Conférence de presse de M. Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, sur la grande distribution et les prix à la production dans le cadre des lois Galland et NRE et la campagne publicitaire des supermarchés Leclerc, Paris le 22 mai 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

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Conférence de presse de M. Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, sur la grande distribution et les prix à la production dans le cadre des lois Galland et NRE et la campagne publicitaire des supermarchés Leclerc, Paris le 22 mai 2002.

Personnalité, fonction : LEMETAYER Jean-Michel.

FRANCE. FNSEA, président

ti : En son temps, la FNSEA a été favorable au vote des dispositions de la loi Galland et de la loi NRE.

Les raisons de ces positions sont les suivantes :

- éviter les abus de dépendance des fournisseurs notamment les agriculteurs et les IAA face à la grande distribution ;

- donner la meilleure transparence possible à la transaction commerciale.

Aujourd'hui, certains grands distributeurs tombent le masque :

- ils n'ont jamais été favorables à la loi Galland ;

- ils entretiennent, au travers des fameuses marges arrières, l'opacité des relations commerciales, en exigeant des remises sans contrepartie et qui ne figurent pas sur la facture.

Dans une campagne de publicité, Michel Edouard Leclerc, depuis quelques jours, pousse le bouchon jusqu'à demander la suppression de la loi en prenant le consommateur en otage.

Quelle vérité tronquée !

On veut faire croire aux consommateurs qu'il n'est pas possible de répercuter, je cite, les "bonnes conditions d'achat obtenues auprès des fournisseurs".

- Qu'est ce qui empêche Michel Edouard Leclerc d'informer le consommateur sur la réalité de ses marges arrières ?

- Qui est-ce qui empêche Michel Edouard Leclerc de faire intégrer ces conditions dans la facturation ?

- Pourquoi a-t-il besoin de se présenter sans cesse en défenseur du consommateur alors que la réalité est tout autre ?

Ses pratiques sont hors la loi. Et ce qu'il demande est tout simplement leur légalisation.

Dans ce système pervers que la distribution a inventé, les consommateurs sont pris en otage et bernés.

- Ils n'ont pas la possibilité de vérifier la réalité de l'avantage-prix, puisque rien n'est transparent ;

- ce système est destructeur d'emplois : les entreprises ne peuvent rester debout longtemps. Les consommateurs sont aussi des salariés de ces entreprises. On conduit ainsi le gentil consommateur à devenir le responsable involontaire de la baisse du pouvoir d'achat des salariés concernés et du pauvre chômeur d'entreprises fournisseurs de la grande distribution.

- Et au-delà, le premier maillon de la chaîne, on le sait le plus faible, c'est le producteur agricole qui, in fine, doit supporter des prix toujours plus bas et voir ainsi son revenu devenir peau de chagrin.

En ma qualité de Président de la FNSEA j'ose affirmer aujourd'hui que la grande distribution a honte de l'importance de ses marges et de leur accumulation.

Depuis des années, alors que les prix agricoles à la production ne cessent de se dégrader, ceux à la consommation poursuivent allègrement leur progression. Les marges distributeur sont passées de 41,5% en 2000 à 45,7% en 2002.

En revanche, dans le même temps, le coût industriel a baissé de 3 points et la marge industrielle de 1,2 point.

Au nom de notre combat syndical pour le rétablissement du revenu des agriculteurs au travers de prix rémunérateurs par rapport aux coûts de production, nous condamnons cette campagne et ses objectifs.

Si l'on veut considérer le consommateur comme un partenaire, montrons lui qu'avec le niveau des prix alimentaires actuels, les producteurs pourraient recevoir une juste rémunération de leurs productions.


(Source http://www.fnsea.fr, le 23 mai 2002)

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