Déclaration de M. Jack Lang, ministre de l'éducation nationale, sur la mobilisation des lycéens et collégiens qui ont participé aux concours de la campagne "Le respect, ça change l'école", Paris le 20 mars 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jack Lang, ministre de l'éducation nationale, sur la mobilisation des lycéens et collégiens qui ont participé aux concours de la campagne "Le respect, ça change l'école", Paris le 20 mars 2002.

Personnalité, fonction : LANG Jack.

FRANCE. Ministre de l'éducation nationale

Circonstances : Lancement de l'acte II de la campagne "Le respect, ça change l'école" à Paris le 20 mars 2002

ti :
Monsieur le ministre délégué,
Monsieur le Président
(Messieurs les recteurs)
Mesdames, mesdemoiselles, messieurs


C'est avec plaisir que je vous reçois pour le lancement de l'acte II de la campagne " le respect ça change l'école ".

En lançant le premier acte de la campagne " le respect, ça change l'école " à l'automne dernier, j'avais annoncé un acte deux au printemps. Nous y voici, exactement.

Et je salue Frédéric DIEFENTHAL qui a contribué au succès des spots diffusés à la télévision, je le remercie d'être avec nous ici cet après-midi. Je remercie également les autres personnalités qui se sont impliquées dans différentes opérations, qui ont accompagné la diffusion audiovisuelle de la campagne, opérations dans les classes, dans les stades, au centre Pompidou à Paris, par exemple. Et à travers eux, je voulais associer dans mes remerciements tous ceux qui ont prêté leur voix, leur visage, leur talent à la première vague de la campagne.

Il ne s'est pas passé un jour depuis le mois de septembre sans que n'interviennent dans les établissements scolaires, dans les stades de foot, de hand-ball, de rugby, dans les salles de judo, Daniel COSTANTINI, parrain de la campagne, LÂÂM, Brahim ASLOUM, Mouss DIOUF.

Sans compter les responsables de la communication de la campagne respect.

Sans compter les chefs d'établissements, les enseignants, les élèves qui ont quotidiennement associé par leurs paroles et par leurs actes " école " et " respect ".

Je ne citerai pas toutes les actions, vous en trouverez la liste dans le dossier de presse.

Je ne citerai pas non plus toutes les manifestations à venir, je retiendrai seulement celle du 17 avril prochain : sur l'annexe du stade de France, un match amical de football avec des personnalités, des lycéens et des collégiens, les participants rencontreront Dominique ROCHETEAU, " l'ange vert " qui vient d'ailleurs d'être nommé à la tête d'un comité d'éthique du football.

La presse s'est toujours largement fait l'écho de ces manifestations et je dois ici la remercier au nom de tous pour sa participation active à la diffusion de la campagne " respect " et à la diffusion de l'idée de " respect " qui s'est même invitée à une autre campagne¿
Nous allons cet après-midi récompenser les lauréats des différents concours lancés par le ministère de l'éducation nationale et qui constituent l'acte II de la campagne, acte dans lequel élèves, collégiens, lycéens, soutenus par la mobilisation de leurs chefs d'établissement et de leurs enseignants, ont travaillé avec passion, raison, talent et émotion à se réapproprier cette campagne à l'occasion des différents concours autour du respect :

-le concours lycéen de scénarios, lancé à l'initiative du Comité national de la vie lycéenne, CNVL " contre la violence au lycée, pour une école du respect " dont nous verrons tout à l'heure les trois spots lauréats réalisés par les lycéens et le CNDP.

-le concours de nouvelles sur le thème " le respect, ça change l'école ", nous pourrons lire les textes des lauréats dans un livre co-édité avec manuscrit.com.
-Enfin, le concours de slogans " et pour votre classe, c'est quoi le respect ? " qui s'adressait à tous, du primaire et du secondaire et dont nous avons pu déjà lire les meilleurs d'entre eux dans la presse tant nationale que régionale.

Je tiens à féliciter tous ceux qui, lauréats ou non, ont participé à ces concours. De toutes les Académies nous sont parvenues des contributions, vingt et une d'entre elles, autant dire presque toutes, ont des lauréats. Pour la première fois que nous organisions un tel concours, cette massive mobilisation est un encouragement !

Les lycéens ont envoyé près de 290 scénarios, 42% viennent des lycées d'enseignement général, 58% des lycées professionnels et 11% des établissements privés sous contrat.

Et si les scénarios individuels ont été écrits à parité par des filles et par des garçons, plus du tiers des scénarios collectifs a été imaginé par des groupes de filles, uniquement.

Un jury national composé de représentants du ministère, du CNDP, de la presse, de lycéens du CNVL et des partenaires du concours a sélectionné douze scénarios dont trois ont été retenus pour être tournés et diffusés.

Les auteurs des douze scénarios sélectionnés recevront un camescope numérique et, afin que soit prolongé l'esprit du concours je propose que les neuf scénarios qui n'ont pas été tournés le soient par les lauréats, aidés par les équipes audiovisuelles des CRDP.

Un mot sur la sélection. Une forte majorité des scénarios reçus montrait une situation de violence physique. Aucun des scénarios sélectionnés ne présente de scènes violentes. Certains lycéens seront tentés de ne pas se reconnaître dans ce choix. Mais, comme pour la première vague de la campagne, nous avons voulu choisir des sujets positifs.

Le concours de nouvelles ne s'adressait qu'aux lycéens et quelle ne fut pas notre surprise de recevoir de nombreuses contributions des collégiens !

Contributions qui n'ont rien à envier à celles des lycéens !
Plus d'une centaine de nouvelles sont parvenues au jury composé de représentants du ministère, de membres de manuscrit.com, Nova et Muteen. Ces nouvelles proviennent majoritairement des Académies d'Aix, Bordeaux et Poitiers. Je rappelle que les nouvelles retenues paraîtront fin mars dans un livre coédité par le CNDP et manuscrit.com, sous le titre " le respect, ça change l'école ".

Enfin le concours de slogans " et pour votre classe, c'est quoi le respect ? ". Plus de 2000 slogans ont été adressés au ministère par des classes du primaire et du secondaire de 410 établissements, 16 slogans ont été retenus et ont été publiés sous forme d'encart dans des quotidiens nationaux et régionaux entre le 19 et le 28 février 2002.

Ce sont les Académies de Lille, de Versailles et de Créteil qui tiennent la palme de la participation.

Une chose importante a attiré mon attention à la lecture de ces slogans : l'exigence de réciprocité est un message essentiel, le respect de soi est inséparable du respect d'autrui.

De plus une majorité de slogan associe des valeurs positives au respect : dignité, tolérance, écoute, amitié, amour, bonheur.

Je crois qu'il faut voir dans cette mobilisation massive une volonté, un désir, un besoin de dialogue entre la jeunesse et l'institution scolaire. La jeunesse a peut-être voulu nous dire, je ne m'autoriserai pas à parler à sa place : oui, nous aimons notre école et nos maîtres ! Et nous voulons qu'on la respecte, qu'on les respecte, qu'on nous respecte !

Et là je reprendrai un slogan " la violence de ta cité, on n'en veut pas au lycée ! ".

Je crois aussi qu'il faut voir dans cette mobilisation le signe d'une force avec laquelle il faudra compter dans l'avenir, une force de pacification, une force qui dit " stop ! on ne veut pas de ça ! ". Vous savez, l'histoire nous montre, des " folles de la place de mai " en Argentine aux femmes de Sicile ou d'Irlande, que la détermination pacifique de ceux qui ne disposent ni de la force physique ni de celle des armes peut renverser toutes les violences.

Toutes ces paroles (scénarios, nouvelles, slogans) envoyées depuis les écoles, les collèges et les lycées, le ministère de l'éducation nationale a souhaité en donner le plus large écho afin qu'elles soient connues de tous. C'est pourquoi nous avons voulu non seulement :

les publier sur le site internet du ministère,
mais les diffuser avec l'aide de la presse,
les rassembler dans un livre avec le CNDP,
les montrer par les spots d'une campagne à la radio et à la télévision.
Pour être tout à fait complet, il faut dire que cette campagne ne serait rien sans l'action conduite en profondeur sur le terrain.


Elle n'est que l'accompagnement :
-d'une volonté interministérielle manifestée dès juillet 2001 par une action concertée de tous les partenaires (Justice, Intérieur, Jeunesse et Sports, Défense, Ville, Enseignement professionnel, Education nationale)
-des réflexions et propositions concrètes du comité national contre la violence présidé par Sonia Heinrich
-d'un travail quotidien accompli par les équipes pédagogiques dont nous avons voulu renforcer la stabilité.

C'est donc un effort de longue haleine auquel se sont associés des partenaires :
- le journal Okapi
- le centre Pompidou
-et la RATP dont je salue le président Monsieur Jean-Paul BAILLY, avec qui nous allons signer tout à l'heure une importante convention.
-
Nous savons tous, malheureusement, que les agents de la RATP sont confrontés à des comportements qui rendent difficile l'exercice du métier et souvent invivable l'espace public des transports en commun. Il était tout naturel que le ministère de l'éducation nationale retienne la RATP comme partenaire de la campagne " le respect, ça change l'école ".

Mais au-delà, nous avons décidé de nous associer pour mettre en oeuvre des actions visant :
- à un retour au civisme,
- à un respect des règles,
- à lutter contre la violence, contre l'incivilité, les délits et les vexations dont souffrent souvent, trop souvent agents et usagers. Vivre ensemble, apprendre ensemble, voyager ensemble, c'est un tout.

Cette convention a aussi pour but de faire connaître et de faire prendre conscience à tout le monde du rôle et de l'importance du service public. Et je ne peux m'empêcher de penser, au lendemain du sommet de Barcelone, de la convergence entre les menaces libérales et les incivilités ou violences inconscientes.

En tout cas, le président de la RATP et moi-même, savons que sans respect, il n'y a pas de service public. Et que le respect, ça change aussi le bus, le métro, le train. C'est pourquoi je me réjouis de signer avec vous, Monsieur le Président, aujourd'hui où nous fêtons les lauréats de concours autour du respect, cette convention.

Avant de passer la parole à monsieur le ministre délégué, un dernier mot.

Y aura-t-il un acte trois à la campagne respect ? Je ne sais. Mais la réalité quotidienne me conduit à penser que l'école, leurs élèves, les enseignants, les chefs d'établissement ont montré au pays un exemple. " Le respect, ça change l'école " c'est la bonne nouvelle. Si tous nous entendions le message de nos élèves, collégiens et lycéens, si tous nous avions quelque chose à apprendre d'eux, l'acte trois serait " le respect, ça change tout ! "


(Source http://www.education.gouv.fr, le 26 mars 2002)

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