Déclaration de M. Jack Lang, ministre de l'éducation nationale, sur les filières de formation dans le domaine de l'informatique, Paris le 4 mars 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jack Lang, ministre de l'éducation nationale, sur les filières de formation dans le domaine de l'informatique, Paris le 4 mars 2002.

Personnalité, fonction : LANG Jack.

FRANCE. Ministre de l'éducation nationale

Circonstances : Inauguration du site internet sur les métiers et formations informatiques à Paris le 4 mars 2002

ti : Qu'il me soit permis, tout d'abord, de remercier M. Bernard de Montmorillon, Président de l'université Paris Dauphine de nous accueillir ce matin pour la présentation de ce site internet. M. le Président, je sais que votre établissement est impliqué dans cette opération, puisqu'au sein même de cette université vous offrez des formations informatiques qui sont recensées dans l'annuaire réalisé par Syntec : notamment des IUP, des DESS et des DEA.

Je remercie aussi M. René Sylvestre, Président du groupe de presse l'Etudiant et M. François Dufaux, Président de Syntec Informatique d'avoir conçu et réalisé ce site qui recense l'ensemble des formations à l'informatique et décrit les métiers de ce secteur.

L'Education nationale est naturellement intéressée par cette réalisation qui dénombre, je crois, 4500 formations, dont une grande partie dépendent de mon ministère.

Les formations de l'Education nationale ont pris en compte l'avènement du numérique

A ce propos, je souhaite m'attarder sur l'action entreprise, ces dernières années, par l'éducation nationale pour développer de nouvelles formations, qui prennent en compte l'avènement de l'informatique et de toutes les technologies du numérique dans notre vie moderne.

C'est de cas notamment dans les STS et les IUT. A la rentrée dernière, par exemple, 7 départements nouveaux et 9 options nouvelles ont été ouverts dans le domaine de l'informatique, des services et réseaux de communication. Plus de 50.000 jeunes suivent ces formations chaque année et globalement le nombre de diplômés augmente régulièrement.

C'est aussi le cas pour les licences professionnelles. Je vous rappelle que ces nouvelles formations ont vu le jour à la rentrée universitaire 2000 et conduisent les jeunes issus de DEUG, de DUT ou de BTS à une insertion professionnelle à Bac+3, grâce à un approfondissement des connaissances et à un stage de longue durée. J'ai voulu ces licences professionnelles pour répondre aux besoins de nouvelles formations qui doivent s'adapter aux évolutions technologiques du monde professionnel. Ces formations sont en pleine croissance. Ainsi, ce sont 87 licences professionnelles qui ont été ouvertes, depuis la création de ce dispositif, dans le domaine de l'informatique et des technologies numériques. Elles complètent les formations de second cycle plus anciennes comme les IUP ou bien les cursus plus traditionnels de licences ou de maîtrises.

A Bac + 5 ce sont de nombreux DESS et DEA qui concernent le secteur. Une analyse des dernières formations habilitées au niveau Bac + 5 montre que, désormais, l'informatique échappe à son champ originel pour irriguer des formations et des disciplines différentes et déboucher ainsi sur la pratique de nouveaux métiers. L'informatique n'est plus simplement une discipline universitaire autonome, comme elle l'a été longtemps, mais elle est désormais intégrée dans les autres filières d'enseignement. Deux domaines sont particulièrement concernés par cette évolution : la biologie et la communication, avec par exemple des DESS de " génie biologique et informatique " ou bien de " méthodes et outils pour auteurs rédacteurs multimédia ". Ainsi, le numérique et le multimédia diffusent de plus en plus au sein des universités à typologie différente : littéraires, juridiques ou scientifiques et aboutissent à des " doubles compétences " ou des " compétences complémentaires en informatique ".

C'est exactement dans cette optique que nous avons créé les écoles de l'internet, sous l'impulsion du Premier ministre et conjointement avec le secrétariat d'Etat à l'industrie. Nous voulons que les ingénieurs qui sortiront de ces écoles soient formés non seulement aux techniques informatiques, mais beaucoup plus largement aux aspects juridiques, économiques et commerciaux liés à internet. Je vous rappelle que les premières écoles de l'internet ont vu le jour à Bourges et à Marseille et qu'une troisième est à l'étude à Roubaix-Tourcoing. Ces écoles sont exemplaires pour la conjugaison des formations issues d'écoles d'ingénieurs avec celles de l'université. Elles sont aussi remarquables parce qu'elles correspondent à l'idée que nous avons des formations modernes : nous devons en effet former des étudiants qui soient des spécialistes, certes, mais des spécialistes cultivés, ouverts à des champs de réflexion plus larges que ceux qu'impliquent leurs savoirs théoriques ou techniques.

Comme vous le voyez à travers ces quelques exemples, l'éducation nationale a su s'adapter et renouveler ses formations pour répondre à la révolution numérique. Globalement ce sont près de 100.000 étudiants qui sont engagés dans une des filières informatiques de l'enseignement supérieur français.

D'une façon générale, mon action dans le supérieur a porté sur le renouveau des formations. Je souhaite libérer d'avantage encore les initiatives. Le monde évolue à une très grande vitesse et le secteur que vous représentez ici est certainement celui où les mutations sont les plus rapides. L'université devra sans cesse accompagner et préparer ces mutations.


La modernisation de l'enseignement supérieur

C'est avec cette volonté d'ouverture et d'élargissement des compétences que je me suis attaché à suivre de près l'évolution de l'enseignement supérieur. J'ai défini trois priorités pour cette modernisation : La rénovation pédagogique, l'ouverture internationale et la formation continue à travers la validation des acquis professionnels.


Je souhaite que des enseignements pluridisciplinaires continuent à se créer grâce notamment au système de crédits que j'ai décidé de mettre en oeuvre et grâce aux parcours diversifiés. Cette pluridisciplinarité est de plus en plus ressentie comme une nécessité dans le domaine de la formation, comme elle l'est déjà dans le domaine de la recherche. D'une façon générale, elle favorise les orientations progressives et les réorientations, utiles à la préparation de certains métiers, indispensables à l'efficacité de certaines recherches. C'est dans cette perspective que je veux développer une professionnalisation, laquelle doit rester, bien entendu, en rapport avec les finalités de la formation universitaire.

Cette politique de professionnalisation répond bien à la vocation de l'université : assurer une formation théorique de très haut niveau et favoriser l'insertion professionnelle par des contacts avec les partenaires économiques, les associations professionnelles ou bien par un développement des stages en entreprise. Elle doit s'appuyer sur la qualité des nos établissements d'enseignement supérieur, sur la diversité des filières de formation et sur l'innovation dont font preuve les enseignants.

L'informatique rend les établissements d'enseignement plus modernes, non seulement parce qu'elle apporte de nouveaux outils aux enseignants, mais aussi et surtout parce qu'elle rend l'université plus ouverte sur le monde qui l'entoure. L'informatique est, en effet, un secteur très particulier qui nécessite un savoir théorique pointu pour lequel l'université est irremplaçable. Mais c'est aussi un univers en constante évolution, grâce à tous les professionnels qui développent des solutions ou des logiciels dans les entreprises, et grâce aux étudiants et aux chercheurs bien souvent à l'origine des innovations majeures de ce secteur.

L'évolution très rapide de ces technologies rend nécessaire une " mise à jour " régulière des connaissances pour tous les professionnels du secteur. Une dialectique doit se mettre en place entre formations et métiers de l'informatique pour établir des ponts nouveaux entre le système éducatif, l'entreprise et les salariés, dans le domaine de la formation continue. Il s'agit d'un chantier majeur, trop longtemps négligé. Votre secteur d'activité, en constante mutation, est par excellence un domaine où la formation tout au long de la vie prend tout son sens. Les étudiants qui " diplôme en poche " quitteront l'université doivent, me semblent-il, bien comprendre qu'ils seront appelés à y revenir pour y actualiser leurs compétences.


Conclusion

J'ai entendu la demande des professionnels de vouloir être associés plus étroitement aux réflexions des ministères concernés par ce secteur. Comme je vous l'ai indiqué, il me semble sain que des relations étroites soient établies. C'est déjà un peu le cas à travers la participation de Syntec Informatique dans les instances partenariales du ministère comme le CNESER ou les Conseils d'administration de certaines écoles et universités.

Vous le savez, le gouvernement auquel j'appartiens a mis en oeuvre un plan ambitieux pour faire entrer la France dans la société de l'information. De nombreuses actions ont été entreprises, notamment dans le domaine de l'éducation. Les professionnels du secteur, environ 700.000 personnes, sont naturellement les chevilles ouvrières sans lesquelles aucune réalisation concrète n'aurait pu avoir lieu.

Le Ministère de l'éducation nationale et les établissements d'enseignement supérieur ont su répondre au défi de la modernisation et de la rénovation de leurs formations. Contrairement à une image trop répandue, votre site est la preuve irréfutable que les établissements d'enseignement ont su relever le défi de la modernité et qu'ils ont, en plus, anticiper et inventer de nouvelles façons d'enseigner et de vivre. Beaucoup de chemin reste cependant à parcourir. Je souhaite que nous fassions ce chemin ensemble.


(Source http://www.education.gouv.fr, le 7 mars 2002)

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