Déclaration de M. Jack Lang, ministre de l'éducation nationale, sur la réforme des études supérieures des professions de santé et les débouchés de la première année universitaire commune à cette formation des étudiants, Paris le 11 avril 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Déclaration de M. Jack Lang, ministre de l'éducation nationale, sur la réforme des études supérieures des professions de santé et les débouchés de la première année universitaire commune à cette formation des étudiants, Paris le 11 avril 2002.

Personnalité, fonction : LANG Jack.

FRANCE. Ministre de l'éducation nationale

Circonstances : Installation de la commission pédagogique pour la première année universitaire commune aux études des professions de santé

ti : Avec Bernard KOUCHNER, je suis heureux de vous retrouver aujourd'hui pour l'installation de la commission pédagogique nationale chargée de faire des propositions pour que se concrétise une réforme d'envergure que nous voulons conjointement.

Cette réforme s'ancre aujourd'hui dans les nombreux dialogues échangés avec les enseignants, les étudiants et les professionnels des différents métiers concernés. De sorte qu'après deux ans de réflexion et de travaux communs, il était urgent que ces derniers s'approprient l'¿uvre partagée. C'est le but de cette réunion. Nous avons voulu par notre présence témoigner de l'importance que nous accordons à la mission confiée.

Pour les mêmes raisons, nous avons décidé que la présidence en serait assurée par le premier vice-président de la conférence des présidents d'université, Bernard BELLOC, que je suis heureux de saluer tout particulièrement -ou à son représentant Domicien DEBOUZIE-.

L'esprit et les ambitions de ce projet

Il n'est pas inutile de souligner ici l'esprit et les ambitions de ce projet. Il faut se souvenir tout d'abord que cette réforme a été décidée en mai 2000. Avec les ministres en charge de la santé, nous faisions ensemble le point sur l'évolution des réformes déjà engagées et renouvelions le constat bien connu que les formations universitaires, donnant accès aux professions médicales, attiraient d'excellents bacheliers mais les soumettaient également aux fourches caudines du numerus clausus. Ainsi, un trop grand nombre d'entre eux étaient éliminés. Et les acquis des " reçus-collés " n'étaient pas valorisés par des offres d'accès à de nouvelles formations universitaires. Bref ! C'était un gâchis inutile auquel il fallait remédier sans remettre toutefois en cause le principe des numerus clausus qui procède d'une politique plus générale de la santé.

Nous observions également que cette première année confinait les étudiants dans un bachotage de nécessité, les faisait se refermer sur eux-mêmes. Alors que c'est tout le contraire qui est attendu d'eux¿ En effet, pour être en harmonie avec toutes les attentes des patients et des collectivités, ces futurs médecins, pharmaciens, chirurgiens dentistes¿ devront faire preuve, non seulement de connaissances professionnelles solides, mais aussi de qualités humaines tout aussi solides. Ils devront aussi pouvoir travailler en équipe et en réseau. Aucun de ces praticiens, en effet, ne pourra pleinement assumer des activités efficaces de soins et de prévention individuelles ou collectives s'il ne collabore pas -peu ou prou- avec toutes les autres professions de santé. Il fallait donc préparer ces futures collaborations entre les différents professionnels de santé. L'idée d'une première année de formation partagée sur les bases d'une culture commune s'est alors imposée. Cette année universitaire formera un tout.

Des changements pour plus de liberté et de responsabilité des étudiants

Au cours de cette année, très tôt, sera engagée une présentation et une réflexion sur les différents métiers de la santé qui complètera utilement des enseignements communs en biologie d'une part, mais aussi en sciences humaines et sociales d'autre part. En cela l'objectif est clair : permettre à chaque étudiant de choisir son projet professionnel en fonction de ses goûts et de ses performances. Alors chacun pourra suivre les enseignements optionnels propres à chaque filière pour devenir chirurgien dentiste, masseur kinésithérapeute, pharmacien, sage-femme, orthophoniste, etc¿ Plusieurs filières devront être possibles. A la carte pour chaque étudiant et ce autant que de raison. A chaque filière correspondra un concours propre sans hiérarchie entre les uns et les autres mais permettant plusieurs orientations ou réorientations¿

Enfin, pour éviter les redoublements inutiles comme par le passé, puisqu'ils ne permettaient dans la majorité des cas que d'améliorer un classement déjà significatif, il sera dorénavant interdit de redoubler sauf pour un motif grave offrant un droit très encadré à dérogation. Mais cette nouvelle contrainte sera largement compensée par des passerelles semi-tardives entre les filières (probablement à bac + 3). Ainsi, il y aura là une sorte de droit aux remords ou à l'expression d'une persévérance dans le choix professionnel initial.

De nouveaux chantiers pédagogiques

Une telle réforme extrêmement ambitieuse nécessite une réflexion pédagogique approfondie enrichie des méthodes les plus modernes d'enseignement, d'encadrement (tutorat), d'évaluation (formatrice autant que normative). Elle exige que l'on réfléchisse à des organisations nouvelles et à des transferts de moyens dans les universités et sans doute des centres hospitaliers vers les universités.

Elle ouvre, au-delà de la première année, des possibilités de formations universitaires à des professions qui n'en bénéficient pas aujourd'hui. Toutefois, en la matière, il convient d'être extrêmement prudent et d'envisager chaque situation au cas par cas. Mais cette possibilité est riche pour l'avenir car elle permettra de construire de nouveaux enseignements au-delà de cette première année pour les nouveaux métiers de la santé connus ou à inventer.

Elle invite, enfin, à identifier les savoirs acquis susceptibles d'ouvrir des droits à crédit (ECTS) qui permettraient même des réorientations pour un plus grand nombre.

Telles sont tracées les grandes lignes d'un chantier pédagogique dont vous aurez, Mesdames et Messieurs, mission de proposer la mise en ¿uvre.

Je vous remercie d'avance d'avoir répondu à notre invitation et surtout de vous engager au service des plus jeunes et de la santé de tous.


http://www.education.gouv.fr, le 16 avril 2002)

Rechercher