Conférence de presse de M. Jack Lang, ministre de l'éducation nationale, sur la mixité dans les filières scientifiques et techniques, Paris le 5 mars 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Conférence de presse de M. Jack Lang, ministre de l'éducation nationale, sur la mixité dans les filières scientifiques et techniques, Paris le 5 mars 2002.

Personnalité, fonction : LANG Jack.

FRANCE. Ministre de l'éducation nationale

Circonstances : Conférence de presse "Les métiers changent, changeons d'idée sur les métiers" à Paris le 5 mars 2002

ti : Mon ambition, comme celle de l'ensemble du Ministère, est d'encourager la mixité. Nous avons une exigence et un mot d'ordre : Équité, Égalité, Parité. Il n'y a pas, d'un côté, des disciplines, des métiers pour les garçons et d'autres pour les filles. Cette vision est archaïque.

Ce n'est pas qu'une question de principes, même si c'est important. C'est aussi un gâchis professionnel, une aberration économique et sociale. Les filles ont évidemment leur place dans tous les métiers. Les entreprises souhaitent pouvoir accueillir un plus grand nombre de jeunes filles dans les domaines scientifiques et techniques. Femmes ou hommes, notre pays a besoin d'un nombre croissant de personnes qualifiées en sciences et en technologie.

Je pense aujourd'hui particulièrement à ces métiers qui ont profondément évolué et qui ont participé à la modernisation de notre société et de ses moyens de production. Ces métiers scientifiques et techniques qui, pour de très nombreuses raisons, étaient perçus, vécus comme des métiers strictement masculins.

C'est pourquoi il faut agir le plus tôt possible, au moment où les jeunes choisissent leur voie. Or l'orientation scolaire est souvent dictée par des rôles sociaux et elle aboutit à des partages devenus traditionnels, indignes d'une société qui doit toujours chercher l'égalité. Il faut lutter contre une division sexuée des savoirs, qui est le prélude à celle des métiers.

Nous devons opérer une véritable révolution mentale, une réforme de nos habitudes et de nos catégories de pensée. Des progrès ont été accomplis depuis de nombreuses années, mais la situation est encore très variable aujourd'hui.

En terminale STI, le nombre de filles augmente de manière trop modeste. Il progresse dans les sciences, mais trop lentement. Il y a une partition entre le destin des filles et celui des garçons. Globalement, quantitativement, il y a plus de filles que de garçons à l'université. Mais les chiffres ne disent pas tout, il y a encore trop d'insuffisances et de déséquilibres. Nous devons progresser pour aboutir à une véritable, à une authentique mixité : Il faut ouvrir toutes les portes de toutes les filières aux jeunes filles de ce pays.

C'est un combat qui nécessite une mobilisation générale. Tous les acteurs de la communauté éducative doivent trouver leur place dans cette lutte et s'y engager : les enseignants bien sûr, les Conseillers d'Orientation Psychologues, les parents et les jeunes eux-mêmes.

J'insiste, l'effort doit être commun. L'école a son rôle à jouer, mais elle doit être aidée par l'ensemble de la société, des acteurs économiques, des médias jusqu'aux familles. Lorsque l'information est bien faite et l'orientation efficace, des progrès spectaculaires sont accomplis.

C'est un travail collectif. Qui peut nier que les préjugés ont la vie dure, et que les images changent parfois plus lentement que les lois ? Nous avons besoin de vous. Le partenariat avec la presse régionale et nationale, avec l'ensemble des médias est essentiel. Je crois aux vertus de l'exemplarité, aux témoignages personnels. Sachons ensemble dire halte aux clichés, aux préventions et aux idées toutes faites.


(Source http://www.education.gouv.fr, le 7 mars 2002)

Rechercher