Déclaration de M. Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France, sur les enjeux des élections législatives de juin 2002, les objectifs du MPF notamment la défense du souverainisme, Paris, Maison de la Chimie, le 11 mai 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France, sur les enjeux des élections législatives de juin 2002, les objectifs du MPF notamment la défense du souverainisme, Paris, Maison de la Chimie, le 11 mai 2002.

Personnalité, fonction : VILLIERS Philippe de.

FRANCE. Mouvement pour la France, président

Circonstances : Réunion pour le lancement de la campagne du Mouvement pour la France pour les élections élections législatives, à Paris, à la Maison de la Chimie, à Paris le 11 mai 2002

ti : Chers amis,

Merci de votre fidélité de votre présence de votre ardeur au combat de votre détermination à l'orée de cette campagne pour les élections législatives.

Le tableau des forces politiques françaises, depuis le 21 avril, rappelle la célèbre toile de Gainsborough qui se trouve à la "National Gallery" de Londres et qui est intitulée "Paysage après la tempête ". Le sujet du tableau, c'est la transformation, après une tornade, d'un paysage paisible de campagne en un paysage où tout est chamboulé, où chaque chose a bougé, changé de couleur, où une lumière nouvelle révèle ce qui, jusqu'alors, était dans l'ombre

J'avais donc décidé de ne pas être candidat à l'élection présidentielle, je vous rappelle les termes de mon communiqué du 15 février : "Je ne veux pas ajouter la division à la division et la confusion à la confusion". Question de division et question de confusion, nous avons été servis.

Les leçons du premier tour de l'élection présidentielle apparaissent chaque jour plus clairement :

- un message de rejet : le rejet de la Gauche
- un message d'avertissement : "non à la cohabitation",
- un message de protestation : pourquoi la classe politique développe-t-elle un tel autisme ? pourquoi est-elle aussi sourde face à l'insécurité et à l'immigration non maîtrisée ?
- un message de détresse : détresse devant le malaise profond de notre société et de notre vie politique, malaise devant la paralysie du politique, tant il est vrai que lorsqu'on a perdu la souveraineté nationale, on perd ensuite la souveraineté populaire.

Les leçons du deuxième tour apparaissent aussi clairement : la Gauche n'a pas eu d'autre choix que de voter pour le Président de la République le Président de la République se trouve lui-même devant un problème de lisibilité et d'efficacité de son nouveau mandat. En effet les contours en sont si larges que le contenu et le sens politique de ce nouveau mandat ne sont pas aisés à définir.

La Gauche est en embuscade.

Alors que Lionel Jospin a été battu à plate couture, elle tente de récupérer, de s'approprier cette victoire et de donner elle-même un sens à ce nouveau mandat . Ce sont donc les élections législatives qui vont, en levant toutes les ambiguïtés, donner un sens politique, une lisibilité à ce nouveau mandat de Jacques Chirac.

Il faut souhaiter qu'elles soient l'occasion d'une nécessaire reconstruction d'identités politiques fortes.
En effet, le "front républicain", la cohabitation et toutes les formes de connivence entre la Droite et la Gauche créent de la confusion, confusion qui produit et nourrit des votes protestataires (ces votes représentent 35 % des voix au premier tour).

Il apparaît, aujourd'hui, important de retrouver une confrontation lisible entre la Gauche et la Droite, les convictions de Gauche et les convictions de Droite. Ceci vaut singulièrement pour la Droite :

- lorsque nous ne couvrons plus notre spectre politique, nous reculons,

- lorsque la Droite a abandonné son terrain au Front National, ce dernier a comblé le vide.

Il est donc vital, indispensable que, clairement, les convictions de la droite soient affirmées. La perte des voix pour la Droite au premier tour a été de 4 millions de voix.

Le MPF jouera un rôle capital dans cette nécessaire affirmation : nous sommes ce que les gens voudraient que la Droite soit. L'originalité de notre message a construit nos succès et nous a permis de poser, depuis 10 ans, d'importants jalons :

- la bataille de Maastricht en 1992,
- les élections européennes de 1994,
- l'élection présidentielle de 1995 (dont il faut réévaluer le score à la lumière du premier tour de la présidentielle 2002),
- les élections européenne de 1999.

Notre singularité nous porte à insuffler nos convictions à toute la droite en restant nous-mêmes. Le MPF n'est pas soluble dans un hypercentre. La mission du MPF est bien de reconstruire une identité forte à droite. C'est pourquoi, notre présence, aux élections législatives, se résume en deux mots clés : singularité et trait d'union.

Singularité : il s'agit, pour nous, de développer et de faire connaître notre singularité. Le MPF n'ira pas se fondre dans la formation centrale UMP. C'est une question de cohérence (notamment sur la ligne européenne).

Comme il me l'a dit encore hier soir, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a bien compris que le MPF couvrait une partie du spectre que l'UMP ne couvre pas. C'est pourquoi il souhaite l'existence et la reconnaissance de notre mouvance souverainiste.

Trait d'union : nous travaillons en trait d'union avec l'UMP. En effet, notre objectif commun, c'est de battre la Gauche.

Ce qui signifie :

- qu'il y aura des candidats d'union dans un certain nombre de circonscriptions,
- qu'il n'y aura pas de candidats du MPF dans les circonscriptions , à haut risque,
- qu'il y aura un désistement automatique et réciproque au deuxième tour en faveur du candidat le mieux placé MPF ou UMP, pour battre la Gauche. Ce dispositif de campagne s'inscrit dans une démarche commune que nous avons souhaitée avec Jean-Pierre Raffarin.

Le Mouvement Pour la France sera donc présent aux élections législatives avec un triple objectif :

I - Le premier objectif, c'est d'imposer une vraie rupture avec le Socialisme,
II - Le deuxième objectif consiste à proposer le Souverainisme comme la clé de l'avenir,
III - Le troisième objectif, c'est d'empêcher une nouvelle cohabitation, celle des institutions et celle des esprits.

I - Rompre avec le Socialisme

L'impasse stratégique dans laquelle s'enferme la Gauche avec son socialisme archaïque, ouvre un boulevard à la Droite. Saura-t-elle en profiter ?

1/ un effondrement historique

- la Gauche a été balayée dès le premier tour de la présidentielle

- Pourquoi ? Pour deux raisons, à cause d'un double rejet.

a/ le rejet du bilan .

Citons quelques exemples :

- Les 35 heures. Elles étaient censées apporter la félicité et le plein emploi. En fait, elles ont désorganisé la production. pénalisé les entreprises accéléré la délocalisation des créateurs et des capitaux paupérisé le pays et les Français.

- Le Pacs : il n'intéresse que Saint-Germain des Prés 100 000 personnes sont concernées jamais il n'y a eu, en France, autant de mariages.

- La parité : c'est une réforme de mépris, mépris du mérite et du talent des femmes. Nous serons, aux élections législatives, le parti qui présentera proportionnellement le plus de femmes.

- Les jeunes : la Gauche a proposé des faux emplois des emplois culs de sac Les jeunes ont exprimé ce qu'ils veulent : la dignité et la responsabilité. C'est à dire de vrais emplois. C'est à dire de vrai métiers.

- La fiscalité délirante : les Français ont rejeté cette idée socialiste d'une confiscation de la richesse et d'un découragement systématique de l'effort..

- Le gaspillage de la croissance : l'endettement de la France est de 60 % du PIB.

- La bureaucratisation de toutes les sphères de décision : c'est le "gouvernement d'en haut". Jamais l'administration n'a été aussi tatillonne, compliquée, éloignée. Pour être au courant des règles concernant toutes les activités humaines dans notre pays, il faudrait lire 300 pages de circulaires par jour.

- La sécurité : la Gauche croit à une seule solution : la prévention. Elle ne croit pas à la punition. Surtout, la Gauche ne croit pas que l'insécurité est une réalité, elle croit que c'est un fantasme.

Dans un livre remarquable, le rédacteur en chef du service politique du Nouvel Observateur, Hervé Algalarrondo, qui s'affiche lui-même comme journaliste de gauche, est très cruel en citant un ancien ministre de l'Intérieur : "Nous, à droite, quand on attrape un délinquant, on est content. La Gauche, elle, est malheureuse".

b/ Le rejet du projet :

- La légalisation du cannabis : les Français ont dit non .
- Le laxisme des rave-parties (qu'on devrait plus justement appeler les "drogues-parties" ) : les Français ont dit non.
- Le vote des immigrés, au mépris de la nationalité : les Français ont dit non. Le droit de vote doit rester lié à la citoyenneté. et la citoyenneté doit rester liée à la nationalité.
- L'assistance systématique dès le plus jeune âge avec le fameux "contrat d'autonomie" : les Français ont dit non. C'est sans doute là un des projets les plus dangereux de la Gauche : faire entrer les jeunes, dans la vie, en étant payés par la collectivité sans travailler, ce qui veut dire faire de chaque jeune un "enfant de l'Etat" .

2/ Un effondrement durable.

Cet effondrement historique est sans doute durable parce qu'il est le fruit d'une véritable impasse stratégique, qui tient à l'archaïsme du Socialisme français.

a/ une pensée archaïque : cet archaïsme se retrouve dans tous les domaines :

- une culture économique primitive, qui ignore le travail, la concurrence, les lois de la production,
- le refus de regarder en face l'insécurité,
- la béatitude d'un internationalisme recyclé en euromondialisme ultra-libéral.

Sur le travail, sur la sécurité, sur l'immigration, sur les impôts, sur la mondialisation, . la Gauche n'est plus avec le peuple , la Gauche est contre le peuple.

Permettez-moi de citer, à nouveau, le livre d'Hervé Algalarrondo :

D'abord le titre évocateur : " Sécurité : la Gauche contre le peuple". Ensuite la page de garde : " en tardant à prendre la mesure des souffrances engendrées, surtout dans les quartiers défavorisés, par la montée de l'insécurité, les Socialistes ont trahi ce qu'ils appelaient avec emphase en 1981, le " peuple de Gauche ". La réalité s'est vengée. Elle est cruelle pour la Gauche gouvernementale : au moment de voter, les couches populaires se détournent d'elle. La vraie trahison de la Gauche est là : elle est en passe de devenir le parti des couches moyennes. Le parti des Bobos. " Et H. Algalarrondo, à la page 32 de son livre, de constater : " en 30 ans, l'intelligentsia est passée de la " cause du peuple " au " mépris du peuple ". Peuple ? Attention, danger ! " Celui qui s'aventure à se dire proche du peuple devient désormais suspect de "populisme".

b/ Cet archaïsme favorise l'éclosion d'une extrême gauche encore plus archaïque. C'est la course à l'archaïsme. C'est à celui qui sera le plus archaïque. "Plus archaïque que moi, tu meurs !" Exemple : la proposition " d'interdire les licenciements " Il ne faut pas être surpris, dans ces conditions, d'avoir vu s'affronter trois candidats trotskistes et demi à la présidentielle : - Laguiller, - Gluckstein, - Besancenot, et demi-Jospin.

La Gauche se divise désormais en trois tribus archaïques :

- les archaïques du modèle mitterrandien, comme Jack Lang et François Hollande,
- les paléo-archaîques comme l'extrëme gauche,
- les néo-archaïques comme Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn.

c/ On peut raisonnablement prévoir que le recul de la Gauche sera confirmé aux élections législatives si le PS présente le programme socialiste dont il a été question dans la presse cette semaine. Ce sera suicidaire pour les socialistes. Ils se retrouveront alors dans la situation du parti travailliste britannique des années 70 qui avait laissé le champ libre pendant longtemps à Margaret Thatcher et au parti conservateur. Ce n'est que lorsque Tony Blair a fait une croix sur ces archaïsmes que le Parti travailliste a pu revenir au pouvoir. Mais chacun aura pu remarquer que Henri Emmanuelli ne ressemble pas à Tony Blair.

3/ Une évolution à rebours de la modernité La modernité : c'est une France tournée vers la responsabilité, la liberté, la sécurité.

a/ Une France tournée vers la responsabilité..

- La responsabilité des délinquants : un délinquant potentiel doit savoir ce qu'il encourt. La société doit sortir de ce cycle infernal où on a tendance à considérer que les coupables sont un peu victimes et les victimes un peu coupables.

- La responsabilité des citoyens : ils veulent pouvoir vivre des fruits de leur travail et non pas de l'assistance. Ils attendent qu'on promeuve une culture de la création et de l'initiative.

- La responsabilité à l'école : Mme Aubry n'est pas sérieuse lorsqu'elle déclare : " le diplôme, c'est un droit "

- La responsabilité des immigrés : le choix de devenir français doit être le fruit d'une adhésion à nos valeurs et à notre culture.

b/ Une France tournée vers la liberté :

- La liberté d'entreprendre, aujourd'hui asphyxiée.

- La liberté des idées : on doit pouvoir se dire "de Droite", en France, sans être suspect aux yeux de la Gauche. Depuis 30 ans, la Gauche a rendu la Droite honteuse. Elle a culpabilisé les gens de droite en les traitant de fascistes ou de crypto-fascistes. Ce n'est pas parce qu'on est choqué d'entendre siffler la Marseillaise au Stade de France . Ce n'est pas parce qu'on réclame l'ordre dans la rue . Ce n'est pas parce qu'on suggère d'introduire l'éducation civique à l'école pour y faire aimer la France à ceux qui ne la connaissent pas . Ce n'est pas parce qu'on propose une politique familiale et la fin des zones de non-droit, qu'on est un fasciste. Le fascisme, au contraire, c'est celui qui interdit aux autres de penser différemment. Le terrorisme commence avec la "loi des suspects". Le fascisme commence avec le délit d'opinion. A force de voir le fascisme partout, la Gauche prend le risque de le répandre et de le banaliser.

La liberté du travail et du mode de vie : il faut laisser les gens,

- travailler plus en gagnant plus,
- travailler moins, en gagnant moins,
- prendre sa retraite à 60 ans ou à 65 ans, - comme dans tous les grands pays modernes. - La liberté des familles, antidote à la violence et creuset des solidarités vraies.

c/ une France tournée vers la sécurité Les deux priorités sont bien évidemment les suivantes :

- rétablir la certitude et la promptitude de la peine pour tous ceux qui enfreignent la loi,
- en finir avec les zones de non droit II/ Proposer aux Français le Souverainisme comme clé de l'avenir.

La singularité du Mouvement Pour la France, c'est celle de son message :

- la nation est la figure historique la plus accomplie de la générosité,
- le souverainisme est le contraire d'une fermeture,
- c'est l'accès le plus direct aux valeurs universelles.

La nation est le chemin du monde.

Notre conception du souverainisme repose sur :

- un sentiment : la France est un acte d'amour. La xénophobie nous fait horreur. La France est le contraire d'une ethnie, elle est une culture. La Martinique fut française bien avant la Corse.

- une vision : il n'est pas question pour nous de sortir de l'Europe, au moment même où il s'agit, au contraire, de faire entrer la petite dans la grande.

Au moment où la petite Europe se défait, notre tâche consiste à faire la grande Europe. . un état d'esprit : être souverainiste, c'est être résistant. La résistance est notre tradition (à la fois historique, familiale et culturelle) mais c'est aussi notre projet. Cela veut dire : résister à l'idée d'être livrés aux forces du monde qui viendraient briser, un à un, nos attachements vitaux. " Je suis souverainiste ", cela veut dire : "Je refuse que les forces du monde, viennent m'imposer, de l'extérieur, - ce que je dois penser - comment je dois travailler - ce que je dois aimer ".

Etre souverainiste, c'est s'accorder le droit :

- de résister à l'organisation fédérale de l'Europe qui se fait sans les nations,
- de résister à l'organisation commerciale du monde qui se fait sans les Etats,
- de résister à l'organisation mercantile des sociétés qui se fait sans les peuples, sans les communautés de mémoire et d'affection. Etre Souverainiste, c'est refuser ce néo-cosmopolitisme qui voudrait déraciner l'humanité entière Et la conduire, dans une marche inexorable, vers un néocommunisme planétaire

1/ Qu'est-ce que le souverainisme aujourd'hui ? Quelle est sa spécificité ? Cela veut dire qu'on croit à une certaine conception de la solidarité assise sur l'intérêt général. à une certaine conception des communautés humaines, non pas mosaïques d'intérêts particuliers ou d'ethnies, mais filaments invisibles de culture et de civilisation Cela veut dire qu'on croit que la France a encore un avenir et que l'Europe ne peut se construire au mépris des nations et de la démocratie, mais au contraire en respectant les peuples et leur volonté.

2/ Ce souverainisme ouvert sur l'universel, c'est nous qui l'incarnons. Et personne d'autre.

Certes, le souverainisme protestataire a semblé prospérer, mais il est fondé sur une démarche qui n'est pas la nôtre. Nous, nous souhaitons revenir à l'esprit du traité de Rome et fonder la grande Europe.

Quant au reste des souverainistes, ils ont tous sombré :
- le souverainisme de la droite n'a pas été représenté en raison de la défection de dernière minute de Charles Pasqua,
- le souverainisme de la gauche modérée s'est effondré sous le poids de ses contradictions (défendre la souveraineté nationale et en même temps régulariser les sans-papiers),
- le souverainisme de droite rallié à Jean-Pierre Chevènement a été anéanti,
- le souverainisme d'extrême-gauche s'est enfermé dans des conceptions économiques infantiles et la défense de privilèges bureaucratiques hexagonaux. Parmi les cadavres qui gisent après la bataille, se trouve celui du grand parti souverainiste transcendant le clivage droite - gauche dont certains avaient rêvé. Ce n'était qu'un rêve qui a implosé au premier choc. Tout cela montre à l'évidence qu'il y a aujourd'hui une place libre pour les souverainistes de la droite modérée. A tous ceux qui se sont égarés dans les méandres du ressentiment ou les emportements de la colère et quelquefois de la peur, je dis aujourd'hui qu'il n'est pas de plus grande sécurité, pour eux, pour leurs familles, pour tout ce à quoi ils tiennent, qu'une grande politique de la France, une vraie politique de la France, ambitieuse et souveraine. Qu'ils nous rejoignent, en acceptant de comprendre que le problème des années que nous sommes en train de vivre n'est pas de rendre la France aux Français, mais de rendre les Français à la France. Et c'est tout autre chose puisqu'il s'agit rien de moins que de donner à la France son vrai visage et la seule énergie sur laquelle elle peut encore compter, l'énergie de tout son peuple réuni. De ce vaste rassemblement, qui va se faire autour de nous, vous êtes aujourd'hui la matrice. Car l'actualité des deux ou trois prochaines années ne va pas cesser de confirmer nos prévisions quant à l'avenir de cette pauvre union européenne ; et aussi de confirmer nos choix stratégiques. Le souverainisme est le mouvement par lequel les Français, souvent venus de tous les horizons, entendent se réapproprier le pouvoir, Se réapproprier le droit d'avoir une politique, conforme à leurs traditions à leurs intérêts à leur vocation Il est l'affirmation du droit des peuples à avoir leur propre politique, ce qui n'est ni plus ni moins que la démocratie.

3/ Dès maintenant, le MPF va jouer un rôle spécifique pour aider au redressement effectif du pays. En effet, aucun redressement ne pourra se faire sans cohérence. Nous sommes, justement, des garants de cohérence. Dans tous les grands domaines où il va falloir entreprendre de grandes réformes, la liberté d'agir sera indispensable. Elle présuppose un élargissement du corset européen.

a/ La liberté d'action de l'Etat, acteur du redressement, ne doit pas être entravée par une camisole européenne.

La première mise en cohérence porte sur la liberté d'action dont doit disposer l'acteur du redressement du pays.

Sur cette question essentielle, nous disons, en nous appuyant notamment sur l'expérience du MPF en matière d'affaires européennes :

- on ne peut pas vouloir à la fois un Etat fort, respecté, obéi, qui fasse appliquer à tous l'Etat de droit et qui rétablisse partout la sécurité,
- et un Etat dilué dans l'impuissance européenne, dont le droit à agir en matière de justice et de sécurité intérieure soit subordonné, dans le cadre du deuxième pilier de Maastricht, à d'improbables ou d'introuvables consensus européens. L'Etat ne peut pas être à la fois fort et faible, respecté et dilué. C'est l'un ou c'est l'autre.

b/ La lutte contre l'insécurité doit être menée conjointement à l'intérieur et à l'extérieur. La lutte contre l'insécurité, priorité des priorités, ne peut pas - être forte à l'extérieur et - faible à l'intérieur. Elle constitue un tout. Nous ne pouvons pas combattre les réseaux du terrorisme islamiste à Kaboul et en même temps laisser prospérer sur notre sol des zones off-shore en matière de sécurité qui constituent, pour ces mêmes réseaux, de véritables sanctuaires - ou accepter que le conflit israélo-palestinien soit transposé sur notre sol en laissant impunies notamment les violences anti-juives qu'il fait éclore sur le terreau d'une immigration infiltrée par l'islamisme. Nous ne pouvons pas en même temps participer à l'éradication d'Al Qaida dans ses bases extérieures, avec les conséquences lourdes de cet engagement, comme on vient de le voir avec l'attentat kamikaze dont nos ingénieurs et nos techniciens ont été les victimes à Karachi et fournir à Al Qaida des bases sûres dans nos banlieues à la faveur de la tolérance de zones anarchiques incontrôlées. Notre rôle est de rappeler sans cesse l'indispensable complémentarité entre la solidarité sans faille qui doit être la nôtre au sein de la coalition anti-terroriste dans cette nouvelle guerre sans front qui nous est faite depuis le 11 septembre par un ennemi commun implacable et dont le terrible attentat de Karachi constitue un nouveau jalon, et la suppression totale des poches de territoires qui échappent aujourd'hui à l'autorité et au contrôle de l'Etat, en mettant en place avec détermination tous les moyens nécessaires pour y parvenir.

c/ L'indispensable politique de maîtrise de l'immigration ne pourra être mise en ¿uvre que si elle est couplée à une politique généreuse de coopération. *Il faudra d'abord relever le défi de ce qu'Edgar Morin a appelé la "francisation". En effet, comment peut-on intégrer des Français de fraîche date à une nation qui se désintègre ? L'histoire retiendra peut-être Que la victoire de Jacques Chirac au soir du 5 mai aura été saluée place de la République par une grande majorité de jeunes dont certains brandissaient des drapeaux algériens et marocains. L'intégration sera faite lorsque ces mêmes personnes brandiront le seul drapeau français.

Tous les gouvernements d'Europe revoient, en ce moment même, leur politique d'immigration. Le journal "Le Figaro" se faisait hier l'écho de ce qui se passe dans tous les pays européens. Les titres sont significatifs - "Berlin filtre ses immigrés" - "Copenhague durcit sa politique" - "Madrid renforce ses contrôles" - "Londres prépare des tests de citoyenneté". C'est le ministre de l'intérieur de Tony Blair, M. David Blumkett, qui martèle "tous ceux qui viennent dans notre pays pour s'y établir doivent accepter les valeurs sur lesquelles est fondée la citoyenneté"

La régulation de l'immigration légale et la lutte ferme contre l'immigration clandestine supposent la mise en ¿uvre d'une politique active de co-développement avec les pays les moins avancés. Pour conduire ce co-développement, il faut privilégier la voie de la coopération décentralisée menée par nos collectivités locales, communes, départements, régions qui en assurent le suivi et le contrôle, en même temps qu'elles développent des liens humains chaleureux entre pays du nord et pays du sud. Pour favoriser la généralisation de cette politique de coopération décentralisée, il faut une incitation étatique forte, un véritable cofinancement de l'Etat. C'est ce que va proposer le Sénateur Darniche dans la proposition de loi qu'il va déposer en ce sens au Sénat. Que l'on ne nous dise pas que cette politique n'obtient pas de résultat. L'exemple de dix années de coopération étroite entre la Vendée et le Bénin montre le contraire. En dix ans, nous avons pu créer un réseau de Maisons familiales rurales, un réseau de centres locaux de santé, un système de protection sociale pour les paysans : autant d'éléments qui évitent l'exode rural et la paupérisation dans les banlieues des capitales d'une population qui autrement, viendrait nourrir l'émigration en appauvrissant les ressources humaines des pays d'origine.

d/ la liberté budgétaire, soit pour alléger les impôts, soit pour reconstruire notre appareil de défense (priorité essentielle dans un monde redevenu dangereux), soit encore à la suite de l'audit commandé il y a trois jours par Jean-Pierre Raffarin sur les finances publiques, sera illusoire si l'on maintient le corset européen actuel du "pacte de stabilité". Je me permets de vous lire un extrait significatif d'une dépêche AFP sur le sujet ( 8/ 05/ 2002) : " L'audit commandé par Monsieur Raffarin, s'il montrait une détérioration par rapport aux prévisions budgétaires, pourrait servir au gouvernement, dans le cadre européen, à justifier une demande de report de l'équilibre des finances publiques à 2007 : l'équipe de Jacques Chirac, qui privilégie les baisses d'impôts, ne veut plus être contrainte à la date de 2004 à laquelle la France, et M. Chirac à sa tête s'étaient engagés en mars, au sommet de Barcelone.

III - Empêcher la cohabitation, celle des institutions et celle des esprits .

L'objectif du MPF, le troisième, est tout aussi important que les deux premiers : il s'agit d'insuffler des convictions à la droite pour éviter une nouvelle cohabitation. En effet, la seule chose qui puisse amener une nouvelle cohabitation (compte tenu de l'effondrement durable de la Gauche) ce sont des triangulaires. Or, pour éviter ces triangulaires, il n'y a qu'une méthode : que la droite redevienne attractive, en tenant compte des leçons du premier tour.

La sanction a été terrible : 35 % des électeurs sont allés vers les partis protestataires, 30 % des électeurs ne se sont pas déplacés, comme s'ils jugeaient par avance leur vote inutile, 5 années de cohabitation ont décrédibilisé la volonté politique.

L'attitude du Mouvement Pour la France, à l'occasion des élections législatives, est simple et claire : ce qui est mortel pour le pays, c'est la fin du débat d'idées, le mélange des genres, qui conduirait : - à une majorité de "Droite" - ou à une majorité de "Gauche". Pour nous, l'urgence, des urgences, C'est d'éviter une nouvelle cohabitation. Pour l'éviter, il y a deux conditions.

Premièrement, il faut une droite large, capable d'organiser ses différences et de le faire en bonne intelligence. Il faut éviter la tentation réductrice et respecter toutes les sensibilités. Eviter le moule unique et aussi le désordre. L'unité ne peut être l'uniformité. Il ne faut pas que la Droite marche à cloche-pied. Le Mouvement Pour la France représente un courant important, le courant souverainiste. Il sera donc présent aux élections législatives : il s'agit d'organiser un côte à côte qui ne conduise pas à faire des soustractions, mais des additions, pour battre la Gauche.

Deuxièmement, il faut aussi une Droite forte : qui s'appuie sur une Droite de convictions avec un objectif fort, une vraie rupture avec le socialisme. Dans tous les domaines, il faut rompre avec le socialisme.

Cela implique de rompre avec l'idée qu'on ne peut résoudre les problèmes qu'en accroissant les dépenses publiques et le nombre des fonctionnaires.

Cela implique qu'on abandonne le marketing au profit des grandes réformes de fond : tous les secteurs de la société sont aujourd'hui contaminés par le virus soviétiforme.

Le budget global des hôpitaux est un système qui entretient les structures indépendamment des performances,

L'éducation nationale est devenue :

- une machine à démobiliser ses collaborateurs puisqu'elle gère des postes et non pas des personnes,
- - une machine contrôlée, comme en Union soviétique, par le Parti et les syndicats ; elle n'est plus nationale, elle a été privatisée, kidnappée, affermée par le corporatisme syndical d'obédience socialo-communiste,
- une machine soviétiforme à rendements décroissants : de plus en plus de crédits, de moins en moins de résultats.

Les Français attendent une Droite large, forte et courageuse. Qui cesse d'être tétanisée par ses adversaires. Car, par moments, on se dit : "La Gauche n'a plus besoin de gouverner le pays, elle gouverne les esprits." Et c'est ainsi que croissent et se multiplient les votes protestataires. Il faut mettre fin à cet engrenage infernal.

C'est pourquoi nous avons choisi de présenter un certain nombre de candidats qui porteront notre message :

- Nous voulons que la Droite gagne les élections législatives,
- Jamais nous ne participerons au retour de Mme Aubry, de M. Lang, de Mme Guigou, de Mme Voynet ou de M. Mamère.
- Nous voulons, comme tous les Français, de l'air, de l'oxygène, du changement pour que les espoirs ne soient pas déçus, les élans ne soient pas brisés, les promesses ne soient pas trahies, les votes ne soient pas détournés et, surtout, pour que vive la France !

(Source http://www.mpf-villiers.org, le 16 mai 2002)

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