Message de M. Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, à l'occasion du premier anniversaire de l'explosion de l'usine AZF de Toulouse, Paris le 21 septembre 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

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Message de M. Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, à l'occasion du premier anniversaire de l'explosion de l'usine AZF de Toulouse, Paris le 21 septembre 2002.

Personnalité, fonction : RAFFARIN Jean-Pierre.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Premier anniversaire de l'explosion de l'usine AZF de Toulouse, le 21 septembre 2002

ti : Ce 21 septembre 2002 marque un anniversaire qui n'efface pas la marque douloureuse de l'épreuve collective qu'ont subi Toulouse et ses habitants.

Au cours des mois écoulés, ce sont différents moments d'un même engagement collectif qui se sont mêlés à Toulouse.

Le temps de la solidarité est celui qui a réuni dans un même effort tous ceux qui ont contribué à venir en aide aux victimes directes ou indirectes, aux familles éprouvées par le décès d'un proche, par la blessure physique, psychologique, morale. Cette solidarité a été faite de très nombreuses actions individuelles, souvent anonymes. Elle a aussi été faite du dévouement et du courage des services de sécurité et de secours et des associations d'aide qui ont démontré leur compétence dans un contexte particulièrement éprouvant et auxquels je veux à nouveau rendre hommage. Cela a été aussi le temps de la solidarité nationale qui s'est exprimée sans réserve et qui continuera.

Le temps de la mobilisation fut celui d'une organisation coordonnée des interventions de tous les acteurs concernés par tous les aspects de la reconstruction : travaux dans les logements et les entreprises, réhabilitation provisoire ou plus durable de locaux d'enseignement ou de travail, dispositifs de soutien aux personnes privées d'emploi. Je salue la capacité de réaction concertée et efficace dont ont fait preuve les services de l'Etat, ceux des collectivités locales et des services publics dans ces matières : elle ne s'est pas démentie dans le temps et a démontré les capacités d'adaptation durable du service public au profit de nos concitoyens, aujourd'hui encore dans d'autres régions touchées par des catastrophes naturelles.

Le temps de la réflexion sur les suites du sinistre a été engagé au lendemain même du sinistre dans plusieurs directions : devenir du pôle chimique toulousain, dans ses aspects économiques mais aussi sociaux, les enseignements plus généraux à tirer de la catastrophe en termes de prévention des risques, d'information du public et de conditions d'intervention des moyens de secours. Toutes les conséquences de ce qui s'est passé à Toulouse le 21 septembre 2001 seront tirées, notamment au titre des risques technologiques. En outre, le gouvernement a d'ores et déjà pris [au lendemain même de sa formation] des décisions lourdes et difficiles concernant le site chimique ;

Le temps de l'initiative enfin, qui est résolument tourné vers l'avenir et que les collectivités locales et l'Etat ont décidé d'accompagner, dans une démarche partagée, pour redonner aux entreprises touchées les moyens de retrouver leur activité mais aussi pour diversifier les points d'appui de l'économie toulousaine et conserver une activité industrielle sur le site chimique. Le gouvernement, au-delà de ce qui a déjà été annoncé, fera connaître dans les semaines qui viennent, après concertation avec les partenaires locaux, les mesures qu'il aura prises ou auxquelles il s'associera pour marquer cet engagement dans la durée.

Solidarité, mobilisation, réflexion et initiative.

Ces quatre dimensions de notre action restent nécessaires, encore aujourd'hui, pour les Toulousains.

Mes pensées et la préoccupation du gouvernement vont aujourd'hui aux victimes, tellement présentes à nos esprits, aux personnes décédées, aux blessés et à leurs familles. Je veux exprimer notre compassion et notre volonté de poursuivre l'effort de solidarité envers eux, en prenant en considération les situations individuelles qui ne sont pas réductibles les unes aux autres.

Mes pensées vont encore à ceux qui peuvent estimer qu'il n'a pas été répondu à toutes leurs attentes, à tous leurs besoins. Je veux les assurer de notre vigilance qui ne faiblit pas, avec les partenaires locaux de l'Etat, pour mettre en ¿uvre ce qui a été décidé et répondre aux situations de détresse qui subsisteraient.

Je m'adresse enfin à tous ceux qui ont pris part à cet élan pour leur exprimer notre reconnaissance pour leur dévouement et notre considération pour le travail accompli. La solidarité et le civisme qui se sont exprimés dans votre agglomération il y a un an portent haut les valeurs d'humanité et de fraternité en lesquelles nous nous reconnaissons.

Ces valeurs et cette émotion, j'ai tenu à vous exprimer, par ce message, combien, aujourd'hui, le gouvernement et moi-même les partageons avec vous.

(Source http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 23 septembre 2002)

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