Déclaration de M. Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, sur la défense de la politique agricole de la PAC, notamment la préférence communautaire, Strasbourg le 11 juin 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, sur la défense de la politique agricole de la PAC, notamment la préférence communautaire, Strasbourg le 11 juin 2002.

Personnalité, fonction : LEMETAYER Jean-Michel.

FRANCE. FNSEA, président

Circonstances : Rassemblement des agriculteurs européens à Strasbourg le 11 juin 2002

ti : Mes chers amis,

C'est en ma qualité de Président des agriculteurs français que je suis heureux de vous accueillir à Strasbourg, ville française, mais aussi capitale européenne.

Je voudrais remercier l'équipe locale qui a fourni un travail extraordinaire pour que ce rassemblement soit un succès. Mais je voudrais vous remercier tous d'être là aujourd'hui. Je sais que vous êtes venus parfois de très loin pour répondre à l'appel du COPA, du COGECA et du CEJA.

Nous sommes 15 000 aujourd'hui.

Nous représentons 25 pays, nous représentons 15 millions d'agriculteurs. Et c'est la première fois que nous sommes tous ensemble, c'est le premier rassemblement de la "Grande Europe Agricole".

Si nous sommes là aujourd'hui, c'est pour montrer que nous croyons en l'Europe.

Si nous sommes là aujourd'hui, c'est parce que l'Europe oublie ses paysans.

Et elle a tort !

En ce moment, vous rêvez d'être des agriculteurs américains. Comme moi, vous voulez entendre ce que dit George Bush à ses farmers : "le succès des agriculteurs américains est essentiel au succès de l'économie américaine".

C'est ce discours que doivent tenir nos responsables européens. C'est le discours que nous attendons de Monsieur Cox et de Monsieur Prodi.

Alors, si nous sommes là aujourd'hui, c'est pour défendre la PAC. C'est pour défendre une politique qui a fait ses preuves depuis 40 ans, avec ses principes fondateurs, que sont la préférence communautaire, la solidarité financière et l'unicité des prix et des marchés.

C'est avec cette politique que nous avons bâti l'Europe.

C'est avec cette politique que nous pourrons relever, ensemble, les défis de l'élargissement et des négociations internationales.


Et pour que tout le monde y gagne, il faut arrêter les dérives communautaires !

Quand les principes fondamentaux de la PAC sont bafoués, quand les organisations communes de marchés sont démantelées, ce sont des secteurs entiers de l'agriculture qu'on sacrifie. On peut citer ici les céréales, le lait ou encore la viande bovine.

Soutenir l'agriculture c'est renforcer la préférence communautaire !

Renforcer la PAC, ce n'est pas saboter son budget !

Nous voulons 25 pays avec leurs paysans !

Nous voulons des paysans fiers de leur métier !

Nous voulons un métier qui nous donne un revenu !

Nous voulons un métier qui nous fait vivre !

C'est le message que nous portons aujourd'hui.

Aujourd'hui nous le disons avec calme et volonté. Mais demain nous pourrions le dire avec colère et détermination.

Nous sommes ici parce que nous voulons une PAC renforcée, parce que nous voulons des organisations communes de marchés plus efficaces, parce que nous refusons une révision précipitée de la politique agricole commune.

Parce que l'Europe a besoin de ses paysans.

Parce que les paysans ont besoin d'une ambition agricole européenne.

Parce qu'il n'y aura pas de paysans sans revenu.

Parce qu'il n'y aura pas de revenu sans prix.

Merci à tous !

(Source http://www.fnsea.fr, le 14 juin 2002)

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