Déclaration de M. Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, sur le projet de l'Union pour la Majorité Présidentielle pour les premiers mois de la mandature, Paris le 22 mai 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, sur le projet de l'Union pour la Majorité Présidentielle pour les premiers mois de la mandature, Paris le 22 mai 2002.

Personnalité, fonction : RAFFARIN Jean-Pierre.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Réunion des candidats investis par l'UMP pour les élections législatives à Paris le 22 mai 2002

ti : Je suis heureux, aujourd'hui, de vous retrouver tous, vous les militants de l'union, les candidats de l'action.

Ensemble, nous constituons une nouvelle famille politique, celle de l'Union pour la Majorité Présidentielle.

L'élection présidentielle est pour nous constituante. Elle est comme un acte de nouvelle naissance.

Nous venons d'assister à la formidable victoire de Jacques Chirac.

C'est la victoire d'un homme dont le projet a constitué un rempart face à l'extrémisme.

C'est aussi une victoire exceptionnelle. Elle exprime le sursaut incontestable de la République et de ses valeurs. Elle redonne à notre démocratie la plénitude qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'avoir. Cette victoire, c'est celle de la France.
Cette victoire ne nous a pas aveuglés quant aux mécontentements des Français. Nous devons rester attentifs à leurs messages.
Au lendemain de cette élection, le Président de la République m'a fait l'honneur de me nommer à la tête du Gouvernement. J'ai proposé une équipe qui réunisse toutes les sensibilités politiques se reconnaissant dans la majorité présidentielle. Une équipe soudée, disponible, renouvelée. Je la veux d'abord au service des Français. Sa mission est d'agir dès aujourd'hui, par des décisions immédiates, pour répondre aux attentes de nos concitoyens mais aussi pour engager les réformes dont la France a durablement besoin.

Cette équipe s'est mise au travail sans attendre. Déjà, des changements sont perceptibles. Les orientations et les directives sont données. Les pistes de progrès s'ouvrent et se dessinent.

Mais seul le succès aux élections législatives des 9 et 16 juin nous donnera la possibilité de mettre en ¿uvre le projet qui a été défini par le Président de la République pendant la campagne présidentielle. Il faut donner une majorité au projet du Président. Car nous avons besoin de la durée pour conduire le changement. Un changement que nous voulons respectueux du dialogue républicain et toujours à l'écoute du terrain. C'est pourquoi nous devons convaincre nos compatriotes en leur faisant partager notre vision et notre ambition pour la France.

La confiance que nous demandons aux Françaises et aux Français est fondée sur un triple engagement :
- nous sommes engagés pour le soutien au Président de la République et à son projet
- nous sommes engagés pour la République et sa modernisation
- nous sommes engagés pour servir les Français par l'action.

C'est ainsi que nous devons répondre aux messages que les Français ont exprimés les 21 avril et 5 mai.

Pour ceux qui, comme nous, ont cette ambition, la cohabitation, c'est l'anti-solution. C'est une formule constitutionnelle usée jusqu'à la trame. La cohabitation, c'est la division des Français et l'inefficacité de l'action publique.
La cohabitation, c'est l'inefficacité au pouvoir - ou plutôt, l'inefficacité dans l'impuissance. Division, inefficacité : on sait ce qui se passe lorsqu'un peuple considère que toutes les politiques sont équivalentes, que les hommes et les femmes politiques, c'est blanc bonnet, bonnet blanc¿
Il en va, tout simplement, de l'avenir du pays : le risque consisterait à voir revenir une nouvelle cohabitation ; elle serait délétère pour nos institutions, elle favoriserait presque irrésistiblement la montée des extrêmes.
Elle génèrerait la division nationale, quand les Français demandent l'unité de la Nation.
Elle génèrerait l'inaction, quand les Français demandent l'efficacité de l'action.

#61664; L'Union pour la Majorité Présidentielle doit répondre à la demande d'union et au devoir d'action.

A - Demande d'union

1. Les Français sont las des divisions.
La politique ne s'est que trop alimentée des divisions. Nos prédécesseurs n'avaient de cesse d'opposer les Français entre eux. Nous devons travailler à unir les Français.
Nous ne considérons pas les enjeux de façon binaire : nous ne voulons pas la victoire d'un camp sur un autre. Nous n'opposons pas les bons Français aux autres - les bonnes entreprises aux mauvaises, les bons agriculteurs aux mauvais, etc.
Les Français veulent être rassemblés autour de la République et autour de ses symboles forts : lors du récent match de football France-Belgique, c'est tout le stade qui a entonné à pleins poumons la Marseillaise¿
Les Français veulent que nous luttions contre toutes les fractures : territoriale, sociale, numérique¿, et pour que vive la République. L'unité nationale reste pour tous un bonheur.

2. Donner le bon exemple

Pour unir les Français, nous devons commencer¿ par donner nous-mêmes l'exemple. C'est ce que nous avons entrepris ces dernières années. Notre union a été déterminante pour l'élection présidentielle ; et, pour les législatives, nous avons accompli un travail exemplaire en vue des candidatures communes. Je salue à cet égard les résultats remarquables dus aux efforts de Jean-Claude Gaudin et de Serge Lepeltier, Bernard Accoyer et Pierre-André Wiltzer.
L'union ne va pas sans problèmes et sans chocs en retour, bien sûr : car l'union suppose que l'on accepte un certain effacement personnel, face à l'intérêt général.
Les Français passent la politique au scanner : ils savent faire la distinction entre une man¿uvre partisane et le projet national. Nous sommes riches de nos Histoires différentes et de nos convictions diverses, notre démarche est faite d'ouverture et de générosité. Moi qui travaille avec Jacques Chirac depuis plusieurs années, sans avoir jamais appartenu au RPR, je peux témoigner que notre projet respectera la diversité : chacun y trouvera sa place, dans la loyauté et la bonne foi. Mais une règle de bonne conduite s'imposera : la limite infranchissable de la diversité, c'est la division.

3. L'union, c'est un préalable à l'action

Le gouvernement précédent n'a pas traité les problèmes majeurs de la société française tels que le vieillissement de la population, et par conséquent le financement des retraites, le besoin de formation tout au long de la vie, l'emploi, la dynamique des territoires et l'attractivité de la France¿ Un audit sérieux et objectif - nous nous sommes adressés à ceux-là mêmes auxquels mon prédécesseur avait fait appel, en 1997¿ - nous permettra de mesurer exactement nos marges de man¿uvre pour mettre fin au déclin de la France, à cette mauvaise pente que suit notre pays depuis trop longtemps.
L'union est la meilleure alliée du courage.

B - Devoir d'action

1.Le respect de nos engagements.

Nous tiendrons collectivement les engagements pris par le Président de la République. Nous distinguerons le temps court, presque immédiat, et les réformes pour lesquelles le temps doit être un allié.
Pour mettre en ¿uvre le message du Président - la France en grand, la France ensemble -, nous nous fixons trois grandes missions :
- un meilleur partage des valeurs de la République contre l'extrémisme : je souhaite qu'en aucune circonstance l'extrémisme ne puisse tirer profit de nos messages ou de nos attitudes. Le scrutin du 5 mai nous engage : les amis du Président sont avec lui les garants des valeurs de la République.
- contre le déclin, une nouvelle voie pour la croissance et l'emploi
- un vrai changement, qui commence par l'action politique contre l'inaction : nous agirons avec efficacité, modestie, et dans un souci constant de proximité.


2. Le choix de nos priorités

a) Affirmer l'autorité républicaine

o Sécurité, justice

La sécurité est le premier devoir de l'Etat.
Que voyons-nous aujourd'hui ? Dans une société plus prospère que jadis, la violence nous saute aux yeux. Elle écarte un nombre toujours plus important de nos concitoyens, et du pacte républicain, et de la possibilité même de réussir. L'insécurité est dans la plupart des cas le fait des individus les plus mal insérés dans notre société ; a contrario ceux qu'elle touche, ce sont aussi, bien souvent, les plus démunis, et, même, les plus faibles d'entre les démunis - les personnes âgées, ou au contraire les très jeunes, confrontés au racket, à la violence infinie de la drogue, à la monstruosité de la prostitution.

C'est pourquoi la sécurité n'est pas partisane, même si la gauche a, encore aujourd'hui, trop tendance à ignorer la question : elle est un droit fondamental de chacun de nos concitoyens qui consiste dans la possibilité de vaquer librement aux occupations de la vie, sans risque et sans crainte.

Ces dernières années, la délinquance a augmenté sans qu'une réponse efficace lui soit opposée. Le sentiment d'insécurité s'est répandu sur l'ensemble du territoire national.

C'est pourquoi notre première tâche est de nous engager à faire reculer l'insécurité, parce qu'elle est la première des inégalités et qu'elle mine notre pays : aucune infraction ne doit être laissée sans réponse. Une réponse qui doit être adaptée et proportionnée à la faute. Elle doit être juste, bien sûr, mais certaine, immédiate et dissuasive.

o Premières mesures

Nous mobiliserons tous les moyens de l'Etat pour lutter contre la violence. Dans les jours qui viennent aura lieu la première réunion du Conseil de sécurité intérieure : il vient d'être créé sous la présidence du Chef de l'Etat, qui a voulu marquer ainsi la priorité donnée à l'action dans ce domaine. Le Préfet Philippe Massoni, dont la compétence et la clairvoyance n'ont pas besoin d'être rappelées, en a été nommé Secrétaire Général.

Les forces de sécurité seront mieux coordonnées qu'elles ne le sont aujourd'hui. Les policiers et les gendarmes, ces derniers conservant naturellement leur statut militaire, sont désormais placés sous l'autorité du ministre de la sécurité intérieure, Nicolas Sarkozy. C'est lui qui supervise la création et l'installation des groupements régionaux d'intervention, composés de spécialistes de la justice, de la police, de la gendarmerie, de la douane, des impôts et d'autres corps d'inspection. Leur tâche est de démanteler les réseaux qui mettent en coupe réglée certaines cités ou certains quartiers. Je sais que ce sera une tâche de longue haleine.
Nous avons également pris une série de mesures pour renforcer la sécurité des transports en Ile-de-France jusqu'au bout des lignes, dont la création prochaine d'une réelle police régionale du transport par voie ferrée : ainsi, l'ensemble des services qui concourent à la sécurité du métro, du RER et des trains de banlieue sera placé sous le commandement unique du préfet de police de Paris, avec des moyens accrus, en personnel notamment.

o Notre travail ne s'arrête bien entendu pas aux mesures urgentes

L'insécurité, cela ne se règle pas d'un coup de baguette magique. C'est pourquoi, après les mesures immédiates, un travail de plus longue haleine est d'ores et déjà engagé.
Dès le mois de juillet, une loi de programmation pour la police sera examinée par le Parlement. Elle donnera à nos policiers, qui ont beaucoup souffert ces dernières années du peu de considération qui leur était témoigné et du manque de moyens, le cadre modernisé de leurs actions. Assurer la tranquillité publique est un beau et grand métier, un métier tout entier tourné vers le service des autres, mais un métier difficile aussi. Je veux rendre ici un hommage appuyé à nos forces de sécurité.
Je veux également donner à la justice les moyens de prononcer beaucoup plus rapidement des sanctions effectives. Je ne suis pas de ceux qui opposent sans cesse les policiers aux magistrats. Nos magistrats jugent au nom du peuple français avec les moyens et les règles que leur donne la société. Il est de notre responsabilité de leur donner les moyens de leur action. Il sera de votre responsabilité de leur voter de bonnes lois.

Une justice de proximité sera installée pour prononcer les premières peines dans l'échelle des sanctions : à tout délit correspondra, je le souhaite, une sanction certaine, juste et immédiate.

Des centres préventifs fermés seront créés, pour y placer les délinquants multirécidivistes en attente de leur jugement, au lieu de les laisser libres de revenir aussitôt sur les lieux de leurs méfaits et de terroriser leurs victimes. Quant aux mineurs délinquants condamnés pour actes de violence graves, les caïds, les chefs de bande, le plus souvent laissés en liberté aujourd'hui, ils seront placés dans des centres éducatifs fermés. J'ai demandé de procéder immédiatement à un recensement des emplacements possibles pour leurs installations.

Une loi de programmation pour la justice sera également préparée pour la session extraordinaire de l'été. Elle permettra de renforcer les moyens pour mieux lutter contre l'insécurité, pour rendre plus rapide et plus efficace l'action des tribunaux. L'accès de tous à la justice sera assuré par la simplification des procédures, par l'amélioration de l'aide juridictionnelle et par la création d'un service permanent d'aide aux victimes.

Enfin, une politique pénale unique sera mise en ¿uvre sur tout le territoire national pour assurer l'égalité des Français devant la loi. J'ai demandé au Garde des Sceaux de remobiliser les parquets. Une circulaire leur sera adressée dans les prochains jours.

La lutte contre l'insécurité nécessite l'implication de tous les acteurs.
Les parents, bien sûr, qui parfois sont dépassés par les événements. C'est pourquoi nous développerons les structures d'aide et de soutien aux parents, en particulier les maisons de parents.

Mais les parents doivent aussi être davantage responsabilisés. Ils ne sauraient se défausser de leurs devoirs : s'ils se rendent complices de la délinquance de leur enfant, s'ils profitent de sa violence, alors la justice devra en tirer les conséquences.

A l'école, nous lutterons contre l'échec scolaire en renforçant l'encadrement des collèges les plus exposés, en créant des plans de sécurité, en rétablissant l'autorité du professeur. Nous créerons également des établissements d'enseignement spécialisés pour les auteurs d'actes de violence exclus de plusieurs établissements successifs.

Enfin, les maires ont un rôle essentiel à jouer : ils connaissent mieux que quiconque les réalités de la violence ; lorsqu'un citoyen est confronté à l'insécurité, qui va-t-il voir, le plus souvent, juste après avoir déposé plainte au commissariat ? L'élu local, bien sûr, celui qui est le plus proche de lui. Une circulaire sur la place des maires dans le dispositif de sécurité est en cours d'élaboration. Je
souhaite que les maires président les conseils locaux de sécurité pour mobiliser encore davantage les services de l'Etat et ceux des collectivités locales. Ces conseils arrêteront les priorités de l'action locale contre l'insécurité, sur le plan de la prévention comme sur celui de la répression.
o Un Etat moins dispersé et plus efficace
La clé du succès, c'est aussi que l'Etat se réforme en profondeur, honnêtement, calmement, avec cette idée simple : qu'il sert les Français, et non pas que les Français doivent le servir. Les Français aspirent à être gouvernés de façon plus proche et plus identifiable : un pouvoir est d'autant plus légitime, on lui fait d'autant plus confiance, qu'il est accessible. L'Etat doit donc se réformer, nul n'en doute, même si, depuis cinq ans, c'est l'immobilité qui a prévalu. Il ne s'agit pas bien entendu de plaider pour le moins l'Etat ; il s'agit de voir l'Etat réinvestir ses missions essentielles, celles qui déterminent la cohésion nationale. Il s'agit de créer les conditions d'un Etat arbitre qui va de pair avec un approfondissement de la décentralisation. Je veux poser avec vous les bases d'un contrat national rénové.
Le service public doit être sauvegardé et renouvelé. Un plan d'action sur cinq ans des services de chaque ministère sera adopté ; il sera discuté avec les personnels et les représentants des usagers et approuvé par le Parlement, aussi tôt que possible. Nous mettrons en place, par voie d'accord avec les syndicats, un service garanti aux usagers dans tous les grands services publics et d'abord dans les transports pour en assurer la continuité qui est la première mission du service public. L'évaluation et la reconnaissance du mérite des équipes dans la fonction publique seront développées, en récompensant financièrement les agents pour les performances de leur service. Enfin, nous développerons l'évaluation des politiques publiques et instaurerons une culture de résultats dans l'administration.

Les fonctionnaires, dans leur grande majorité, souhaitent ces évolutions. Nous avons besoin d'eux, de leur compétence, de leur dévouement. Je souhaite qu'ils soient les militants de l'efficacité de l'Etat moderne, les militants de l'efficacité républicaine. Un Etat qui sache rétablir l'égalité des chances à l'école. Un Etat qui protège la famille. Un Etat qui sache préserver notre environnement et qui soit respectueux du développement durable. Un Etat régalien, mais aussi un Etat stratège.

b) Relancer le dialogue social
Pour conduire ces changements, je souhaite m'appuyer sur un dialogue social riche et productif. Le dialogue social a été trop délaissé dans un passé récent.

Notre démocratie a besoin des partenaires sociaux. Elle a besoin de la richesse de ses corps intermédiaires. Elle a besoin de redonner toute sa force au dialogue à tous les niveaux. C'est pourquoi dès mon entrée en fonction, j'ai souhaité avec François Fillon recevoir l'ensemble des partenaires sociaux de notre pays.

De grands choix sont devant nous. Dans tous les domaines, les attentes et les aspirations au changement sont fortes. Il faut renforcer les forces du changement.

Je veux donc faire adopter le principe du dialogue social d'abord. Sur les grandes questions qui intéressent le travail dans l'entreprise, les partenaires sociaux seront invités à négocier avant toute intervention de la loi.

Il ne s'agit pas pour le Gouvernement de s'en remettre au dialogue social par facilité ou pour refuser ses responsabilités. Il appartiendra au Gouvernement de fixer les objectifs et de proposer le calendrier de l'action. Mais je souhaite que les partenaires sociaux puissent dialoguer pour trouver en eux-mêmes les bonnes solutions et les points d'équilibre des négociations dans le respect de l'intérêt général.

Je retiens des entretiens que j'ai eus avec nos partenaires sociaux qu'ils ont un sens aigu de leurs responsabilités et j'ai confiance dans notre capacité à tous de progresser dans cette voie.
Cette méthode du " dialogue social d'abord ", nous l'appliquerons à une série de sujets sociaux urgents :

o Retraites
Nous devons d'abord sauvegarder notre système de retraites.
Les Français ont besoin que leurs retraites soient garanties. Le système des retraites par répartition, qui est la base de nos solidarités, doit être maintenu, préservé et conforté. Il est aujourd'hui menacé par les conséquences de l'évolution démographique, il nécessite une réforme urgente. En l'absence de réforme, et quelle que soit la situation de l'emploi, le poids des cotisations deviendrait très vite trop lourd pour les actifs et le niveau des retraites ne serait plus suffisamment garanti. Les Français comprennent la nécessité de la réforme : ils veulent simplement qu'elle ne soit pas décrétée, mais négociée sur la base d'orientations définies par le gouvernement. Ils veulent que l'Etat, qui doit être le garant de l'avenir des retraites, s'engage, y compris financièrement. Ils veulent enfin que la réforme se fasse dans le sens d'une plus grande équité : aucune catégorie professionnelle ne doit être pénalisée par rapport à une autre, ni dans le niveau des cotisations, ni en ce qui concerne le niveau des prestations. C'est une question de solidarité entre les Français.

La réforme des retraites est une priorité de mon Gouvernement. Trop de temps a été perdu. Je souhaite définir une méthode, organiser le dialogue nécessaire à la prise de décision et proposer un calendrier aux partenaires sociaux dès les prochaines semaines.

Les objectifs de la réforme sont bien connus. Il s'agit de sauvegarder le socle de notre système par répartition. Il s'agit d'introduire davantage de liberté pour chacun face à la retraite, de garantir un taux de remplacement, de permettre à chaque Français de compléter sa retraite par un effort d'épargne en franchise d'impôt dans le cadre de fonds de pension à la française.
o Santé
Nous devons aussi préserver l'excellence de notre système de santé.
La santé est une sécurité essentielle. Notre système de santé est l'un des meilleurs du monde. Il traverse une crise que le Gouvernement précédent n'a pas su ou pas voulu régler. Mon objectif est simple : il s'agit de conserver au système français sa qualité et son excellence.

Pour cela, je souhaite bâtir des relations de confiance avec les médecins qui sont au c¿ur du système de santé. Cela passe bien sûr par la remise à niveau des conditions d'exercice des professions de santé. Les engagements du Président seront tenus. Cela passe aussi par le développement des bonnes pratiques professionnelles. Premiers acteurs de la santé, les médecins doivent être aussi les gardiens de la sauvegarde du système français.

Il nous faut également régler au plus vite la crise de l'hôpital. La mise en ¿uvre des 35 heures à l'hôpital s'est effectuée en dehors des réalités que vivent tous les personnels hospitaliers. Le ministre de la santé, Jean-François Mattéi, s'est attelé avec la passion qu'on lui connaît au dossier de l'hôpital. C'est un dossier essentiel.

o Assouplissement des 35 heures
Pour nous, le travail est une valeur. Il doit toujours être plus avantageux que l'inactivité. C'est pourquoi chacun, s'il le souhaite, doit avoir la liberté de travailler plus pour gagner plus : les 35 heures, notamment pour ce qui concerne les heures supplémentaires, seront assouplies par la voie du dialogue social. Nous trouverons les bonnes solutions dans les tout prochains mois.

o Formation tout au long de la vie
Malgré cinq années de croissance, et parce que ses fruits ont été largement dilapidés, le chômage constitue toujours l'un des risques majeurs de notre société.

C'est bien pourquoi la formation me semble pouvoir être considérée, dans notre société de l'information, comme une fonction essentielle de l'Etat, touchant au principe fondamental de l'égalité entre les citoyens. Nous devons préparer notre pays aux métiers de demain.

Je souhaite que l'on puisse offrir à chacun une " assurance emploi " : car la perte d'emploi pour déqualification constitue un risque social non couvert dans la société française d'aujourd'hui. Un compte personnel de formation sera ouvert pour chaque Français. Il lui permettra de se former tout au long de sa vie active.

J'ai demandé au Ministre des affaires sociales, du travail et de la solidarité de préparer la mise en place de cette réforme ambitieuse. Car l'emploi doit demeurer au centre de nos préoccupations et de notre action.

c) Libérer les forces vives
Grâce à ces nouvelles garanties données aux Français face aux évolutions du monde, ils pourront davantage encore déployer leur talent et leur dynamisme. Accompagnons-les en desserrant les carcans qui brident l'activité et la croissance de notre pays.

o Message aux jeunes
La jeunesse, c'est le temps de la passion. C'est un temps où le rêve et la réalité parfois se confondent, pour donner des couleurs à la vie.

C'est aussi le temps des audaces. Celui où on épouse tous les idéaux, celui des découvertes. C'est aussi celui de la passion : nos enfants sont pour ainsi dire naturellement curieux, tolérants, ils ne détestent rien tant que l'injustice, le fanatisme, la haine, le refus de l'autre. Ce qui se passe à l'autre bout du monde les concerne autant que ce qui se passe au coin de la rue. Ils ont une conscience aiguë de ce qu'il faut faire, et ne pas faire, pour préserver notre planète.

Que n'a-t-on pas dit, depuis quelques années, sur les jeunes : qu'ils ne s'intéressaient plus à la chose publique, qu'ils se repliaient sur un cocon égotiste, bref qu'ils étaient perdus pour la République.

Les jeunes, ce sont les nouveaux républicains de ce mois de mai.

Pourtant la jeunesse, c'est aussi un des âges les plus difficiles de la vie : c'est parfois le temps des angoisses, et de doutes. Les jeunes gens s'interrogent sur leur place dans la société, sur le sort que leur réservent ceux qui, croient-ils, ont tous les pouvoirs : les adultes.

C'est pourquoi ils jugent ces derniers responsables des difficultés qui se dressent devant eux : le chômage, d'abord, avec son double, le dénuement - sait-on qu'aujourd'hui, il frappe un jeune sur quatre ? La violence, aussi, qui frappe d'abord les plus fragiles, et que parfois ils s'infligent à eux-mêmes (suicide, drogue). Les jeunes n'ont pas de visibilité sur leur avenir, dans un monde qui change à une vitesse jamais atteinte dans l'Histoire de l'humanité.

Alors, oui, notre responsabilité vis-à-vis de notre jeunesse est considérable.
Mais nous devons éviter tout discours lénifiant : les jeunes ne veulent pas être plaints ou victimisés. Il faut au contraire, à rebours de certains excès, leur faire comprendre que le travail, l'effort sont essentiels parce que personne n'a, de naissance, dans ses gènes, la science infuse.

Pour grandir - et grandir, c'est aussi une chose positive -, il faut accepter d'apprendre, de travailler.

Je souhaite que nous passions un nouveau contrat avec la jeunesse : apprendre à l'école, s'insérer plus tard dans le monde de l'entreprise, respecter le cadre social, la loi républicaine, telle est leur partie du contrat.

Notre part du contrat, c'est de créer les conditions grâce auxquelles ce travail, cet apprentissage, ces efforts ne seront pas vains. Quoi de plus désespérant que de travailler, et de ne rien voir venir en échange ? Il nous faut rouvrir les portes de la réussite. Telle est avec Luc Ferry notre ambition pour la jeunesse.

Etre adulte, nous dit l'étymologie, ce n'est rien d'autre que d'avoir été élevé : l'adulte, c'est celui qui a fini son éducation. Alors, ce que je souhaite, c'est de pouvoir vous dire : travaillez, réussissez, acceptez d'être élevés, parce qu'ainsi vous vous
élèverez !
C'est pourquoi il nous faut accompagner notre jeunesse, il nous faut trouver avec elle un langage commun : il faut mieux éduquer encore les jeunes gens. Il faut aussi ne pas brider leurs espoirs et leurs idéaux, mais au contraire leur permettre de les accomplir : ils doivent pouvoir trouver leur voie en s'engageant, quitte à se tromper.

Tel est l'objectif du contrat d'insertion dans la vie sociale (CIVIS), qui permettra aux jeunes qui en ont besoin d'obtenir des moyens pour réaliser un projet d'insertion, un projet associatif ou un projet humanitaire.

La jeunesse est fragile : il faut aussi rassurer les jeunes gens, et leur permettre de trouver leur chemin dans la vie et dans l'emploi : nous voulons que tous les jeunes puissent accéder à un vrai métier.

Nous ferons en sorte de sortir par le haut du dispositif des emplois-jeunes. Dans certains cas, les emplois-jeunes ont été une réponse adaptée aux nouvelles missions de certaines administrations, collectivités locales ou associations. Ces jeunes pourront donc être titularisés après concours, dans le respect de l'équité au sein de la fonction publique. Leur activité au service d'associations ou de collectivités pourra être prolongée après évaluation.

Mais trop souvent, les titulaires d'emplois jeunes ont été maintenus dans des situations d'emploi artificiel et de subordination, sans aucune perspective professionnelle motivante. Il faudra donc leur permettre de s'insérer durablement sur le marché du travail : ils bénéficieront d'une aide pour accéder à l'emploi en entreprise.

Pour que chaque jeune puisse trouver son chemin vers l'emploi, nous mettrons en place la mesure " Jeunes en Entreprise " pour les jeunes jusqu'à 22 ans n'ayant pas atteint Bac + 2. Notre objectif est de faire en sorte que les nouveaux emplois jeunes soient des emplois en entreprise. Avec les représentants des entreprises, nous ferons en sorte que tout jeune puisse se voir offrir une véritable formation en alternance.

o Plus d'entreprises, plus de jeunes dans les entreprises

Donner de nouvelles chances à nos jeunes, cela doit s'accompagner d'un effort important en faveur de nos entreprises pour libérer leurs énergies. La France a la chance de posséder sur son territoire à la fois de grandes entreprises internationales performantes, et un tissu de PME dynamiques qui font vivre l'économie française.

Pourtant, depuis cinq ans, peu a été fait pour favoriser leur développement, pour les inciter à demeurer sur le territoire français, ou encore pour encourager la création d'entreprises. Malgré la croissance de ces dernières années, le nombre de création d'entreprises est en recul. C'est une perte de richesses pour la France et les Français. Car l'entreprise permet la croissance, l'enrichissement de notre pays, l'augmentation de notre pouvoir d'achat. Elle est le moteur de l'économie et contribue à faire de la France une puissance internationale. Favoriser le développement des entreprises, c'est créer des emplois, lutter contre le chômage et l'exclusion. Richesse économique, l'entreprise est également richesse sociale et humaine : lieu de travail et d'épanouissement, elle facilite l'insertion professionnelle et sociale de chacun.

Comme l'a proposé le Président de la République, je souhaite mettre en place une politique de soutien actif à la création d'entreprises avec pour objectif la création d'un million d'entreprises nouvelles en cinq ans. J'ai décidé d'ores et déjà de lancer un plan d'urgence en faveur de la création d'entreprises.

La mondialisation et l'interpénétration de nos économies, l'arrivée de l'euro qui aiguise la compétition européenne, rendent indispensable une meilleure convergence fiscale entre les Etats européens, afin que les acteurs économiques et les territoires puissent rivaliser à armes égales. C'est pourquoi, d'ici à 2007, je souhaite aligner la fiscalité des entreprises françaises sur la moyenne européenne. Un effort particulier sera entrepris en faveur des entreprises les plus créatrices d'emploi en menant immédiatement à Bruxelles des discussions pour examiner les conditions d'une baisse du taux de TVA sur l'hôtellerie et la restauration. Nous rendrons également la tâche des chefs d'entreprise moins complexe en lançant un véritable " Grenelle des simplifications administratives " avec l'objectif de supprimer toutes les procédures inutiles ou redondantes.

o Baisse des impôts et des charges
Je souhaite sortir du cercle vicieux du toujours plus d'impôts pour toujours moins de croissance.
Nous irons le plus vite possible dans la résorption de nos déficits publics car un pays en déficit est un pays qui hypothèque son avenir. Mais je souhaite aussi rendre aux Français le fruit de leur travail. C'est pourquoi nous baisserons résolument les impôts sur cinq ans. Dès l'automne, l'impôt sur le revenu baissera de 5 %.
L'objectif recherché, c'est celui de la croissance. Une croissance qui favorise la création d'emplois. La croissance, c'est d'abord le résultat du travail des Français. La baisse d'impôt est une mesure pour l'emploi.

Enfin, nous poursuivrons la baisse des charges qui pèsent sur le travail : celles décidées en 1993 et 1995 n'ont-elles pas permis de créer 460.000 emplois ? Nous procèderons, dès que possible, à une nouvelle baisse, avec l'objectif de créer au moins autant d'emplois dans les prochaines années. C'est la mesure la plus efficace pour améliorer le pouvoir d'achat des salariés à revenu modeste. C'est aussi la mesure la plus efficace, je l'ai dit, pour permettre l'insertion des jeunes dans vie économique.

o Mieux partager les pouvoirs
Pour desserrer les carcans et libérer toutes les énergies de notre pays, il faut aussi faire s'épanouir pleinement la démocratie locale et lancer une nouvelle étape de la décentralisation
Nous voulons briser le règne de l'impuissance publique. Nous voulons redonner aux Français toute leur place au c¿ur de notre démocratie dont ils doivent en être les premiers acteurs.

Pour cela, il faut d'abord faire confiance à l'initiative locale, à celle du terrain.

Je souhaite l'inscription dans la Constitution d'un droit à l'expérimentation pour l'Etat et les collectivités locales, sous le contrôle du Parlement. Les complémentarités entre départements et régions seront renforcées, dans le respect de l'identité de chaque collectivité, et le couple communes-intercommunalité sera consolidé, en articulant plus clairement les missions et en privilégiant la proximité. Enfin, je souhaite mettre rapidement en chantier une étape significative de décentralisation afin que les décisions qui touchent à la vie quotidienne des Français soient prises au plus près de nos concitoyens.

o Une stratégie nationale de l'intelligence
Je souhaite faire de l'innovation notre nouvelle frontière, en mettant en ¿uvre un plan national de mobilisation pour la recherche et l'innovation ; ainsi, la France sera pionnière dans des domaines qui comportent, pour chacun d'entre nous, de formidables promesses d'une vie meilleure : sciences du vivant, sciences de l'environnement, technologies de l'information... Nous ferons donc de la recherche une priorité nationale. Nous devons rattraper notre retard dans les biotechnologies. Je souhaite également que nous surmontions la fracture numérique qui affecte nos territoires. L'innovation, la recherche, la qualité : telles sont, dans notre monde de l'information et du savoir, les conditions sine qua non de la valeur ajoutée, de la création de richesse.

C - Humaniser la République

1. La politique n'a pas le monopole de l'intérêt général.
La planète n'appartient pas aux politiques : nous sommes seulement les représentants des peuples, ce sont eux qui nous choisissent, c'est d'eux et d'eux seuls que, par le jeu de leur décision librement consentie et éclairée, nous tenons notre pouvoir. A nous de ne jamais l'oublier : le pouvoir, dans une démocratie, n'existe pas en soi, il nous est confié en garde.
Le gouvernement que je conduis tient compte des nouvelles aspirations de ce qu'il est convenu d'appeler la société civile.
Les Français doivent être les acteurs de la modernisation de leur pays. Nous les appelons à s'engager, dans la vie de leur quartier, de leur commune, dans ces millions d'associations qui font la spécificité et la qualité du tissu civique français.

2. Protéger les structures à taille humaine :

Au nom de l'humanisme, la proximité doit être une pierre d'angle de notre action : chaque fois que cela est possible, la décision doit être prise au niveau le plus proche du citoyen, et en prenant le plus d'avis autorisés possible - c'est par exemple cette méthode de la consultation sur le terrain que nous mettons à l'épreuve sur une question qui touche de près à nos traditions et à nos manières de vivre et d'être, je veux parler de celle de la chasse, avec la nomination très récente d'un " M. chasse " pour négocier avec Bruxelles.
Chaque fois que cela est possible, il faut favoriser les structures à taille humaine, que ce soit les villes moyennes et petites, les PME : dans les structures à taille humaine, la personne garde ses repères.
C'est pour la même raison que nous aiderons les familles, qui sont le creuset de la société, d'abord en repensant les dispositifs d'accueil de l'enfant, et aussi en ouvrant aux entreprises qui créent une crèche ou aménagent le temps de travail pour aider les familles un crédit d'impôt famille-entreprise : nous inciterons les partenaires sociaux à conclure des accords d'entreprise dans ce domaine.

Enfin, nous créerons une Autorité indépendante, qui aura les moyens de combattre les discriminations entre hommes et femmes dans la vie professionnelle, qu'il s'agisse de salaires ou de carrières.

3. Le rôle du Parlement

Le Parlement, ce doit être le c¿ur de notre démocratie, un lieu où tous les Français se sentent représentés et puissent échanger leurs points de vue, régler leurs différends, rechercher le consensus. Le Parlement, ce doit être le lieu par excellence de la proximité.
Mais, pour que chaque Français précisément y trouve son compte, il faut aussi que la pratique législative soit plus lisible, que les lois soient plus claires, plus faciles d'accès. Il faut que chaque citoyen puisse avoir une confiance absolue dans la loi de son pays - ainsi devrons-nous réfléchir très sérieusement, par exemple, à l'application aussi large que possible du principe de non-rétroactivité de la loi.
Quant à mon Gouvernement, il montrera toujours le plus grand respect pour le Parlement : il sera comptable de la réalisation des engagements pris lors de l'élection présidentielle, aussi bien devant le Président de la République que devant l'Assemblée nationale. C'est pourquoi le Gouvernement rendra compte de son action au Parlement dans un rapport d'étape ; il proposera les ajustements nécessaires pour que les engagements pris puissent être tenus, et engagera sa responsabilité devant l'Assemblée nationale sur la réalisation des objectifs qui lui auront été assignés.

4. L'Europe

Entre les deux tours de l'élection présidentielle, l'Europe est entrée en campagne. Mon ambition, notre ambition est celle d'une France forte. Une France qui rayonne. C'est celle d'un modèle français qui s'exprime avec vigueur et confiance en Europe. L'Europe est notre destin. C'est notre avenir. C'est pourquoi nous devons y jouer tout notre rôle.

L'Europe nous a apporté la paix et la prospérité. Depuis le début de cette année avec la création de l'euro, nous avons franchi un nouveau pas.

La construction européenne est devant nous. Nous devons poursuivre l'idéal des fondateurs du marché commun, renforcer nos solidarités, protéger nos spécificités, bâtir une Europe-puissance, approfondir l'Europe politique, équilibrer l'Europe économique par une Europe sociale, réussir l'élargissement de l'Union.

Les enjeux économiques, sociaux, politiques européens des cinq prochaines années sont cruciaux. Nous avons besoin de davantage d'Europe, de tirer le meilleur de l'Europe.

Dans cette Europe en construction et en mutation, la voix de la France doit être forte et assurée. L'avenir n'est pas le repli sur soi. Ce n'est pas la défense d'une exception française rétrécie ou étriquée. L'avenir, c'est une nouvelle ambition française.

La France a la chance d'être au c¿ur géographique de l'Europe. Elle a toujours été un acteur principal de la construction européenne. Notre histoire nous oblige. La France doit retrouver pleinement son ambition européenne. Je souhaite que le quinquennat qui vient de s'ouvrir soit celui d'un progrès substantiel de la construction européenne. La France, je le sais, a tous les atouts pour réussir.

Cette belle et forte idée d'Union, que représente avec tant de bonheur l'Europe, nous, les représentants d'une nouvelle famille politique, nous la vivons au quotidien, au sein de l'Union pour la Majorité Présidentielle.
Le changement est à notre portée si les Français nous font confiance les 9 et 16 juin. Cette victoire est nécessaire.

Il faut gagner la bataille ! Le changement est à notre portée si nous savons continuer à être modestes, écouter toujours le coeur de la France qui palpite, ne pas céder aux sirènes du pouvoir, qui peuvent nous faire oublier la réalité de ce que vivent les Français.

Pour retrouver un but et un chemin commun. Pour que nous dessinions ensemble une France plus forte, plus libre, plus solidaire. Pour que nous mettions en ¿uvre le projet du Président de la République avec l'assurance de la durée nécessaire à l'action, il faut que nous gagnions, que vous gagniez les 9 et 16 juin afin de donner une nouvelle majorité à la France.
Je vous remercie.


(Source http://www.u-m-p.org, le 24 mai 2002)

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