Conférence de presse de M. Roger-Gérard Schwartzenberg, ministre de la recherche, sur le bilan de deux années d'action du ministère de la recherche et ses projets d'action à court et moyen terme, Paris le 27 mars 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Conférence de presse de M. Roger-Gérard Schwartzenberg, ministre de la recherche, sur le bilan de deux années d'action du ministère de la recherche et ses projets d'action à court et moyen terme, Paris le 27 mars 2002.

Personnalité, fonction : SCHWARTZENBERG Roger-gerard.

FRANCE. Ministre de la recherche

Circonstances : Date anniversaire de la nomination de M. Roger-Gérard Schwartzenberg au poste de ministre de la recherche à Paris le 27 mars 2002

ti : Ayant été nommé ministre de la Recherche le 27 mars 2000, il y a exactement deux ans, je souhaite aujourd'hui dresser le bilan de ces deux années.

Par ailleurs, je souhaite aussi évoquer les nouvelles perspectives qui peuvent s'ouvrir à la recherche pour les années à venir.

BILAN

Depuis que j'ai succédé à Claude Allègre, depuis mars 2000, l'action menée par le ministère de la Recherche s'est traduite par dix principales avancées :

un effort budgétaire accru,
le Plan décennal pour l'emploi scientifique,
le soutien aux jeunes chercheurs,
la contractualisation avec les organismes de recherche,
la réforme des marchés publics,
le renforcement des grands équipements scientifiques,
le développement des sciences du vivant,
l'impulsion donnée aux recherches sur l'environnement,
l'essor des sciences et technologies de l'information et de la communication,
la relance de la politique spatiale.
Un effort budgétaire accru

La recherche a bénéficié d'un effort accru dans les deux budgets que j'ai fait voter.

Le BCRD 2001, puis le BCRD 2002 ont progressé chacun successivement de 2,2 % en dépenses ordinaires et crédits de paiements (DO + CP).
Aux budgets 1998, 1999 et 2000, le pourcentage d'augmentation avait été de 1,46 % en moyenne annuelle.

Aux budgets 1994, 1995, 1996 et 1997, la progression avait été seulement de 0,85 % par an en moyenne.

Par ailleurs, aux BCRD 2001 et 2001, les autorisations de programme (AP), qui concernent les moyens de fonctionnement et d'investissement, ont progressé de + 4,65 % par an en moyenne.
Aux budgets 1998, 1999 et 2000, ces AP avaient augmenté en moyenne de 1,5 % par an. Entre 1994 et 1997, elles avaient diminué en moyenne de 3,5 % par an.

Le Plan décennal pour l'emploi scientifique

J'ai présenté au Conseil des ministres un Plan décennal (2001-2010) de gestion prévisionnelle de l'emploi scientifique, qui poursuit cinq objectifs principaux :

anticiper dès à présent les départs à la retraite massifs des années 2005-2010 ;
rajeunir l'appareil de recherche publique ;
réorienter cet appareil en augmentant les effectifs dans les champs pluridisciplinaires prioritaires ;
renforcer durablement la recherche publique ;
favoriser la mobilité des personnels de recherche.
Ce Plan décennal comporte donc les mesures principales suivantes.

1 000 créations d'emplois (500 chercheurs et 500 ITA) dans les EPST de 2001 à 2004, à la fois pour pouvoir anticiper les départs à la retraite et renforcer durablement l'appareil de recherche publique.
Il ne s'agit pas d'un semble exercice de " lissage " qui aurait consisté à rendre ensuite la totalité des emplois créés.

Une faible partie des emplois créés sera rendue dans la seconde partie de la décennie, lorsque les taux de départ naturel seront plus élevés. Ces restitutions d'emplois ne concerneront en effet que 200 postes sur les 1 000 créés, soit seulement 1/5ème des emplois créés.

Au total, ce Plan décennal aboutira à un renforcement définitif du potentiel de recherche des EPST de 800 emplois nets.

Des redéploiements d'emplois égaux à 20 % des départs à la retraite et mis eux aussi au service d'une stratégie scientifique.
20 % des départs à la retraite donneront lieu à des redéploiements interdisciplinaires : soit 200 postes de chercheurs de 2001 à 2004.

Le renforcement des champs pluridisciplinaires prioritaires, qui bénéficieront, par créations et redéploiements d'emplois, de nombreux postes de chercheurs supplémentaires : plus de 400 pour les sciences du vivant, 275 pour les sciences et technologies de l'information et de la communication, 100 pour les recherches sur l'environnement, l'énergie et le développement durable.
Le soutien aux jeunes chercheurs

A ma première conférence de presse, le 4 mai 2000, je disais ceci : "Il faut rajeunir la recherche pour la renouveler, pour lui donner un nouveau dynamisme. J'entends donc soutenir les jeunes chercheurs et leur donner des perspectives."

La première manière de soutenir les jeunes doctorants, c'est de leur offrir des perspectives claires et lisibles en termes de recrutement et d'emplois mis aux concours.

Pour poursuivre des études scientifiques longues, il est nécessaire de pouvoir disposer de perspectives réelles de débouchés, à l'issue de ces études. C'est l'un des objectifs du Plan décennal : donner aux jeunes une bonne visibilité des postes disponibles sur la décennie 2001-2010, pour les inciter à entreprendre ou à poursuivre des études scientifiques.

Par ailleurs, il importe de rajeunir dès maintenant notre appareil de recherche publique, en lançant une opération de jouvence.

Ce plan vise à rendre justice aux jeunes docteurs, souvent de grande qualité, qui ne parvenaient pas à s'insérer dans la recherche publique faute de postes en nombre suffisant et qui étaient contraints de rester durablement sur des emplois contractuels de post-docs, voire de s'expatrier.

Il faut tirer profit de la chance que constitue pour la recherche française le potentiel actuellement disponible de doctorants et de jeunes docteurs, qui constitue un vivier de grande qualité.

Notre volonté, c'est de recruter les chercheurs à un âge plus précoce et de les intégrer plus rapidement à l'appareil de recherche publique.

Par ailleurs, afin d'aider les jeunes doctorants à se consacrer à la recherche, nous avons amélioré le système des allocations de recherche.

Initialement, l'effort a porté sur l'augmentation du nombre des allocations de recherche. Le flux annuel des allocations de recherche a augmenté de 10 % et est passé de 3 600 à la rentrée 1996 à 4 000 à la rentrée 2001, ce qui représente 25 % des étudiants inscrits en première année de thèse. Au total, on compte près de 12 000 allocataires de recherche en 2002.

Désormais, l'effort porte aussi sur le montant des allocations de recherche, qui n'avait pas été revalorisé depuis plusieurs années. Depuis le 1er janvier 2002, ce montant a été augmenté de 5,5 %, passant de 1 128 euros (7 400 F brut) par mois à 1 190 euros (7 807 F brut mensuel). Cette mesure représente près de 15 millions d'euros (95 MF). Elle est une première étape de cette revalorisation.

En même temps, le nombre des nouveaux allocataires de recherche bénéficiant d'une rémunération de moniteur, en contrepartie d'un service d'enseignement de 64 h par an, est passé de 45 % des nouveaux allocataires en 1997 à 67 % en 2001. Désormais, un peu plus des deux tiers des nouveaux allocataires de recherche voient donc leur allocation de recherche complétée par une rémunération de moniteur (2 200 F brut par mois), soit au total 10 000 F brut par mois (1 500 euros brut par mois).

Désormais, cette situation est celle de plus de la moitié (55 %) du nombre total des allocataires de recherche. Nous allons poursuivre la généralisation de cette situation.

Par ailleurs, le flux annuel de bénéficiaires de Conventions industrielles de formation à la recherche (CIFRE) est porté à 820 en 2002, soit une augmentation de 220 depuis 1997. Au total, on compte 2 337 bénéficiaires de conventions CIFRE en 2002, contre 1 794 en 1997.

Au total, le nombre des bénéficiaires d'allocations de recherche ou de CIFRE est passé de 11 000 en 1995 à 14 327 en 2002.

La contractualisation avec les organismes de recherche

Par ailleurs, j'ai mis en ¿uvre une démarche générale de contractualisation entre l'Etat et les organismes de recherche, pour que ceux-ci puissent inscrire leur action dans la durée et disposer de manière pluriannuelle des moyens qui leur sont nécessaires pour atteindre leurs objectifs stratégiques.

Les contrats d'action pluriannuels définissent les engagements réciproques des deux parties : Etat et établissement de recherche. Leur objectif est triple : fixer aux établissements des objectifs scientifiques précis ; donner aux établissements les moyens nécessaires pour les atteindre ; s'assurer de la réalisation de ces objectifs par une évaluation rigoureuse.

Il importe que le ministère dialogue et échange avec les organismes de recherche. Pour ma part, j'ai toujours préféré le débat au diktat et le contrat à la contrainte.

J'ai toujours été fidèle à cette ligne que j'avais d'ailleurs mise en ¿uvre lorsque j'étais en charge des Universités au gouvernement de 1984 à 1986, en lançant les premiers contrats quadriennaux Etat-Universités.

Désormais, la loi du 12 juillet 1999 prévoit aussi cette démarche contractuelle pour les organismes de recherche.

Depuis juillet 2000, j'ai signé 13 contrats d'action pluriannuels avec les organismes de recherche : INRIA, CEMAGREF, INRETS, LCPC, ANVAR, CEA, BRGM, IRD, ADEME, ANDRA, INRA, IFREMER et CNRS (contrat signé le 21 mars 2002).

En avril, trois autres contrats seront signés avec le CIRAD, l'INED et le CNES. Au total, j'aurai donc signé 16 contrats d'action pluriannuels. Tous les organismes de recherche placés sous ma tutelle disposent aujourd'hui d'un tel contrat, à la seule exception de l'INSERM, dont la direction a été récemment renouvelée et qui a donc besoin d'un délai supplémentaire..

La réforme des marchés publics

J'ai aussi veillé à donner à la recherche davantage de souplesse et donc d'efficacité par la simplification administrative. Conformément au v¿u de la communauté scientifique, qui souhaite pouvoir travailler plus librement, sans être entravée dans son fonctionnement quotidien par des procédures inutilement contraignantes et retardatrices.

Ainsi, j'ai déconcentré la responsabilité de l'achat scientifique au niveau du directeur d'unité, devenu "personne responsable des marchés".

Depuis le 1er mars 2002, le directeur d'unité peut signer lui-même les marchés pour les achats satisfaisants simultanément aux trois conditions suivantes :

achats de produits, petits matériels et services scientifiques ;
achats nécessaires à l'activité de recherche du seul laboratoire ;
achats récurrents dont le montant cumulé n'excède pas 90 000 euros HT par an et par famille de produits homogènes relevant de la nomenclature générale.
L'appréciation du seuil de 90 000 euros HT se fera, en effet, non plus par fournisseur mais par référence à une famille de produits homogènes.

Les directeurs d'unité des EPST peuvent ainsi effectuer des commandes sans formalisme particulier auprès des fournisseurs de leur choix, en privilégiant bien entendu la meilleure offre.

Le renforcement des grands équipements scientifiques

Pour progresser et être pleinement performante, la recherche française doit disposer des grands équipements qui lui sont nécessaires.

Le 2 août 1999, il avait été renoncé au projet de synchrotron SOLEIL, pour se borner à prendre une simple participation (7 lignes de lumière sur 20) au synchrotron DIAMOND, qui sera construit au Royaume-Uni.

Ce projet franco-britannique n'aurait pas permis de faire face à toutes les demandes d'accès au rayonnement synchrotron de 3ème génération émanant de nombreuses équipes de recherche et du monde industriel.

Le 11 septembre 2000, j'ai donc décidé la construction d'un synchrotron de 3ème génération en France. Ce très grand équipement d'analyse de la matière est, en effet, nécessaire tant aux chercheurs (physique, chimie biologie, sciences de la Terre et de l'environnement) qu'aux industriels (industrie pharmaceutique, nanotechnologies, micro-électronique, micromécanique, etc.).

J'ai signé le 5 février 2002 avec la Région Ile-de-France et le Conseil général de l'Essonne la convention par laquelle ces deux collectivités locales s'engagent à apporter 1,2 milliards de F à ce projet, dont le coût de construction est de 1,8 milliards de F.

La construction du synchrotron SOLEIL, qui sera implanté sur le Plateau de Saclay, commencera en juin 2002. Ce nouvel équipement entrera en service fin 2005 (mise en service des dix premières lignes de lumière).

D'autres grands équipements ont été créés ou renouvelés :

les centres de calcul intensif : le CINES (Montpellier) en 2001, l'IDRIS (Orsay-CNRS) en 2002 ;
SPIRAL au GANIL à Caen ;
de nouveaux laboratoires et animaleries protégées pour les recherches sur les prions, comme le laboratoire L 3 de Saclay (CEA), inauguré le 11 octobre 2001, et l'animalerie protégée de niveau P 3 (INRA) à Nouzilly, inaugurée le 11 février 2002 ;
des Centres de ressources biologiques ;
des Centres d'investigation clinique mis en place dans les CHU ;
de nouvelles Maisons des sciences de l'homme : Alsace, Paris-Nord. Par ailleurs, les MSH de Dijon, Lille et Nice doivent rejoindre au printemps 2002 le réseau des MSH, doté d'une charte depuis juin 2000 et d'une convention depuis janvier 2001.
Le développement des sciences de la vie

Priorité a été donnée aux sciences de la vie, qui disposent de 14,6 milliards de F au BCRD 2002. L'objectif, c'est d'améliorer la santé, la qualité de la vie et la sécurité alimentaire.

Quatre exemples de cette action.

L'INSERM a vu en deux ans (budgets 2001 et 2002) ses crédits (DO+CP) progresser de 8,5 % et ses moyens de fonctionnement et d'investissement (AP) augmenter de 28 %. Enfin, 154 emplois supplémentaires y ont été créés en deux ans.
Les progrès de la génomique : achèvement du séquençage du génome humain (février 2001), réalisé par six pays dont la France ; installation du réseau de recherche GenHomme (juillet 2000) renforcement du réseau des Génopoles (création en 2002 d'une 8ème génopole, la Génopole Ouest) ; création du GIP " Génopole ", qui a tenu la 1ère réunion de son conseil d'administration le 19 mars 2002 et qui vise à structurer et à développer le pôle génomique d'Ile-de-France ; création du Centre national pour la recherche en génomique (CNRG), qui fédère le CNS, le CNG et les génopoles.

La bioéthique : l'adoption par l'Assemblée nationale le 22 janvier 2002 du projet de loi de bioéthique, qui autorise les recherches sur les cellules souches issues d'embryons surnuméraires devenus sans projet parental, ouvre la voie à la médecine régénératrice et aux thérapies cellulaires pour traiter les maladies neuro-dégénératives, cardiaques, hépatiques, diabétiques, etc.

Le progrès des recherches sur les ESST et les maladies à prions. Les crédits qui leur sont consacrés ont presque quadruplé, passant de 70 MF en 2001 à 260 MF en 2002 ; le GIS " Infections à prions " a été installé le 24 janvier 2001 et rassemble tous les acteurs concernés : ministères (Recherche, Santé, Agriculture), établissements de recherche (CNRS, INRA, INSERM, CEA, Institut Pasteur) et agences (AFSSA, AFSSAPS, INVS). La construction de treize équipements lourds (9 animaleries protégées et 4 laboratoires protégés) a été lancée : laboratoire L3 de Saclay, animalerie protégée de Nouzilly, etc.

L'impulsion donnée aux recherches sur l'environnement

Par ailleurs, je crois fondamentalement que la recherche peut et doit contribuer à une meilleure protection de l'environnement et au développement durable.

J'ai donc fait des recherches sur l'environnement, l'énergie et le développement durable la deuxième priorité de notre action et le deuxième poste de dépenses du BCRD : 9,5 milliards de F en 2002.

J'ai créé trois réseaux de recherche et d'innovation technologiques spécialement consacrés à l'environnement :

"Eau et technologies de l'environnement " (septembre 2000).
"Terre et espace" (Observation de la Terre et applications spatiales)(octobre 2000).
"Pollutions marines accidentelles et conséquences écologiques sur le littoral" (avril 2001).
La structuration interdisciplinaire de la recherche en environnement a été renforcée.

En 2001, le ministère a créé un "Conseil de recherche sur le changement climatique et le développement durable".

En 2002, le FNS soutient la mise en place des Instituts fédératifs de recherche sur l'environnement (IFRE) - pour fédérer les projets des organismes de recherche et des universités sur des projets scientifiques interdisciplinaires- et des Observatoires de recherche en environnement (ORE) - pour accumuler des données scientifiques permettant de modéliser sur le long terme la dynamique d'évolution de l'environnement.

Au plan de l'Union européenne, le 6ème PCRD consacrera 2,1 milliards d'euros à la thématique "Développement durable, changement planétaire et écosystème".

L'initiative GMES (Global Monitoring for Environment and Security) bénéficiera de 83 millions d'¿ pour sa mise en ¿uvre concrète, ces crédits ayant été votés par le Conseil de l'ESA à Edimbourg le 15 Novembre 2001.

Le satellite franco-américain JASON d'océanographie a été lancé en décembre 2001.

Le satellite ENVISAT d'observation de l'environnement a été lancé le 28 février 2002.

L'essor des STIC

Par ailleurs, pour réussir le passage à la société de l'information, nous avons accentué l'effort en faveur des sciences et technologies de l'information et de la communication.

Les crédits consacrés aux recherches sur les STIC ont progressé de 5,5 % en 2001 et de 7,1 % en 2002. Ils s'élèvent à 5,4 milliards de F au budget 2002.

Conformément aux décisions arrêtées par le CISI (Comité interministériel pour la société de l'information) du 10 juillet 2000, les effectifs de la recherche publique consacrés aux STIC seront accrus de 25 % en 5 ans.

Dans cette perspective, j'ai signé en juillet 2000 un contrat quadriennal avec l'INRIA (Institut national de la recherche en informatique et automatique), qui portera d'ici à 2003 ses effectifs de 750 à 1180 personnes et augmentera fortement ses crédits.

Le budget 2001 avait déjà créé 116 emplois à l'INRIA ; le budget 2002 en créé à nouveau 110.

En outre, les moyens de fonctionnement et d'investissement de l'INRIA augmentent de 30 % en 2002.

D'autre part, à ma demande, le CNRS a créé en octobre 2000 un Département des sciences de l'information et de la communication. Ce département a été doté de 75 emplois de chercheurs en 2001. En 2002, il bénéficiera de nouveaux emplois.


Par ailleurs, nous disposons de 4 réseaux de recherche et d'innovation technologiques consacrés aux STIC : le RNRT (Réseau national de recherches en télécommunication), le RNTL (Réseau national des technologies logicielles), le RMNT (Réseau de micro et nanotechnologies) et le RIAM.
Le RIAM (Recherche et innovation en audiovisuel et multimédia) a été créé en février 2001 : il fédère des recherches menées par les organismes publics et les industries du multimédia.

Enfin, le soutien au développement des infrastructures STIC se poursuit.

D'une part, les moyens de calcul intensif sont renforcés : à côté du CINES (Montpellier), devenu en 2001 le 1er site français pour la puissance de calcul, l'IDRIS (Orsay-CNRS) sera équipé en 2002 d'un supercalculateur à la puissance décuplée.

D'autre part, RENATER 3ème génération sera mis en place en 2002.

Par ailleurs, l'ACI GRID (Globalisation des ressources informatiques et des données), est dotée, comme déjà en 2001, de 15 MF en 2002.

Le FNS soutient en effet la recherche dans les STIC : photonique, nanotechnologies, cryptologie, l'ACI GRID et intégration optique.

De même, en 2002, le FRT consacre 250 MF aux quatre réseaux de recherche et d'innovation technologiques dédiés aux STIC.

La relance de la politique spatiale

La France est le moteur de l'Europe spatiale. Les résultats de la Conférence ministérielle de l'ESA (Agence spatiale européenne), tenue à Edimbourg les 14 et 15 novembre 2001, ont été particulièrement positifs.

Comme le demandait la France, les trois programmes relatifs à ARIANE ont été adoptés : ARIANE 5 PLUS, ARTA (accompagnement technologique) et INFRA (infrastructures).

ARIANE 5 PLUS renforcera les performances technologiques du lanceur en portant son emport à 10 tonnes dès la mi-2002, puis à 12 tonnes en 2006, pour conserver l'avance technologique d'ARIANE 5 par rapport à la concurrence des lanceurs américains.

INFRA permettra de corriger la disparité de concurrence existant actuellement entre le lanceur ARIANE, qui doit assurer des charges importantes pour l'utilisation du Centre Spatial Guyanais à Kourou (CSG), et les lanceurs américains, qui disposent presque gratuitement des bases militaires américaines.

En particulier, j'ai convaincu ma collègue allemande de consacrer 278 millions d'euros à ces trois programmes relatifs à ARIANE, soit 1 milliard de francs de plus que ce qui était envisagé initialement par l'Allemagne.

De plus, le Conseil a adopté la résolution sur le financement du Centre Spatial Guyanais pour la période 2002-2006.

Au total l'ESA a donc décidé de consacrer 2,1 milliards d'euros à la filière ARIANE (3 programmes + CSG).

Par ailleurs, la France est très attachée au programme GALILEO, qui dotera l'Europe d'un système de positionnement et de datation par satellites, de même que les Etats-Unis disposent du GPS.
La phase de développement GALILEO nécessite 1 milliard d'euros, ce coût devant être financé pour moitié par l'ESA et par l'Union européenne.

Le Conseil de l'ESA, réuni à Edimbourg, a décidé d'y consacrer 547 millions d'euros, l'Union Européenne devant financer l'autre moitié de la phase de développement. Le Conseil des Transports de l'UE a pris cette décision de financement le 26 mars 2002.

Le Conseil d'Edimbourg a aussi décidé de consacrer près d'1 milliard d'euros aux programmes ARTES de recherche et de développement dans le domaine des télécommunications par satellites.

Ceux-ci visent à permettre la préparation de nouvelles générations de satellites de télécommunications pour lesquelles nos industriels, ASTRIUM et ALCATEL SPACE, sont très performants.

Après le vol de Claudie Haigneré vers l'ISS en octobre 2001,aura lieu en mai 2002 celui de Philippe Perrin, astronaute du CNES, cette fois à bord de la navette américaine. Ce vol permettra à Philippe Perrin de participer à l'assemblage de la Station, avec trois sorties extra-véhiculaires.


PERSPECTIVES

Il importe de poursuivre cette action et de continuer à ouvrir de nouvelles perspectives à la recherche.

Ces perspectives doivent être envisagées à la fois à très court terme, jusqu'au 5 mai 2002, et à moyen terme, pour les cinq ans qui viennent.

LES PERSPECTIVES À COURT TERME

Je n'ignore évidemment pas qu'il y a des élections dans un très proche avenir. Mais le rôle d'un gouvernement est, bien évidemment, d'agir jusqu'à son terme, d'agir jusqu'au dernier jour. C'est-à-dire jusqu'au 5 mai.

Pendant ces 40 jours, le ministère de la Recherche continuera donc d'agir et de prendre de nouvelles initiatives. En particulier en créant 3 nouveaux GIS (Groupements d'intérêt scientifique) pour dynamiser la recherche dans des domaines importants.

L'Institut de recherches sur la vision

Le 22 mars, vendredi dernier, c'était la signature de la convention créant un "Institut de recherches cliniques et biomédicales sur la vision", dit "Visiopole".

Dans ce domaine, les ressources actuelles sont à la fois limitées et dispersées, alors qu'il importe de lancer des programmes de recherche de grande envergure et fondés sur la synergie des efforts.

D'où la création, sur un site unique de premier plan (les Quinze-Vingts) d'un Institut chargé d'impulser, de développer et de coordonner les recherches cliniques et biomédicales sur la vision.

Les six partenaires de ce GIS, dirigé par le Pr José Sahel, sont l'INSERM, le CNRS, l'Université Pierre et Marie Curie (Paris VI), le Centre national d'ophtalmologie des Quinze-Vingts, la Fondation ophtalmologique Adolphe de Rothschild et l'Assistance publique - HP.

L'objectif : faire progresser la recherche ophtalmologique, notamment pour traiter les pathologies oculaires liées à l'allongement de la durée de la vie.

Le Pr José Sahel est également responsable de la thématique " cécité liée à l'âge " mise en ¿uvre par l'Institut de la longévité.

L'Institut de la longévité

Hier, 26 mars, j'ai en effet installé officiellement l'Institut de la longévité, qui est animé par les Prs Etienne-Emile BAULIEU et Philippe AMOUYEL, spécialiste de génomique, directeur de la génopole de Lille.

Dès le recensement de 1999, la population vivant en France comportait 21,3 % de personnes de plus de 60 ans. Celles-ci représenteront 25 % de la population en 2010.

L'objectif, c'est de concilier durée de la vie et qualité de la vie. C'est de vivre vieux et de vivre mieux. C'est de vivre plus longtemps en meilleure santé.

Nous venons donc de créer un Institut de la longévité, qui a l'objectif suivant : impulser, développer et mieux coordonner les recherches sur le vieillissement et les maladies associées à l'âge.

Cet Institut prend la forme d'un GIS (groupement d'intérêt scientifique) associant tous les partenaires concernés : ministère de la Recherche, organismes de recherche (INSERM, CNRS) et associations de malades.

Dès 2002, ce GIS dispose de 21 MF pour lancer ses premières recherches, qui s'articuleront autour de quatre axes prioritaires :

Les études de génomique et de post-génomique. Notamment en donnant un nouvel élan à l'étude de cohortes dite des "3 cités" (Bordeaux, Dijon, Montpellier), qui concerne le suivi de 9700 personnes âgées de plus de 65 ans (bilans cognitiques, mesures du vieillissement vasculaire, facteurs de susceptibilité génétique).

L'élevage d'animaux utiles à l'étude du vieillissement, avec deux projets principaux. D'une part, la création d'un répertoire national des modèles animaux de vieillissement, disponible sur le web grâce à un site dédié. D'autre part, le développement de centres d'élevage agréés qui se verront associer des laboratoires consacrés à la recherche dans ce domaine.

L'étude des handicaps sensoriels liés à l'âge. La dégénérescence maculaire liée à l'âge, avec la création d'un centre d'investigation clinique (CIC) sur la rétine, d'une plate-forme spécialisée au Centre national d'ophtalmologie des Quinze-Vingt.

La perte progressive de l'acuité auditive, qui touche 25 % de la population entre 65 et 75 ans, 40 % au au-delà de 75 ans. Les objectifs du projet seront de cerner les facteurs de causalité. En particulier de définir les bases moléculaires des formes héréditaires et d'identifier les cibles thérapeutiques potentielles.

Les déficits de l'équilibre, de la marche et de l'orientation chez les personnes âgées qui sont dus à des facteurs périphériques : fragilité osseuse, faiblesse musculaire, troubles neurologiques. L'objectif est de comprendre les mécanismes qui sont à l'origine de ces dégénérescences, et de mettre au point des méthodes de prévention et de rééducation.

La contribution des technologies de l'information et de la communication. Il s'agit notamment de créer des "appartements intelligents" captant à domicile les paramètres vitaux de personnes âgées en perte d'autonomie.
L'Institut des maladies rares

Par ailleurs, nous allons créer le 2 avril 2002, un " Institut des maladies rares ".

Chacune des maladies rares concerne seulement une personne sur 2000. Mais ces maladies rares sont multiples : elles représentent 5000 à 8000 pathologies différentes. Dès lors, l'ensemble des maladies rares concernent près de 4 millions de personnes en France (malades et parents) et près de 25 millions en Europe.

Actuellement, la grande majorité de ces malades ne disposent pas de traitement thérapeutique, l'industrie pharmaceutique consacrant trop peu de recherches à ces maladies rares. Celle-ci ne développe guère de " médicaments orphelins " susceptibles de traiter ces maladies rares, du fait de leur insuffisante rentabilité.

Le résultat de la méconnaissance de ces maladies rares par les médecins et les laboratoires pharmaceutiques, ce sont des diagnostics erronés ou tardifs, puis une fois le diagnostic posé, l'absence de prise en charge des malades du fait de l'absence de médicaments, l'industrie jugeant leur fabrication non rentable.

Je n'ai pas l'intention de laisser les patients souffrant de maladies rares face à cette logique du marché et du profit, qui dénie leur droit à la santé et les enferme dans un sentiment d'abandon et d'exclusion.

J'ai donc décidé de développer la recherche publique sur les maladies rares, dont 80 % sont d'origine génétique et pour qui la génomique ouvre la voie de l'espoir de traitements ou de guérisons.

Je vais donc créer un "Institut des maladies rares", qui sera un GIS (groupement d'intérêt scientifique) pour stimuler, développer et coordonner les recherches sur ces maladies.

Cet Institut rassemblera tous les partenaires concernés. C'est-à-dire les ministères concernés (Recherche et Santé), les organismes publics de recherche (INSERM et CNRS) et les associations de malades (AFM et Alliance pour les maladies rares).

Le Pr Alain FISCHER (Hôpital Necker) a qui l'on doit la seule thérapie génique réussie au monde, a bien voulu accepter d'animer cet Institut des maladies rares.

LES PERSPECTIVES A MOYEN TERME

Voilà pour les perspectives à très court terme, c'est-à-dire jusqu'au 5 mai.

Au-delà, la suite dépend naturellement du résultat des élections. Cependant, il est utile de réfléchir dès à présent à l'action qui pourrait être menée à moyen terme, pour les 5 prochaines années.

Cette action devrait s'articuler autour de six principes organisateurs :

Volontarisme ;
Rajeunissement ;
Prospective ;
Décloisonnement ;
Partenariat ;
Expression citoyenne.
VOLONTARISME

La première nécessité, c'est la volonté d'agir, c'est le volontarisme politique.

Dès le colloque de Caen de 1956, Pierre Mendès France déclarait : "Le développement de la science est, au premier chef, affaire politique."

Aujourd'hui, dans une économie du savoir et de la connaissance, investir dans la recherche, c'est préparer l'avenir.

Pour un pays, soutenir la recherche, c'est choisir la modernité. C'est choisir de se tourner vers le futur et le progrès. La recherche doit donc être une grande ambition collective pour la France.

Accroître l'effort budgétaire

Le nouvel élan de la recherche doit passer par un effort budgétaire accru.

Du budget 1994 au budget 1997, le BCRD a progressé en moyenne de seulement 0,85% par an. Du budget 1998 au budget 2000, il a progressé en moyenne de 1,46 % par an.

Les BCRD 2001 et 2002 ont progressé chacun successivement de 2,2 % par an. Ce qui a marqué - enfin - le début d'un effort accru pour la recherche.

Il importe de continuer, d'amplifier cette progression et de faire de la recherche une priorité budgétaire. Ainsi, dans son discours d'Evry du 13 mars 2002, Lionel Jospin a annoncé "une loi-cadre garantissant l'augmentation progressive de notre budget de recherche publique".

Nous devons aussi convaincre les entreprises françaises de renforcer leur propre effort de recherche, pour parvenir ensemble à une dépense totale de recherche atteignant un pourcentage plus important du PIB.


Augmenter le pourcentage du PIB consacré à la recherche

En ce qui concerne cette dépense totale de recherche par rapport au PIB, la France occupe en 1999 le 4ème rang des grands pays de l'OCDE avec 2,19 %, après le Japon (3,04 %), les Etats-Unis (2,64 %) et l'Allemagne (2,44 %).

Même insuffisant, le pourcentage de la France est supérieur à la moyenne des pays de l'Union européenne (1,85 %). Le Royaume-Uni, par exemple, consacre seulement 1,87 % de son PIB à la recherche, le Canada 1,66 % et l'Italie 1,04 %.

S'agissant de la dépense publique de recherche, la France occupe le premier rang des grands pays de l'OCDE : cette dépense publique y représente 0,96 % du PIB, contre 0,84 % aux Etats Unis, 0,82 % en Allemagne et 0,64 % au Japon.

En revanche, la dépense privée de recherche est plus faible, car traditionnellement, la part des entreprises dans le financement de la recherche est malheureusement plus modeste que dans ces pays : 1,23 % en France, contre 2,4 % au Japon, 1,8 % aux Etats-Unis et 1,62 % en Allemagne.

Si la dépense totale de recherche par rapport au PIB est plus faible en France qu'au Japon, aux Etats-Unis et en Allemagne, cela ne tient donc pas à l'effort public de recherche - qui est le plus élevé des grands pays de l'OCDE -, mais à l'effort privé de recherche, qui y est, lui, moins important.

C'est donc la faiblesse relative des dépenses de recherche des entreprises - et non pas le niveau des dépenses de recherche publique civile - qui explique le niveau de la dépense totale de recherche en pourcentage du PIB, comparé au Japon, aux Etats-Unis ou à l'Allemagne.

Cependant, cette situation commence à s'améliorer, la dépense de recherche des entreprises françaises ayant augmenté en volume de 0,68 % en 1998, 5,3 % en 1999 et 2,6 % en 2000.

Cette amélioration est due en bonne part à la création depuis 1997 de quinze réseaux de recherche et d'innovations technologiques, pour associer la recherche publique et le monde industriel. De la sorte, la recherche publique contribue à tirer vers le haut l'effort de recherche mené par les entreprises privées.

A l'initiative du commissaire Busquin et de divers pays dont la France, le Conseil européen de Barcelone des 15 et 16 mars 2002 a fixé un objectif de 3 % à l'horizon 2010 pour les dépenses publiques et privées de recherche et développement rapportées au PIB.

La concrétisation de cet objectif volontariste est la clé d'un nouvel essor de la recherche dans les pays de l'UE et de leur indépendance par rapport à l'extérieur.


RAJEUNISSEMENT

La jeunesse, c'est le temps de l'imagination, de l'invention et e l'innovation. Il faut donc assurer une opération de jouvence, donner un " coup de jeune " et donc un coup de fouet à la recherche française pour la renouveler.

L'action engagée pour rajeunir la recherche doit être poursuivie et amplifiée, conformément aux propositions que j'ai présentées le 15 mars 2000 au Colloque "Génération jeunes chercheurs".

Rajeunir la recherche publique par la mise en ¿uvre du Plan décennal (2001-2010) de gestion prévisionnelle de l'emploi scientifique.
Cette mise en ¿uvre permettra de recruter à un âge plus précoce. Elle rendra justice aux jeunes docteurs, souvent de grande qualité, qui ne parvenaient pas à s'insérer rapidement dans la recherche publique faute de postes en nombre suffisant et étaient contraints de rester durablement sur des emplois contractuels de post-docs.

Comme l'a annoncé Lionel Jospin à Evry le 13 mars 2002, ce plan sera consolidé au sein d'un plan pluriannuel de recrutement, commun à l'enseignement supérieur et à la recherche, détaillé par champ disciplinaire, et qui tracera des perspectives précises sur plusieurs années.

Améliorer la situation des doctorants par plusieurs mesures :

poursuite de l'augmentation du nombre des allocations de recherche, commencée en 1997, et de la revalorisation du montant des allocations de recherche, engagée en 2002.
mise en place d'une nouvelle allocation de recherche et de formation doctorale, modernisée et revalorisée, combinant soutien financier à la thèse et préparation à une insertion professionnelle.
clarification de la relation doctorant-directeur de thèse, par l'application effective de la " charte des thèses " de 1998 et par des compléments apportés à celle-ci, notamment sur le nombre maximum de doctorants par directeur de thèse.

Donner davantage de temps et d'autonomie aux jeunes chercheurs : allègement des obligations de service des jeunes maîtres de conférences ; renforcement de l'ACI " Jeunes chercheurs " pour donner à ceux-ci davantage d'autonomie scientifique.


Diversifier les débouchés professionnels : soutien à la mobilité des personnels de recherche vers l'Université, l'administration ou l'entreprise ; développement des CIFRE (conventions industrielles de formation à la recherche), qui concernent 2 337 bénéficiaires en 2002, contre 1 794 en 1997 ; développement des " doctoriales ", séminaires d'initiation au monde économique ; mise en ¿uvre des dispositifs favorisant la création d'entreprises par des chercheurs (31 incubateurs publics, 10 fonds d'amorçage, concours national d'aide à la création d'entreprises de technologies innovantes).

PROSPECTIVE

Il faut améliorer l'exercice de la fonction prospective au sein de la recherche française. La réflexion sur le futur doit évidemment dépasser le court terme, pour porter le regard au-delà et voir plus loin. Pour définir les enjeux du futur et détecter les thématiques émergentes.

L'objectif, c'est mieux prévoir, pour mieux anticiper les développements ultérieurs de la recherche.

Les champs qui s'offrent à la recherche sont nombreux. Mais certains sont plus prometteurs que d'autres et recouvrent des enjeux stratégiques. Il faut les identifier, en faire des priorités et concentrer sur elles nos moyens.

Dans les deux dernières décennies, cette fonction prospective a été insuffisamment assurée : de ce fait, la recherche française a failli rater deux grands rendez-vous - celui des sciences du vivant, celui des sciences et technologies de l'information - et pris du retard dans ces deux domaines par rapport aux Etats-Unis.

Il importe donc de renforcer la fonction prospective, au niveau de l'Etat et au niveau des organismes de recherche.

Au niveau de l'Etat, le ministère doit exercer sa fonction de prévision et inscrire son action dans la durée pour la fixation des grands objectifs stratégiques et la détermination des moyens qui leur seront accordés. C'est le sens du Plan décennal (2001-2010) de gestion prévisionnelle de l'emploi scientifique, qui est une première dans la fonction publique.

Pour préparer l'avenir, il convient aussi de s'appuyer sur les instances consultatives nationales, en leur demandant de contribuer à éclairer le futur : CSRT, Conseil national de la science, Conseil national de coordination des sciences de l'homme et de la société, créé en 2001. Et aussi sur d'autres instances, dont l'Académie des sciences et l'Académie des technologies, créée en décembre 2000.

Au niveau des organismes de recherche, la signature avec 16 établissements de recherche de contrats d'action pluriannuels, fixant leurs grandes orientations, engage ceux-ci à exercer la fonction prospective et leur permet d'inscrire leur action dans la durée, au lieu de devoir gérer au jour le jour.


Le CNRS s'est doté d'une Mission prospective. Chaque organisme de recherche devra faire de même. Pour préciser ses orientations stratégiques à moyen et long terme, prévoir les nouveaux enjeux de recherche, détecter les thématiques émergentes, assurer la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences.

DECLOISONNEMENT

La recherche doit aussi faire preuve d'ouverture. En dépassant les cloisonnements, en surmontant les barrières et les frontières, qui risqueraient de la fragmenter à l'excès, alors qu'il importe, au contraire de croiser les approches disciplinaires.

Il faut favoriser l'ouverture sur les autres sous toutes ses formes : confrontation entre disciplines avec l'interdisciplinarité, synergie des équipes et des organismes par une coopération accrue, diversification des expériences par la mobilité.

Interdisciplinarité

Interdisciplinarité, d'abord. Les sciences et technologies d'aujourd'hui dépendent de plus en plus de la combinaison de nombreuses disciplines. Dans une société aux interactions de plus en plus fortes, les scientifiques doivent pouvoir travailler avec les chercheurs d'autres disciplines.

Avec l'interdisciplinarité, les champs thématiques de fécondent l'un l'autre. Notamment pour les thématiques émergentes.

Ainsi, les recherches sur l'environnement et le développement durable portent sur un champ pluri, voire multidisciplinaire.

Coopération

Il importe aussi de favoriser les synergies entre chercheurs.

D'une part, au sein d'un même organisme de recherche. Ainsi, le contrat d'action pluriannuel Etat-CNRS, signé le 21 mars 2002, s'attache à développer l'interdisciplinarité en stimulant les coopérations internes : affectation de 20 % des postes ouverts à l'avenir à des thématiques interdisciplinaires ; création de 5 commissions interdisciplinaires ; lancement d'une réflexion sur le contour des sections du Comité national dès 2003, dans la mesure où ce contour peut constituer dans un certain nombre de cas un frein au développement de l'interdisciplinarité ; création de pépinières de projets interdisciplinaires.

D'autre part, entre organismes de recherche. Il faut amplifier la coopération inter-organismes et les programmes inter-organismes, par exemple entre le CNRS et l'INSERM.

Souvent, la forme juridique du GIS (groupement d'intérêt scientifique) est très utile pour stimuler et structurer la coopération entre organismes. Quatre GIS auront ainsi été créés depuis le début 2001 : " Infections à prions ", " Institut de recherches cliniques et biomédicales sur la vision ", " Institut de la longévité ", " Institut des maladies rares ".


Mobilité

Enfin, la mobilité des personnels est, évidemment, un facteur de décloisonnement, de circulation des personnes et donc des idées.

Ainsi, le Plan décennal (2001-2010) de gestion prévisionnelle de l'emploi scientifique renforce la mobilité des personnels de recherche.

D'ici à 2004, il y aura doublement du nombre de postes d'accueil réservés à l'accueil des enseignants-chercheurs dans les organismes de recherche.

Parallèlement, il y aura augmentation de la capacité d'accueil des chercheurs dans les universités.

PARTENARIAT

La recherche publique française n'a évidemment pas vocation à s'isoler, à travailler coupée de l'extérieur. Au contraire, pour continuer de progresser avec efficacité, elle doit renforcer ses partenariats : partenariats avec l'enseignement supérieur, avec le monde économique, avec nos partenaires européens.

Partenariat recherche-enseignement supérieur

Il faut continuer de rapprocher enseignement supérieur et recherche, qui doivent coopérer plus étroitement et travailler ensemble.

Ayant été secrétaire d'Etat aux Universités de 1984 à 1986, je mesure l'importance de ce que les enseignants-chercheurs apportent et peuvent apporter à la recherche. Par ailleurs, étant chargé par mon décret de compétence du 7 avril 2000, "d'élaborer et de mettre en ¿uvre la politique de recherche universitaire", j'ai travaillé en liaison étroite avec la Conférence des présidents d'université (CPU), devant laquelle je me suis rendu à six reprises.

J'ai veillé à doter la recherche universitaire des moyens qui lui sont nécessaires. Les autorisations de programme (AP) de la recherche universitaire étaient de 1 898 MF en 1997 et de 2002 MF en 2000.

Pour ma part, je les ai portées à 2 597 MF en 2002, soit une augmentation de 595 MF, ce qui représente une progression de 30 % en deux ans.

Cette forte progression a permis à la fois d'augmenter le soutien de base et les moyens d'investissement.

Au-delà de ce soutien financier à la recherche universitaire, il faut agir pour continuer de renforcer les liens entre organismes de recherche et établissements d'enseignement supérieur.

Par-delà les différences de statut, les activités des universités et des organismes de recherche sont naturellement complémentaires et souvent imbriquées. Leur symbiose doit être renforcée, pour poursuivre leur décloisonnement, pour aller vers des échanges encore plus systématiques, pour favoriser les convergences.

Il faut continuer de renforcer les synergies scientifiques en développant les structures communes : unités mixtes, Instituts fédératifs de recherche, etc.

Ainsi, 80 % des unités du CNRS sont aujourd'hui associées avec des établissements d'enseignement supérieur. Les contrats quadriennaux passés entre l'Etat, les universités et le CNRS sont les instruments de la mise en ¿uvre de ce partenariat.

Le contrat d'action pluriannuel Etat-CNRS, signé le 21 mars 2002, prévoit que ce partenariat se traduira par des accords spécifiques entre le CNRS et les universités, qui négocieront directement leur contenu. Ce contenu sera enrichi par rapport aux contrats d'association actuels et abordera de façon approfondie les perspectives scientifiques et les engagements sur les moyens humains, matériels et financiers.

Au niveau national, il importe aussi de renforcer les liens entre recherche et enseignement supérieur. Le contrat CNRS-Etat prévoit que les ministères chargés de la recherche et de l'enseignement supérieur mettront en place au niveau national une instance de concertation associant la Conférence des présidents d'université (CPU) et les organismes de recherche.

Elle aura pour mission de débattre des orientations à promouvoir dans le cadre de leur partenariat. Elle veillera en particulier à la coordination des politiques d'emploi des universités et des organismes de recherche.

Dans son discours d'Evry du 13 mars 2002, Lionel Jospin propose la création d'"un grand ministère réunissant l'enseignement supérieur, la recherche et la technologie, interlocuteur unique des universités et des établissements de recherche, porteur d'une vision globale et d'une gestion coordonnée des emplois et des moyens sur l'ensemble du territoire".

Ce projet permettra de conduire plus fonctionnellement une action d'ensemble.

Partenariat recherche-entreprise

Autre partenariat à renforcer : le partenariat recherche-entreprise.

Il faut développer une culture de partenariat entre la recherche publique et le monde économique, qui se sont longtemps ignorés ou mal compris.

Aujourd'hui, dans les pays avancés (Etats-Unis, Japon, Suède), la recherche est le moteur principal de la compétitivité, de la croissance et de l'emploi. Elle doit donc irriguer de ses résultats le monde économique et devenir le booster n° 1 de l'économie.

On peut même risquer un néologisme et parler de "croisscience", pour désigner cette croissance économique qui résulte de la valorisation de la recherche et de la mise en ¿uvre de ses applications.

Il faut donc continuer de rapprocher la recherche publique et le monde économique, d'associer recherche et entreprise, pour favoriser le transfert des résultats de la recherche publique vers le secteur productif et la création d'entreprises technologiques innovantes.

Cette politique de soutien à l'innovation est un facteur essentiel de progrès économique.

Les réseaux de recherche et d'innovation technologiques

A cette fin, 16 réseaux de recherche et d'innovation technologiques favorisent aujourd'hui le partenariat public-privé et le couplage recherche-industrie.

Ils associent, d'une part, les laboratoires des organismes publics de recherche et des universités et, d'autre part, les centres de recherche de grandes entreprises et, dans certains cas, de PME-PMI innovantes.

Avant 1997, un seul réseau existait : le PREDIT (transports terrestres).Claude Allègre en a créé huit autres. Et, pour ma part, j'ai créé, en liaison avec d'autres ministères, sept nouveaux réseaux :

Technologies pour la santé (avril 2000).
Eau et technologies de l'environnement (septembre 2000).
Terre et espace (octobre 2000).
Recherche aéronautique sur le supersonique (décembre 2000).
Recherche et innovation en audiovisuelle et multimédia-RIAM (février 2001).
Pollutions marines accidentelles (avril 2001).
Réseau alimentaire-Référence-Europe (RARE) dans le secteur alimentaire (avril 2002).
Les CNRT

De même, depuis juillet 2000, j'ai créé en régions 18 CNRT (Centres nationaux de recherche technologique).

Ces CNRT associent localement, sur un site bien défini et dans un domaine de compétence clairement ciblé, des laboratoires publics de recherche et des centres privés de recherche dépendant de groupes industriels et, dans certains cas de PME-PMI.

Les trois dernières créations de CNRT concernent Bordeaux, Lille et Picardie-Champagne-Ardenne.

Chaque CNRT a vocation à devenir un pôle d'excellence de réputation nationale dans le secteur particulier qui est le sien.

Les brevets

Par ailleurs, j'ai demandé aux établissements de recherche de se doter d'une charte de la propriété intellectuelle.

Cette charte leur permettra de mieux valoriser leurs travaux et de mieux définir leurs partenariats avec les entreprises.

La plupart l'ont déjà fait. Il reste à généraliser cette pratique et à la diffuser au plus près, au sein des laboratoires eux-mêmes.

Dans ce but, le ministère organise actuellement des séances d'information dans chaque région, avec l'Institut national de la propriété intellectuelle, l'ANVAR et les délégués régionaux à la recherche et à la technologie.

Enfin, la publication du décret sur les SAIC (Services d'activités industrielles et commerciales) permettra de structurer et de gérer efficacement les activités de valorisation des universités.

La politique de soutien à l'innovation

De manière générale, il faut amplifier la politique de soutien à l'innovation, qui comporte déjà tout un dispositif de mesures incitatives :

loi sur l'innovation et la recherche de 1999, qui permet aux chercheurs de valoriser eux-mêmes les résultats de leurs travaux, en créant une entreprise ou en participant au capital ou à l'activité d'une entreprise existante.
31 incubateurs publics.
10 fonds d'amorçage.
concours national d'aide à la création d'entreprises de technologies innovantes, qui en est à sa 4ème édition en 2002 : les trois premières éditions ont permis de soutenir plus de 750 projets et près de 300 entreprises ont été créées.
Ces aides aux entreprises pour la recherche technologique et l'innovation sont aujourd'hui accordées de façon dispersée. Le 14 février 2002, au colloque des Echos, j'ai donc proposé d'aller vers un guichet unique, d'aller vers une grande Agence de l'innovation, pour assurer, de façon unifiée, la gestion de ces financements.

Dans son discours d'Evry du 13 mars 2002 Lionel Jospin a proposé " la création d'une grande Agence de l'innovation, qui reprendrait en les élargissant les attributions de l'ANVAR, gérerait tous les financements accordés aujourd'hui aux entreprises par les ministères chargés de la Recherche et de l'Industrie et par l'ANVAR ".

A mon sens, il serait aussi très utile que le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de la Technologie, dont parle Lionel Jospin, reprenne à sa charge les compétences aujourd'hui exercées par le secrétariat à l'Industrie en matière de développement technologique. Pour exercer une unité d'impulsion en matière de recherche technologique et de soutien à l'innovation.

Les innovations d'aujourd'hui sont la croissance et les emplois de demain.


Partenariat France-Europe

Le 3ème partenariat à renforcer, c'est le partenariat France-Europe, le partenariat entre la recherche française et celle de nos partenaires européens.

Partenariat bilatéral, par coopération avec tel ou tel autre pays, comme celui développé dans le cadre du Forum franco-allemand de la recherche réuni à Paris les 11 et 12 février 2002.

Partenariat plurilatéral, entre plusieurs pays européens choisissant de mettre en ¿uvre une " coopération renforcée " sur tel projet ou sur telle thématique.

Partenariat multilatéral, enfin, dans le cadre de l'Union européenne. La construction réelle de " l'espace européen de la recherche " est indispensable.

A cet égard, le 6ème PCRD (Programme-Cadre de recherche et développement), adopté par le Conseil des ministres de la Recherche, le 10 décembre et qui couvrira les années 2003-2006, comporte deux avancées essentielles, qui étaient préconisées par la France, pour mieux concentrer et structurer l'effet communautaire.

En effet, l'Europe ne sera réellement compétitive, notamment par rapport aux Etats-Unis, que si elle concentre l'effet communautaire sur des thématiques stratégiques et si elle évite le saupoudrage sur un trop grand nombre de projets.

D'une part, le 6ème PCRD focalise la recherche européenne sur 7 thématiques prioritaires : technologies pour la société de l'information (3,6 milliards d'euros), génomique et biotechnologies (2,2), développement durable et écosystème (2,1) nanotechnologies et neurosciences (1,3), aéronautique et espace (1075 millions d'euros), qualité et sûreté alimentaires (685), citoyens et gouvernance dans une société fondée sur la connaissance (225).

D'autre part, de nouveaux instruments de pilotage et de gestion du PCRD ont été crées : les "réseaux d'excellence" (regroupant des équipes de recherches européennes autour d'un programme de recherche) et les "projets intégrés" (regroupant, dans un consortium de recherche finalisée, tous les acteurs nécessaires au développement d'un programme débouchant sur des produits, services ou procédés nouveaux).

Il faut renforcer l'articulation entre les politiques nationales de recherche et entre celles-ci et la politique communautaire.

L'espace européen de la recherche doit exploiter les synergies et l'effet d'échelle de l'Europe. Au lieu de juxtaposer une politique européenne de recherche, minimaliste, à quinze politiques nationales souvent concurrentes et parfois redondantes..

Bâtir une Europe de la science et de l'innovation construire une communauté scientifique et technologique européenne, c'est donner à la recherche européenne la dimension dont elle a besoin pour s'affirmer et s'épanouir de façon autonome notamment par rapport aux Etats-Unis et à parité de succès avec eux.

L'Europe est notre avenir commun ; elle est notre chance de progresser et de réussir ensemble.

EXPRESSION CITOYENNE

Le sixième principe nécessaire, c'est l'expression citoyenne. La recherche doit s'inscrire davantage dans l'espace de la démocratie. Pour construire une science de proximité et une science citoyenne.

Une science de proximité

La science ne peut vivre isolée de la société. Repliée dans une tour d'ivoire ou dans une forteresse du savoir académique. Elle ne peut plus cultiver l'hermétisme et communiquer seulement avec un petit cercle d'initiés. Elle doit vivre dans la transparence.

Il faut améliorer la connaissance de la science par les citoyens. Le public doit pouvoir connaître les résultats de la recherche et se faire une opinion sur l'état des ses avancées.

Surtout, il faut développer la culture scientifique et technique par tous les moyens disponibles : journaux et revues, émissions scientifiques sur les radios et les télévisions, films, expositions des musées scientifiques, festivals, journées portes ouvertes dans les universités et les organismes de recherche, etc.

C'est l'objet même de la "Fête de la science", à qui le Ministère de la Recherche a donné une nouvelle ampleur depuis deux ans. Dans toutes les régions et dans 1000 communes, ont été organisées des rencontres entres les chercheurs et le public, des expositions, des ateliers scientifiques, des animations, des spectacles, des visites, des colloques, des cafés des sciences pour cette "Fête de la science", pour cette opération qu'on aurait pu aussi dénommer "science partout, science pour tous".

La science doit aller à la rencontre du public et " descendre dans la rue ". Elle doit être une science désanctuarisée et conviviale. Bref, une science partagée par la société.

Une science citoyenne

Il importe que les citoyens se réapproprient les choix scientifiques et technologiques.

Nous devons développer une science citoyenne. Une science au contact direct des citoyens et de leurs interrogations.

Il faut rapprocher science et société. Il faut "repolitiser la science", c'est-à-dire lui faire retrouver sa place dans la Cité, dans le débat civique et politique. Comme il importe en démocratie.

La démocratie ne peut s'arrêter aux portes de la science et de la technologie. Les citoyens ne veulent plus qu'on évacue du débat politique ce qui relève des sciences et des techniques. Ils veulent avoir leur mot à dire. Bref, ils veulent davantage de démocratie.

L'attention de nos concitoyens se porte très légitimement vers des questions essentielles, comme les applications de la génomique et de la post-génomique, les thérapies cellulaires, les recherches sur les cellules souches embryonnaires, l'ESB et la maladie de Creutzfeldt-Jakob, les OGM, l'effet de serre ou le devenir des déchets radioactifs.

Mieux se soigner, mieux s'alimenter, mieux vivre en sécurité : ce sont les enjeux et les défis auxquels la recherche est confrontée et sur lesquels nos concitoyens doivent pouvoir s'informer et se prononcer. Cette information et cette expression citoyenne sont nécessaires. Sans cela, le débat public serait incomplet ou " décalé " par rapport aux véritables préoccupations.

Les nouveaux enjeux scientifiques et technologiques ayant souvent de fortes implications éthiques, j'ai demandé à chaque EPST de se doter d'un comité d'éthique.

Je demande aussi aux organismes de recherche de développer le débat citoyen avec le public. Ainsi, dans le contrat d'action pluriannuel qu'il a signé avec le ministère le 21 mars dernier, le CNRS s'est engagé à organiser chaque année deux conférences citoyennes sur la science.

Enfin les partis politiques commencent à réintégrer les enjeux scientifiques et technologiques dans leur discours et leur projet. Il était grand temps.

Notre démocratie est politique, sociale et économique. Elle doit devenir aussi une démocratie scientifique. L'objectif, c'est de mettre la recherche au service du progrès de notre société.

La science et la technologie moderne modifient et parfois bouleversent le quotidien de chacun et son avenir. Elles sont porteuses de changements profonds et parfois radicaux. Ce changement doit être voulu et décidé. Il doit être choisi, consenti et non pas subi.

En réalité, il importe de rappeler cette vérité d'évidence : comme tout ministère, le ministère de la recherche est un ministère politique, qui contribue à arrêter, en accord avec le suffrage universel, les grandes orientations stratégiques pour notre pays et son avenir.


(Source http://www.recherche.gouv.fr, le 29 mars 2002)

Rechercher