Déclaration de M. Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, sur les quotas laitiers, la qualité de la production laitière et les négociations au sein de l'OMC, Le Puy le 21 mars 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, sur les quotas laitiers, la qualité de la production laitière et les négociations au sein de l'OMC, Le Puy le 21 mars 2002.

Personnalité, fonction : LEMETAYER Jean-Michel.

FRANCE. FNSEA, président

Circonstances : Discours de clôture de la 58ème Assemblée générale de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) au Puy les 20 et 21 mars 2002

ti : Messieurs les Directeurs,
Mesdames, Messieurs,
Mes chers amis,

Cette année, notre Assemblée Générale se clôture sans Ministre de l'Agriculture. Non pas qu'il ait un programme de travail trop chargé. Même si, la semaine dernière, au congrès de la FNSEA, nous lui avons donné de quoi occuper pleinement les 60 jours de son CDD !

Non, si le Ministre n'est pas avec nous aujourd'hui, c'est tout simplement parce que la France est en campagne électorale, ce qui impose une certaine réserve.

Nous sommes donc entre nous. Et je dois dire que cela tombe bien, finalement, car cette Assemblée générale est, vous le savez, ma dernière en tant que Président de la FNPL. Une occasion que je voulais saisir pour dresser le bilan des actions que nous avons menées ensemble et évoquer les principaux axes de notre politique laitière.

Rassurez vous ce n'est pas un testament. Juste quelques idées dont je voudrais vous faire part avant de passer le flambeau. Pardonnez-moi à l'avance de ne pas aborder tous les dossiers, comme l'environnement, les ventes directes...

Premier sujet, et non des moindres : la maîtrise de la production. Dans quelques jours, nous fêterons son 18ème anniversaire. 18 ans, c'est le début de la vie d'adulte, l'âge où on commence à s'épanouir. C'est aussi un passage délicat au cours duquel il faut se montrer vigilant.

Je ne reviendrai pas sur les péripéties qui ont accompagné la naissance de cette politique. Vous vous en souvenez, nous l'avions fraîchement accueillie. Cela ne nous a pas empêché de nous mettre rapidement à l'¿uvre pour faire valoir les intérêts des producteurs.

Installer des jeunes, maintenir un potentiel de production sur tout le territoire, respecter les producteurs qui respectent leurs quotas, assurer l'équité entre les producteurs en privilégiant les plus modestes et tout cela dans le cadre d'une gestion non marchande et de proximité : voilà les principes qui nous ont guidé et nous guident encore ! Voilà ce qui fait la force et la réussite de la gestion des quotas à la Française, même si ça couine ici ou là...

Bien sûr, ce dispositif n'est pas parfait. Des adaptations doivent lui être apportées. D'ailleurs, nous participons activement à la réflexion. L'Onilait en sait quelque chose.

Mais il ne suffit pas de réfléchir. Il faut aussi agir. Le décret sur les GAEC partiel, cela fait deux ans qu'on l'attend. Notre patience est à bout !

On est heureusement allé beaucoup plus vite pour conforter les petits producteurs. Peut être parce que l'administration a eu la bonne idée de suivre nos propositions. Mais attention ! Les quantités disponibles doivent aller à des exploitations viables et à des producteurs ayant réellement la volonté et la capacité de produire !

Et puisque la question de la gestion des quotas se pose à nouveau, j'affirme haut et fort la position qui est la nôtre : celle d'une gestion de proximité, s'appuyant fortement sur les CDOA afin qu'elle s'adapte au contexte local.

En mars 1999, nous nous étions réjouis de la reconnaissance de la gestion départementale. Les Accords de Berlin entérinaient ainsi une méthode qui, depuis 18 ans, apporte entière satisfaction. Vous comprenez donc, Madame la Directrice, que c'est avec consternation que nous voyons l'Onilait et l'Administration tenter d'imposer un schéma de redistribution centralisé.

Alors si le Gouvernement veut centraliser la gestion des quotas pour faire plaisir à je ne sais qui, eh bien ! qu'il le fasse sans nous ! L'efficacité est incompatible avec le clientélisme politique ! Que les choses soient claires : à l'heure de la décentralisation et, pour nous, des PAD, on ne peut pas revenir aux vieux schémas où tout serait imposé de Paris.

Tenir compte des réalités du terrain, c'est aussi avoir une vraie politique en faveur de la montagne. Sur le plan syndical, la mise en place d'une commission interprofessionnelle au sein du CNIEL va nous permettre de renforcer la cohérence de nos stratégies de filière sur ce dossier. Deux sujets nous occuperont tout particulièrement : d'une part, la compensation des surcoûts en zone de montagne, notamment pour la collecte, compensation qui est remise en cause par Bruxelles, et, d'autre part, la mise en ¿uvre de la dénomination " montagne " qui, grâce au décret du 15 décembre 2000, doit apporter une véritable identité aux produits et une valeur ajoutée aux éleveurs.

En matière d'ICHN, il faut reconnaître que le nouveau dispositif donne plutôt satisfaction. Cependant, nous n'accepterons pas que certains en soient exclus, notamment les producteurs de piémont. Enfin, comme l'herbe joue un rôle essentiel dans les systèmes de production de montagne, nous serons particulièrement vigilants sur les suites qui seront données à la prime à l'herbe. On nous parle d'un CTE simplifié. Pourquoi pas ? N'excluons pas, cependant, la solution la plus simple : une prime à l'herbe hors CTE, comme c'est déjà le cas pour la prime rotationnelle. 2002 est l'année de la montagne. Il ne faudrait pas que les éleveurs soient les seuls à ne pas s'en apercevoir, alors que la politique de la montagne a tout juste trente ans.


A Berlin, en mars 1999, nous avons obtenu le prolongement du régime des quotas et le report de la baisse des prix. Pour nous, ce fut une grande victoire. Mais, pour les ultra-libéraux du Nord de l'Europe, ce ne fut que partie remise. Ils reviennent sans cesse à la charge. Les risques sont grands de voir la politique laitière remise sur la sellette à l'occasion du rendez-vous à mi-parcours. Le budget, l'élargissement, l'OMC... : tous les arguments sont bons pour ceux qui veulent en finir avec les quotas.Face à cette offensive libérale, nous avons heureusement des arguments à faire valoir.

Il faut d'abord rappeler avec force que notre secteur coûte de moins en moins cher à l'Europe. Les dépenses de soutien ont baissé de 66% par rapport à 1984 ! Elles ne représentent plus que 4.5% du FEOGA garantie contre 30 % en 1984. On entend dire parfois que cette politique rendrait le lait trop cher et briderait la consommation. Nous avons, au contraire, les niveaux de consommation les plus élevés dans le monde. Et les prix aux consommateurs parmi les plus faibles.

A la Nouvelle-Zélande et à l'Australie, nous devons faire comprendre qu'il n'est pas de leur intérêt de démanteler notre Organisation Commune de Marché. Si, sous la pression de l'OMC, les quotas devaient disparaître, beaucoup de producteurs européens devraient sans doute mettre la clef sous la porte. Malgré cela, on observerait certainement une augmentation de la production européenne, une baisse des prix et nous deviendrions de sérieux concurrents pour les producteurs océaniens. Dites à vos amis Monsieur Turner que la maîtrise que nous nous sommes imposée, vous en bénéficiez tous.

En définitive, personne n'a rien à gagner à la mondialisation de la dérégulation ! En tous cas, pas les producteurs de lait, quelque soit leur nationalité.

Pour terminer sur ce chapitre, je voudrais saluer l'opiniâtreté de nos amis canadiens dont nous avons entendu aujourd'hui un représentant. Le système de prix différenciés constitue un compromis intéressant, générateur de flexibilité. Attaqués devant l'OMC par les Etats-Unis et la Nouvelle-Zélande, nos amis canadiens persévèrent. Leur combat nous honore et leur exemple nous encourage. Nous leurs disons : tenez bon et, considérez-nous comme vos alliés.

Nos idées, notre vision de la politique laitière, il nous faut l'expliquer, notamment à nos collègues des PVD. Car rien ne vaut le dialogue direct, de producteur à producteur. Congrilait offre cette possibilité. Sa prochaine édition se tiendra à Paris en septembre. C'est une formidable opportunité que nous ne devons manquer sous aucun prétexte. Je vous demande d'y participer massivement.

S'il y a un quota que nous avons bien rempli depuis une dizaine d'années, c'est bien celui des crises sanitaires. Une expérience dont nous nous serions bien passés mais qui nous a enseigné un certain nombre de leçons.

La première, c'est que la gestion du risque sanitaire ne peut se faire sans les producteurs et a fortiori contre eux. A ce titre, nous demandons des indemnisations qui prennent en compte la situation réelle de l'exploitation, au regard du niveau génétique du troupeau et des modes de valorisation des produits. C'est particulièrement vrai pour les éleveurs victimes d'un cas d'ESB.

La seconde leçon que nous devons retenir, c'est que la filière laitière est, du point de vue sanitaire, dans une situation très particulière. Parce que les laits issus de différents élevage sont mélangés, une négligence ou une simple distraction peut mettre ainsi en péril une citerne toute entière. Cette particularité impose une solidarité " qualité " de fait, entre les producteurs mais aussi avec l'aval.

C'est sans doute cette exigence de solidarité qui a amené l'interprofession à mettre en place une organisation de veille, d'anticipation et de gestion de crises dont la réussite est, je dois le dire, exemplaire.

C'est une des illustrations de l'intérêt d'avoir une solide Maison du Lait. Pas seulement pour la qualité de l'infrastructure, mais surtout pour l'état d'esprit " filière " qui y règne. C'est parfois animé, notamment pendant nos rendez vous sur le prix du lait. Mais, sur les grandes préoccupations communes : politique laitière, promotion, relations avec la grande distribution, veille sanitaire ... ce sont cohésion et collaboration qui priment. Merci à nos partenaires de la transformation et à l'équipe interprofessionnelle de faire vivre, avec nous, la Maison du lait.

Notre métier a un prix : nous en avons beaucoup parlé à Versailles. Je voudrais donc vous dire deux mots sur celui du lait. Nous venons de traverser une période favorable qui s'est traduite par des hausses trimestrielles supérieures à 10 centimes par litre, c'est plus que substantiel. Malheureusement, les effets de cette hausse ont été atténués par la hausse des charges et les pertes du produit viande. Mais je n'ose imaginer ce qu'aurait été notre situation avec, en plus, une conjoncture défavorable en matière de prix du lait.

Cette réussite, nous la devons d'abord à l'accord interprofessionnel de 1997. Un accord solide qui permet un partage équitable de la valeur ajoutée. Mais un accord n'est rien si ses signataires n'en respectent pas l'esprit et la lettre. A ce titre, j'engage nos partenaires de la transformation à éviter un dogmatisme sans fondement qui conduit à l'exaspération des producteurs.

Je vous invite, aussi, à poursuivre le travail que nous avons entrepris auprès de la grande distribution. Il n'est pas concevable que la valeur ajoutée continue d'être captée par le dernier maillon de la filière.

Pour faire vivre l'accord de 1997, il faut de la bonne volonté. Mais il faut aussi que le marché, dans lequel il s'inscrit, soit correctement géré. Or, depuis la fin de l'année 2001, des tensions apparaissent au sein de la filière, en raison notamment d'une mauvaise orientation des marchés. C'est la preuve que notre OCM n'est pas une garantie de stabilité à toute épreuve et que ses leviers doivent être très rapidement actionnés en cas de nécessité. A nous de rappeler à la Commission Européenne qu'elle doit faire preuve de réactivité et même d'anticipation face aux évolutions du marché.

Quelques mots maintenant pour évoquer le dossier viande bovine. Pierre Chevalier vient de nous en parler avec talent et compétence. Je n'insisterai pas sur le bilan de cette crise, qui depuis plus d'un an et demi, lamine le revenu des éleveurs et ébranle leur confiance en l'avenir. Marché dramatiquement mal géré, plans d'accompagnement insignifiants au regard des pertes subies... Le moins que l'on puisse dire, c'est que la réponse des Pouvoirs publics n'a pas été à la hauteur de la tourmente qui a secoué le monde de l'élevage.

Si les Pouvoirs publics ont été passifs, nous, en revanche, nous avons été sur tous les fronts. Nous avions annoncé que nous ferions le ménage dans la filière et nous l'avons fait, inaugurant de nouvelles formes de relation dans un secteur où le maquignonnage régnait sans partage. Oui, le travail que nous avons réalisé ensemble : FNPL, FNSEA, JA et FNB, nous pouvons en être fiers. Et ce n'est pas parce que la situation donne des signes de rétablissement que nous laisserons les choses revenir comme elles l'étaient avant. Les éleveurs ne sont pas la variable d'ajustement de la filière : nos partenaires de l'aval doivent en avoir conscience. Sinon, nous nous chargerons de leur rappeler. Et surtout, ne tremblons pas devant les menaces de Bruxelles ! Le droit syndical est aussi respectable que le droit de la concurrence !

Victimes de crises sanitaires médiatisées à outrance, nous avons le sentiment d'être mal compris, de vivre une injustice. Je crois que nos concitoyens portent des jugements complexes et contradictoires sur notre monde de l'élevage.

Il faut corriger ce décalage entre la réalité de notre élevage et la perception qu'en ont nos concitoyens. C'est l'un des objectifs de la charte des bonnes pratiques et de l'agriculture raisonnée. C'est le but de l'action ambitieuse de communication que la FNPL et la FNB ont entreprise, avec l'appui des interprofessions. Les Français n'ont pas oublié leur passé agricole. A nous de savoir utiliser ce capital de sympathie et d'attachement au rural pour expliquer notre métier et sa modernité. A nous aussi, d'éviter la facilité qui consiste à ne jouer que sur la "corde nostalgique ".

Faire partager notre passion d'éleveur, voilà quelle doit être notre ambition.

Permettez moi, maintenant de changer de casquette pour vous dire quelques mots en tant que Président de la FNSEA.

Voilà presque un an que je cumule les deux fonctions. Vous le savez, ce ne fut pas toujours facile. Entre une réunion importante rue de la Baume et une autre, non moins importante, rue de Châteaudun, il m'a souvent fallu faire un choix. Vous avez dû vous passer de président plus d'une fois ce qui, je le sais bien, n'est pas toujours évident.

Merci à toute l'équipe de la FNPL d'avoir su gérer cette situation. Merci à toi en particulier, Régis, d'avoir souvent remplacé le Président au pied levé.

En quittant la FNPL, j'emporte non seulement des souvenirs mais aussi des convictions.

La première, c'est qu'il n'y a pas de revenu sans prix et donc pas de perspectives pour les agriculteurs français sans une juste rémunération de leur produits. La politique des prix, j'en ai fait un combat prioritaire à la FNPL. C'est, depuis 10 mois, un axe fort de la stratégie syndicale de la FNSEA et j'entends poursuivre sur cette voie dans les mois et les années qui viennent.

Pour cela, nous nous sommes donné trois priorités.

La première, c'est de redonner du souffle et de la cohérence à notre politique agricole. La logique ultra-libérale, celle qui casse les OCM et affaiblit la préférence communautaire, nous savons où elle nous conduit : à une succession sans fin de crises de marché , à la spirale infernale de la baisse des prix, du revenu et du nombre d'agriculteurs. Nous disons halte à la dictature du moins disant mondial ! Halte à la logique du chacun pour soi.

Ce que nous voulons, c'est une PAC forte et ambitieuse. Des OCM pour assurer la régulation des marchés et une préférence communautaire qui nous protège des soubresauts du marché mondial. On peut importer des produits, pas la baisse des prix !

On parle beaucoup de développer le second pilier de la PAC. Nous sommes, bien entendu, favorables au renforcement de la politique de développement rural comme nous sommes, depuis longtemps, des défenseurs de la multifonctionnalité. Mais pour que le second pilier soit utile, il faut d'abord que le premier tienne bon. Pour nous, le principal demeure la gestion et la régulation des marchés.

Nous voulons des OCM dignes de ce nom et une PAC fidèle à ses principes fondateurs : unicité du marché, préférence communautaire et solidarité financière. Ce sera notre priorité pour le " rendez vous à mi-parcours des Accords de Berlin ".

Et puisque l'avenir de la PAC se joue aussi à l'OMC, soyons offensifs dans les négociations qui s'y déroulent actuellement. Défendons une autre vision de la mondialisation que celle qu'on veut nous imposer depuis 10 ans. Battons nous pour une mondialisation maîtrisée et régulée. Une mondialisation qui reconnaisse le droit à la " souveraineté alimentaire " et participe à la régulation de l'offre mondiale de produits agricoles. Bref, une mondialisation au profit du plus grand nombre et non une mondialisation au profit des plus forts.

L'évolution de la PAC, les négociations OMC : c'est essentiel. Mais notre revenu, notre avenir, il se construit aussi, ici, au sein des filières où les producteurs doivent obtenir un juste partage de la valeur ajoutée. Le lait en est un bel exemple, et, entre nous, et je suis fier d'y avoir contribué.

L'année passée, nous avons instauré un peu plus de transparence et de solidarité dans le secteur de la viande bovine. Nous devons poursuivre sur cette voie, dans la filière bovine comme dans les autres. Car cette voie, c'est celle de l'efficacité et de l'équité.

Pour cela, nous devons encourager et renforcer les démarches interprofessionnelles. Négocier avec nos partenaires d'amont et d'aval, sans exclure l'action syndicale. Obtenir des Pouvoirs publics un meilleur encadrement des pratiques commerciales et un renforcement du cadre juridique et financier des interprofessions. Nous ne demandons pas la lune à nos dirigeants : seulement qu'ils accompagnent nos efforts et non qu'ils les entravent au nom de je ne sais quels principes de libre concurrence ou de pluralisme syndical. Des marchés régulés ; des filières organisées : voilà la clef du succès. Voilà comment donner du prix à nos produits et du sens à notre métier.

Mais nos revendications ne s'arrêtent pas là. Taxes, impôts, charges sociales, redevances, 35 heures, normes, déclarations, agrément, contrôles... Nous croulons sous le fardeau que nous imposent les Pouvoirs publics ! Il faut redonner sa place à l'initiative individuelle et libérer les énergies. Alléger les charges qui pèsent sur nos exploitations et supprimer les contraintes administratives qui nous empoisonnent l'existence. Car la compétitivité de nos exploitations, c'est la santé de notre agriculture. Et la liberté d'entreprendre, c'est notre fierté d'agriculteur.

Dans ce domaine, le gouvernement français a des marges de man¿uvre. Qu'on ne vienne pas nous raconter que Bruxelles n'est pas d'accord. Ce qu'il faut à nos dirigeants, ce n'est pas un blanc-seing européen mais du courage politique. Rien de plus.

Voilà les propositions, qu'au nom de la FNSEA, je fais pour redonner un nouvel élan à notre agriculture et du sens à notre métier.

Ce projet, nous devrons le défendre ensemble. Les producteurs de lait ont toujours été à la pointe du combat du revenu et des prix. Je ne doute pas que vous serez à mes côtés pour dire haut et fort que s'il n'y a pas de pays sans paysans, comme disait Raymond Lacombe, il n'y aura pas, non plus de paysans sans revenu et pas de revenu sans prix.

Conclusion

Mes chers amis,

Au moment de conclure cette assemblée générale, ma dernière en tant que Président, je suis à la fois ému et heureux. Emu car, après plus de 15 ans de présence assidue- 20 ans si je compte mes mandats de Jeune Agriculteur - la Maison du Lait était devenue en quelques sorte mon second foyer après celui de Vignoc. Vous quitter, c'est quitter des amis et même, d'une certaine façon, des parents. Car la FNPL forme un véritable famille professionnelle, avec ses débats, ses querelles, parfois, et ses réconciliations.

Je ne vous dis pas adieu, bien sûr. Seulement au revoir. Cela m'étonnerait que la FNPL ne donne pas du fil à retordre au Président de la FNSEA avant longtemps !

Emu, je le suis évidemment. Mais je suis aussi heureux. Heureux du travail que nous avons accomplis ensemble au service des producteurs de lait et de la filière laitière : de l'organisation interprofessionnelle à la défense de l'OCM lait en passant par l'évolution et la valorisation du métier d'éleveur. Heureux parce que nous avons écrit ensemble quelques belles pages de notre histoire syndicale. Heureux parce que je laisse une FNPL en bonne santé et entre de bonnes mains.

Ce que nous avons fait, j'en suis fier. Et c'est cette fierté que j'emporte avec moi pour poursuivre, dans la grande Maison, notre action au service des hommes et des femmes qui font tous les jours l'agriculture française.

Avec le dynamisme, l'unité, la solidarité et l'enthousiasme qui nous caractérisent.


(Source http://www.fnsea.fr, le 27 mars 2002)

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