Déclaration de Mme Tokia Saïfi, secrétaire d'Etat au développement durable, sur la préparation du sommet de Johannesbourg et sur les priorités de la France concernant notamment la charte de l'environnement, l'amélioration de l'accès à l'eau potable et à l'énergie, la préservation de la biodiversité forestière et la promotion du commerce équitable, Rennes le 2 juillet 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Tokia Saïfi, secrétaire d'Etat au développement durable, sur la préparation du sommet de Johannesbourg et sur les priorités de la France concernant notamment la charte de l'environnement, l'amélioration de l'accès à l'eau potable et à l'énergie, la préservation de la biodiversité forestière et la promotion du commerce équitable, Rennes le 2 juillet 2002.

Personnalité, fonction : SAIFI Tokia.

FRANCE. SE au développement durable

Circonstances : Colloque sur la préparation du sommet mondial du développement durable de Johannesbourg à Rennes les 1er et 2 juillet 2002

ti : Mesdames et Messieurs,

Je voudrais souligner tout d'abord le plaisir et l'honneur qui sont les miens de me retrouver aujourd'hui à Rennes parmi vous.

- Plaisir de retrouver l'atmosphère studieuse et enthousiaste que j'ai découverte hier.

- Honneur de représenter le gouvernement français pour la conclusion d'un exercice dont l'importance a été soulignée par les venues du Premier Ministre, de la Ministre de l'Ecologie et du développement durable, de la Ministre déléguée à la recherche et aux nouvelles technologies et par les propos qu'ils ont tenu ici même.

Je voudrais exprimer ma gratitude et celle des autorités françaises à toutes celles et tous ceux qui nous ont permis de nous retrouver pour ces journées dans une région dont le dynamisme et les atouts sont si forts.

Je souhaiterais mentionner tout spécialement celles et ceux qui ont fait le voyage depuis l'étranger et avec lesquels nous tenons tout particulièrement à entretenir des relations de confiance et de coopération rapprochée.

J'ai pu relever avec une grande satisfaction la diversité, la qualité et la richesse des propositions que vous avez examinées au cours de ces deux journées. Elles témoignent de l'implication et des efforts de chacun de vous pour le succès du Sommet Mondial du développement durable.

Le rapprochement de tous les acteurs de la société a permis un résultat que les contraintes de temps ne laissaient guère imaginer, il y a quelques semaines encore.

Il y a dans le succès de ce dialogue une première leçon que nous devons tirer ensemble pour la poursuite de nos travaux et mon souci sera toujours de voir associées toutes les composantes de la société à l'élaboration et à la mise en oeuvre de notre action : le développement durable passe par cette nécessaire recherche des complémentarités humaines, intellectuelles, matérielles et financières dont cette assemblée est l'illustration même.

Les propositions que vous avez retenues et que les pouvoirs publics vont s'attacher â examiner de nouveau dès demain matin peuvent toutes contribuer positivement à la préparation du Sommet de Johannesburg et à enrichir le débat qui conduira à l'adoption du plan d'action de la communauté internationale. Je relève parmi ces propositions deux catégories essentielles :

Des initiatives-projets qui relèvent clairement des initiatives de type 2 attendues du Sommet ; elles s'inscrivent a priori dans le cadre du plan d'action qui devrait être adopté à Johannesburg.

Des initiatives visant à contribuer à la sensibilisation et à la mobilisation de l'ensemble des acteurs du développement durable. Complémentaires des premiers, elles pourront enrichir le débat et tracer les premières lignes d'actions futures.

Il revient désormais aux pouvoirs publics d'examiner, à la lumière de leur priorités et de leurs engagements la forme et le contenu des soutiens qu'ils apporteront à ces initiatives.

Cet examen interviendra dans les tout prochains jours et sera conduit avec le but et la détermination que soient ainsi appuyées de la façon la plus convaincante les priorités qui seront défendues par notre pays lors du Sommet.

Vous connaissez ces priorités pour les avoir vous-mêmes largement évoquées tout au long de vos travaux et plus particulièrement depuis hier matin :

Nous voulons tout d'abord humaniser la mondialisation, en renforçant la lutte contre la pauvreté, en développant l'accès à l'eau potable, à l'assainissement, à l'énergie, mais aussi à la santé et à l'éducation.

Nous voulons maîtriser et réguler la mondialisation par une gestion responsable des ressources naturelles, qui favorisera un partage équitable des richesses. Nous pourrons ainsi mieux réconcilier environnement et développement.

Nous voulons préparer ensemble l'avenir par un renforcement de la recherche, de l'éducation et de la formation.

Nous voulons promouvoir une véritable solidarité entre les générations et entre les peuples, parce que l'homme doit rester au centre de nos préoccupations.

Notre volonté ne s'arrête pas là ; le développement durable signifie aussi une attention constante aux valeurs que sont les droits de l'homme, le droit à la diversité culturelle et le renforcement de la bonne gouvernance, au niveau international, mais aussi aux niveaux national et local.

Il est du devoir de notre pays comme de tous les pays industrialisés de montrer l'exemple dans la défense et l'illustration de ces principes essentiels pour l'avenir de notre monde.

La France s'est attachée depuis Rio, avec conviction, à leur être fidèle. Elle poursuivra son effort de manière accrue parce que chacun doit encore faire plus et faire mieux.

Notre objectif est de mobiliser les acteurs du développement durable autour d'une ambition commune et d'objectifs partagés. Il est aussi de répondre aux engagements qui sont les nôtres et de prendre en compte le cadre européen. Nous devons pour cela adopter une stratégie nationale de développement durable.

Il s'agit, comme vous le savez, d'une obligation que nous avons contractée à Rio, qui a été précisée et renouvelée cinq ans plus tard et qu'il nous appartient de concrétiser. Les travaux ont été lancés tardivement, puis interrompus par les circonstances politiques que vous connaissez. Reste l'obligation de déposer un document lors du prochain Sommet.

Notre volonté est de l'élaborer en prenant en compte les travaux qui ont été conduits depuis plusieurs mois. Nous nous appuierons pour cela sur les consultations qui sont intervenues de façon très large et nous intégrerons les orientations du nouveau gouvernement.

Le document que nous soumettrons à Johannesburg établira un bilan de l'action qui a été conduite ; il relèvera les enjeux du développement durable ; il s'attachera à prendre en compte les orientations de notre action internationale en faveur du développement durable.

Nous y indiquerons également les priorités gouvernementales, comprenant notamment :

Le projet de charte de l'environnement, qui consacrera notre engagement en faveur de la protection de l'environnement et développement durable.

Un renforcement de l'éducation à l'environnement, véritable " investissement " dans l'avenir auprès des futurs acteurs du développement durable.

La promotion d'un Etat exemplaire à cet égard dans son fonctionnement comme dans la conduite de ses politiques.

Un soutien constant et appuyé aux initiatives et à l'implication de tous les acteurs du développement durable.

Le dépôt de ce document sera une étape importante, mais qui devra être complétée, dans une concertation qui continuera d'être la plus large possible. L'adoption définitive de notre stratégie nationale de développement durable devrait intervenir dans toute la mesure du possible, avant la fin de l'année.

Chacun comprendra qu'en fonction des évolutions, notamment au niveau européen, notre stratégie aura vocation à être adaptée, à l'instar de ce que pratiquent certains de nos partenaires.

Il s'agit de construire une référence utile, solide, sur la route encore longue et sans doute difficile qui doit donner à notre développement une dimension durable.

Au-delà de cet engagement que nous tiendrons pour élaborer le document de stratégie nationale, notre pays s'emploiera à favoriser la mise en ¿uvre d'un certain nombre d'initiatives sur lesquelles vous avez travaillé et que vous avez retenues.

Il nous faudra, au préalable, en assurer un examen approfondi. Notre jugement se fera en particulier à l'aune des orientations générales de la politique du gouvernement dans le domaine de la coopération internationale et du développement durable.

Des travaux auxquels j'ai pu, partiellement mais attentivement, assister, des comptes-rendus que j'ai entendus et des rapports qui m'ont été faits, émergent un certain nombre d'initiatives qui répondent à nos priorités :

L'amélioration de l'accès à l'eau potable et à l'énergie. Cela concerne plus particulièrement l'Afrique sub-saharienne pour ce qui est de l'eau et la Méditerranée pour ce qui est des énergies renouvelables ; afin de les rendre plus efficaces et plus cohérentes, ces initiatives devront bien sûr s'intégrer au cadre plus large, qu'il faudra finaliser, défini au niveau de l'Union européenne.

La préservation de la biodiversité forestière, à travers l'accent que nous pourrons mettre sur une région vulnérable comme le bassin du Congo. La France peut, avec ses partenaires, apporter là son aide et son savoir-faire à une exploitation mieux contrôlée, à la définition et la gestion d'aires protégées, dans un souci constant, et plus large de faire progresser la bonne gouvernance aux niveaux national et local.

La promotion du commerce équitable qui, dans le cadre de projets se rapportant à l'Afrique sub- saharienne en particulier, permettra d'améliorer les revenus des agriculteurs.

L'accès aux soins des populations les plus démunies. Nous pourrions notamment développer la coopération entre hôpitaux du Nord et du Sud. Cela permettrait de compléter ainsi, dans une démarche concrète et solidaire des acteurs, les efforts conduits par l'Etat pour mieux lutter contre les grandes épidémies telles que le Sida.

L'amélioration de la situation de celles et ceux qui vivent dans les quartiers urbains défavorisés du Sud, qu'il s'agisse de réhabilitation de l'habitat ou de l'aide à l'accès aux services de base. L'implication des collectivités territoriales, à travers la coopération décentralisée, peut aider de manière décisive à la promotion d'un développement urbain plus durable parce que plus humain.

Je souligne toute l'importance et tout l'intérêt de l'action des collectivités territoriales.

Celle-ci sera encore plus forte, si elle peut s'enraciner dans un cadre reconnu sur le plan international.


Mesdames, Messieurs,

Vos travaux l'ont montré et j'ai la conviction que nous parviendrons ensemble à faire entendre à Johannesburg l'immense souhait de notre pays de ne pas rater ce rendez-vous avec l'histoire.

Nous devons aller à ce rendez-vous, comme, l'a souligné hier le Premier Ministre, lucides mais déterminés.

Parce que demain se conjugue aussi au présent, parce que nous avons des comptes à rendre, par anticipation, aux générations à venir, parce que notre histoire est aussi celle de la générosité, nous avons le devoir de porter un message fort et clair.

Les journées de Rennes y auront très certainement contribué.

Je vous propose de poursuivre ensemble cette belle et noble tâche.

Je vous remercie.

(Source http://www.environnement.gouv.fr, le 18 juillet 2002)

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