Interviews de M. Jean-Luc Duval, président des Jeunes Agriculteurs à Terre-net les 1er mars 14 mai et 11 juin 2002, sur les orientations prises par le ministère de l'agriculture pour l'installation des jeunes agriculteurs et la protection de l'environnement. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interviews de M. Jean-Luc Duval, président des Jeunes Agriculteurs à Terre-net les 1er mars 14 mai et 11 juin 2002, sur les orientations prises par le ministère de l'agriculture pour l'installation des jeunes agriculteurs et la protection de l'environnement.

Personnalité, fonction : DUVAL Jean-luc, ROHMER Nathalie, ROUX Marielle, MASSET Céline.

FRANCE. Jeunes agriculteurs, président

ti : Avec votre slogan " Paysans, pourquoi pas vous ? " et vos animations pour enfants sur le salon, vous vous êtes lancés dans une communication pédagogique et grand public. Quel est votre objectif ?

Il faut donner à l'agriculture et aux agriculteurs une nouvelle image. Les visiteurs et consommateurs en général pensent que les paysans sont arriérés, alors qu'au contraire l'agriculture se modernise. Notre slogan choque et attire beaucoup de gens à notre stand, ce qui nous permet d'expliquer l'évolution du monde rural. Nous savons bien que cela ne suffira pas à inciter les jeunes à vouloir devenir agriculteurs. Pour autant, ce slogan sert à modifier l'image d'Epinal. Quant à notre opération " animations ", elle a l'avantage d'informer à la fois les enfants et les parents qui les accompagnent. Nous distribuons également une plaquette très pédagogique¿ Parmi ceux qui nous ont rendu visite, beaucoup ont changé d'opinion sur le monde rural.

Le salon est marqué par le passage de nombreux hommes politiques en campagne. Quel a été votre message principal ?

Notre principale revendication porte sur le développement rural. Nous considérons que les agriculteurs bénéficient d'une aide trop importante. Leur revenu devrait émaner de leur production, non des subventions. Pour cela, il faut donner davantage d'autonomie aux agriculteurs. Cela participera aussi à leur reconnaissance dans la société. Sur ce point les hommes politiques nous ont écoutés. Mais il faut qu'ils agissent, notamment sur le plan européen.

Approuvez-vous les orientations prises par le ministère de l'Agriculture et de la Pêche ?

Oui, dans la mesure où nous sommes à l'origine de ces orientations. Cela fait plusieurs années que les syndicats ont pris l'initiative du débat. Ce sont eux qui ont motivé les Contrats territoriaux d'exploitation (CTE), même si, pour le moment, la lourdeur administrative rend difficile leur application. Nous avons également été porteurs de la loi sur l'agriculture raisonnée, pour l'environnement et les consommateurs. Nous encourageons les agriculteurs à produire bio. Le reproche que je ferai concerne la gestion des crises agricoles. Le ministère a eu raison de communiquer sur l'ESB ou la fièvre aphteuse. Mais les mesures qu'il a appliquées ont desservi les éleveurs : l'abattage et l'interdiction des farines animales ont été exagérés et ont créé un climat de méfiance vis-à-vis des consommateurs et de l'étranger.

Lors du sommet de Doha, vous avez milité, avec la FNSEA, contre la libéralisation totale des échanges, pour une protection aux frontières et une forte Politique agricole commune (PAC)¿

Oui, d'ailleurs nous rêvions d'un communiqué de presse commun aux différents syndicats. Nous avons été surpris que la Confédération paysanne n'ait pas souhaité se joindre à nous alors que nous défendions les mêmes idées !


Propos recueillis par Nathalie Rohmer


(source http://www.salon.wagri.fr, le 7 mars 2002)

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