Déclaration de M. Dominique Galouzeau de Villepin, ministre des affaires étrangères, de la coopération et de la francophonie, et interview à la radiotélévision suisse romande à New York le 10 septembre 2002, sur la demande d'admission de la Suisse à l'Onu. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Dominique Galouzeau de Villepin, ministre des affaires étrangères, de la coopération et de la francophonie, et interview à la radiotélévision suisse romande à New York le 10 septembre 2002, sur la demande d'admission de la Suisse à l'Onu.

Personnalité, fonction : GALOUZEAU DE VILLEPIN Dominique.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères, de la coopération et de la francophonie

Circonstances : 57ème Assemblée générale des Nations unies à New York les 10 et 11 septembre 2002 : présentation de la Suisse par la France pour son admission à l'Onu le 10

ti : (Déclaration pour l'entrée de la Suisse aux Nations unies à New York, le 10 septembre 2002) :


Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire général,
Mesdames et Messieurs les Chefs d'Etat et de gouvernement,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les Délégués,


En application de l'article 4 de la Charte, et à la suite de la résolution 1426 du 24 juillet 2002 du Conseil de sécurité qui recommande à l'Assemblée générale d'admettre la Confédération Suisse comme membre de l'Organisation des Nations unies, l'honneur me revient, en tant que représentant d'un pays voisin et ami, de recommander à cette Assemblée l'adoption du projet de résolution portant admission de la Suisse aux Nations unies.

Cette admission de la Suisse à l'ONU nous réjouit profondément, en raison des liens qui unissent nos deux pays, bien sûr, mais aussi, et surtout, parce que l'entrée de la Suisse confortera les Nations unies et les valeurs sur lesquelles elles doivent bâtir l'avenir.

La géographie a fait de la Suisse et de la France des voisins ; l'histoire en a fait des alliés et des amis. Dès 1430, mon pays a ouvert une représentation diplomatique en Suisse. Alors que tant de conflits ont ensanglanté le continent européen à travers les siècles, nos deux pays sont en paix depuis 1515.

A plusieurs reprises, lors de moments décisifs de notre histoire, la Suisse a su nous ouvrir ses portes. Cette tradition de terre d'asile remonte loin dans le temps : comment oublier qu'elle a accueilli, au XVIIème siècle, nombre de Français qui fuyaient les persécutions religieuses ? A cette époque où l'intransigeance était souvent la règle et où la différence était parfois punie de mort, la Suisse était déjà un modèle d'ouverture, de tolérance et de paix.

Les liens qui nous unissent sont aujourd'hui profonds, intimes et marqués par une confiance jamais démentie. Notre dialogue est constant. Exemplaire par sa diversité culturelle et son plurilinguisme, la Suisse est un acteur majeur de la communauté francophone.

Mais le rayonnement de la Suisse s'étend au monde entier. Elle a accueilli, au début du XXème siècle, les tout premiers efforts entrepris pour créer une communauté internationale responsable et fraternelle. Genève est devenue l'autre grand siège des Nations unies et le lieu d'accueil d'une quinzaine d'institutions spécialisées.

La Suisse sera désormais en mesure d'apporter pleinement aux Nations unies toutes les qualités que nous lui connaissons. La France, en tant que membre fondateur de l'ONU, et parce qu'elle est très attachée à son renforcement, s'en réjouit profondément. Car la Suisse porte en elle des exigences qui sont au c¿ur des valeurs qui nous unissent.

Seul Etat dans l'Histoire à avoir adhéré aux Nations unies à la suite d'un référendum populaire, la Suisse, avec son système de démocratie directe élaboré au fil des siècles par le patient travail des plus grands juristes, renforcera l'inspiration démocratique de notre organisation.

Son caractère multiculturel et son plurilinguisme fourniront une contribution essentielle au dialogue des civilisations, aujourd'hui indispensable à la communauté des Etats. Et cela d'autant plus qu'au-delà de ses propres richesses culturelles, la Suisse est traditionnellement une terre d'accueil pour les grands créateurs, comme Charlie Chaplin, Nabokov ou encore Balthus.

Le rôle de la Suisse est déjà fondamental sur les questions de développement, de droit international et sur les questions humanitaires : qui peut oublier que le fondateur de la Croix-Rouge, Henri Dunand, était suisse ? La décision historique qu'a prise la Confédération suisse lui permettra maintenant, dans le respect de sa neutralité, de disposer de nouvelles possibilités d'action et d'influence. Elle pourra mettre tout son potentiel au service des missions que se sont données les Nations unies : la paix, la sécurité et la prospérité de l'humanité.

La France est donc particulièrement heureuse et fière d'être aux côtés de la Suisse en ce moment si important de son Histoire.

(source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 12 septembre 2002)

(Interview à la Radiotélévision suisse romande à New York, le 10 septembre 2002) :

C'est un grand honneur et une grande fierté pour la France que d'avoir pu présenter cet après-midi la Suisse à l'Assemblée générale des Nations unies.

La Suisse a toute sa place dans la communauté internationale à laquelle elle a déjà beaucoup apporté ; l'esprit de paix, l'esprit de démocratie, la contribution au développement, la générosité de la Suisse sont bien connus.

Elle va rentrer dans la grande famille des Nations unies. Elle la connaît bien puisqu'elle accueille sur son sol le deuxième siège des Nations unies par ordre d'importance dans le monde ainsi que de nombreuses organisations spécialisées. La Suisse va apporter, dans un moment difficile pour la communauté internationale, la sagesse et l'expérience qui sont les siennes.

(source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 12 septembre 2002)

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