Interviews de Mme Nicole Ameline, ministre déléguée à la parité et à l'égalité professionnelle, à Europe 1 le 24 juillet 2002 et dans "Le Figaro" le 25, sur les mesures en faveur de l'égalité professionnelle et salariale. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interviews de Mme Nicole Ameline, ministre déléguée à la parité et à l'égalité professionnelle, à Europe 1 le 24 juillet 2002 et dans "Le Figaro" le 25, sur les mesures en faveur de l'égalité professionnelle et salariale.

Personnalité, fonction : AMELINE Nicole, DUMAS Andre, HUET Sophie.

FRANCE. Ministre délégué à la parité et à l'égalité professionnelle

ti : A. Dumas - Ce matin, au Conseil des ministres, vous avez présenté quelque chose d'important concernant l'égalité professionnelle.

- "Absolument. Le Gouvernement a décidé de franchir une étape et un cap très importants dans ce domaine, en prévoyant sur cinq ans un plan d'action d'environ une vingtaine de mesures, qui permettront aux femmes de se sentir plus valorisées au sein de l'entreprise et de mieux articuler leur temps de travail entre la vie professionnelle et la vie familiale."

Par exemple ? Parce que vous rentrez dans le concret.

- "Dans le concret, ce sont toutes les étapes de la vie des femmes qui vont être revues - nous avons essayé d'accélérer l'Histoire -, d'abord sur l'orientation professionnelle et scolaire. Sachez que les femmes n'ont pas, lorsqu'elles choisissent leur orientation, un choix très large. C'est comme cela, et il faut absolument mieux adapter les choix scolaires à la réalité économique et tout ce qui concerne l'entreprise : je pense en particulier à la rémunération qui aujourd'hui présente des inégalités trop fortes..."

On dit 20 % environ.

- "Absolument. C'est entre 25 % et 11 %. Il faut absolument le corriger. On va en faire un élément-clé du dialogue social. C'est très important. Les négociations, la concertation devraient commencer dès l'automne."

La parité, on en parle déjà depuis des années. Cela avance-t-il vraiment ?

- "L'idée de parité avance. La loi a été très utile. Et j'observe, avec une certaine satisfaction, que l'on s'indigne aujourd'hui du fait que l'Assemblée nationale ne soit pas encore suffisamment représentative dans ce domaine, ce qui est plutôt bon signe. Il y a quelques années, tout cela serait passé parfaitement inaperçu."

Vous parlez des députés, mais cela est vrai aussi au Gouvernement.

- "Au Gouvernement, il y a quand même beaucoup de femmes. Il y a dix femmes et elles sont à des postes extrêmement importants. Il y a la volonté tout à fait réelle, et j'en félicite vraiment tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à cette évolution de la parité... Je suis très reconnaissante au Premier ministre et au président de la République d'avoir voulu marquer, à travers des responsabilités nouvelles et importantes, la place des femmes au Gouvernement. Il me semble que c'est là une novation profonde."

Dans quel domaine se rapproche-t-on le plus du 50/50, de la vraie parité ?

- "Les domaines professionnels n'offrent pas véritablement de mixité. Il y a de plus en plus de secteurs qui sont féminisés - il faut s'en féliciter. Mais la mixité est un des grands enjeux de l'action que nous allons entreprendre et cela concerne toutes les entreprises. Nous allons essayer de faire en sorte que cette avancée, cette progression des femmes dans l'entreprise, se fasse tout à fait dans l'intérêt économiques de celle-ci, dans son souci de productivité et aussi, bien évidemment, dans l'intérêt de la société toute entière."

Vous vous intéressez aussi aux droits des femmes. Hier, vous avez conclu un accord avec votre homologue italienne.

- "Nous avons commencé à réfléchir sur un certain nombre de problèmes qui nous concernent et qui concernent d'ailleurs l'Europe toute entière, et notamment tout ce qui concerne la traite des êtres humains et toutes les questions intéressant la place des femmes dans la société en général. Il faut penser à celles qui exercent un emploi, il faut penser aussi à celles qui n'en ont pas, à toutes les femmes qui sont dans des situations de précarité. Et sur ces terrains-là, le regard européen est extrêmement intéressant : les échanges d'expérience. Bien évidemment, nous souhaitons que la France soit un modèle là aussi."

(source : Premier ministre, Service d'information du gouvernement, le 24 juillet 2002)

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