Déclaration de M. Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, sur les actions à mener pour maintenir l'économie de la filière chevaline, Paris le 10 avril 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, sur les actions à mener pour maintenir l'économie de la filière chevaline, Paris le 10 avril 2002.

Personnalité, fonction : LEMETAYER Jean-Michel.

FRANCE. FNSEA, président

Circonstances : Assemblée générale de la Fénération nationale du cheval (FNC) à Paris le 10 avril 2002

ti : Seul le discours prononcé fait foi

Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,
Chers Amis,

Laissez-moi vous dire d'emblée que je suis très heureux d'être des vôtres aujourd'hui.

D'abord parce que c'est la première fois que j'interviens personnellement à la FNC.

Ensuite, parce que je sais que l'assemblée d'une association spécialisée de la FNSEA est un moment fort. C'est le moment des bilans, des actions, des projets. C'est le moment idéal, privilégié, du rassemblement pour toute une profession.

Et si j'ai accepté, sans hésiter, l'invitation de votre président, c'est aussi pour ne pas laisser passer cette occasion de vous dire tout l'intérêt que porte la FNSEA au cheval et de dialoguer avec vous.

L'intérêt que porte la FNSEA à la FNC s'appuie à la fois sur les valeurs que rassemble le cheval, sur votre démarche interprofessionnelle et sur les actions que nous aurons à mener ensemble pour maintenir l'économie de votre filière.

1 - Les valeurs que rassemble le cheval

Les valeurs que rassemble le cheval, nous les connaissons bien. Je ne vous apprends rien en affirmant que c'est le cheval qui symbolise le mieux la rencontre entre deux mondes. C'est le cheval qui connecte la sphère rurale et la sphère urbaine.

On associe le cheval à la découverte du territoire, au maintien des espaces verts. On retrouve aussi dans le cheval le goût d'une certaine qualité de vie.

Les éleveurs, que vous êtes, savent tirer parti de cette image positive de la production. Par cette activité, vous développez, en milieu rural, une dynamique touristique, vous donnez de la vie à notre monde rural. Aujourd'hui, on parle beaucoup de la ruralité. C'est là une valeur que nous partageons avec vous.

Je sais que pour certains d'entre vous, il s'agit d'une activité de diversification, alors que pour d'autres, c'est l'activité principale. Mais vous avez en commun d'être des éleveurs exerçant une activité agricole.

La FNC défend avec force cette qualité agricole. Et je vous soutiens totalement dans cette démarche. D'autant plus que, pour l'agriculture, le cheval, c'est peut-être notre ouverture sur le monde, c'est une chance de mieux nous faire connaître, c'est une ambition pour le monde rural. Je ne la laisserai pas passer.

Cette ouverture se traduit, dans le nouveau dictionnaire agricole par le terme de multifonctionnalité. La multifonctionnalité c'est ce qui exprime toutes les missions que remplissent les agriculteurs. La multifonctionnalité vous la connaissez d'autant mieux que vous la pratiquez. L'activité d'élevage chevalin est complétée par le tourisme et généralement suivie de services d'entretien du territoire : d'évidence, vous êtes des multifonctionnels.

Les services que vous rendez à l'espace et à nos concitoyens ont un prix et vous en demandez une juste rémunération. Les Pouvoirs publics doivent prendre la mesure de votre contribution et vous apporter des soutiens financiers. Vous évoquez le droit d'accès à une prime à la jument allaitante, cela fait partie des dossiers qu'il faut mener de l'avant.

Notre métier a un prix : la FNSEA toute entière l'a dit, à l'unanimité, à Versailles. Cette phrase doit aussi avoir un sens dans les boxes et les manèges et sur les sentiers de randonnée équestre.

Le cheval est porteur de valeur et cette valeur a un prix.


2 - La défense de votre production par votre organisation

L'intérêt que porte la FNSEA à la FNC s'appuie également sur votre capacité à vous organiser, à rassembler les éleveurs de nombreuses races et engagés dans différentes filières.

Vous êtes une association spécialisée (AS) de la FNSEA et pour la première fois cette année, vous occupez un poste au conseil d'administration de la FNSEA. Soyez certains qu'il s'agit d'un signe fort. Et je ne doute pas un instant de la capacité de Marianne Dutoit, qui représente la FNC à la FNSEA, à utiliser cette place pour faire entendre la voix des éleveurs de chevaux. Si l'année 2002 est l'année du Cheval selon le calendrier chinois, je ne doute pas que 2002 sera l'année de la FNC.

A la FNSEA, les AS représentent la force de nos différences, la richesse de notre diversité. Je le dis avec d'autant plus de facilité que je viens moi-même des AS. Je sais qu'une AS, c'est une force de proposition dans les débats de la FNSEA.

La diversité, les différences font notre force mais l'unité ne se trouve pas sous le sabot d'un cheval, si vous me permettez ce jeu de mot facile. Il faut savoir discuter, échanger, trouver des compromis pour y parvenir. Et c'est le travail que nous menons dans le conseil d'administration de la FNSEA. Nous parvenons à maintenir notre unité car, comme je le dis souvent, ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous divise.

C'est sans doute ce qu'il faut retenir lorsque différents partenaires économiques s'associent pour la défense d'une filière.

C'est le résultat que vous avez obtenu en mettant sur pied la FIVAL, officiellement reconnue il y a un an. Je vous en félicite.

L'interprofession, l'organisation des filières, vous le savez, c'est mon credo, et si vous me le permettez, je vous promets que je ne recommencerai plus, c'est mon dada !

Lorsque l'on a la volonté de travailler ensemble, l'interprofession peut exister. Ensuite, pour la faire vivre, il faut savoir écouter les uns et les autres, savoir dialoguer avec des partenaires et savoir négocier.

Chacun trouvera intérêt à cette union. L'interprofession, l'organisation des filières donne la possibilité à chaque composante de se défendre, de se saisir d'un pouvoir politique et économique pour porter plus haut la production.

La FIVAL manque pour l'instant de moyens pour financer les actions de promotion, de formation et d'information. Vous ne pourrez assumer votre nouvelle responsabilité que si vous pouvez compter sur des ressources. Je sais que vous avez entamé un dialogue avec le ministère sur ce point. Votre volonté est forte, je ne doute pas du résultat que vous obtiendrez. Vous avez, en tout cas, tout mon soutien.

La plus belle conquête de l'homme, c'est le cheval. La plus belle conquête de la FNC sera son interprofession.

Le travail acharné que vous avez mené et que vous continuez de mener pour votre interprofession ne doit pas faire oublier les autres préoccupations de la FNC. Ensemble, nous aurons à mener des actions pour maintenir l'économie de la filière.


3 - Ce que nous allons faire ensemble

Je sais qu'il faudra encore faire des efforts pour améliorer le régime fiscal de votre profession. Des avancées ont été obtenues, en particulier pour les entraîneurs, mais elles ne suffisent pas. Le système demeure complexe et mérite une refonte. Il faudra aboutir à une harmonisation du traitement fiscal et social de votre métier.

A la FNSEA, nous demandons moins de paperasserie, moins de charges, moins de formulaires administratifs. Nous demandons un traitement adapté à notre activité.

Les Pouvoirs publics choisissent la complexité. Nous faisons le choix de la simplicité pour l'efficacité.

Nous unirons aussi nos forces sur vos demandes en faveur de l'identification des animaux. La FNSEA et les Jeunes agriculteurs avaient appuyé, l'an dernier, la parution du décret sur l'identification. Le décret est aujourd'hui applicable mais ce texte ne vous satisfait pas totalement.

Vous demandez des transpondeurs, on vous répond : " acte médical ".

Vous demandez de l'efficacité et de la rapidité on vous répond incertitude et lenteur.

Nous sommes avec vous pour convaincre de la nécessité de la pose d'un transpondeur sur le poulain, dès sa naissance, par l'éleveur lui-même. Cette pose est un acte d'élevage.

C'est par ces actions d'identification que nous gagnerons la confiance du consommateur.

Dans ce contexte de crises sanitaires, les Pouvoirs publics ne peuvent plus faire l'économie de la traçabilité.

Enfin, vous défendez depuis de nombreuses années l'intégration du cheval dans les politiques agricoles européennes et françaises.

Pour soutenir vos demandes sur le plan européen, vous mettez tout en ¿uvre pour dynamiser le groupe cheval du COPA. J'encourage vivement votre initiative et je vous appuierai pour que la réunion que vous organiserez à l'automne prochain soit un succès.

Au niveau national, vous demandez aujourd'hui une loi d'orientation du cheval. C'est vrai que votre secteur demande quelques clarifications.

Vous insistez particulièrement sur le volet développement rural de la politique agricole. Et je sais que vous avez contribué à la rédaction du guide " CTE et Cheval ".

Mais attention ! L'activité d'élevage doit rester le socle de votre métier. C'est l'activité d'élevage qui doit vous faire vivre car c'est elle qui donne un sens à votre profession. Le développement rural, vous y contribuez, et vous devez pour cela obtenir une juste rémunération. Le développement rural, et tous les outils qui l'accompagnent, sera peut-être une chance pour toutes les exploitations. Une chance d'ouverture, une chance de dynamisme, une chance d'économie.

Mais le développement rural n'est pas la condition d'existence de nos exploitations. Pour que nos exploitations soient viables, pour que nos bases soient solides, c'est toujours par les prix et les revenus que nous y parviendrons.

J'ai pu rencontrer hier, à Strasbourg, monsieur Fischler, commissaire européen à l'agriculture. Nous avons pu discuter de la conjoncture et des prochaines échéances agricoles. Nous avons pu rappeler que c'est notre fonction de production qui assure notre revenu et que le développement du deuxième pilier ne peut se faire au détriment du premier.


[En conclusion]

Mes chers amis,

Vous le voyez, la FNSEA n'aura aucun mal à se battre à vos côtés car nous sommes d'accord sur l'essentiel.

Unis par des valeurs, unis par une organisation, unis par des actions, la FNC et la FNSEA sont à l'image de notre organisation.

Je sais que nous pouvons compter les uns sur les autres pour la défense de nos productions, de nos revenus, de notre agriculture.

Avant de laisser place au débat, je vous propose de nous retrouver l'année prochaine, au Salon de l'agriculture pour une grande soirée cheval ! Cette année, le projet n'a pu se concrétiser en raison des délais trop courts. Je suis sûr qu'en s'y mettant dès maintenant, le SIA 2003 sera aux couleurs du Cheval !

Je vous remercie.

(Source http://www.fnsea.fr, le 26 avril 2002)

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