Déclaration de Mme Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, présentant les grands objectifs du PCF dans la campagne pour les élections législatives, Paris le 24 mai 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, présentant les grands objectifs du PCF dans la campagne pour les élections législatives, Paris le 24 mai 2002.

Personnalité, fonction : BUFFET Marie-George.

FRANCE. PCF, secrétaire national

Circonstances : Conférence de presse de Mme Marie-george Buffet, secrétaire nationale du PCF, à Paris le 24 mai 2002.

ti : VOILA
CINQ BONNES RAISONS DE VOTER COMMUNISTE
ET D'ENVOYER EN JUIN PROCHAIN
DES DÉPUTÉS COMMUNISTES A L'ASSEMBLEE NATIONALE

- 1 -
Faire front contre le FN et son influence sur la droite et la société.
Envoyer à l'Assemblée Nationale
des députés anti-Le Pen et aussi anti-lepénisation des esprits.

Le 5 mai, nous avons évité le pire, grâce à la mobilisation exceptionnelle, dans la rue et dans les urnes, de tous ceux qui refusaient de livrer la France à Le Pen, ce milliardaire populiste et raciste. Le danger n'est pas pour autant écarté. Battu aux élections présidentielles, le FN part à la conquête de l'Assemblée Nationale. Il faut lui barrer la route.

Dans ce combat, le Parti Communiste a toujours été clair. En 1934 déjà, quand les milices factieuses partaient à l'assaut du Parlement, dans la Résistance au régime du déshonneur national de Vichy et à l'hitlérisme, contre l'OAS durant la guerre d'Algérie. Le 21 avril encore, le PCF a appelé à faire barrage à Le Pen, sans hésitation ni ambiguïté. Pour ces législatives, partout où existe le risque FN, le PCF soutient le candidat unique de la gauche. Là, où des candidats FN seront présents au second tour, les communistes mettront toutes leurs forces dans la bataille pour les battre. Voter communiste, c'est être sûr que sa voix ne fera jamais les affaires du FN.

Élire des députés communistes au Palais Bourbon, c'est aussi envoyer les meilleurs résistants à la lepénisation des esprits.
Alors que, sur le terreau de la misère et du sentiment d'abandon, prospèrent les idées rétrogrades et simplistes qui prônent l'autoritarisme et l'exclusion, les communistes ont été, restent, et resteront les défenseurs acharnés des valeurs de liberté, d'égalité, de fraternité.

Il n'y a pas trop de démocratie en France, pour qu'il faille la mettre entre les mains d'un leader populiste !! Les petites gens, ceux d'en bas, seraient-ils trop écoutés, auraient-ils déjà trop de pouvoirs, pour les offrir à un aventuriste politique et à sa clique ?! Y-aurait-il trop de respect mutuel, de solidarité et de vie collective dans les quartiers pour qu'on puisse se payer le luxe d'attiser la violence, l'exclusion et la haine !?

Les députés communistes seront des opposants acharnés à toutes les tentations racistes et sécuritaires de la droite comme de l'extrême droite. Ce sont ceux qui feront les propositions les plus fortes contre l'insécurité sociale et le chômage, terreau sur lequel prospèrent les idées d'extrême-droite.

- 2 -
Battre la droite, s'opposer à la réaction anti-sociale
et aux patrons
Envoyer à l'Assemblée Nationale des députés pour battre la droite aux élections, et la combattre au Parlement.

Le 5 mai, face au danger Le Pen, les communistes n'ont pas mégoté : ils ont appelé à voter Chirac. Pour autant, nous ne sommes pas amnésiques : non, Chirac n'est pas sympathique. C'est un politicien qui défend depuis toujours, avec constance et détermination, les intérêts des puissances d'argent.

Le 5 mai, il n'a pas été élu sur son programme, mais comme moindre mal face au danger LE PEN. Pourtant, il veut maintenant en profiter pour concentrer en ses mains tous les pouvoirs, depuis l'Elysée jusqu'au Conseil Constitutionnel, en passant par le Sénat et l'Assemblée.

Déjà, le nouveau Premier Ministre nous prépare la revanche patronale. En ligne de mire, la remise en cause des 35 heures, la vente de la Sécu aux fonds de pension, moins d'impôts pour les riches, plus de liberté de licencier, et les thèses de Le Pen sans Le Pen en matière de sécurité ! C'est pour cela qu'il a nommé Francis Mer au ministère du Budget. C'est l'ancien PDG d'Usinor, vice-président du MEDEF, qui a fait sa carrière en supprimant soixante-dix mille emplois dans la sidérurgie, en sinistrant l'Est et le Nord de la France pour le plus grand profit des actionnaires. Gilles de Robien, le nouveau Ministre des Transports n'en fait pas mystère, il est là pour privatiser la SNCF !! Sarkozy, au lieu de répondre aux vrais problèmes d'insécurité que vivent nos concitoyens, le maire de Neuilly, se prépare à verser dans le tout sécuritaire, au mépris des libertés publiques.

Avec le retour de la droite, les patrons sont directement aux manettes, c'est la loi du fric contre l'emploi, contre la sécurité de nos vies et de nos retraites, contre les services publics. C'est la confiscation des pouvoirs par les copains de Super-Menteur qui représentent moins d'un français sur cinq.
La France mérite mieux que ce holp-up électoral : le 5 juin, pour battre la droite et le patronat, il faudra un vote sans ambiguïté, un vote résolument anti-droite, anti-libéral, anti-autoritaire, anti-MEDEF. C'est le vote communiste.

- 3 -
Porter des exigences populaires fortes
pour redonner dignité, pouvoir et sécurité de l'existence "à ceux d'en bas".
Envoyer à l'Assemblée nationale des députés qui s'engagent sur dix objectifs prioritaires.

La droite dit qu'elle a compris le message des français, mais elle s'apprête à mettre en ¿uvre un programme qui n'a rien à voir avec nos attentes. Les députés communistes ne soutiendront que les lois qui sont vraiment à gauche, et proposent dix objectifs prioritaires pour les cinq ans à venir afin de rompre avec le libéralisme et rendre le pouvoir au peuple :

1 - Chômage, tolérance zéro : interdire les licenciements boursiers.

2 - Le travail ne doit plus être une marchandise : instituer un système de sécurité d'emploi et de formation.

3 - Reconnaissance de celles et ceux qui travaillent, inventent, créent : relever les salaires en portant le SMIC à 1372 euros bruts (9000 francs).

4 - Exclure toutes les exclusions : augmenter les minima sociaux en favorisant pour leurs titulaires, le retour volontaire à l'emploi et à la formation choisis.

5 - Embellir la ville et équilibrer les territoires : lancer un plan d'urgence pour les grands ensembles.

6 - Valoriser les droits sociaux pour dynamiser la société : défendre, transformer et étendre les services et le secteur publics.

7- Garantir et respecter les droits et les libertés de chacun-e : adopter une loi anti-sexiste, instaurer le droit de vote pour les résidents étrangers.

8 - Réinventer le civisme : rendre le pouvoir à ceux d'en bas par la démocratisation des institutions.

9 - Un autre monde est possible : annuler la dette des pays pauvres, imposer la taxe Tobin sur les flux financiers et transformer les institutions internationales.

10 - Pour une Europe démocratique, sociale et solidaire : renégocier les traités européens, à commencer par celui de Maastricht


- 4 -
Agir pour une nouvelle construction politique à gauche.
Envoyer à l'Assemblée Nationale des députés, partenaires politiques de ceux d'en bas qui résistent, qui proposent.

Toutes ces exigences ne sont pas nouvelles. La gauche a eu le pouvoir dans presque tous les pays européens, et en France, pendant cinq ans, avec des communistes au gouvernement. Et si des avancées non négligeables ont été gagnées, nous sommes très loin du compte. Il faut avoir le courage de le dire.

Si la gauche plurielle a été sanctionnée au premier tour de la présidentielle, ce n'est pas comme le dit le PS parce qu'elle serait trop diverse, mais parce qu'elle a déçu celles et ceux qui attendaient le plus d'elle, en se laissant trop souvent convaincre par les idées libérales, en oubliant que la gauche n'est la gauche que lorsqu'elle défend les intérêts des petits, des sans-grades, de ceux d'en bas. La gauche a été sanctionnée, il faut qu'elle se remette en cause, et qu'elle tienne compte de ce qui s'est passé en cherchant à développer, pour s'en enrichir, la capacité de mobilisation et de lutte des populations et des travailleurs.

Cette gauche, largement dominée par le Parti Socialiste, n'a pas pu, n'a pas su, et pour certaines de ses composantes n'a pas voulu s'opposer aux conséquences dévastatrices de la domination des marchés financiers sur l'économie et de la confiscation de la politique par une élite qui se croit légitime, parce qu'elle se pense éclairée. On l'a vu avec la campagne de Lionel Jospin, cette gauche assagie, médiatique et auto-satisfaite a oublié ceux qui souffrent, à cru pouvoir faire leur bonheur à leur place.

Si la gauche plurielle a vécue, ce n'est pas une "gauche unie", encore plus dominée par le PS, et par conséquent encore plus soumise aux influences néo-libérales qui permettra de construire la riposte et l'alternative à la droite et à l'extrême droite. Le peuple de gauche, les associations, le mouvement social, les partis doivent sans attendre discuter, réfléchir à l'émergence d'une construction politique nouvelle, qui rende dignité et pouvoirs au peuple.

Les candidats communistes, les députés communistes seront des acteurs honnêtes, déterminés, persévérants de cette construction dont la France a tant besoin.

- 5 -
Se rassembler pour construire
une force politique capable de changer vraiment les choses.
Envoyer à l'Assemblée Nationale des députés porteurs, jusque dans les institutions, de l'action et des valeurs communistes.

Le PC, lui, a voulu y parvenir, mais il n'a pas pu, n'a pas su, résister efficacement à cette dérive. Il n'élude pas ses responsabilités. Cet échec de toute la gauche est aussi le sien, celui de ses ambiguïtés, de ses maladresses ou de ses erreurs.

Il reste que notre pays a besoin d'une force politique qui soit capable d'articuler la résistance sociale et la construction d'alternatives politiques de transformation sociale. Une force qui ne se contente ni d'être l'aiguillon de gauche d'une coalition largement sociale-libérale, ni la bonne conscience de ceux qui ne luttent que dans la rue, et qui laissent la droite gouverner quand vient le temps des élections. Une force politique qui conteste radicalement toutes les dominations, partout, de la vie quotidienne jusqu'au sommet de l'État. Une force politique qui rende irrépressible l'irruption du peuple en politique, qui ne se contente pas de "faire entendre sa voix" mais qui vise la reconquête de tous les pouvoirs qu'on lui a confisqué. Une force politique qui est capable de proposer des solutions à la fois efficaces, réalistes et révolutionnaires.

Longtemps le Parti Communiste a été une grande formation populaire, qui a marqué l'histoire de ce pays dans la plupart de ses avancées sociales, politiques et culturelles, comme dans ses traditions d'accueil et de solidarité entre français et immigrés. Le SMIC, le droit de vote des femmes, la gratuité de l'enseignement supérieur ou la Sécurité sociale n'auraient jamais pu voir le jour sans des luttes acharnées où les communistes ont pris toutes leur part.

Aujourd'hui encore, bien qu'affaibli, le PC reste une force populaire, anticapitaliste, un patrimoine d'expérience et de réflexion uniques, qui restent indispensables à la gauche. Il est le seul à incarner à la fois la volonté de transformation révolutionnaire, et celle de construction des alternatives politiques et institutionnelles à la droite. Depuis plusieurs années, il est engagé dans une profonde mutation pour que ce patrimoine ait un avenir, une nouvelle jeunesse.

La France, la gauche toute entière, notre peuple en ont besoin. Cet avenir se construit dès maintenant, dans le vote pour les candidats communistes.


(Source http://www.pcf.fr, le 27 mai 2002)

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