablis et le Gouvernement s'empresse d'en profiter. On croyait le Premier ministre-candidat attentif aux électeurs ; en réalité, son regard était tourné vers la corbeille.

L'Etat, en la matière, doit se montrer exemplaire. En zone rurale, le maintien des services publics élémentaires doit devenir la règle si on veut enrayer la désertification des campagnes. A l'échelle de l'Europe, notre pays est vaste, mais à l'heure d'Internet, on laisse encore la population se concentrer sur des centres urbains saturés, comme au temps de la révolution industrielle ! Les nouvelles technologies permettraient pourtant de redynamiser des départements peu peuplés, où il fait bon vivre.

Cette valorisation du monde rural doit être complétée par une véritable politique agricole. Pour le monde agricole, c'est la poursuite du déclin. Aujourd'hui, seulement 6 200 jeunes agriculteurs s'installent à la terre chaque année. Dans trente ans, à ce rythme, il y aura moins de 200 000 exploitations agricoles contre 600 000 actuellement. Pour enrayer cette pente, il faut une politique volontariste. Il faut maintenir des prix rémunérateurs. Il faut aussi attribuer des aides directes substantielles correspondant au rôle utile que jouent nos agriculteurs. Qualité des aliments, sécurité sanitaire, préservation des terroirs et des paysages. Veillons à valoriser les espaces ruraux qui sont un grand atout de la France. Voilà les grandes lignes du programme de Jean-Pierre Chevènement pour nos campagnes. Ces propositions méritent d'être débattues par toutes les parties intéressées.

Cher amis,
Autour de la candidature de Jean-Pierre Chevènement, s'est forgé un Pôle républicain. Il réunit des hommes et des femmes venus de tous les horizons politiques. Leur objectif est ensemble de relever la France avec la République. Parfois ce rassemblement étonne. Pourtant, il a au moins un précédent. C'est vrai dans une époque autrement dramatique. Dans la Résistance, on ne demandait à ceux qui s'engageaient d'où ils venaient. On leur demandait de lutter jusqu'au bout contre l'occupant, pour la libération de la France. Dans la Résistance, se retrouvaient celui qui croyait au ciel et celui qui n'y croyait pas. Le Pôle républicain perpétue ce combat sous d'autres formes avec d'autres moyens dans un autre contexte.

Le Pôle républicain n'est pas une structure figée. Le Pôle républicain est une dynamique, qui émerge face au système du pareil au même. Son avenir est donc dans les mains des citoyens.

Aux élections législatives de juin prochain, le Pôle républicain présentera des candidats dans toutes les circonscriptions de France métropolitaine et d'Outre-Mer. Il est encore trop tôt pour les désigner. Toutes les évolutions ne sont pas encore achevées.

Pour le moment, nous connaissons deux impératifs. D'une part, il faudra respecter la loi et assurer la parité entre hommes et femmes dans les candidatures. D'autre part, la palette des candidats devra refléter l'originalité du rassemblement qui s'est constitué autour de Jean-Pierre Chevènement.

Jean-Pierre Chevènement est l'homme de la Nation. Il s'adresse à tous les Français à partir des dix grandes orientations qu'il a présentées à Vincennes le 9 septembre dernier. Il les a précisées progressivement depuis. Il ne découpe pas le peuple de notre pays en peuple de droite ou en peuple de gauche. Il lui parle au-dessus de ces étiquettes traditionnelles, qui ne correspondent pas à la situation du moment. Contrairement à Jacques Chirac et à Lionel Jospin, il ne veut pas enfermer nos concitoyens dans des catégories politiques pour essayer de profiter d'une rente électorale. Il ne souhaite pas plus les diviser en camps opposés. Il cherche, au contraire, à les rassembler pour que la France puisse affronter victorieusement les défis du nouveau millénaire.

Il reste un peu plus de deux semaines avant le premier tour. Les trois quarts des électeurs ne voient aucune différence entre Jacques Chirac et Lionel Jospin. Plus de la moitié d'entre eux se déclarent encore indécis.

Oui, voter pour Jean-Pierre Chevènement, c'est donner un avenir à la France,
Oui, voter pour Jean-Pierre Chevènement, c'est donner un espoir à la République,
Oui, voter pour Jean-Pierre Chevènement, c'est donner à nous-mêmes une espérance.


(Source http://www.georges-sarre.net, le 11 avril 2002)

Mesdames, Messieurs,
Chers Amis,

A juste titre, les trois quarts des Français considèrent qu'il n'y a aucune différence entre les programmes respectifs de Jacques Chirac et de Lionel Jospin. Les deux sortants ont le même programme commun de renoncement. C'est si vrai que Lionel Jospin fait éditer une petite brochure pour expliquer les différences. Elles ne sont pas évidentes. Il faut donner une loupe aux citoyens. Rien n'est plus normal que cette similitude, puisque nos deux compères de la cohabitation se soumettent aux mêmes contraintes préalables, celles de la mondialisation financière, celles d'une construction européiste ultra libérale, celles d'une totale abdication face au marché.

Jacques Chirac et Lionel Jospin ont eu cinq ans pour s'apercevoir de leur parfaite identité de vues sur tous les grands sujets. Comme l'a avoué une fois Lionel Jospin, ils ont toujours été d'accord à la virgule prés. Le seul point qui ne les a jamais opposés est leur ambition personnelle. Il n'y a qu'un seul fauteuil présidentiel à pouvoir. L'un et l'autre savaient donc depuis longtemps qu'il ne pourrait y avoir de véritable débat entre eux. Le débat entre Dupon " d " et Dupon " t " ne s'est jamais limité qu'à " je dirai même plus ". Alors, dans un premier temps, leur idée fut de repousser le plus tard possible leurs déclarations de candidature. Moins longtemps durerait la campagne, moins les Français seraient en mesure de se rendre compte de leur évidente complicité.

L'écho rencontré par la candidature de Jean-Pierre Chevènement les a contraints à se déclarer bien plus tôt que prévu. Il leur fallut alors trouver des subterfuges pour, quand même, éviter l'impossible débat. En même temps, il fallait essayer de réduire celui qui apparaissait comme pouvant troubler le petit jeu de nos deux aspirants duellistes. La seule stratégie qui leur était possible était le tintamarre. Noyer la campagne dans le bruit de considérations secondaires pour que les enjeux véritables deviennent inaudibles.

Ainsi, Lionel Jospin s'est essayé à un procédé habituel. Il n'a pu éviter de s'en prendre à l'âge du capitaine. Cette mesquinerie s'est retournée contre lui. Il a du faire repentance. Il est vrai qu'il aime faire repentance. Mais, quelques jours ont été gagnés, où on a parlé que de cette affaire qui n'en était pas une. Il a surtout été trouvé plus efficace de promouvoir des candidats protestataires stériles. Leur seule promotion provoqua un vacarme qui a couvert pendant des semaines la campagne. Elle eut aussi l'objectif de contenir la candidature de Jean-Pierre Chevènement.

Oui, Jean-Pierre Chevènement est le seul candidat qui soit en mesure de battre les deux sortants. Peu importe lequel des deux, de Jacques Chirac ou de Lionel Jospin, se trouvera en face de Jean-Pierre Chevènement au second tour, car les deux incarnent la même politique de renoncement. Un vote pour Jean-Pierre Chevènement est un vote protestataire, mais un vote protestataire utile. Il existe des votes protestataires stériles. En France, il y a des planchers incompressibles de 2 à 3 % de l'électorat qui se retrouvent respectivement dans l'extrême gauche ou dans l'extrême droite. Mais, les autres citoyens, qui s'interrogent pour savoir s'ils vont se prononcer pour Arlette Laguiller ou pour Jean-Marie Le Pen, perdent leur voix s'ils se laissent entraîner dans cette impasse. Ni Arlette Laguiller, ni Jean-Marie Le Pen ne peuvent être élus. Si, d'aventure, l'un des deux accédait au second tour, il serait écrasé. Le seul candidat crédible pour le changement est Jean-Pierre Chevènement.

Alors, on ne peut que remarquer le tapage fait soudain autour d'Arlette Laguiller. Avec son grand chapeau, Madame de Fontenay a ainsi désigné devant les télévisions ébahies Miss Révolution. Arlette Laguiller est devenue en quelques jours la coqueluche inoffensive des médias. Elle est à la mode dans les milieux du cynisme branché. Elle appartient au folklore. Elle suscite bien plus d'amusement que de peur. Les hebdomadaires de la vie heureuse en font leur héroïne. Les paparazzi la poursuivent pour photographier l'homme de sa vie, je n'ose dire le prince consort. Elle détrône Stéph de Monac. C'est L.O. contre Monaco. C'est Trotsky contre les Grimaldi.

Jean-Marie Le Pen s'est montré lui un grand comédien. Pendant trois semaines, il a tenu la presse en haleine. Aurait-il ou n'aurait-il pas ses cinq cents signatures ? Il eut ondes ouvertes pour se présenter en victime, en martyr. Cette surprésence médiatique l'a peut-être aidé à les obtenir. Elle a surtout servi à lui attirer des sympathies, et donc des voix, à une époque qui aime la " victimisation ".

Cette opération vient de loin. Depuis des mois déjà, Jean-Marie n'est plus assimilé au diable. On ne le présente plus comme l'une des figures de la bête immonde. Certes, il sent toujours un peu le soufre, mais juste ce qu'il faut pour lui donner ce nécessaire parfum de transgression acceptable qui ferait désormais son charme. Jean-Marie Le Pen se serait donc assagi. Il se serait calmé. Nous aurions désormais devant nous un " Le Pen light ". Sa campagne électorale se déroule normalement. Ses déplacements ne sont plus émaillés d'incidents comme il y a encore peu. Les antifascistes autoproclamés restent chez eux. Quel revirement par rapport aux élections précédentes !

Enfin, intervient la multiplication des candidatures jamais, il n'y aura eu autant de candidats. Nombre de ces candidats surnuméraires n'ont pu franchir la barre des cinq cents signatures qu'avec l'aide des appareils au service des deux sortants. Pendant les quinze jours de la campagne officielle, le temps d'antenne sera non pas partagé, ce qui est normal, mais fragmenté entre eux. Les deux sortants auront ainsi évité le débat. Ils comptent sur leur notoriété et sur les habitudes électorales pour arriver en tête. Les Français auront été privés de la campagne à laquelle ils ont le droit pour voter en toute connaissance de cause.

Cependant, l'originalité de sa démarche et la force de ses convictions sont deux atouts pour Jean-Pierre Chevènement. Il est le seul à pouvoir mettre fin au système du pareil au même. Il est le seul à vouloir relever la France avec la République.


(Source http://www.georges-sarre.net, le 11 avril 2002)
Massy, le 5 avril 2002
Mesdames, Messieurs,
Chers Amis,

A juste titre, les trois quarts des Français considèrent qu'il n'y a aucune différence entre les programmes respectifs de Jacques Chirac et de Lionel Jospin. Les deux sortants ont le même programme commun de renoncement. C'est si vrai que Lionel Jospin fait éditer une petite brochure pour expliquer les différences. Elles ne sont pas évidentes. Il faut donner une loupe aux citoyens. Rien n'est plus normal que cette similitude, puisque nos deux compères de la cohabitation se soumettent aux mêmes contraintes préalables, celles de la mondialisation financière, celles d'une construction européiste ultra libérale, celles d'une totale abdication face au marché.

Jacques Chirac et Lionel Jospin ont eu cinq ans pour s'apercevoir de leur parfaite identité de vues sur tous les grands sujets. Comme l'a avoué une fois Lionel Jospin, ils ont toujours été d'accord à la virgule prés. Le seul point qui ne les a jamais opposés est leur ambition personnelle. Il n'y a qu'un seul fauteuil présidentiel à pouvoir. L'un et l'autre savaient donc depuis longtemps qu'il ne pourrait y avoir de véritable débat entre eux. Le débat entre Dupon " d " et Dupon " t " ne s'est jamais limité qu'à " je dirai même plus ". Alors, dans un premier temps, leur idée fut de repousser le plus tard possible leurs déclarations de candidature. Moins longtemps durerait la campagne, moins les Français seraient en mesure de se rendre compte de leur évidente complicité.

L'écho rencontré par la candidature de Jean-Pierre Chevènement les a contraints à se déclarer bien plus tôt que prévu. Il leur fallut alors trouver des subterfuges pour, quand même, éviter l'impossible débat. En même temps, il fallait essayer de réduire celui qui apparaissait comme pouvant troubler le petit jeu de nos deux aspirants duellistes. La seule stratégie qui leur était possible était le tintamarre. Noyer la campagne dans le bruit de considérations secondaires pour que les enjeux véritables deviennent inaudibles.

Ainsi, Lionel Jospin s'est essayé à un procédé habituel. Il n'a pu éviter de s'en prendre à l'âge du capitaine. Cette mesquinerie s'est retournée contre lui. Il a du faire repentance. Il est vrai qu'il aime faire repentance. Mais, quelques jours ont été gagnés, où on a parlé que de cette affaire qui n'en était pas une. Il a surtout été trouvé plus efficace de promouvoir des candidats protestataires stériles. Leur seule promotion provoqua un vacarme qui a couvert pendant des semaines la campagne. Elle eut aussi l'objectif de contenir la candidature de Jean-Pierre Chevènement.

Oui, Jean-Pierre Chevènement est le seul candidat qui soit en mesure de battre les deux sortants. Peu importe lequel des deux, de Jacques Chirac ou de Lionel Jospin, se trouvera en face de Jean-Pierre Chevènement au second tour, car les deux incarnent la même politique de renoncement. Un vote pour Jean-Pierre Chevènement est un vote protestataire, mais un vote protestataire utile. Il existe des votes protestataires stériles. En France, il y a des planchers incompressibles de 2 à 3 % de l'électorat qui se retrouvent respectivement dans l'extrême gauche ou dans l'extrême droite. Mais, les autres citoyens, qui s'interrogent pour savoir s'ils vont se prononcer pour Arlette Laguiller ou pour Jean-Marie Le Pen, perdent leur voix s'ils se laissent entraîner dans cette impasse. Ni Arlette Laguiller, ni Jean-Marie Le Pen ne peuvent être élus. Si, d'aventure, l'un des deux accédait au second tour, il serait écrasé. Le seul candidat crédible pour le changement est Jean-Pierre Chevènement.

Alors, on ne peut que remarquer le tapage fait soudain autour d'Arlette Laguiller. Avec son grand chapeau, Madame de Fontenay a ainsi désigné devant les télévisions ébahies Miss Révolution. Arlette Laguiller est devenue en quelques jours la coqueluche inoffensive des médias. Elle est à la mode dans les milieux du cynisme branché. Elle appartient au folklore. Elle suscite bien plus d'amusement que de peur. Les hebdomadaires de la vie heureuse en font leur héroïne. Les paparazzi la poursuivent pour photographier l'homme de sa vie, je n'ose dire le prince consort. Elle détrône Stéph de Monac. C'est L.O. contre Monaco. C'est Trotsky contre les Grimaldi.

Jean-Marie Le Pen s'est montré lui un grand comédien. Pendant trois semaines, il a tenu la presse en haleine. Aurait-il ou n'aurait-il pas ses cinq cents signatures ? Il eut ondes ouvertes pour se présenter en victime, en martyr. Cette surprésence médiatique l'a peut-être aidé à les obtenir. Elle a surtout servi à lui attirer des sympathies, et donc des voix, à une époque qui aime la " victimisation ".

Cette opération vient de loin. Depuis des mois déjà, Jean-Marie n'est plus assimilé au diable. On ne le présente plus comme l'une des figures de la bête immonde. Certes, il sent toujours un peu le soufre, mais juste ce qu'il faut pour lui donner ce nécessaire parfum de transgression acceptable qui ferait désormais son charme. Jean-Marie Le Pen se serait donc assagi. Il se serait calmé. Nous aurions désormais devant nous un " Le Pen light ". Sa campagne électorale se déroule normalement. Ses déplacements ne sont plus émaillés d'incidents comme il y a encore peu. Les antifascistes autoproclamés restent chez eux. Quel revirement par rapport aux élections précédentes !

Enfin, intervient la multiplication des candidatures jamais, il n'y aura eu autant de candidats. Nombre de ces candidats surnuméraires n'ont pu franchir la barre des cinq cents signatures qu'avec l'aide des appareils au service des deux sortants. Pendant les quinze jours de la campagne officielle, le temps d'antenne sera non pas partagé, ce qui est normal, mais fragmenté entre eux. Les deux sortants auront ainsi évité le débat. Ils comptent sur leur notoriété et sur les habitudes électorales pour arriver en tête. Les Français auront été privés de la campagne à laquelle ils ont le droit pour voter en toute connaissance de cause.

Cependant, l'originalité de sa démarche et la force de ses convictions sont deux atouts pour Jean-Pierre Chevènement. Il est le seul à pouvoir mettre fin au système du pareil au même. Il est le seul à vouloir relever la France avec la République.


(Source http://www.georges-sarre.net, le 11 avril 2002)
Paris, le 13 avril 2002
Chers Amis,

Selon la presse, les équipes de Jacques Chirac et de Lionel Jospin ont déjà procédé au tirage au sort pour décider de l'ordre de passage sur les chaînes de télévisions en vue du second tour. Il me semble qu'il existe un proverbe qui parle d'une peau d'ours vendue avant qu'il soit tué. Nos deux sortants et leurs entourages sont tellement coupés du peuple qu'ils en oublient la plus élémentaire sagesse populaire.

La réalité est autre. Jacques Chirac s'effrite. Lionel Jospin commence à " dévisser ". Les trois quarts des français ont désormais parfaitement compris que les deux sortants ont le même programme, hors quelques mesures spectacles pour faire diversion. Ils ont aussi perçu depuis longtemps que nos deux compères de la cohabitation présentent le même bilan puisque, pendant cinq ans, ils ont gouverné ensemble en étant d'accord " à la virgule près ", selon l'aveu de Lionel Jospin. Les Français déplorent que le débat n'a pas eu lieu et n'aura pas lieu. Mais, peut-il y avoir matière à débattre dans un tel contexte ? Les Français se sentent frustrés par cette absence. Ils souhaitent une confrontation démocratique pour éclairer leur choix de citoyen. A défaut, ils se désintéressent d'une campagne qu'ils trouvent morne. Ils finissent par en vouloir aux deux protagonistes qui se sont accordés pour éviter tant un impossible débat entre eux qu'un débat avec les autres candidats.

Car, un débat était possible. Il semble, malheureusement, difficile de l'amorcer dans les quelques jours qui restent. Il aurait opposé d'une part les deux sortants, d'autre part Jean-Pierre Chevènement. En effet, hormis les deux sortants, Jean-Pierre Chevènement est le seul candidat qui peut être élu. Tous les autres ne peuvent même pas imaginer figurer au second tour. Si, d'aventure, l'un d'entre eux y accédait, il serait écrasé. Seul, Jean-Pierre Chevènement présente une véritable alternative, une alternative crédible. Et, de plus, chacun le sait, Jean-Pierre Chevènement est un homme exceptionnel. Il a su prouver dans le passé qu'il a du caractère et des convictions.

Dans un premier temps, les milieux établis ne croyaient pas à l'avenir de sa candidature. Dans un second temps, ils se sont laissés surprendre par l'audience rencontrée par sa candidature. Dans un troisième temps, ils ont réagi en mettant tout en oeuvre pour briser sa candidature. Il fallait précisément éviter que, poussés par l'opinion, les deux sortants se trouvent obligés de débattre avec lui. Ils auraient montré leur néant et leur vacuité. Alors, les milieux établis se sont mis à systématiquement minorer Jean-Pierre Chevènement. Alors, les milieux établis ont promu deux autres candidats, d'autant plus inoffensifs qu'ils tiennent un discours véhément. La parfaite symétrie de ces deux promotions commerciales est remarquable. Chacun des deux sortants a lancé sa torpille à double usage. L'un des objectifs est d'affaiblir l'autre sortant. Et, l'autre objectif est de contrer Jean-Pierre Chevènement.

Jean-Marie Le Pen, qui a du métier depuis le temps, joue à merveille le rôle qui lui est assigné. Avec sa comédie des signatures, il s'est présenté pendant un mois en victime. Noël Mamère s'est joint au concert. Lionel Jospin a compati. Nos deux politiciens de la " gauche morale " autoproclamée ont ainsi consciemment contribué à dédiaboliser Jean-Marie Le Pen. Ensuite, celui-ci a lissé son discours. Il évite toute provocation verbale. Il se donne l'image d'un grand père paisible, sévère mais juste, animé seulement par quelques vertueuses indignations. A l'inverse, comme par enchantement, les groupuscules, qui érigeaient la lutte contre le Front National en impératif catégorique, sont aux champs, mais pas dans la campagne ! Jean-Marie Le Pen, devenu ainsi respectable, est un précieux dérivatif au profit de Lionel Jospin.

Comme pour Madonna, désormais, les journalistes doivent prendre rendez-vous longtemps à l'avance. Alors, pendant quelques brèves minutes, ils ont le droit en tremblant de poser deux ou trois questions essentielles à la nouvelle pythie de la branchitude : " Avez-vous un homme dans votre vie ? ", " Quel est votre plat préféré ? ", " Où vous habillez-vous ? ". Depuis un mois, brille ainsi une nouvelle étoile à notre firmament médiatique. Les Britanniques avaient " Queen Mum " ; nous avons Mademoiselle Laguiller. Je n'ose citer son prénom. Comme un frère Cohn-Bendit, je risquerais d'avoir un procès. Car, le noyau aussi dur que clandestin de l'avant-garde de la révolution prolétarienne en marche fait appel à la justice bourgeoise. La justice de classe est ainsi sommée de protéger les révolutionnaires professionnels des insultes qui pourraient leur être adressées par des agitateurs estudiantins vieillis.

Tout cela vous parait ridicule ? Pardon de vous le dire, mais vous avez tort ! Tout cela relève d'une tactique de communication soigneusement étudiée. Quoi de plus banal, aujourd'hui, que de porter plainte pour diffamation ? Quoi de plus profitable, aujourd'hui, que de se présenter en victime ? Quoi de plus profitable pour Lutte Ouvrière que de se présenter en victime de deux individus, qui, indirectement, mais explicitement, " roulent " pour Lionel Jospin ? Mademoiselle Laguiller, ainsi banalisée et " victimisée ", est le plus précieux auxiliaire de Jacques Chirac.

Et puis, dans un touchant ensemble, Jean-Marie Le Pen et Mademoiselle Laguiller captent des voix qui se laissent abuser tant par les discours de l'un ou de l'autre que par la présentation qui est faite des deux. Ces voix veulent le changement. Néanmoins ces voix s'apprêtent à disparaître dans les oubliettes du scrutin. Pour encore plus les encourager, à se perdre, on fait un peu de " gonflette " avec les intentions de vote. Celui qui va gaspiller son suffrage doit avoir l'impression de ne pas être seul. On maintient donc pour ces extrêmes édulcorés des coefficients correcteurs positifs, comme si quiconque craignait aujourd'hui d'indiquer qu'il allait voter pour ces personnages à la mode, devenus " honorables ". Simultanément, sous prétexte d'un manque de précédents, on réduit Jean-Pierre Chevènement à n'être qu'une variable d'ajustement pour instituts de sondages.

Toutes ces ruses rencontrent pourtant des limites. Je le répète. Jacques Chirac s'effrite. Lionel Jospin commence à " dévisser ". Lionel Jospin est inquiet. Il vient de faire une embardée à gauche. Trop brutal, il risque bien d'être sorti de la route. Il a montré que les Français ne pouvaient pas avoir confiance en lui. Pendant des semaines, il a tenu un discours de fermeté contre l'insécurité. Avec moins de cohérence, il reprenait les propositions que lui a faites, il y a trois ans, Jean-Pierre Chevènement et qu'il avait alors rejetées. Puis, voilà, s'affolant à la lecture des sondages, il revient à l'angélisme de ses premiers amours pour séduire les libertaires. Il propose soudain la suppression de la prétendue double peine. La France devrait ainsi garder sur son sol les délinquants et les criminels étrangers, même récidivistes.

Il se prononce aussi pour le droit de vote à dix sept ans. Pourquoi cet âge ? Pourquoi pas plus tôt ? Nul ne le sait. L'important n'est pas là. L'important est de donner une image de "jeunisme". Sous couvert d'autonomie, il a déjà promis l'assistanat généralisé du berceau au tombeau. Il s'est gravement interrogé sur la mise en vente libre du cannabis, l'opium de la nouvelle religion libérale libertaire. Pendant qu'ils fument, les jeunes se tiennent tranquilles. Le " jeunisme " de Lionel Jospin, c'est la marginalisation d'une fraction de la jeunesse. C'est le mépris de l'effort qui, seul, doit payer ! C'est le mépris de l'avenir au profit de sa seule ambition présente !

Comme il l'a souvent dit, Jean-Pierre Chevènement est candidat à la Présidence de la République, à la seule Présidence de la République. Il n'aspire à être le Premier Ministre de personne. Il n'aspire à être le Ministre d'aucun gouvernement. Il a déjà donné. Il connaît les limites de l'exercice. Il est candidat à la Présidence de la République pour sa seule ambition : relever la France avec la République. Pour cela il veut rassembler le plus largement possible les Français venus de tous les horizons politiques possibles dans le Pôle républicain.

Après l'élection présidentielle, le Pôle républicain présentera, lors des élections législatives, un candidat dans chacune des cinq cents soixante dix sept circonscriptions de France métropolitaine et d'Outre-Mer. Le Pôle républicain a vocation à rénover la vie politique française en renouvellement le personnel politique. Le Pôle républicain a pour objectif de redonner un avenir à la France.

Jamais, sous la Vème République, les premiers ministres sortants, qui se sont portés candidats à la Présidence, n'ont été élus. Jacques Chirac l'a appris à ses dépens en 1988. Instruit par l'expérience, il n'a pas souhaité diriger le gouvernement en 1993. Edouard Balladur s'est cru plus malin, il a quand même échoué en 1995. On ne traverse pas la Seine d'un seul coup. Le chemin de Matignon à l'Elysée n'est pas direct. Les Français souhaitent que le candidat, avant d'accéder à une fonction supérieure, avant d'accéder à la fonction suprême, ait pris un temps de réflexion. Pour passer l'exécution à la conception, il faut un moment intermédiaire de recul. Un duel entre les deux sortants au second tour favoriserait donc Jacques Chirac.

Jean-Pierre Chevènement, lui, a pris cette période de retour sur lui-même, de méditation sur la destinée historique de la France, sur la signification universelle de la République. Il sollicite les suffrages des Français en toute connaissance de cause. Il sait qu'entre la fonction de Premier ministre et celle de Président de la République, la différence n'est pas de degrés, mais de nature. Le premier est un chef d'Etat-major. Le second s'inscrit dans une continuité historique millénaire. Plus que Lionel Jospin, il est donc en mesure de battre Jacques Chirac. Jean-Pierre Chevènement est le meilleur candidat anti-Chirac.

Jean-Pierre Chevènement est aussi le meilleur candidat anti-Jospin. Contrairement à Jacques Chirac, il n'a pas dissout son camp. Il a transcendé la gauche, comme d'autres à ses côtés transcendent la droite. Nous plaçons tous au-dessus de la droite et de la gauche la France et la République. Droite et gauche existent toujours. Mais, droite et gauche ne constituent pas le bon clivage pour répondre aux problèmes du moment. Il faut savoir les dépasser. Un jour, quand les problèmes les plus urgents et les plus cruciaux seront résolus, les Français décideront peut-être de revenir au clivage politique plus traditionnel entre la droite et la gauche. En attendant, face à la mondialisation, il faut penser en d'autres termes.

Ensemble, Jacques Chirac et Lionel Jospin ont entrepris de dissoudre la France. Ils ont réduit notre budget de défense jusqu'à rendre impuissantes nos armées. Ils ont abandonné notre diplomatie à d'improbables procédures européennes. L'un et l'autre s'apprêtent à continuer. L'assourdissant silence de notre pays devant la grave crise que traverse le Proche Orient en est la preuve et la conséquence. Pour la première fois depuis cinq siècles, notre pays est absent de cette région du monde. Pourtant, cette crise a des répercussions directes inquiétantes sur le sol de la République. Mais, ni Jacques Chirac, ni Lionel Jospin ne sont à la hauteur des événements. Ils sont incapables de la moindre initiative, ou même proposition. Il est vrai que Jacques Chirac s'est fait bousculer à Jérusalem. Il est vrai que Lionel Jospin s'est fait caillasser par les Palestiniens.


Chers Amis,

Dans une semaine, la campagne électorale sera terminée. Nous serons dans la journée de réflexion qui est laissée à chaque citoyen pour réfléchir dans la sérénité au vote qu'il exprimera le lendemain. Nous savons qu'un grand nombre d'entre eux hésite et hésitera jusqu'au dernier moment. On nous dit même que certains électeurs n'auront pas encore arrêté leur choix en entrant dans l'isoloir. Pour une grande part, l'ampleur de cette incertitude est due à la candidature de Jean-Pierre Chevènement, mais ils se demandent s'ils vont oser. Dans les jours qui viennent nous avons donc un important travail de conviction à mener. Aidons les à oser. Jamais, un scrutin n'a été aussi incertain. Tout est encore possible.

Oui, voter pour Jean-Pierre Chevènement, c'est la France retrouvée,
Oui, voter pour Jean-Pierre Chevènement, c'est le citoyen relevé,
Oui, voter pour Jean-Pierre Chevènement, c'est le travail revalorisé.


Vive la République,
Vive la France.


(source http://georges-sarre.net, le 18 avril 2002)

Margny les Compiègne, le 16 avril 2002
Mesdames, Messieurs,
Chers Amis,

Il est urgent de mettre un terme à la chienlit des sauvageons. L'assassinat d'Evreux a indigné à juste titre la France. Il n'est pas, malheureusement, un drame isolé. A Valenciennes, un père de famille poignarde un lycéen. A Marseille, un commissariat est attaqué par une bande de voyous. Il n'y a pas si longtemps, aux Sables d'Olonne, deux gendarmeries ont été envahies par des trafiquants de drogue, qui voulaient récupérer leur marchandise saisie. Je pourrais sans difficulté allonger cette liste de méfaits inadmissibles. Mais, le problème n'est pas de les énumérer ; le problème est de les empêcher.

Pour les empêcher, il faut d'abord affirmer une volonté politique sans faille qui repose sur la répression et sur la prévention. Il est contre productif d'opposer, tel les post soixante huitards attardés, la répression et la prévention. La répression appartient pleinement à la prévention, parce que la répression est dissuasion. Elle fixe les limites à ne pas franchir. De plus, dans la situation d'urgence où nous nous trouvons aujourd'hui, la répression relève de la première nécessité. Elle doit être sans faiblesse, sans excuse absolutoire.

Jean-Pierre Chevènement a fait des propositions concrètes. S'il est élu, dès le mois de Juillet, l'Assemblée nationale, siégeant en session extraordinaire, sera amenée à se prononcer sur trois projets de loi. Une loi de programmation pour la police et la gendarmerie. Une loi de programmation pour la justice. Une loi portant refonte de l'ordonnance de 1945 sur la délinquance des mineurs. Des centres fermés seront créés pour isoler les mineurs multirécidivistes. Enfin, il faudra rétablir l'unité de la politique pénale sur tout le territoire de la République en mettant fin à l'indépendance des parquets.

Puis, sans tarder, le Parlement devra se pencher sur un véritable statut à donner aux victimes de ces violences. Il convient de prévoir une aide juridique et un soutien psychologique. Il ne faudra pas non plus négliger les problèmes financiers et matériels, tant dans l'urgence que sur le long terme.

Jean-Pierre Chevènement avait déjà fait ces propositions, il y a très exactement trois ans alors qu'il était ministre de l'Intérieur. Lionel Jospin les avait immédiatement repoussées. Aujourd'hui, il invoque une prétendue naïveté. Qui peut croire que Lionel Jospin puisse être naïf ? Lionel Jospin s'est livré alors à un sordide calcul politicien. Il a cédé à l'angélisme idéologique de tant de socialistes. Surtout, il était en train de constituer son axe stratégique avec les Verts, menés par Daniel Cohn-Bendit.

Il était convaincu que cet ensemble libéral libertaire pesait plus en France que les républicains. Il n'a pas vu que les premières victimes de l'insécurité appartenaient aux couches populaires, et non aux bourgeois nantis habitant dans les quartiers chics. Aujourd'hui, Lionel Jospin s'est aperçu que les Français en avaient assez de la violence quotidienne. Alors, le candidat propose ce que le Premier ministre a refusé. Il en rajoute même pour faire bonne mesure. Ainsi, il pense impressionner par la création d'un ministère de la Sécurité Intérieure, comme si la solution dépendait de l'organigramme du gouvernement.

Mais, il y a quelques jours, les intentions de vote en faveur de Lionel Jospin ont commencé à s'effriter. Alors, il procède soudain à un brusque virage en direction des libéraux libertaires. Pour donner du contenu à ce changement stratégique, il formule quelques propositions spectaculaires, dont la suppression prétendue de la double peine. Cette proposition montre qu'il est dangereux de croire aux promesses de Lionel Jospin. Ses convictions varient au gré des sondages et de ses tactiques politiciennes. Aujourd'hui, il cherche à glaner quelques voix dans l'extrême gauche bien pensante.

L'expression même de double peine relève de la plus pure propagande de gauchiste de mauvaise foi. En soi, la double peine n'existe évidemment pas. Une peine, prononcée par un tribunal indépendant, peut comprendre plusieurs volets. L'emprisonnement n'est pas la seule peine possible. Lorsqu'un ressortissant français commet certains crimes et délits, il peut être privé de ses droits civiques, familiaux ou autres pendant un certain temps. Par nature, un étranger ne peut être privé de ses droits civiques et de quelques autres, qu'ils ne possèdent pas au moins en France. L'exact équivalent est donc l'expulsion du territoire. Si l'on suit Lionel Jospin, les étrangers en France bénéficieraient d'une sorte d'immunité négative. Il ne serait pas passible de les condamner à certaines peines équivalentes à celles dont resteraient possibles les Français. Enfin, les braqueurs, les proxénètes, les trafiquants de drogue et autres délinquants étrangers pourraient rester en France. L'angélisme finit toujours par profiter au diable. Comme disait Pascal : " Qui veut faire l'ange, fait la bête ".

Jacques Chirac s'est aussi emparé du thème de la sécurité. Une fois de plus, à quelques nuances près, il fait les mêmes propositions que Lionel Jospin. Dois-je rappeler qu'en 1999 il était Président de la République ? Il aurait pu alors soutenir les propositions de Jean-Pierre Chevènement. Déjà candidat en embuscade, il s'en est bien gardé. Surtout, il a des responsabilités politiques dans la dérive que nous déplorons. En 1987, il a interdit la détention provisoire pour les mineurs délinquants, y compris multirécidivistes. En 1995, il n'a pas fait appliquer la loi de programmation de la police et de la gendarmerie que Charles Pasqua venait de faire voter. En janvier 1997, Jacques Chirac a lancé l'indépendance des parquets, que Lionel Jospin a appliquée. Il est vrai que Jacques Chirac souhaitait aller encore plus loin dans l'anarchie judiciaire en supprimant toute hiérarchie au sein des parquets.

Jacques Chirac a cru pouvoir démontrer sa volonté sans faille dans la lutte contre l'insécurité en lançant le slogan " impunité zéro ". Il ne s'est attiré que des sourires moqueurs. Devant une telle inconscience, on a envie de crier : " Pas lui ! Comment ose-t-il ? ". Comme Lionel Jospin, tout à son ambition, Jacques Chirac finit par ignorer l'image qu'il donne de lui-même.

Alors, pour lutter efficacement contre l'insécurité, il vaut mieux Jean-Pierre Chevènement qui a conçu une politique complète et cohérente. Il faut se méfier de ceux qui l'ont copié et plagié, en ajoutant quelques mesures spectaculaires pour faire meilleur effet.

Mais, bien sûr, on ne peut se contenter de la répression. Il faut aussi mettre en oeuvre une politique sérieuse de prévention sur le long terme. Il faut en finir avec la prévention paillettes. La prévention passe par une Ecole de la République redressée, remise sur ses pieds, débarrassée des scories soixante huitardes. Dans la loi d'orientation qu'il a fait voter en 1989, lorsqu'il était ministre de l'Education Nationale, Lionel Jospin a mis l'élève au centre de l'Ecole. C'est une très grave erreur de conception. C'est transformer l'Ecole en lieu de vie. Au centre de l'Ecole, il doit y avoir la transmission des savoirs, des connaissances, des repères. Il n'existe pas d'égalité entre le maître et l'élève. Le maître sait. L'élève apprend. L'Ecole est un lieu de passage pour l'Elève, un lieu de formation. L'enfant deviendra adulte. L'élève deviendra citoyen. La mission de l'Ecole de la République est de former des citoyens. C'est-à-dire des femmes et des hommes susceptibles de participer au débat public. C'est-à-dire des femmes et des hommes qui peuvent, sauf cas particulier, subvenir à leurs propres besoins et à ceux des leurs.

A l'Ecole de la République, doit aussi être enseignée l'instruction civique. Celle-ci ne doit pas être assimilée à un cours de droit administratif. L'instruction civique doit expliquer comment vivre ensemble au-delà de nos différences grâce au principe de laïcité. Il faut séparer l'espace du débat public et la sphère de la vie privée. L'instruction civique doit montrer le rôle central de la loi, qui a été élaborée en commun. Son respect par tous est le fondement de la vie en société républicaine. On peut la contester par des voies démocratiques ; mais on s'y soumet tant qu'elle appartient au droit positif. L'instruction civique doit diffuser la morale républicaine, celle qui allie la liberté de l'individu et le respect d'autrui.

Nous sommes bien loin des facilités qui ne sont que des capitulations. La simple évocation de la libéralisation de la consommation de drogue est déjà un encouragement à toutes les dérives. Les délinquants auront l'impression qu'ils ne font que précéder la loi. Mais, si la solution passe par la fermeté, il convient d'éviter les slogans tapageurs du style " impunité zéro " ou " tolérance zéro ". Outre que de tels principes pourraient s'appliquer à d'autres que les seuls sauvageons, ils limitent le problème à ses seuls effets.

Or, la violence actuelle en France a pour cause profonde la démission généralisée de nos élites qui s'est propagée progressivement depuis 1968. La marginalisation de l'Etat, un individualisme sans borne, la dérision à l'encontre de la France, l'oubli de la République, les repentances à répétition, le mépris pour le travail et les travailleurs, l'absence de politique d'intégration, le chômage de masse, voilà quelques uns des facteurs qui expliquent la situation d'aujourd'hui.

Je veux dire un mot sur l'insécurité sociale qui touche des couches de plus en plus étendues actifs. La précarisation grandissante du travail est une réalité au nom de la flexibilité. Les deux tiers des salariés pensent qu'il pourrait se trouver en peu de mois dans une situation d'exclusion. Or, ils savent que rapidement l'exclusion devient inflexible. En se conformant à la mondialisation financière et en acceptant une construction européenne ultra-libérale, les deux sortants ne proposent que l'aggravation de cette situation.

On ne peut compter ni sur Jacques Chirac, ni sur Lionel Jospin pour résoudre ces problèmes. Ils ont eu l'un et l'autre suffisamment de temps pour au moins commencer à apporter des solutions. En revanche, on peut compter sur Jean-Pierre Chevènement. Il a des propositions. Il a des convictions. Il a su le montrer. Et, aujourd'hui, il sait rassembler autour de la République pour être l'homme de la Nation.


(Source http://www.georges-sarre.net, le 24 avril 2002)

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